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Et si vous profitiez d’août pour décider ce que vous ne relancerez pas à la rentrée ?

Un personnage féminin aux cheveux violets fait le tri devant une fenêtre grande ouverte. Image générée par IA

Août. La moitié de vos contacts est en vacances et l’autre moitié fait semblant de ne plus lire ses mails. Tout le monde tourne au ralenti. Vous aussi. Mais août, c’est aussi le mois d’avant la rentrée. Celui où l’on se dit qu’en septembre, on reprendra tout : les activités habituelles, les dossiers en pause, les idées restées dans un coin. Et très vite, la rentrée reprend la main. Et si vous profitiez plutôt de ce calme pour décider ce que vous ne relancerez pas à la rentrée ? Cet article s’adresse d’abord aux membres du bureau et aux personnes qui participent à la gouvernance de l’association. Il propose des pistes de réflexion, pas des décisions à prendre seul·e. Les arbitrages devront ensuite être discutés collectivement, en conseil d’administration ou dans l’instance qui tient ce rôle dans votre association. Sommaire 1. Pourquoi décider en août de ce que vous ne relancerez pas à la rentrée Pour éviter de tout reprendre comme d’habitude En septembre, toutes les associations se remettent en branle. Au menu : relancer les activités, fixer de nouveaux rendez-vous et rouvrir tous les dossiers laissés en attente. Ce réflexe rassure car il évite de choisir. On remonte dans le train par habitude, sans se demander s’il va encore au bon endroit. Pour faire d’août un temps de recul Décider de ne pas faire demande de prendre de la distance. En association, on gère surtout et avant tout l’urgence, puis le quotidien. Quant à la prise de recul stratégique, elle passe après, faute de place dans l’agenda. Or la distance, c’est exactement ce qu’offre août : moins de sollicitations, moins de réunions, un peu d’air. Profiter de ce moment pour trier n’est pas travailler pendant vos vacances. C’est utiliser une heure de recul pour économiser des semaines de surcharge. 2. Faire l’inventaire honnête de vos projets Prenez une feuille et listez tout ce que porte votre association. Puis répartissez chaque ligne selon ces trois cas de figure. Ce qui est essentiel pour votre mission aujourd’hui Commencez par le non négociable : ce qui répond aux besoins de vos bénéficiaires et correspond à votre raison d’être. C’est votre socle associatif, votre repère pour décider du reste. Votre association a pour objet d’aider les personnes réfugiées en leur apprenant le français. Les cours d’alphabétisation sont au cœur de votre activité. Ce qui est agréable mais vous épuise Il y a les activités sympathiques, celles qui plaisent à l’équipe tout en mobilisant beaucoup d’énergie pour un résultat limité. La question n’est pas seulement “est-ce qu’on aime le faire ?” mais plutôt “qu’est-ce que cela apporte concrètement à l’association et à quel prix pour l’équipe ?” Une action peut apporter de l’argent, de la visibilité, des contacts, de l’élan collectif ou simplement beaucoup de fatigue. Votre association organise chaque année une course solidaire à laquelle de moins en moins de personnes participent. L’idée plaît aux bénévoles qui la préparent. Mais une fois l’événement passé, le bilan montre peu de participation, peu de retombées ou beaucoup de fatigue pour des résultats limités. Ce que vous faites surtout « parce qu’on l’a toujours fait » Chaque association a ses habitudes héritées : l’événement qui n’attire plus grand monde, le rendez-vous dont personne ne se souvient de l’origine. Si la seule raison de continuer est « on l’a toujours fait », il y a matière à réflexion sur le maintien ou non. Si votre association édite chaque année un calendrier et qu’en mars seuls 60 % des exemplaires ont été vendus, la question mérite d’être posée : est-ce encore une action utile ou surtout une habitude bien installée ? 3. Identifier les vrais signaux de trop plein Des projets reportés et qui n’avancent jamais Un projet qui revient sur le devant de la scène en septembre et ce depuis trois ans ? Ce n’est plus un projet, c’est un marronnier. Un marronnier qui ajoute un point à l’ordre du jour sans être jamais tranché. Un projet utile doit pouvoir répondre à trois questions simples : pour qui, pour quoi, avec qui. Si le projet s’inscrit dans les besoins de l’association : on lui donne une date de début et une date de fin et on nomme une personne référente. Si le projet se résume à un souhait en mode “ce serait bien d’avoir / de faire …” : on le raye de la feuille de route. Il pourra revenir plus tard sous une autre forme : avec son objectif clarifié, son intérêt pour l’association, les personnes concernées, le temps nécessaire et les conditions pour le mener. Des personnes clés épuisées en permanence Dans une association, les personnes les plus impliquées deviennent vite indispensables. Parce qu’elles sont fiables, disponibles ou déjà au courant de tout, elles portent le quotidien et plus encore. Le risque, c’est de ne voir la fatigue qu’une fois qu’elle est installée. Le temps de bénévolat n’est pas extensible. L’énergie déployée non plus. Une charge de travail trop lourde ou bien encore des sollicitations trop fréquentes augmentent le risque d’épuisement bénévole. Quand tout repose sur quelques personnes, l’association devient fragile elle aussi. Des actions sans public mais gourmandes en temps Une action peut avoir été utile lorsque l’association prenait son envol et ne plus l’être aujourd’hui. Vérifier à qui elle s’adresse véritablement permet de trancher. À retenir : les trop pleins avancent masqués. Anticiper la fin vaut toujours mieux que de subir brutalement un freinage en catastrophe. 4. Renoncer oui, mais comment ? Mettre en pause, alléger, transmettre ou arrêter : quatre options concrètes Renoncer n’est pas forcément supprimer. Quatre options existent, de la plus douce à la plus franche : Mettre en pause : l’activité s’arrête jusqu’à une date précise, avec un point de décision programmé. Alléger : on garde l’activité et on réduit son format, sa fréquence ou ses ambitions. Transmettre : une autre structure ou un partenaire reprend le relais. Arrêter : on y met fin clairement et on l’annonce comme tel. Comment en parler à l’équipe sans culpabiliser Un … Lire la suite

