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Vos administratrices et administrateurs savent-ils pourquoi ils sont là ?

Vos administratrices et administrateurs savent-ils pourquoi ils sont là ?

Le conseil d’administration se réunit tous les mois. L’ordre du jour est respecté. Les décisions sont votées. Les comptes rendus sont envoyés.

Et pourtant, entre deux réunions, plus rien ne se passe.

Les administratrices et administrateurs approuvent mais ne décident pas. Ils valident mais ne portent rien. Pas par manque de motivation – parce que personne ne leur a dit ce qu’on attendait d’eux en dehors des réunions.

C’est ce que j’appelle le CA fantôme : une gouvernance qui coche toutes les cases statutaires sans produire aucun effet réel.

Sommaire

    Le problème n’est pas le manque de motivation

    Dans beaucoup d’associations, les administratrices et administrateurs ont été élus en assemblée générale sur la base d’une phrase : « On cherche des gens motivés pour rejoindre le CA. » Ils ont dit oui. On les a félicités. Et puis… rien.

    Pas de fiche de mission. Pas de périmètre défini. Pas de point régulier sur ce qu’ils font ou ce qu’ils pourraient faire. Résultat : ils assistent aux réunions, écoutent, votent et repartent sans savoir s’ils servent à quelque chose.

    Ce n’est pas un problème de compétences. Ce n’est pas un problème de disponibilité. C’est un problème de cadre.

    Si vous recrutez une personne salariée sans lui donner de fiche de poste, sans lui expliquer ses missions et sans lui présenter ses interlocuteurs, vous ne serez pas surpris qu’elle parte au bout de trois mois. Pour les membres du CA, c’est exactement la même chose – sauf que personne ne s’en étonne.

    Lire aussi : Comment animer votre conseil d’administration

    Ce que change une fiche de mission

    Pas besoin de réinventer votre gouvernance. Juste de l’écrire.

    Une fiche de mission pour un membre du CA, c’est un document d’une page – pas plus – qui répond à quatre questions :

    1. Quel est le périmètre ? Sur quoi cette personne peut-elle agir entre deux réunions de CA ?
    2. Quels sont les livrables concrets ? Qu’est-ce qu’on attend d’elle en termes de résultats visibles ?
    3. Quel est le rythme ? Combien de temps par mois et à quel moment ?
    4. Ce que ce rôle n’est PAS. Pour éviter les chevauchements avec le bureau ou les bénévoles opérationnels.

    C’est la permission d’agir sans attendre qu’on vous le demande. La permission de dire non quand une demande sort de votre périmètre. La permission de savoir si vous êtes utile – ou si vous perdez votre temps.

    Et c’est aussi un outil de discussion. Quand un membre du CA ne remplit pas sa mission, la fiche permet d’en parler factuellement, sans que ça devienne personnel.

    Trois fiches de mission prêtes à adapter

    Voici trois exemples pour les rôles les plus courants hors bureau. Ce sont des points de départ – à adapter à votre association, pas à copier-coller.

    Référent·e projet

    Périmètre : Suivi d’un projet spécifique voté par le CA (déploiement d’une activité, organisation d’un événement, mise en place d’un partenariat).

    Livrables : Un point d’avancement par mois au CA (5 minutes, 3 questions : où en est-on ? quels freins ? quelle décision à prendre ?). Un bilan écrit à la clôture du projet.

    Rythme : 2 à 4 heures par mois en dehors des réunions. Un échange par quinzaine avec la personne qui porte le projet au quotidien.

    Ce que ce n’est pas : Le ou la référent·e ne pilote pas le projet au quotidien. Il ou elle suit, alerte et fait remonter au CA. La mise en œuvre reste portée par l’équipe opérationnelle.

    Référent·e partenariats

    Périmètre : Veille et développement des partenariats institutionnels, associatifs ou privés. Entretien des relations existantes.

    Livrables : Une cartographie des partenaires actuels et cibles, mise à jour une fois par an. Un point trimestriel au CA sur les partenariats en cours et les opportunités identifiées.

    Rythme : 3 à 5 heures par mois. Participation ponctuelle à des rencontres ou événements au nom de l’association.

    Ce que ce n’est pas : Le ou la référent·e ne monte pas les dossiers de subvention et ne prospecte pas au quotidien. Son rôle est stratégique : identifier, prioriser et entretenir les relations.

    Référent·e communication

    Périmètre : Supervision de la ligne éditoriale. Lien entre le CA et la personne ou l’équipe qui produit les contenus.

    Livrables : Validation de la ligne éditoriale une fois par trimestre. Relecture des supports majeurs (rapport d’activité, newsletter, campagne). Un bilan annuel des indicateurs clés.

    Rythme : 2 à 3 heures par mois. Un point mensuel avec la personne en charge de la communication.

    Ce que ce n’est pas : Le ou la référent·e ne gère pas les réseaux sociaux au quotidien et ne rédige pas les publications. Son rôle est de garantir que la communication reste alignée avec le projet associatif porté par le CA.

    Lire aussi : Exercice pratique : la fiche de mission bénévole

    Et si on commençait par une seule fiche ?

    Si votre CA fonctionne sans fiche de mission, vous n’êtes pas en faute. C’est le cas de la majorité des associations. Mais c’est aussi la raison pour laquelle tant de conseils d’administration peinent à jouer pleinement leur rôle.

    Commencez par une fiche, pour un rôle, validée au prochain CA. Pas besoin de refondre toute votre gouvernance. Juste de poser sur papier ce que tout le monde devrait déjà savoir.

    Un CA qui fonctionne, ce n’est pas un CA où tout le monde est d’accord. C’est un CA où chaque personne sait sur quoi elle peut agir.

    Lire aussi : Quiz : votre gouvernance est-elle en difficulté ?

    Si vous avez besoin d’aide pour penser votre organisation, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre une heure d’échanges pour parler de vos attentes.