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De « il faut faire quelque chose » à une campagne concrète : retour sur une consultation

Un personnage féminin aux cheveux violets bouclés écoute les demandes et besoins de deux autres femmes dans une ambiance de bureau. Image générée par IA

« Notre trésorerie va être au plus bas. Il faut qu’on fasse quelque chose. » C’est souvent par cette phrase que commence la réflexion sur un appel aux dons. Mais entre constater un besoin de financement et savoir comment lancer une campagne concrète – quel canal, quel moment, quels outils déjà disponibles – il y a souvent un angle mort. En octobre 2024, j’ai accompagné Les Chiennes de Garde, une association historique qui lutte contre les violences symboliques sexistes dans l’espace public. Leur situation était claire : après avoir soutenu les frais d’avocat dans un procès lié à leur mission, leur trésorerie allait se retrouver presque vide une fois toutes les factures réglées. Pourtant, elles cherchaient une autre façon de s’y prendre. Parce que savoir qu’on a besoin d’argent ne dit pas encore par quel canal demander, à quel moment, ni avec quels outils. Cet article raconte cette consultation d’une heure et ce qu’elle a permis de débloquer. Sommaire 1. Quand « il faut renflouer la trésorerie » ne suffit pas à lancer une campagne Les Chiennes de Garde avaient un besoin réel et mesurable. Elles savaient combien il restait à payer, elles voyaient l’état de leur trésorerie et elles connaissaient les prochaines échéances. Mais entre constater le besoin et savoir comment l’adresser concrètement, la question restait entière. Quel canal choisir ? Quel moment était le plus favorable ? Quels outils mobiliser, parmi ceux qu’elles avaient déjà ? Ce type de question est souvent là où les associations perdent du temps : non pas faute de volonté mais faute d’un point de départ clair. C’est sur ces arbitrages que la consultation a permis d’avancer en une heure. 2. Trois questions pour passer du besoin brut à la campagne Pour quoi avez-vous besoin de fonds, maintenant ? La première question n’est pas « comment va-t-on le dire ? » mais « qu’est-ce qu’on finance exactement ? ». Les Chiennes de Garde ne lançaient pas un nouveau projet. Elles avaient besoin de couvrir des frais liés à leur activité courante : accompagner des femmes victimes dans leurs démarches judiciaires, se porter partie civile, défendre la dignité des femmes dans l’espace public. Cette distinction est importante : une campagne pour la continuité opérationnelle ne se construit pas comme une levée de fonds pour un projet exceptionnel. Un dossier de financement attend un budget prévisionnel, des objectifs chiffrés, des livrables. Ici, rien de tout cela n’était pertinent. Ce qu’il fallait, c’est mobiliser une communauté déjà existante, rapidement, avec les outils déjà en place. À qui parler en priorité ? Les Chiennes de Garde avaient une base d’adhérentes et de sympathisantes, mais aussi une visibilité médiatique et un réseau féministe plus large. La question était : qui solliciter en premier ? L’association ne voulait pas s’éparpiller dans des démarches lourdes de recherche de financements institutionnels. Par éthique et par cohérence avec leur fonctionnement, elles privilégiaient les dons de personnes individuelles. La consultation a donc permis de confirmer ce choix et de cibler en priorité les personnes déjà proches de l’association : adhérentes actuelles, anciennes adhérentes, militantes féministes engagées sur les mêmes combats. Choisir le bon moment et le bon cadre Les Chiennes de Garde ont consulté en octobre. L’échéance de fin d’année fiscale approchait, et avec elle, la période où les dons sont les plus fréquents. Plutôt que de lancer une campagne isolée, nous avons décidé d’inscrire leur appel aux dons dans le cadre du Giving Tuesday (un événement international de générosité qui se tient début décembre et qui mobilise des milliers d’associations et de donateurs), un événement déjà connu qui donne de la légitimité et de la visibilité aux campagnes associatives. Ce choix a permis de ne pas avoir à tout construire de zéro : le Giving Tuesday met à disposition des ressources de communication, une audience déjà sensibilisée à la générosité, et une fenêtre temporelle connue. Et côté technique, l’infrastructure était déjà en place via HelloAsso. L’action la plus concrète ? Modifier le bouton du menu de leur site – remplacer « adhérer » par « faire un don ». Pas de refonte, pas de développement. Juste un ajustement qui rendait l’appel visible. Parfois, un regard extérieur aide simplement à voir les ressources qu’on a déjà et qu’on ne mobilise pas. 3. Quand et pourquoi se faire accompagner ponctuellement La consultation des Chiennes de Garde portait sur un appel aux dons. Mais ce type d’échange court peut être utile sur bien d’autres sujets : choisir un outil, structurer un projet, préparer une assemblée générale, arbitrer entre plusieurs options. Ce qui est en jeu dans ces situations, c’est souvent la même chose : les éléments sont là mais le point de départ manque. On tourne autour sans avancer, faute d’un cadre ou d’un regard extérieur pour poser les bons repères. Une heure peut suffire pour débloquer ce qui stagne depuis des semaines. Dans le cas des Chiennes de Garde, cela a suffi pour passer de « il faut qu’on fasse quelque chose » à un plan d’action clair et assumé. À retenir Lancer un appel aux dons ne commence pas par rédiger un mail. Cela commence par trois arbitrages concrets : quel canal pour toucher vos donatrices et donateurs, quel moment pour maximiser l’impact, quels outils vous avez déjà sous la main. Une fois ces trois points posés, la mise en œuvre devient beaucoup plus simple. Marie-Noëlle Bas, présidente des Chiennes de Garde : Rapide, efficace et avec une écoute et une réponse adéquate.  4. Un mode d’emploi plus complet Si vous envisagez de lancer une campagne plus structurée, avec plusieurs phases de communication et un rétroplanning détaillé, je vous recommande cet article : Structurer une campagne de dons efficace : les 5 chantiers à lancer en octobre. Pour aller plus loin Besoin d’un regard extérieur ponctuel ? La page Isa, aide-moi ! permet de réserver une consultation courte et ciblée. Une heure pour débloquer un point précis.

Quiz gouvernance : du test à l’action

Un personnage féminin aux cheveux violets anime une réunion du bureau dans une association. Image générée par IA