Présidente ou président d’association : 5 questions pour préparer la rentrée du CA

Une femme aux cheveux violets bouclés et aux lunettes noires, assise à une table de jardin en bois à l'ombre, écrit avec un air serein dans un carnet ouvert. Elle prépare le Conseil d'Administration de son association. Sur la table, un verre de boisson fraîche ; sur une chaise, une serviette de plage pliée et des lunettes de soleil. Autour d'elle flottent trois icônes légères : un calendrier, une liste à cocher et une horloge. Image générée par IA.

La vie d’une présidente ou d’un président d’association est loin d’être un long fleuve tranquille. Même les doigts de pied en éventail sur la serviette, à regarder la mer, on pense à cette fichue rentrée qui s’annonce déjà. Aux prochaines réunions du bureau. Au prochain conseil d’administration. Alors non, on ne prépare pas une rentrée entière depuis sa serviette. En revanche, « Un chef, c’est fait pour cheffer. » (dixit Jacques Chirac). Dans une association, cela n’a rien d’une démonstration d’autorité : bien cheffer, c’est se préparer pour que le collectif puisse décider sereinement. Et cela tient en vingt minutes, le temps de répondre aux cinq questions qui vous taraudent le plus avant de plonger dans septembre. Pas besoin de la pensine d’Harry Potter pour vous libérer la tête… Sommaire Bon à savoir Cet article part du modèle de gouvernance classique des statuts associatifs : présidente ou président, bureau et conseil d’administration. Si votre association fonctionne en gouvernance partagée, c’est-à-dire sans hiérarchie traditionnelle et avec des décisions réparties entre celles et ceux qui font, les cinq questions restent valables : posez-les en collectif plutôt qu’en solo. 1. Faire le point au calme sur l’année écoulée Première question : qu’avons-nous décidé cette année et qu’en avons-nous vraiment mis en œuvre ? Ce que vous avez décidé sans jamais vraiment le mettre en œuvre Chaque conseil d’administration produit son lot de délibérations – les décisions votées en réunion et consignées au compte rendu – adoptées à l’unanimité… puis jamais appliquées. Une convention à relire, un outil à tester, une procédure à formaliser. L’été est le moment idéal pour ressortir cette liste sans culpabiliser : pour chaque décision en suspens, trois options suffisent. On relance, on adapte ou on abandonne officiellement. L’abandon assumé est aussi une décision de gouvernance. Vos réussites silencieuses méritent d’être nommées À l’inverse, certaines choses ont très bien fonctionné cette année sans que personne ne les formalise. Une réunion mieux préparée, une nouvelle bénévole accueillie efficacement, un partenariat fluidifié. Nommer ces réussites au prochain conseil d’administration ne coûte rien et donne de l’énergie à toute l’équipe pour démarrer l’année. À retenir Un bilan d’été n’est pas un règlement de comptes. C’est un état des lieux bienveillant pour décider la rentrée en connaissance de cause. 2. Clarifier les grandes décisions à prendre à la rentrée Deuxième question : quelles sont les trois décisions qui structureront notre année ? Trois décisions majeures à mettre à l’agenda Trois. Pas plus. Un recrutement à préparer, une subvention à rediscuter, un projet à lancer ou à arrêter. Limiter volontairement le nombre de décisions majeures, c’est se donner les moyens de les traiter correctement plutôt que de les effleurer toutes voire de n’en prendre aucune. Ce qui peut attendre et ce qui ne peut plus attendre Une fois les trois priorités nommées, triez le reste en deux tas : ce qui peut attendre le conseil suivant et ce qui traîne depuis trop longtemps pour être encore reporté. Il y a une règle simple en gouvernance : si un sujet n’est pas à l’agenda, il n’existe pas. Autrement dit, les sujets qui reviennent à chaque réunion sans jamais être inscrits à l’ordre du jour ne sont jamais tranchés. D’où cette habitude à prendre : un sujet reporté trois fois de suite mérite soit d’entrer à l’agenda avec une date arrêtée soit d’être définitivement abandonné. 3. Revoir la répartition des rôles sans tout réécrire Troisième question : qui porte quoi, réellement, aujourd’hui ? Qui est sur tous les fronts aujourd’hui ? Dans beaucoup d’associations, une même personne cumule la recherche de fonds, le secrétariat courant et la représentation auprès des financeurs et des institutions. Et si vous êtes la présidente ou le président, il y a de fortes chances que cette personne, ce soit vous. Comme toutes les évidences, cela va mieux en le disant. Une petite mise à jour des fiches de poste suffit souvent Pas besoin de lancer un grand chantier de gouvernance. Une fiche de poste décrit simplement ce qu’une fonction fait réellement : ses missions, ses limites et ses liens avec les autres postes. Reprendre les vôtres, ajuster deux ou trois attributions et formaliser ce qui se fait déjà en pratique suffit dans la plupart des cas. L’essentiel est ensuite de faire valider cette répartition au premier conseil d’administration de l’année. Si vous partez de zéro, notre article sur le rôle de la présidente ou du président d’association donne un bon point de départ. 4. Choisir un rythme réaliste pour l’équipe dirigeante Quatrième question : quel rythme de réunion allez-vous proposer à votre équipe cette année, sans épuiser personne ? À quelle fréquence vous réunir vraiment et pour quoi faire ? Une réunion sans objet clair fatigue plus qu’elle ne fait avancer. Pour y voir clair, regardez les responsabilités : au bureau, la présidence est la représentante légale de l’association, la trésorerie rend compte de la gestion financière et le secrétariat général suit les formalités administratives. Le conseil d’administration, lui, décide des orientations et s’assure que tout roule. Donnez à chaque rendez-vous une raison d’être explicite. Bon à savoir Vos statuts fixent peut-être déjà une fréquence minimale de réunion du conseil d’administration, souvent formulée « au moins une fois par trimestre » ou « au moins une fois par mois ». Vérifiez ce que disent les vôtres avant de caler votre rythme de l’année. Prévoir des temps de respiration dans l’année Décidez dès maintenant des périodes protégées : aucune réunion pendant les vacances scolaires, une pause après l’assemblée générale, un mois allégé en été. La qualité de vie des dirigeantes et des dirigeants est un sujet de gouvernance à part entière, pas une option. Astuce Centralisez ordres du jour, comptes rendus et décisions dans un espace partagé unique (Notion ou l’outil de votre choix). Chacun retrouve tout au même endroit et vous ne reconstruisez plus l’historique à chaque réunion. 5. Préparer un CA de rentrée clair et simple Cinquième question : à quoi ressemblera notre premier conseil d’administration de l’année ? Un … Lire la suite