Avant de commencer la lecture de cet article, faites le quiz « Quel type de gouvernance associative est la vôtre ? » En 8 questions, vous obtiendrez un premier miroir de votre façon de fonctionner : gouvernance centralisée, participative cadrée, diffuse ou en transition. Vous venez de terminer le quiz ? Huit questions, quelques minutes et un profil qui ressort. Peut-être que ce profil vous ressemble beaucoup. Peut-être qu’il vous surprend. Peut-être qu’il confirme ce que vous saviez déjà sans oser le nommer. Mais une fois le résultat affiché, la vraie question arrive : qu’est-ce qu’on en fait maintenant ? Ce quiz n’est pas une sentence. C’est un point de départ pour ouvrir la discussion avec votre bureau, votre conseil d’administration ou votre équipe salariée. Pour nommer ce qui fonctionne bien, ce qui coince et choisir ensemble un premier pas réaliste. Dans cet article, je vous propose un mode d’emploi pour transformer ce diagnostic rapide en levier d’action concrète. Sommaire Un quiz, et après ? Décrypter ce que révèlent vos réponses Le quiz vous a attribué un profil dominant parmi quatre possibles : gouvernance centralisée, participative cadrée, diffuse ou floue ou en transition. Ce profil ne décrit pas qui vous êtes, mais comment vous fonctionnez aujourd’hui, le plus souvent, dans votre manière de décider, d’informer et d’organiser la gouvernance. Il ne s’agit pas d’un verdict. Aucun profil n’est « bon » ou « mauvais » dans l’absolu. Chaque type de gouvernance a ses forces et ses limites, selon le contexte, l’histoire de l’association et l’équipe en place. Vous pouvez aussi avoir des pratiques différentes selon les sujets : finances bien cadrées, communication plus floue, décisions stratégiques centralisées mais vie associative participative. C’est normal. Le quiz donne une tendance dominante, pas une case figée. Le quiz met des mots sur des habitudes que vous avez peut-être déjà ressenties sans savoir comment les nommer. Il ouvre la porte à une conversation nécessaire : celle qui permet de décider ensemble comment vous voulez fonctionner demain. À retenir Un quiz ne remplace pas un audit de gouvernance approfondi. Mais c’est un excellent outil pour ouvrir la discussion et choisir un premier pas réaliste, sans attendre d’avoir tout cassé pour reconstruire. Les quatre profils de gouvernance : où vous reconnaissez-vous ? Profil A : Gouvernance centralisée Une grande partie des décisions et des informations passe par un petit nombre de personnes clés. C’est souvent ce qui a permis à l’association de tenir jusqu’ici, surtout quand il fallait aller vite, trancher sans attendre ou faire face à une urgence. Mais cette organisation peut devenir fragile à mesure que les projets se multiplient, que les obligations administratives s’alourdissent ou que les interlocuteurs extérieurs augmentent. Les personnes qui portent tout risquent l’épuisement. Les autres membres du bureau ou du CA peuvent se sentir tenus à l’écart, par manque d’information ou par manque de place pour contribuer. Ce profil est fréquent dans les associations jeunes ou dans celles qui traversent une phase de croissance rapide avec peu de ressources humaines. Profil B : Gouvernance participative cadrée Vous avez posé des bases solides : les décisions importantes sont discutées, le cadre est plutôt clair et l’information circule globalement bien. La participation ne veut pas dire « parler de tout tout le temps ». Elle signifie que chacun sait à quels moments et comment il peut contribuer. Les rôles sont identifiés (qui est référent finances, communication, partenariats), les réunions sont préparées et les décisions sont notées quelque part. Ce profil est souvent le résultat d’un travail progressif de structuration. Il demande de l’entretien pour ne pas se dégrader avec le temps, surtout en cas de renouvellement des équipes ou de changement d’échelle. Profil C : Gouvernance diffuse ou floue L’envie de faire ensemble est là mais les règles du jeu ne sont pas toujours explicites. Les décisions se construisent au fil des échanges, dans les mails, les messageries, les couloirs, sans qu’on sache toujours quand elles sont prises ni où elles sont notées. Résultat : des discussions qui reviennent souvent, des malentendus et parfois une impression de tourner en rond. Certaines personnes se sentent en retard d’information. D’autres prennent des initiatives sans savoir si elles en ont la légitimité. Ce profil est fréquent dans les associations qui privilégient l’horizontalité et la convivialité mais qui n’ont pas encore formalisé leurs processus de décision. Profil D : Gouvernance en transition Vous avez déjà pris conscience que vos façons de faire ne suffisent plus et vous avez commencé à bouger : nouveaux outils, nouveaux temps d’échange, nouveaux réflexes. C’est une phase parfois inconfortable parce que tout n’est pas encore aligné. Les anciennes habitudes reviennent vite. Certaines personnes adhèrent aux changements, d’autres résistent. Vous tâtonnez, vous testez, vous ajustez. Mais c’est une phase précieuse, parce qu’elle permet de construire une gouvernance plus équilibrée, qui tiendra mieux dans la durée et qui s’adaptera mieux aux évolutions futures de l’association. Transformer le quiz en conversation de gouvernance Une fois le profil identifié, l’étape suivante consiste à en parler. Pas pour juger, ni pour chercher des responsables mais pour clarifier ensemble ce qui se passe aujourd’hui et ce que vous voulez faire évoluer. Vous pouvez commencer par faire le quiz en solo pour vous familiariser avec vos propres réponses. Puis, si vous le souhaitez, proposer à d’autres membres du bureau ou du CA de le faire également pour comparer les résultats en équipe. C’est souvent en comparant les profils obtenus qu’on mesure les écarts de perception sur la gouvernance. Concrètement : bloquez 30 à 45 minutes en début de votre prochaine réunion de bureau ou organisez un temps dédié hors urgences si vos réunions habituelles sont déjà surchargées. Voici trois questions simples à poser en équipe, après avoir fait le quiz individuellement ou collectivement. Qu’est-ce qui vous ressemble vraiment dans ce profil ? Commencez par ce qui fait consensus. Quels éléments du profil obtenu correspondent bien à ce que vous vivez au quotidien ? Quelles situations concrètes illustrent ce fonctionnement ? Cette première question permet de valider … Lire la suite

Réviser ses statuts tous les ans ? Fausse bonne idée…

Un personnage féminin aux cheveux violets bouclés travaille sur les statuts d'une association. Image générée par IA