Cahier d’été pour petites associations : 6 piliers à relire au frais avant la rentrée

Faire le point sur son association. Plusieurs personnages réunis autour d'un plateau de jeu à six cases dans un jardin ombragé, chaque case représentant un pilier du cahier d'été associatif. Image générée par IA

Il y a des étés où l’on se pose vraiment. Où on se déconnecte du quotidien. Où on prend le temps pour soi. Mais quand on est engagé·e dans le pilotage d’une association – membre du bureau, membre du conseil d’administration – il y a des étés où on profite de ce temps pour faire le point. D’où l’idée d’un cahier d’été. Ce cahier n’est pas une liste de tâches de plus à boucler avant septembre – vous en avez déjà bien assez. C’est une invitation à passer en revue le fonctionnement de votre association au frais, à tête reposée, un pilier après l’autre. L’idée est simple : six domaines à revisiter sans pression, avec pour chacun trois questions à vous poser, quelques lectures à piocher selon vos envies et un mini-exercice court, un carnet et un crayon à la main. Ces six domaines ne sortent pas d’un chapeau : ce sont ceux qui reviennent dans presque toutes les associations que j’accompagne, quelle que soit leur taille. L’un d’eux conditionne tous les autres : ce qui pèse sur les épaules de celles et ceux qui portent l’association. Si personne ne regarde jamais cette charge, le reste redevient une liste de choses à faire. C’est pour cette raison que le cahier s’achève par là et non parce que ce serait le sujet le moins important. Parcourez-le dans l’ordre ou picorez le pilier qui vous parle le plus aujourd’hui. Rien n’est obligatoire. Tout est là pour vous aider à aborder la rentrée plus sereinement… Une précision avant d’ouvrir le cahier : si l’été est votre haute saison – accueil de loisirs, sport, festival, maraudes, séjours – ce n’est évidemment pas le moment. Mettez ce cahier de côté et ressortez-le lorsque votre agenda le permettra. Le principe fonctionne à n’importe quelle saison. Sommaire Gouvernance et décisions, sans prise de tête La gouvernance, ce n’est pas qu’une affaire de statuts et de réunions. C’est surtout la façon dont votre association décide, répartit les rôles et avance ensemble. L’été est un bon moment pour regarder tout cela avec recul, sans l’urgence des ordres du jour et des échéances statutaires. Un cadrage utile avant de commencer : ce cahier travaille sur les blocages d’organisation, pas sur les personnes. Quand ce qui coince est humain – une présidence qui ne lâche pas la main, un conflit installé depuis deux ans – aucun exercice de carnet n’y suffira. C’est une réflexion stratégique, à mener à plusieurs et souvent accompagnée. Ce n’est pas un chantier d’été en solitaire. Trois questions à vous poser Qui décide quoi, aujourd’hui, dans votre association – et est-ce clair pour tout le monde ? Quelles décisions traînent depuis des mois faute d’un cadre pour les traiter et prendre la décision ? Votre gouvernance est-elle chronophage et exigeante ou plutôt bienveillante et adaptative ? À relire au frais Le rôle de président·e d’une association : responsabilités et défis Faites le point sur votre gouvernance associative en 10 questions La formation des dirigeant·es d’association, une étape trop souvent négligée Le mini-exercice Repérez une décision qui a mis du temps à être prise – ou qui a été encore une fois repoussée – et notez à quel moment le blocage est apparu. Finances et trésorerie, sans paniquer Regarder ses finances ne veut pas dire ressortir tous les tableurs. L’été, il s’agit plutôt de prendre de la hauteur sur trois choses : ce qui entre, ce qui sort et ce qui pourrait fragiliser votre modèle d’ici la fin de l’année. Ce qui sort mérite un mot de plus. Appelons cela l’hygiène des dépenses : vérifier qu’on sait encore à quoi sert chaque somme qui quitte le compte. Un abonnement souscrit pour un projet terminé, une assurance qui fait doublon, une cotisation à un réseau que plus personne ne fréquente. À l’inverse, l’hygiène des dépenses consiste aussi à regarder ce que l’association ne prend pas en charge et qui lui revient pourtant : les frais avancés par les bénévoles, le billet de train payé par un membre du bureau, le matériel acheté sans note de frais. Ce qui n’apparaît pas dans vos comptes ne coûte rien à l’association. Cela coûte à quelqu’un. Trois repères simples Un seul financeur ou un seul type de ressource pèse-t-il plus des trois quarts de votre budget ? Si oui, ce n’est pas une force, c’est une dépendance. Savez-vous combien de mois votre trésorerie actuelle vous permet de tenir ? Le calcul tient en une ligne : votre trésorerie disponible divisée par le montant moyen de vos dépenses mensuelles. Est-il déjà arrivé que quelqu’un paie quelque chose de sa poche pour l’association, sans jamais demander de remboursement ? À relire au frais Trésorerie fragile : que faire quand on ne peut plus faire comme avant Construire un budget par projet et ventiler les frais de fonctionnement Tableau de bord et financements : piloter son budget associatif La rentrée budgétaire des associations Le mini-exercice Une seule question, une seule réponse à noter : à quand remonte la dernière fois que vos dépenses récurrentes – abonnements, assurances, cotisations, prélèvements – ont été passées en revue ligne à ligne ? Notez une date. Ou notez « jamais ». Si c’est « jamais », vous n’avez rien de plus à faire cet été : vous savez simplement ce qui figurera à l’ordre du jour de votre première réunion de rentrée. Bénévoles et engagement, au rythme de l’été Vos bénévoles sont le cœur battant de l’association. L’été est l’occasion de penser non pas à en recruter davantage mais à mieux accueillir et garder celles et ceux qui sont déjà là. Trois questions à vous poser Qu’est-ce qui donne envie de rester, dans votre association ? Un·e nouveau·elle bénévole sait-il·elle où trouver l’information et à qui s’adresser dès son arrivée ? Savez-vous ce que vos bénévoles savent faire, au-delà de ce qu’ils et elles font déjà chez vous ? À relire au frais Comment (bien) recruter de nouvelles et de nouveaux bénévoles Réussir l’intégration de vos bénévoles Charte du … Lire la suite

Raconter votre association en 10 phrases : un exercice d’été

Comment raconter votre association en 10 phrases. Un personnage féminin aux cheveux violets présente les actions de son association sur un forum. Image générée par IA.