Combien d’associations culpabilisent de ne pas avoir révisé leurs statuts depuis 5 ou 10 ans ? Beaucoup trop. Réviser ses statuts n’est pas une obligation légale annuelle. Si vos statuts permettent à votre association de fonctionner, inutile d’y toucher. Mais il existe des situations concrètes où ne pas les réviser vous bloque au quotidien ou vous fait passer à côté d’opportunités importantes. Voici comment savoir si vous êtes concernés. Sommaire Non, vous n’êtes pas obligés de tout réviser chaque année La révision des statuts n’est pas une obligation légale annuelle (contrairement à l’AG ordinaire ou à la tenue des comptes) Modifier les statuts = démarche lourde : AG extraordinaire + déclaration en préfecture Si vos statuts permettent à l’association de fonctionner, laissez-les tranquilles Beaucoup d’associations fonctionnent très bien avec des statuts qui datent de leur création Bon à savoir Statuts ou règlement intérieur : quelle différence ? Avant de réviser vos statuts, posez-vous la question : est-ce que le règlement intérieur ne suffirait pas ? Les statuts définissent le cadre juridique (objet social, gouvernance, AG). Le règlement intérieur précise les modalités pratiques (qui signe quoi, organisation interne) et peut être modifié plus facilement. → Pour bien comprendre la différence et savoir lequel modifier : https://isavouszed.fr/le-reglement-interieur-pour-les-associations-tout-ce-quil-faut-savoir Sauf si vos statuts vous bloquent dans votre quotidien Voici les 5 signaux d’alerte qui montrent que vos statuts vous empêchent vraiment d’avancer : 1. Votre AG ne peut plus se tenir dans les conditions statutaires Le quorum est devenu irréaliste (ex : 50% des 80 membres alors qu’il y a rarement plus de 15 personnes présentes) La limitation du nombre de pouvoirs par personne présente est inadaptée à votre fonctionnement actuel Vous voulez tenir votre AG à distance mais vos statuts ne le prévoient pas (et depuis octobre 2021, c’est obligatoire que ce soit écrit dans les statuts) 2. Vous voulez créer un nouveau rôle de gouvernance Co-présidence, collégialité, vice-président·e, coordinatrice ou coordinateur… Ces rôles n’existent pas dans vos statuts actuels Vous fonctionnez déjà comme ça mais « dans le flou juridique » 3. Votre objet social ne couvre plus ce que vous faites Vos activités ont évolué et ne rentrent plus dans l’objet social initial Vous avez développé de nouvelles actions qui ne sont pas couvertes Votre projet associatif a pivoté mais les statuts sont restés figés 4. Vous passez à côté de financements parce que les termes exacts ne sont pas dans votre objet social C’est le cas le plus concret et le plus frustrant. Un financeur exige qu’un terme précis apparaisse dans votre objet social pour être éligible. Exemple réel : Votre objet social mentionne « lutte contre les discriminations ». Un gros financement s’ouvre mais il exige que « lutte contre les violences » soit explicitement écrit. Résultat : vous êtes inéligible même si vous faites ce travail au quotidien. Solution : réviser vos statuts pour ajouter « lutte contre les violences et les discriminations ». 5. Votre gouvernance actuelle ne correspond plus à ce qui est écrit La composition du bureau ou du CA a changé (nombre de membres, rôles) La durée des mandats ne correspond plus à votre réalité Les conditions de renouvellement sont obsolètes Quand il vaut mieux NE PAS réviser (même si vous avez identifié un problème) Attendez avant de lancer une révision si : 1. Vous êtes en pleine crise interne ou conflit de gouvernance Réviser les statuts = rouvrir des négociations et potentiellement cristalliser des tensions. Mieux vaut stabiliser d’abord. 2. Vous n’avez pas l’énergie collective pour mener le chantier Une révision bien faite demande du temps et de l’adhésion. Si vous êtes en période de creux d’énergie, reportez. 3. Une solution temporaire via le règlement intérieur peut suffire Si le problème peut être contourné ou géré par le règlement intérieur commencez par là. Vous réviserez les statuts plus tard si vraiment nécessaire. Comment réviser sans tout casser La méthode minimaliste : Étape 1 : Lister uniquement ce qui bloque aujourd’hui Pas de refonte totale « par principe ». Identifiez les 2-3 points qui vous empêchent concrètement d’avancer. Étape 2 : Créer l’adhésion au conseil d’administration Avant de lancer un groupe de travail, assurez-vous que le CA est aligné sur le besoin de révision. Sinon, vous allez perdre du temps et créer des frustrations. Étape 3 : Groupe de travail ciblé 2-3 réunions maximum. Focus sur les articles à modifier uniquement. Pas de réécriture complète. Étape 4 : Assemblée générale extraordinaire Vérifiez dans vos statuts actuels les modalités de quorum et de vote pour une modification statutaire. Anticipez le nombre de pouvoirs à collecter. Étape 5 : Déclaration en préfecture C’est obligatoire, simple et gratuit. Les nouveaux statuts ne sont opposables juridiquement qu’après cette déclaration. « Combien ça coûte vraiment ? » : En temps : 1 réunion CA pour valider le besoin : 1h30 2-3 réunions groupe de travail : 3h à 4h30 au total 1 AG extraordinaire : 2h Rédaction et déclaration : 2h Total : entre 8h30 et 10h de travail collectif sur 2-3 mois En accompagnement : Vous pouvez vous faire aider par votre réseau territorial (Maisons de la Vie Associative et Citoyenne), d’autres associations qui ont déjà fait la démarche ou par un·e consultant·e spécialisé·e. La check-list pour savoir si vous devez réviser (ou pas) 3 questions simples pour trancher : 1. Est-ce que mes statuts actuels m’empêchent de faire quelque chose d’important ? → Si non : pas besoin de réviser 2. Est-ce que le règlement intérieur peut régler le problème ? → Si oui : pas besoin de toucher aux statuts 3. Est-ce que j’ai l’énergie collective pour mener cette démarche maintenant ? → Si non : reporter la révision Réviser vos statuts n’est ni une obligation annuelle, ni une corvée à faire « parce qu’il faut ». C’est un outil de gouvernance à activer uniquement quand vos statuts vous bloquent concrètement. Avant de vous lancer, posez-vous les bonnes questions. Et si vous devez réviser, faites-le de façon ciblée et pragmatique. Si vous avez besoin d’aide pour améliorer votre organisation, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre … Lire la suite

Le problème, ce n’est pas de créer des missions, c’est de savoir à qui les confier

Un personnage féminin aux cheveux violets bouclés relie sur un tableau blanc des personnes et des missions. Image générée par IA

Vous recevez un message : « Bonjour, je voudrais être bénévole dans votre association. » Vous êtes content·e, vous répondez rapidement, vous proposez un rendez-vous. Vous avez plusieurs missions à pourvoir, peut-être même des fiches de mission déjà prêtes. Mais voilà : laquelle confier à cette personne ? Vous avez les missions. Ce qui vous manque, ce sont les éléments de décision pour faire le bon choix. Parce que proposer un rôle qui demande beaucoup d’autonomie à quelqu’un qui a besoin d’être accompagné ou demander un engagement régulier à une personne qui voulait tester, c’est prendre le risque de la voir partir au bout de quelques semaines. Cet article vous donne les repères pour mieux connaître vos bénévoles avant de leur confier une mission et pour choisir celle qui leur convient vraiment parmi celles que vous avez à proposer. Sommaire 1. Vos bénévoles ne sont plus ceux d’hier  Le bénévolat a changé. Pendant longtemps, s’engager dans une association signifiait souvent donner beaucoup de temps, sur la durée, avec une disponibilité large. Aujourd’hui, les profils se diversifient : des personnes qui s’engagent sur une mission courte, d’autres qui viennent pour un projet précis, d’autres encore qui veulent tester avant de s’investir plus. Cette évolution n’est pas un problème. Elle reflète des vies plus morcelées, des emplois du temps plus chargés, des attentes plus variées. Votre association gagne à accueillir cette diversité, à condition d’avoir les bons critères pour orienter chaque personne vers la mission qui lui correspond. Mieux connaître vos bénévoles dès le départ vous donne ces critères de décision. Vous évitez les mauvais matchings, les déceptions mutuelles et vous construisez des engagements qui tiennent dans la durée. 2. Derrière « je voudrais être bénévole », des motivations très différentes Quelques grandes motivations fréquentes Quand une personne candidate au bénévolat, elle ne vient jamais « juste pour aider ». Derrière cette formule, il y a toujours des motivations plus précises. En voici quelques-unes parmi les plus fréquentes : Contribuer à une cause qui compte pour elle. La personne veut agir concrètement sur un sujet qui la touche : l’environnement, l’éducation, la santé, la culture, la lutte contre les discriminations. Elle cherche du sens et de l’impact. Développer ou utiliser des compétences Elle a des savoir-faire professionnels ou personnels qu’elle veut mettre au service d’un projet collectif, ou au contraire elle veut apprendre quelque chose de nouveau dans un cadre bienveillant. Créer du lien social Elle arrive dans une nouvelle ville, elle traverse une période de solitude, elle cherche à rencontrer des gens qui partagent ses valeurs. Le bénévolat est un moyen de tisser des liens. Se sentir utile Elle veut savoir que ce qu’elle fait compte, qu’elle n’est pas juste un numéro dans une liste. Elle a besoin de reconnaissance et de visibilité sur l’impact de son action. Tester un engagement avant de s’investir plus Elle n’est pas sûre de pouvoir tenir dans la durée, elle veut d’abord voir comment ça se passe, si l’ambiance lui convient, si elle se sent à sa place. Ces motivations ne sont pas exclusives. Une même personne peut en avoir plusieurs. Mais les connaître vous aide à comprendre ce qu’elle attend de vous, et donc ce que vous pouvez raisonnablement lui proposer. Ce qui se passe quand on ne les connaît pas Quand vous ne prenez pas le temps d’identifier les motivations de vos bénévoles, vous risquez de créer des décalages. Vous proposez une mission de représentation publique à quelqu’un qui préfère travailler en coulisses. Vous avez besoin d’un engagement régulier et vous le demandez à une personne qui voulait tester. Vous confiez une tâche répétitive à quelqu’un qui espérait développer de nouvelles compétences. Le résultat : la personne décroche rapidement, elle ne se sent pas à sa place, elle ne comprend pas pourquoi ça ne fonctionne pas. Et vous non plus. Vous perdez du temps, de l’énergie et une ressource humaine précieuse. Et la mission reste à pourvoir. Poser quelques questions simples dès le premier contact vous donne les critères pour choisir la bonne mission parmi celles que vous proposez. 3. Penser aussi aux besoins spécifiques : créer les conditions d’un engagement possible Certaines personnes ont des besoins spécifiques pour s’engager dans de bonnes conditions : contraintes liées à un handicap, à une situation familiale, à des horaires de travail décalés, à une mobilité réduite. Plutôt que de parler de « handicap », préférez « besoins pour bien s’engager ». Cette formulation met l’accent sur les conditions à réunir plutôt que sur les limites. Concrètement, cela peut concerner l’accessibilité des locaux, la participation à distance, des formats de réunion adaptés, des supports de communication accessibles ou la flexibilité sur les horaires. Quand vous posez cette question dès le premier contact, vous envoyez un message clair : votre association ne part pas du principe que tout le monde doit s’adapter au cadre existant. Pour la personne, cela change tout. Elle peut poser ses besoins sans craindre d’être un poids, et vous pouvez ensemble vérifier ce qui est possible. Attention : créer les conditions d’un engagement accessible ne signifie pas tout accepter. Si vous ne pouvez pas répondre à un besoin, mieux vaut le dire clairement dès le départ, en expliquant pourquoi et en proposant éventuellement une autre forme d’engagement. À retenir – Créer les conditions d’un engagement accessible ne signifie pas tout accepter. Cela signifie clarifier dès le départ ce que vous pouvez ajuster et ce qui reste impossible aujourd’hui. 4. Clarifier le possible : disponibilités et formats d’engagement Temps disponible : quand et combien ? Avant de proposer une mission, il faut savoir combien de temps la personne peut donner et à quel rythme. Certaines personnes peuvent s’engager quelques heures par semaine, d’autres préfèrent concentrer leur disponibilité sur une journée par mois, d’autres encore ne sont disponibles que le week-end. Poser la question clairement dès le départ vous évite de proposer une mission qui demande plus de temps que ce que la personne peut donner. Vous évitez aussi les malentendus sur ce que … Lire la suite