« Et concrètement, que fait votre asso ? » C’est la question que toute personne bénévole fraîchement arrivée dans une association redoute le plus le jour du forum associatif – ou de tout autre événement avec du public. On a beau connaître un peu l’historique, savoir les activités phares mais parfois il manque la vue d’ensemble. Alors on raconte. On parle de la fondation de l’association. De la raison initiale. Puis des bifurcations au fil du temps. Puis d’une nouvelle action. Puis des partenaires qui soutiennent l’association. Plus on en dit, plus on a l’impression de se noyer. Et plus on sent que la personne en face ne comprend toujours pas ce que fait l’association. Et si vous profitiez de l’été pour travailler un peu cette présentation ? Voici un exercice à faire : résumer une action de l’année en 10 phrases. Pas en un diaporama de 10 pages. Dix phrases pour poser clairement le cadre. Sommaire Pourquoi c’est si difficile d’expliquer ce que fait l’asso Parce que vous la connaissez de l’intérieur ! Donc, tout est évident. Tout coule de source. Pour vous. Pas pour les personnes qui découvrent votre structure. La tentation de l’exhaustivité, le risque du vocabulaire Devant une question simple, la tentation est grande de tout dire, surtout si votre association existe depuis longtemps. Ou de ne dire qu’une partie, celle de l’action qui mobilise le plus en ce moment avec son nom, son contenu, les bénévoles qui la font vivre, les partenaires qui la soutiennent. Et au passage en oubliant de nommer les bénéficiaires… Ou alors d’expliquer avec des mots très adaptés en interne mais totalement abscons pour les non-initié·es. Le jargon marketing ne rend pas une action plus pertinente. Autant expliquer avec des mots simples pour que le message soit non seulement compréhensible mais surtout compris. Comprendre d’où vient le problème Le problème n’est pas un manque de connaissances. Vous savez ce que fait l’asso parce qu’on vous a donné une présentation avec tout son historique et avec toutes ses activités passées et en cours et avec toutes les personnes impliquées… Ce qui vous manque, c’est la synthèse. Ce qu’on appelle le “pitch” : une présentation brève et convaincante. L’exercice n’est pas évident quand on ne l’a jamais pratiqué. Raconter une histoire en quelques phrases s’apprend. Resserrer le récit pour qu’il marque les esprits. Alors comment passer d’une présentation écrite pour un dossier de subvention à une narration qui embarque ? L’exercice des 10 phrases Choisissez une action marquante de l’année, celle qui vous vient spontanément en tête. Racontez-la en exactement 10 phrases, réparties en trois temps. 3 phrases pour le contexte Quel besoin, pour quel public, à quel moment. Rien de plus. Pas l’historique du dispositif, juste le point de départ. 4 phrases pour ce qui s’est passé vraiment Ce que vous avez fait, concrètement. Qui était impliqué, quelles étapes, ce qui a demandé un effort particulier. Le cœur de l’histoire. 3 phrases pour ce que ça a changé Ce qui est différent, pour qui, depuis. Pas besoin d’un chiffre certifié : une observation honnête suffit largement. Astuce Pour vous entraîner sans stress, prenez un exemple fictif au hasard, un accueil de jour pour des personnes âgées en situation d’isolement social. Contexte : trois phrases sur le repérage du besoin, le public visé, la période de lancement. Déroulé : quatre phrases sur l’organisation des permanences, l’implication de deux bénévoles, l’aménagement du local, un imprévu géré. Impact : trois phrases sur la fréquentation régulière, un témoignage de participant·e, une suite envisagée. Le principe : dix phrases, un fil clair. Le résultat, une fois rédigé « En 2023, le tiers-lieu qui accueillait les personnes âgées isolées du quartier a fermé ses portes. La mairie nous demande d’animer un espace de convivialité pour les accueillir de nouveau. Le projet démarre en janvier, dans une salle prêtée par la mairie deux après-midis par semaine. Nous aménageons la salle avec des jeux de société, une bibliothèque de prêt et un coin lecture. Deux bénévoles se relaient pour ouvrir les permanences et accueillir les participant·es autour d’un café. Trois mois après l’ouverture, une fuite d’eau nous oblige à changer de salle en urgence. Une autre association du quartier nous prête ses locaux le temps des travaux, sans interruption des permanences. Aujourd’hui, une quinzaine de personnes viennent régulièrement, certaines chaque semaine depuis le début. “Je ne savais même plus à quoi ressemblait une conversation avant de venir ici”, nous confie une participante. Face à cette demande, nous envisageons d’ouvrir une troisième permanence hebdomadaire dès septembre et nous cherchons des bénévoles. » Seul·e, en duo ou en jeu collectif ? L’exercice fonctionne seul mais il gagne beaucoup à être fait à deux ou trois. Ce qui vous semble une évidence après des mois sur le terrain ne l’est pas forcément pour qui écoute et c’est justement cette personne qui repère où l’histoire perd son fil. Dans l’idéal, la personne qui a vécu l’action de près (salarié·e, bénévole impliqué·e) raconte à voix haute, une deuxième note et pose des questions “bêtes” (« et concrètement, ça veut dire quoi ? ») chaque fois qu’un sigle est utilisé ou qu’une évidence est avancée. A partir de là, une première version est posée. Le but est de la relire pour faire tenir dans les 10 phrases. En évitant au maximum les phrases avec des subordonnées à n’en plus finir… Vous pouvez même en faire un petit jeu, façon cadavre exquis version associative : une personne pose les trois phrases du contexte, une autre ajoute les quatre phrases sur le déroulé, une troisième conclut avec l’impact. Le résultat est bancal ? C’est normal : il sert de base brute. On affine, on allège, on valide. Pour la validation, gardez en tête que ce texte n’a pas vocation à être gravé dans le marbre. Une fois le récit validé, le groupe présente le texte à des personnes extérieures. Le test est réussi quand les personnes qui ont écouté reformulent avec leurs propres mots et que cela … Lire la suite

Profitez de l’été pour mettre vos formalités associatives à jour

Un personnage féminin aux cheveux violets coche avec un grand sourire des case sur une liste. Image générée par IA

Septembre. Vous rouvrez le classeur de l’association et la petite voix revient : le PV de la dernière AG, il est signé ? Le changement de trésorier·e du printemps, il a bien été déclaré ? Ces petites choses à faire ont tendance à s’accumuler surtout quand on repousse à plus tard leur traitement. Bonne nouvelle : l’été est le moment parfait pour les régler une bonne fois pour toute, au calme, sans la bousculade de la rentrée. L’été, le rythme associatif ralentit. Les réunions s’espacent, les projets se mettent sur pause. C’est justement le bon moment pour traiter ce qu’on met de côté toute l’année : la mise à jour de vos formalités. Une heure maintenant et vous abordez la rentrée l’esprit tranquille. Comment faire ? Avec une checklist pour ne rien oublier et quelques liens officiels si vous voulez aller plus loin. Sommaire Pourquoi l’été est le bon moment Le rythme ralentit : c’est l’occasion de traiter ce qu’on repousse le reste de l’année. Vous évitez aussi le télescopage de la rentrée, quand tout redémarre en même temps. La checklist des formalités à vérifier Reprenez chaque point à tête reposée. Cochez ce qui est déjà en règle, notez ce qui demande une action. 1. Vos PV de conseils d’administration sont-ils retranscrits et classés ? Un compte rendu écrit, c’est la mémoire de vos décisions. En cas de contrôle, de litige ou simplement de passation, vous devez pouvoir retrouver qui a décidé quoi et quand. Concrètement : reprenez vos réunions du semestre, vérifiez que chaque PV est rédigé, daté et rangé au même endroit. Un dossier partagé et daté fait très bien l’affaire. Ce qui n’est pas écrit finit toujours par se perdre. 2. Le PV de votre dernière assemblée générale est-il signé et prêt à diffuser ? C’est le document qu’on vous réclamera le plus souvent : banque, financeurs, nouveaux membres du bureau. Sans lui, vous bloquez sur des démarches simples. Concrètement : le PV doit être daté et signé par au moins un·e dirigeant·e. Vérifiez qu’il mentionne les décisions votées et, s’il y a eu renouvellement, la nouvelle composition du bureau. 3. Avez-vous déclaré tout changement de gouvernance ? Un changement de dirigeant·es ou une modification de statuts doit être déclaré dans les 3 mois au greffe des associations. À défaut, le changement devient inopposable aux tiers (votre nouveau bureau n’est pas reconnu officiellement) et l’association s’expose à une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 €. La marche à suivre, étape par étape, est juste en dessous. 4. Vos statuts et votre règlement intérieur reflètent-ils encore vos pratiques réelles ? Beaucoup d’associations fonctionnent avec des statuts qui datent de la création et ne collent plus à la réalité : mode de scrutin, montant des cotisations, objet élargi. Un écart entre les textes et la pratique peut fragiliser une décision. Concrètement : relisez vos statuts en équipe, repérez les décalages et notez ce qui mérite une mise à jour au prochain vote. Toute modification de statuts se déclare, elle aussi, dans les 3 mois. 5. Vos obligations propres sont-elles à jour ? Selon votre activité, vous pouvez avoir des obligations spécifiques : agrément à renouveler, déclarations annuelles, comptes à publier si vous recevez des subventions importantes. Concrètement : listez les obligations liées à votre situation et vérifiez les échéances. En cas de doute sur ce qui s’applique à vous, direction les sources officielles citées plus bas. Comment déclarer un changement, concrètement Un changement de bureau ou de statuts ? Voici la marche à suivre. Réunissez les pièces : le PV daté et signé de l’assemblée qui a voté le changement, ainsi que vos statuts mis à jour si ce sont eux qui changent. Faites la déclaration au greffe des associations, à la préfecture ou sous-préfecture de votre siège, dans les 3 mois. Le plus simple : en ligne, via le téléservice e-modification sur service-public.fr. Il vous faut votre numéro RNA (celui qui commence par W). Sinon, par courrier avec le formulaire Cerfa : 13971*03 pour un changement de dirigeant·es, 13972*03 pour une modification de statuts. La publication au Journal officiel (JOAFE) est gratuite. Elle est facultative dans la plupart des cas. Elle reste conseillée pour un changement de nom, d’objet ou de siège, car elle rend le changement opposable aux tiers. La traçabilité, un gage de sérieux Depuis 2015, la tenue d’un registre spécial n’est plus une obligation légale. Mais garder une trace chronologique de vos décisions et de vos déclarations reste vivement recommandé. Un simple registre des délibérations, tenu à jour, suffit. La traçabilité rassure vos membres et vos financeurs. Elle facilite aussi les passations quand une nouvelle équipe arrive. Ce que cet article n’est pas (et où aller pour le reste) Ce n’est pas un conseil juridique. En cas de doute, direction service-public.fr, associations.gouv.fr, votre préfecture ou un·e juriste. Besoin de revoir les bases de l’AG ? Voyez notre article « Préparer et animer l’assemblée générale annuelle ». Les questions RH (salarié·es, stagiaires, service civique) feront l’objet d’un article dédié.  Votre checklist express PV des conseils rédigés, datés et classés PV de la dernière AG signé et diffusable Changements de dirigeant·es ou de statuts déclarés dans les 3 mois Statuts et règlement intérieur à jour Obligations propres (agrément, financements) vérifiées Registre des délibérations tenu à jour En résumé Une heure (ou un peu plus) cet été et vous pouvez archiver l’année écoulée. Vous abordez la rentrée sans mauvaise surprise administrative. La conformité, ce n’est pas de la paperasse pour la paperasse. C’est ce qui protège votre association et rassure celles et ceux qui vous font confiance. Transparence : cet article a été rédigé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle et relu, corrigé et validé par mes soins. L’illustration a été générée par IA. Vous ne savez pas par où commencer pour structurer votre association ? Faites le point en 2 minutes avec ce quiz gratuit : il vous aidera à identifier votre chantier prioritaire. Identifier ma priorité