Garder le cap : faire vivre son budget au fil de l’année

Un personnage féminin aux cheveux violets montre une analyse de budget sur un tableau blanc. Image générée par IA

Après avoir appris à poser les bases du budget prévisionnel puis à structurer un budget par projet, place à la troisième étape : faire vivre ce budget tout au long de l’année. Parce qu’un budget n’est pas un tableau figé, c’est un outil de pilotage et de dialogue collectif. Entre les prévisions de janvier et la réalité des dépenses, il y a forcément des écarts. Ce n’est pas un échec : c’est le signe d’une activité vivante. L’enjeu, c’est de repérer ces écarts à temps, d’en comprendre les causes et de décider ensemble comment y répondre, sans stress ni réunions à rallonge. Sommaire 1. Ce que le suivi mensuel résout Un budget bien suivi, c’est moins de surprises et plus de sérénité. Quelques bénéfices concrets : une visibilité précoce des écarts avant qu’ils ne deviennent des urgences ; des décisions rapides et argumentées, faciles à présenter à la gouvernance ou aux financeurs ; une mémoire des arbitrages, qui évite de refaire les mêmes débats chaque trimestre. 💡 Rappel utile : le budget est annuel – ce que l’on prévoit. La trésorerie, elle, traduit le calendrier réel des flux. 2. Le rituel mensuel en 30 minutes Inutile d’y passer des heures. Un rituel mensuel de 30 minutes suffit pour garder la maîtrise du budget. Support unique : le tableau « Prévu vs Réalisé – M-1 ». Trame de réunion : 5 min → anomalies chiffrées ; 15 min → trois écarts prioritaires ; 10 min → décisions et responsables. Livrable systématique : 1 alerte • 1 décision • 1 action, avec une date. Mieux vaut une demi-heure régulière bien cadrée qu’un grand rattrapage en panique avant le bilan annuel. 3. Des rôles clairs pour éviter la réunion floue Un bon suivi repose sur trois fonctions distinctes : Préparation : une personne (salariée ou bénévole) prépare les chiffres et propose deux ou trois options réalistes. Arbitrage : la direction ou le CA tranche les priorités. Traçabilité : quelqu’un note la décision, indique où elle est archivée et quand elle sera relue. 💡 Le suivi budgétaire devient alors un vrai moment de pilotage, pas une simple lecture de chiffres. 4. Le tableau de bord à trois voyants (par projet) Pour éviter les comptes-rendus interminables, adoptez un code couleur simple : Voyant Signification Exemple d’action Vert Écart < seuil défini Aucun ajustement Orange – sous tension Écart au-dessus du seuil ou risque identifié Analyse et alerte Rouge – à arbitrer Décision requise ce mois-ci Ajustement validé en réunion Astuce : fixez des seuils proportionnés à votre taille (par exemple ±10 % sur les dépenses directes). 5. Règles “stop ou encore” écrites à l’avance Certaines décisions peuvent être anticipées. Écrivez vos règles d’arbitrage noir sur blanc, comme une charte budgétaire interne : Si le réalisé dépasse le prévu de 15 % pendant deux mois → geler certains postes facultatifs. Si les recettes passent sous le scénario bas deux mois de suite → activer un plan d’ajustement. 💡 Ces règles simplifient la vie : quand la situation se présente, la décision est déjà cadrée. 6. Le journal des décisions : la mémoire qui protège Ce journal est votre allié en cas d’écart ou de contrôle. Un simple tableau partagé suffit : Date Motif Décision Responsable Échéance Effet attendu 2026-01-31 Dépassement frais événement Geler achat X A. Dupont 2026-02-10 Écart < 5 % en fév Ce document vous permet de : justifier vos arbitrages auprès des financeurs, documenter les choix collectifs, transmettre la mémoire budgétaire d’une année sur l’autre. 💡 Un budget transparent se défend toujours plus facilement qu’un budget “corrigé après coup”. 7. La revue trimestrielle : apprendre ensemble Tous les trois mois, prenez un temps plus long pour ajuster les hypothèses si nécessaire : Les prévisions de départ étaient-elles réalistes ? Les financements attendus se sont-ils concrétisés ? Quelles priorités revoir pour le trimestre suivant ? Cette revue budgétaire collective permet de relier la gestion quotidienne à la stratégie globale. C’est une façon de pratiquer la gouvernance partagée : chacun comprend le pourquoi des décisions et leurs effets sur les projets. 8. Les erreurs fréquentes à éviter Confondre budget et trésorerie ; Multiplier les indicateurs jusqu’à rendre le suivi illisible ; Changer de méthode chaque mois ; Prendre des décisions sans les tracer. 💡 La constance vaut mieux que la perfection. 9. Check-list 30 minutes À copier-coller pour installer votre rituel mensuel : Ouvrir le tableau “Prévu vs Réalisé – M-1” ; Lister trois écarts prioritaires (un par projet si possible) ; Discuter causes et options (maximum deux ou trois) ; Acter 1 alerte • 1 décision • 1 action ; Noter la décision et la personne responsable (+ date). 10. Tableau modèle “3 voyants” Projet Voyant Écart Mesure proposée Projet A Vert −3 %   Projet B Orange – sous tension +8 % Réduction poste communication Projet C Rouge – à arbitrer +15 % Décalage d’un atelier Ce qu’il faut retenir Trois étapes pour transformer le budget en véritable outil de pilotage associatif : 1. Construire les bases Définir ce que l’on veut financer, hiérarchiser les priorités Travailler dès le départ avec trois scénarios (bas, médian, haut) Bâtir un budget à l’équilibre, conforme au plan comptable associatif 2. Structurer par projet Établir un budget général et des sous-budgets par action Ventiler les frais communs selon une clé de répartition claire et stable Recenser les apports en nature, sans forcément les chiffrer 3. Faire vivre le budget Tenir un suivi mensuel en 30 minutes avec 3 écarts prioritaires Documenter chaque décision dans un journal des arbitrages Garder le budget initial comme référence, sans produire de « budget corrigé » 💡 Le budget n’est pas une vérité absolue : c’est une projection à piloter collectivement. Ce qui compte, c’est moins la conformité que la traçabilité et la cohérence des décisions. En résumé Mettre en place ces rituels ne prend pas plus de temps que gérer une urgence. Mais cela en évite beaucoup. Le budget devient alors un outil de confiance et de sérénité, autant pour l’équipe que … Lire la suite

Maximiser la participation à vos événements associatifs

Un personnage féminin aux cheveux violets bouclés accueille des participants à un événement associatif. Image générée par IA

Vous avez déjà vécu ce scénario ? Vous organisez un atelier, une conférence, une AG extraordinaire. Vous avez tout préparé… et le jour J, la salle est à moitié vide. Le syndrome de l’événement fantôme touche toutes les associations, petites ou grandes. Pourtant, ce n’est pas une fatalité. La participation ne tient pas qu’à la qualité de l’événement : elle se construit avant, pendant et après. Voici les stratégies concrètes pour transformer vos événements en moments attendus, fréquentés… et mémorables. L’essentiel en 30 secondes Annoncez 4-6 semaines avant (pas 1 semaine) Répondez clairement : Pourquoi venir / Pour qui / Comment (avec accessibilité détaillée) Relancez à J-7 et J-2 (les gens oublient) Commencez et finissez à l’heure (c’est du respect) Postez un compte-rendu illustré sous 48h (sur les réseaux sociaux, sur votre site) Sommaire 1. Avant l’événement : construire l’envie de venir Commencer tôt (vraiment tôt) Une erreur classique : annoncer l’événement une semaine avant. Résultat ? Les gens ont déjà calé leur agenda. Ils aimeraient venir mais « c’est trop tard ». Le bon timing : 4 à 6 semaines avant pour un événement structurant (AG, journée de formation, colloque) 2 à 3 semaines pour un atelier ou une rencontre plus informelle 1 semaine minimum même pour un événement imprévu 💡 Plus vous annoncez tôt, plus vous augmentez vos chances que les gens réservent la date. Le triptyque gagnant : Pourquoi / Pour qui / Comment Une annonce efficace répond à trois questions simples : Pourquoi venir ? Quel est le bénéfice concret pour la personne ? Qu’est-ce qu’elle va apprendre, découvrir, vivre ? Pour qui ? Qui est concerné ? Nouveau membre, bénévole engagé, simple curieux ? Comment ça se passe ? Durée, format, ambiance. Accessibilité (à détailler) : Du lieu : accès PMR (rampe, ascenseur, toilettes adaptées) Des transports : lignes de bus/métro, stations Vélib’, possibilité de covoiturage Des échanges : vélotypie (sous-titrage en direct), interprétation en LSF, support visuel projeté Format hybride : possibilité de suivre en visio si présentiel impossible Exemples concrets : Atelier technique : ❌ « Venez à notre atelier le 15 mars ! »✅ « Atelier du 15 mars : Comment structurer votre budget associatif en 3 étapes simples. Pour les trésoriers et membres du bureau. 2h en visio, méthode + modèle fourni. » Événement convivial : ❌ « Galette des rois de l’asso samedi ! »✅ « Galette des rois – samedi 18 janvier, 15h-17h. Pour tous les membres et leurs proches. Salle Mairie annexe (ligne 12, station Jules Joffrin). Inscription souhaitée pour prévoir les parts. » AG ou réunion statutaire : ❌ « AG le 20 mars »✅ « Assemblée Générale – mercredi 20 mars, 19h-21h30. Pour les adhérentes et adhérents à jour de cotisation. Ordre du jour : bilan 2025, budget 2026, élections CA. En présentiel (Salle des Fêtes, accessible PMR) + visio disponible. » Rendre l’inscription simple et rassurante Une inscription compliquée = des abandons. Les bons réflexes : Un formulaire court (nom, prénom, email, éventuellement organisation) Pas de champs obligatoires superflus Une confirmation immédiate par email avec le lien visio ou l’adresse Une phrase rassurante : « Vous recevrez un rappel 48h avant l’événement » 💡 Plus c’est simple, plus vous convertissez les intentions en inscriptions. Les relances stratégiques Les inscriptions ne suffisent pas. Les gens oublient. Un système de relances augmente la participation de 30 à 50 %. Les 3 moments clés : J-15 : Rappel de l’événement + possibilité de s’inscrire encore J-7 : Détails pratiques (horaire, lien, ce qu’il faut prévoir) J-2 ou J-1 : Dernier rappel avec lien direct et programme de la journée 💡 Automatisez ces relances avec un outil simple (Brevo, Mailchimp ou même un Google Agenda partagé). 2. Pendant l’événement : créer l’expérience L’accueil fait tout Le premier contact donne le ton de toute la journée. Ce qui rassure et met en confiance : Une personne dédiée à l’accueil (physique ou en visio) Un vestiaire disponible (essentiel pour les personnes venant de loin avec des bagages) Un badge ou un prénom visible pour faciliter les échanges Un programme accessible : QR code à flasher à l’entrée (évite le gaspillage papier) + quelques versions papier de secours Un temps d’arrivée échelonné si possible (éviter le stress du retard) 💡 Les 10 premières minutes conditionnent l’ambiance de tout l’événement. 💡 Astuce saison : en hiver, prévoyez 10-15 minutes de plus pour l’accueil. Le passage au vestiaire prend du temps, surtout avec des groupes de plus de 15 personnes. Mixer temps collectifs et temps d’échange Un événement 100 % frontal fatigue. Un événement 100 % libre se disperse. L’équilibre gagnant : Alterner exposés courts (15-20 min max) et temps d’échange Prévoir des pauses vraies (pas 5 minutes chrono) Créer des petits groupes si l’événement dépasse 15 personnes 💡 Les meilleures idées naissent souvent dans les temps informels. Documenter en direct Un événement non documenté, c’est un événement qui s’efface. Ce qu’il faut capturer : Photos de la salle, des participant.es (avec accord), des moments clés Citations marquantes ou questions posées Résultats d’ateliers, post-its, schémas produits Pourquoi ? Pour le compte-rendu immédiat Pour les absent.es Pour la mémoire collective de l’association 💡 Désignez une personne en amont pour cette mission : ne comptez pas sur l’improvisation. Créer des repères clairs Les participant.es détestent ne pas savoir où ils en sont. Les repères qui rassurent : Commencer à l’heure – vraiment à l’heure, pas « 10 minutes après » Un planning affiché avec les horaires Des transitions annoncées : « On passe maintenant à… », « Il nous reste 10 minutes sur ce point » Un temps de clôture prévu et respecté 💡 Commencer et finir à l’heure, c’est du respect. Un événement régulièrement en retard se traîne une réputation de retardataire systémique. Désignez une personne « maître du temps » 💡 Un événement bien rythmé donne envie de revenir. 3. Après l’événement : capitaliser et prolonger Le compte-rendu dans les 48h Passé 48h, l’élan retombe. Les gens passent à autre chose. Un bon compte-rendu : … Lire la suite

« Il nous faut un site » : un réflexe compréhensible mais pas toujours stratégique

Un personnage féminin jongle entre le chaos de pages internet et une arborescence claire. Image générée par IA