Écrire les comptes rendus de vos événements du 1er semestre avant de tout oublier

Profitez de l'été pour rédiger vos comptes-rendus. Un personnage féminin aux cheveux violets travaille sur un ordinateur. Au mur, des photos d'événements. Image générée par IA

Imaginez la scène. Décembre, vous préparez le bilan annuel et vous rouvrez le dossier de votre bel événement de mars. Là, c’est le trou noir. Le nombre exact de participantes et participants ? Envolé. Le nom de cette intervenante formidable ? Sur le bout de la langue. La petite phrase qui avait ému toute la salle ? Perdue. Le compte-rendu d’événement de votre association fait partie de ces tâches qu’on repousse, jusqu’au moment où on en a vraiment besoin – au pire moment, celui du bilan de fin d’année. Et si vous l’écriviez maintenant, cet été, tant que les souvenirs sont intacts et que le calme vous laisse un peu d’air ? Sommaire Pourquoi écrire le compte-rendu de votre événement maintenant La mémoire est encore fraîche. À chaud, vous vous souvenez des détails qui font un bon récit : l’ambiance, les réactions, ce qui a bien (ou mal) fonctionné. Six mois plus tard, au moment du bilan, il n’en reste qu’un souvenir flou. L’été vous donne du temps plus au calme. Pas de réunion incontournable, pas d’urgences : le contexte idéal pour mettre les choses au propre. Attendre décembre, c’est reconstituer de mémoire, dans l’urgence de la fin d’année. Autrement dit, un compte-rendu qui risque de perdre de sa saveur. Bonne nouvelle : vous ne partez pas d’une page blanche La matière de votre compte-rendu existe déjà. Elle est simplement éparpillée. Rassemblez-la avant de rédiger. Les chiffres clés Si vous avez profité de l’été pour les compiler (l’étape juste avant celle-ci), ils sont prêts : fréquentation, budget, nombre de bénévoles mobilisé·es, retombées. L’invitation et le programme Avec le déroulé de la journée, le nom des intervenantes et intervenants : vous avez déjà entre vos mains la présentation de l’événement et tout son contexte. Le décor est déjà planté, il ne reste qu’à raconter. Les photos, datées et nommées Elles rythment le récit et prouvent l’impact. Classez-les tant qu’on sait encore qui est qui et quand et mentionnez les personnes présentes sur les clichés. Rappel : le consentement photo s’organise en amont. En amont : la question du droit à l’image se pose dès le formulaire d’inscription. Le jour J : on annonce que des photos seront prises et on matérialise un espace « sans photo » pour celles et ceux qui ne souhaitent pas y figurer. Les verbatims des questionnaires de satisfaction C’est la dimension qualitative : les mots des participantes et participants valent souvent mieux qu’un long paragraphe. Vos propres publications du moment Vos posts LinkedIn et Facebook publiés le jour J sont déjà de bons points de départ : accroches, chiffres, photos. Recyclez-les. Une structure de compte-rendu réutilisable pour votre association Écrivez une fois, réutilisez trois fois : la même base nourrit le rapport d’activité, le bilan destiné aux financeurs et vos contenus de communication. Une trame en cinq blocs : Le contexte : quel événement, pour qui, pourquoi, quand. Les faits et les chiffres : ce qui s’est passé, en données. Les temps forts et les verbatims : l’histoire et l’émotion. Les enseignements : ce qui a marché, ce que vous ajusterez. La suite : prochaines étapes et remerciements. L’IA pour synthétiser, avec un garde-fou L’IA peut vous faire gagner du temps sur le compte-rendu de votre événement : regrouper vos verbatims, proposer un plan, dégrossir un premier jet à partir de vos propres matériaux. Mais la règle est simple : l’IA synthétise ce que vous avez déjà, elle ne crée pas à votre place. Vous relisez, vous vérifiez les chiffres, vous gardez la voix de votre association. Écrivez-le maintenant, vous vous remercierez en décembre Un compte-rendu écrit à chaud, c’est un rapport d’activité à moitié fait, un dossier financeur mieux argumenté et une communication qui sonne juste. Trois heures cet été valent trois jours en décembre. 👉 Envie de savoir si votre organisation est prête à structurer tout ça sereinement ? Faites le point avec le quiz structuration : https://isavouszed.fillout.com/structuration Pour aller plus loin Chiffres clés de votre association : profitez de l’été pour les rassembler – l’étape de collecte, juste avant celle-ci. Rédiger le rapport annuel d’activité : étapes clés et éléments à inclure Mesurer l’impact de vos actions associatives et communiquer les résultats Storytelling : raconter l’histoire de votre association Transparence : cet article a été rédigé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle et relu, corrigé et validé par mes soins. L’illustration a été générée par IA. .