Cette phrase revient souvent dans les réunions associatives. Le site web semble être une évidence, une obligation incontournable. Après tout, ne pas avoir de site en 2026, c’est comme ne pas exister en ligne, non ? Et pourtant, derrière cette évidence se cache souvent un flou. Un site, oui, mais pour qui exactement ? Pour dire quoi en priorité ? Et surtout, pour déclencher quelle action ? Avant de vous lancer dans la refonte ou la création d’un site, prenez le temps de clarifier ce besoin. Parce qu’un site qui ne sert pas un objectif précis finit par devenir une charge : il vieillit mal, personne ne le met à jour et il peut même desservir votre image plutôt que la renforcer. Sommaire 1. À quoi sert vraiment un site pour une association loi 1901 ? Être une carte d’identité fiable Votre site, c’est d’abord votre vitrine officielle. Quand on tape le nom de votre association dans un moteur de recherche, il doit apparaître en premier et donner les informations essentielles : Qui vous êtes (votre mission, vos valeurs) À qui vous vous adressez (bénéficiaires, adhérentes et adhérents, partenaires) Ce que vous faites concrètement (vos actions, vos projets) Cette fonction peut sembler basique, mais elle est cruciale. Sans elle, vous laissez le champ libre aux informations approximatives, aux pages obsolètes ou aux comptes de réseaux sociaux non officiels. Rassurer partenaires et financeurs qui vous cherchent en ligne Un financeur qui découvre votre association va chercher votre site. Un partenaire potentiel aussi. Ils veulent vérifier votre crédibilité, consulter vos réalisations passées, comprendre votre gouvernance. Un site à jour, même sobre, envoie un signal de sérieux et de professionnalisme. À l’inverse, un site abandonné depuis 2018 ou une simple page Facebook peuvent semer le doute. Offrir des portes d’entrée claires Votre site doit rendre les actions possibles visibles et accessibles : Comment adhérer ? Comment faire un don ? Comment devenir bénévole ? Comment solliciter un accompagnement ou participer à un événement ? Ces portes d’entrée doivent être simples à trouver et simples à utiliser. Un bouton « Nous soutenir » bien placé vaut mieux qu’un long texte explicatif noyé dans une page « À propos ». 2. Ce que votre site n’est pas obligé d’être Pas un magazine d’actualités hebdomadaire Beaucoup d’associations se mettent la pression pour publier régulièrement des « actualités ». Résultat : la dernière actualité date de six mois, et ça donne une impression d’inactivité. Si vous ne pouvez pas alimenter une rubrique actualités de manière régulière, ne la créez pas. Mieux vaut un site stable avec des informations durables qu’un onglet « Actus » figé dans le temps. Pas un blog de 50 articles Un blog peut être un atout formidable pour partager votre expertise, documenter vos actions ou créer du lien. Mais il n’est pas obligatoire. Si vous avez les ressources pour l’alimenter régulièrement, foncez. Sinon, concentrez-vous sur l’essentiel : des pages claires qui présentent votre association et permettent aux personnes de passer à l’action. Pas un labyrinthe de pages Un site efficace pour une association, ce n’est pas 30 pages imbriquées. C’est souvent 4 à 6 pages bien pensées : Accueil Qui sommes-nous ? Nos actions Nous soutenir / S’engager Contact (Facultatif) Ressources / Blog Chaque page supplémentaire doit avoir une vraie raison d’exister. Sinon, elle alourdit la navigation et dilue votre message. 3. Articuler site, blog et réseaux sociaux sans se disperser Le site comme socle stable Le site, c’est votre base. Il contient les informations durables, celles qui ne changent pas toutes les semaines : Votre raison d’être Vos modalités d’engagement Vos coordonnées Votre cadre de fonctionnement C’est l’endroit où vous avez le contrôle total, contrairement aux réseaux sociaux qui peuvent changer leurs règles du jour au lendemain. Le blog comme base de ressources et de pédagogie Si vous choisissez d’avoir un blog (intégré au site ou sur une plateforme dédiée), utilisez-le pour : Documenter vos apprentissages Partager des guides pratiques Raconter vos projets en profondeur Le blog peut devenir une ressource pour votre communauté et un outil de référencement naturel pour attirer de nouvelles personnes vers votre site. Les réseaux sociaux comme canaux de diffusion LinkedIn, Facebook, Instagram : ces plateformes sont faites pour diffuser vos messages, créer de l’interaction et toucher de nouveaux publics. Mais elles ne remplacent pas votre site. Elles doivent renvoyer vers lui dès qu’une personne veut en savoir plus, adhérer, donner ou vous contacter. Le schéma idéal : réseaux sociaux → site (informations durables + actions possibles). 4. Trois scenarii d’associations, trois sites « minimum viable » Petite association locale centrée sur une activité de terrain Votre priorité : être trouvable et donner envie de vous rencontrer. Pages essentielles : Accueil (qui vous êtes, où vous agissez) Nos actions (avec photos si possible) Nous rejoindre (devenir bénévole, adhérer) Contact (avec horaires d’accueil si vous en avez) Conseil : privilégiez un site sobre, type « carte de visite enrichie ». Pas besoin de blog ni d’actualités. Mettez à jour une fois par an ou quand vos coordonnées changent. Association de plaidoyer ou réseau national Votre priorité : asseoir votre légitimité et partager vos analyses. Pages essentielles : Accueil (votre combat, votre vision) Qui sommes-nous ? (gouvernance, équipe, partenaires) Nos positions / Nos publications Nous soutenir (dons, adhésion, pétitions) Presse / Ressources Conseil : un blog ou une rubrique « Actualités » peut avoir du sens ici, surtout si vous publiez régulièrement des prises de position, des analyses ou des rapports. Prévoyez une personne dédiée pour la mise à jour. Association qui gère beaucoup d’événements Votre priorité : faire connaître vos événements et faciliter les inscriptions. Pages essentielles : Accueil (avec mise en avant de l’événement à venir) Nos événements (calendrier ou liste) Qui sommes-nous ? Participer (inscription, billetterie) Conseil : intégrez un système simple de gestion d’événements (module d’agenda, formulaire d’inscription). Si vous organisez plusieurs événements par mois, un site « statique » ne suffira pas : prévoyez des mises à jour régulières ou automatisez via un … Lire la suite

Adopter l’IA en association en 2026 : ma méthode pour ne pas se perdre en route

Un personnage féminin aux cheveux violets bouclés travaille sur un ordinateur portable. Image générée par IA

En janvier 2025, je faisais comme beaucoup. Je testais l’IA par curiosité. Je posais des questions à ChatGPT. J’essayais des prompts vus sur LinkedIn. Je générais des visuels approximatifs, sans vraie méthode, sans cadre clair. En décembre 2025, j’animais des ateliers sur la création de visuels avec Gemini et la conception de présentations avec Gamma. J’accompagnais des équipes associatives dans l’adoption cadrée de l’IA. J’avais une méthode documentée, un cadre explicite, une pratique assumée et transmissible. Ce qui a changé entre janvier et décembre n’a rien à voir avec la découverte d’un eldorado numérique. Ce qui a changé, c’est une méthode. Et surtout, le bon timing. En 2025, les outils ont mûri. Les usages se sont démocratisés. L’IA est sortie du stade de l’outil brillant ou de la solution miracle pour devenir un levier opérationnel concret, à condition de l’utiliser avec discernement. Ce parcours est aussi celui que je propose aujourd’hui aux associations que j’accompagne. Une adoption progressive, cadrée et utile de l’IA, sans jargon ni paillettes. Voici comment je suis passée de la curiosité à la transmission en quelques mois. Et comment une association peut s’engager dans la même démarche en 2026, sans s’épuiser ni se perdre. Sommaire 1. Le point de départ : un besoin douloureux, urgent et reconnu Je n’ai pas commencé par me dire que je devais « me former à l’IA ». Je ne me suis pas réveillée un beau matin avec l’objectif en tête de devenir une crack de l’IA. J’ai commencé par un problème très concret qui me faisait perdre un temps considérable chaque semaine. Et que j’enrageais de ne pas pouvoir résoudre. Le déclic : les notes de réunion Mon problème était simple et récurrent. Prendre des notes pendant les réunions, relire des verbatims incomplets, reformuler pour que ce soit compréhensible, extraire les décisions et les actions. Tout retaper pour que ce soit propre. Des heures de travail à faible valeur ajoutée. À l’été 2025, Notion a lancé une fonctionnalité de notes de réunion automatiques. L’outil enregistre, transcrit et synthétise les échanges. J’ai testé. La qualité était au rendez-vous. Le gain de temps était immédiat. C’est à ce moment-là que j’ai compris que l’IA n’était plus une promesse abstraite. Elle répondait à un besoin opérationnel précis, ici et maintenant. Et que j’étais prête à l’adopter. Le message clé pour les associations Ne vous formez pas à l’IA « parce qu’il faudrait s’y mettre ». Commencez par identifier vos besoins douloureux. Ceux qui épuisent vos équipes, ralentissent vos projets ou mobilisent inutilement de l’énergie bénévole. Ensuite seulement, posez la question : est-ce que l’IA peut y répondre aujourd’hui, de façon fiable et sécurisée ? La formation vient après. Pas avant. 2. Se former pour voir clair, pas pour devenir experte technique Une fois ce premier déclic passé, j’ai compris que je ne pouvais pas avancer à l’aveugle. Il me fallait une base solide pour comprendre ce que je faisais, ses limites et ses risques. Je ne cherchais pas à devenir développeuse ou spécialiste technique. Je voulais comprendre suffisamment pour faire des choix éclairés. Se former aux fondamentaux J’ai commencé par me former aux bases de l’IA : comprendre comment fonctionnent les modèles de langage, identifier leurs biais et leurs limites, poser les questions d’éthique et de confidentialité des données, apprendre à rédiger des prompts efficaces. De nombreuses formations gratuites existent, notamment via des MOOC, des webinaires ou des acteurs du monde associatif. L’essentiel est d’acquérir un regard critique, ni naïf ni fasciné. Ces formations m’ont permis de comprendre plusieurs points essentiels. L’IA peut inventer des sources. Elle reproduit les biais de ses données d’entraînement. Elle ne comprend pas le sens, elle prédit des mots. Et la confidentialité des données n’est jamais garantie par défaut. Temps investi : Entre 1 et 2 heures par semaine pendant quelques semaines (webinaires, vidéos YouTube, modules en ligne à mon rythme). Coût : Des ressources gratuites sont largement disponibles. Ces formations m’ont donné la confiance nécessaire pour expérimenter sans me raconter d’histoires. 3. Expérimenter, se tromper et apprendre à poser un cadre La théorie ne suffit pas. C’est en pratiquant que j’ai réellement appris. Pourquoi j’utilise plusieurs outils Plutôt que de me limiter à un seul modèle, j’ai choisi d’en utiliser plusieurs, chacun pour des usages différents : Gemini pour la création de visuels et l’identité graphique (version gratuite) ChatGPT pour le brainstorming, la structuration d’idées et l’exploration de scénarios (version gratuite) Notion AI pour l’écriture, directement dans mon espace de travail (fonctionnalité payante) Un seul outil, c’est un seul angle de vue. Comparer plusieurs réponses permet de garder du recul. Coût réel : Seul Notion AI est payant dans mon usage quotidien. Les versions gratuites de ChatGPT et Gemini suffisent pour la plupart de mes besoins. Les ratés du début Les premières semaines ont été chaotiques. Des visuels incohérents. Des textes trop génériques, qui « sonnaient IA ». Des sources parfois inventées. Et des essais d’outils peu convaincants. C’est souvent à ce stade que les associations se découragent. Trop d’outils. Trop de discours contradictoires. Pas de cadre clair. La règle qui a tout changé : la mise en concurrence Aujourd’hui, quand j’ai un doute : je pose la même question à plusieurs outils, je compare les réponses, je vérifie systématiquement les sources, et je garde la main sur le fond. L’IA me fait gagner du temps. Elle ne décide jamais à ma place. J’aime bien dire que l’IA est mon stagiaire : un peu fou fou, plein de bonne volonté mais pas toujours opérationnel. Il faut le cadrer, vérifier son travail et ne jamais lui confier le volant seul. 4. Documenter sa méthode pour ne pas se perdre À force d’expérimenter, une évidence s’est imposée. Poser des règles est impératif. Mes règles éditoriales J’ai documenté ma méthode dans mon outil de travail, avec des règles claires : mon ton et mes valeurs, mon style d’écriture, les formulations à éviter, les règles de relecture et de vérification. À chaque utilisation, l’IA travaille dans ce cadre. Résultat : les contenus sont alignés, cohérents et … Lire la suite

2025 en 7 articles

Sur un écran, le top 7 des articles du blog 2025. Image générée par IA

Plutôt qu’un simple “top 5” des articles les plus lus, j’ai eu envie de regarder 2025 sous un autre angle : quelles sont les questions récurrentes que les associations m’ont posées cette année et comment j’y ai répondu à travers mes contenus ? En relisant les articles publiés en 2025, trois grands fils rouges se dessinent : poser un cadre clair pour faire tenir l’association dans la durée, piloter et sécuriser l’avenir sans se perdre dans les chiffres, apprivoiser les outils et supports qui aident vraiment le quotidien. Voici 7 articles qui illustrent ces fils rouges et montrent, chacun à leur manière, comment je peux accompagner votre association. Sommaire 1. Poser le cadre : règles du jeu, valeurs et bénévoles En 2025, beaucoup d’associations m’ont parlé de cadre : statuts, règlement intérieur, chartes… mais aussi qualité de la relation avec les bénévoles. Derrière ces mots, il y a toujours la même préoccupation : Comment rester fidèle à notre projet tout en évitant les tensions qui épuisent tout le monde ? Le règlement intérieur pour les associations : tout ce qu’il faut savoir Cet article part d’une question très fréquente : Est‑ce qu’on a vraiment besoin d’un règlement intérieur ou est‑ce que les statuts suffisent ? Je montre comment le règlement intérieur peut : traduire les grandes lignes des statuts en règles de fonctionnement concrètes, préciser le rôle des instances, des membres, des bénévoles, servir de référence quand une situation se complique. C’est typiquement un chantier sur lequel je peux vous accompagner : relire vos pratiques, voir ce qui manque et vous aider à écrire un règlement utile, pas un texte qui dormira dans un tiroir. La charte éthique : pourquoi et comment en créer une dans votre association La charte éthique sert à : rendre visibles les valeurs qui guident vos décisions, cadrer des sujets sensibles : relations avec les publics, partenariats, communication, protéger l’association en cas de crise ou de tension. Je rappelle aussi qu’une charte copiée‑collée ne fonctionne pas : elle doit être co‑construite, discutée, appropriée. C’est un travail que j’aime particulièrement faire avec les équipes : animer les échanges, clarifier les points de vigilance, aider à trouver les bons mots. Fidéliser vos bénévoles grâce à une meilleure reconnaissance Le bénévolat a été un autre fil rouge de l’année. Beaucoup d’associations m’ont dit : “On a du mal à garder nos bénévoles dans la durée”. Dans cet article, je montre que la fidélisation ne repose pas que sur “trouver plus de monde” mais aussi sur : reconnaître le travail déjà fait, clarifier les attentes, proposer des formes de gratitude adaptées à la réalité de chacun·e. C’est souvent à ce niveau‑là que nous travaillons ensemble : regarder comment vos bénévoles vivent l’association et construire des pratiques de reconnaissance qui leur donnent envie de rester. 2. Piloter et sécuriser : audit, budget et campagnes de dons Autre grande série de questions en 2025 : Comment garder la maîtrise de notre association quand les obligations augmentent et que les financements se tendent ? Entre les inquiétudes budgétaires, la multiplication des projets et la pression des dossiers, beaucoup de structures ont exprimé le besoin de voir clair. Pourquoi faire auditer votre association est une excellente idée Cet article explique en quoi un audit ne se limite pas à “regarder la compta”. Il s’agit d’un regard global sur : votre gouvernance, votre organisation interne, vos outils, vos finances, vos priorités stratégiques. L’objectif n’est pas de donner des bons ou des mauvais points mais de : identifier vos points forts, repérer les fragilités, et prioriser les chantiers. C’est l’un des formats d’accompagnement que je propose : un diagnostic partagé, suivi d’un plan d’action réaliste, adapté à votre taille et à vos ressources. Tableau de bord et financements : comment piloter son budget associatif La question du budget revient chaque année, mais en 2025, elle a souvent été formulée ainsi : On a un budget prévisionnel, mais on n’a pas vraiment d’outil pour suivre et ajuster. Dans cet article, je relie : le tableau de bord, le suivi des financements, et les décisions prises en bureau ou en CA. Il montre comment un outil simple peut aider à : suivre l’état des recettes et des dépenses, vérifier l’évolution des dossiers de subventions, anticiper les tensions de trésorerie. Là aussi, je peux intervenir pour vous aider à définir vos indicateurs, choisir un outil adapté (tableur ou Notion), et l’ancrer dans vos rituels de décision. Structurer une campagne de dons efficace : les 5 chantiers à lancer en octobre La campagne de dons de fin d’année est un moment clé pour beaucoup d’associations. Mais sans préparation, elle peut se transformer en source de stress plus qu’en levier. Dans cet article, je propose 5 chantiers pour : clarifier vos objectifs, travailler votre récit, préparer vos supports, organiser votre diffusion, et penser à l’après‑campagne. C’est un bon exemple de la manière dont j’aborde les sujets “financements” : en mêlant stratégie, communication et organisation, sans usine à gaz. 3. Outils et supports : apprivoiser le numérique sans s’y perdre Enfin, 2025 a confirmé quelque chose que je vois depuis longtemps : on vient souvent me voir “pour un outil” mais la question de fond est presque toujours ailleurs. Derrière “on a besoin d’un tableau de bord” ou “on cherche un nouvel outil”, il y a souvent : un besoin de clarifier ce qu’on veut suivre, de décider qui fait quoi, de mieux partager l’information. Pourquoi et comment mettre en place un tableau de bord / Tableau de bord associatif : éviter les erreurs Ces deux articles se complètent : le premier explique pourquoi un tableau de bord peut changer vos décisions au quotidien, le second pointe les erreurs classiques : trop d’indicateurs, pas assez de mises à jour, outil trop complexe. Ils montrent que l’enjeu n’est pas de trouver “le bon modèle magique” mais de construire : quelques indicateurs utiles pour vous, un format lisible, et surtout un rituel pour le consulter. C’est exactement là que j’interviens souvent : transformer un tableau … Lire la suite

Les décisions que vous n’avez pas besoin de prendre avant le 31 décembre

Une liste de tâches à faire et le calendrier de décembre avec la date du 31 entourée en rouge. Image générée par IA

À l’approche de la fin de l’année, beaucoup d’associations ont l’impression qu’il faudrait impérativement : clore tous les dossiers, lancer les nouveaux projets, régler les tensions de gouvernance, poser la stratégie 2026… … le tout avant le 31 décembre. Entre les bilans, les dates limites de subventions, les événements de fin d’année et la fatigue accumulée, cette pression peut donner le sentiment qu’il faut tout décider tout de suite. Résultat : des choix pris à chaud, dans un contexte où les équipes sont déjà très sollicitées. Cet article propose de regarder trois types de décisions que vous pouvez tout à fait ne pas prendre avant le 31 décembre, sans mettre votre association en danger. Sommaire 1. Lancer un projet en urgence « pour utiliser les fonds » Scénario que beaucoup d’associations connaissent : une subvention est arrivée (très) tard dans l’année ou bien une partie du budget alloué à un projet n’a pas encore été consommée. La tentation est alors de : lancer une nouvelle phase de l’action en toute urgence, organiser un événement supplémentaire « avant la fin de l’année », acheter du matériel ou des prestations « pour ne pas perdre les fonds ». Sur le moment, cela peut rassurer : on a utilisé l’argent, on respecte la ligne budgétaire, on « honore » l’engagement. Mais les risques sont réels : un projet construit à la hâte, sans avoir identifié les besoins réels, des bénévoles et salarié·es encore plus épuisé·es, des bénéficiaires qui ne comprennent pas cette nouvelle action, des financeurs qui ne sont pas dupes de l’usage précipité des fonds. Ce que je recommande : Prenez les devants ! Annoncez au financeur que pour telles et telles raisons, l’action n’a pu être mise en oeuvre selon le planning convenu.  Quelques pistes : expliquer la situation : retard, contraintes, réalités du terrain, proposer un calendrier réaliste pour l’année suivante, ajuster le contenu du projet si besoin, en restant fidèle à l’esprit de la convention. C’est parfois inconfortable d’oser dire « nous préférons faire moins maintenant mais mieux, un peu plus tard ». Mais à long terme, cela construit une relation de confiance dans la transparence. 2. « Tout remettre à plat » dans la gouvernance avant les fêtes Deuxième type de décision qu’on se met souvent sur les épaules : Avant la fin de l’année, il faudrait qu’on clarifie les rôles, qu’on revoie le fonctionnement du bureau, qu’on tranche enfin telle question de gouvernance. L’intention est légitime : mettre de l’ordre, clarifier, repartir sur de bonnes bases. Mais décembre est rarement le moment le plus serein pour : ouvrir des sujets sensibles, organiser des échanges profonds sur la manière de décider, redéfinir les rôles de chacune et chacun. Les agendas sont chargés, les esprits fatigués, les émotions parfois à fleur de peau. Exit la sérénité ! Plutôt que de vouloir tout remettre à plat dans l’urgence, vous pouvez : lister les sujets de gouvernance à traiter (par exemple : rôles, réunions, décisions, information), noter en quelques mots ce qui coince aujourd’hui, fixer dès maintenant un temps dédié en janvier ou février pour en parler au calme. Préparer le terrain n’est pas du temps perdu : c’est ce qui permet de travailler la gouvernance dans de bonnes conditions, et pas uniquement « parce qu’il faut bien ». 3. Redéfinir toute la stratégie 2026 avant le 31 décembre Dernière catégorie de décisions qu’on se met parfois comme pression de fin d’année : On va profiter de la fin d’année pour repenser la totalité de la stratégie de l’association. Là encore, l’intention est positive : ne pas repartir automatiquement sur « copier‑coller 2025 », prendre du recul, ajuster le cap. Mais une bonne stratégie : se nourrit de retours d’expérience, demande du temps de réflexion, suppose des allers‑retours entre la direction, les salarié·es, le terrain, les bénévoles, les partenaires. Ce travail ne tient pas dans un seul document écrit en urgence entre deux réveillons. Vous pouvez choisir un format plus réaliste, par exemple : un premier cadrage simple début janvier (3 priorités, 3 risques, 3 ressources clés), enrichi au fil de l’année avec des retours de terrain, revisité à chaque trimestre plutôt que figé une fois pour toutes. Là aussi, décider de ne pas « tout boucler » avant le 31 décembre, c’est une forme de rigueur : vous acceptez que la stratégie soit vivante plutôt que de vous forcer à tout verrouiller trop tôt. Ce que vous pouvez faire à la place Ne pas prendre ces décisions dans l’urgence ne veut pas dire « ne rien faire ». En fin d’année, vous pouvez choisir de concentrer votre énergie sur : Clôturer quelques chantiers Nommer clairement ce que vous arrêtez, ce que vous reportez, ce que vous gardez tel quel pour l’instant. Remercier Prendre un temps pour reconnaître le travail rendu possible par les bénévoles, les salarié·es, les partenaires. Prévoir un rendez‑vous avec l’équipe Bloquer dans l’agenda de janvier : une réunion sur les projets à venir, une séance de travail sur la gouvernance, un temps de réflexion sur la stratégie. En résumé, vous n’êtes pas obligé·es de tout décider avant le 31 décembre pour être une association sérieuse et bien gérée. Vous pouvez choisir de terminer l’année en douceur et de reporter les discussions de fond après les fêtes… Si vous avez besoin d’aide pour penser votre organisation, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre une heure d’échanges pour parler de vos attentes. Je réserve mon rendez-vous découverte