Chiffres clés de votre association : profitez de l’été pour les rassembler

Chiffres clés de votre association : profitez de l'été pour les rassembler - un personnage féminin aux cheveux violets travaille à une table de jardin. Image générée par IA

Quinze jours avant votre assemblée générale, vous fouillez vos mails, vos captures d’écran et votre mémoire pour retrouver combien de personnes ont participé à votre temps fort de mars. Ça vous parle ? Cette course de dernière minute, des milliers d’associations la rejouent chaque printemps. Bonne nouvelle : en suivant les chiffres clés de votre association tout au long de l’année, vous pouvez oublier ce stress du sprint final. Sommaire Pourquoi suivre les chiffres clés de votre association dès l’été L’été, le rythme ralentit. Les projets sont en pause, les sollicitations se font rares et vous retrouvez un peu de sérénité. C’est le moment parfait pour un checkpoint de mi-année : faire le point sur le premier semestre pendant qu’il est encore frais dans les esprits. L’idée est de ne pas attendre le printemps pour tout reconstituer dans l’urgence d’avant l’assemblée générale. C’est l’inverse : collecter au fil de l’eau, par petites touches, pour que vos chiffres soient toujours prêts quand vous en avez besoin. Les 4 familles de chiffres clés de votre association Inutile de suivre cinquante indicateurs. Quatre familles suffisent, avec trois ou quatre chiffres chacune. Le bon réflexe : peu de chiffres, mais les bons, suivis régulièrement. Activité, audience, engagement, ressources Activité : actions menées, personnes accueillies, événements organisés. Audience : visites de votre site, abonnés et interactions sur vos réseaux. Engagement : bénévoles actifs, heures données, adhésions et renouvellements. Ressources : dons reçus, subventions obtenues, part d’autofinancement. Centraliser les chiffres clés de votre association dans un tableau simple Pas besoin d’un outil compliqué. Un simple tableau, avec une ligne par mois et une colonne par famille, fait parfaitement l’affaire. Tableur, page de notes ou base de données : prenez ce que vous maîtrisez déjà. Quels chiffres clés de votre association relever chaque mois Plutôt qu’un marathon une fois par an, inscrivez la compilation des chiffres clés à l’ordre du jour d’une réunion régulière du bureau ou du conseil d’administration. Quinze minutes suffisent, et le suivi ne repose plus sur une seule personne. Voici un point de départ : Famille Exemples d’indicateurs Où le trouver Activité Actions menées, participants, événements Vos comptes-rendus Audience Visites du site, abonnés et interactions réseaux Vos statistiques en ligne Engagement Bénévoles actifs, heures, adhésions Votre base de membres Ressources Dons, subventions, autofinancement Votre suivi de trésorerie Le même réflexe vaut pour vos écrits. Dès qu’un compte-rendu est prêt, pour le site comme pour un financeur, mettez-le de côté plutôt que de le laisser filer dans vos mails. Astuce nomenclature : nommez chaque document de façon claire et datée, par exemple « CR Colloque 25 mars 2026 », et nommez vos dossiers de photos de la même manière. Le jour où vous préparez votre rapport d’activité ou un dossier de subvention, tout se retrouve en quelques secondes. À quoi serviront les chiffres clés de votre association après l’été Compiler ces chiffres en été, c’est se simplifier la vie pour toute la fin d’année : un rapport d’activité qui s’écrit presque tout seul ; des dossiers de subvention d’automne déjà documentés ; une communication de fin d’année qui s’appuie sur des résultats concrets. Comparer les chiffres clés de votre association aux repères du secteur Vos chiffres prennent encore plus de sens quand vous les situez. Des références nationales, comme les chiffres clés de la vie associative ou les baromètres du bénévolat et des réseaux sociaux, vous aident à savoir si vous êtes dans la moyenne, au-dessus, ou s’il reste une marge de progression. Le piège : vouloir tout chiffrer Attention quand même : tout ne se mesure pas. Le sourire d’une personne accompagnée, la fierté d’une équipe, un lien tissé dans la durée ne tiennent pas dans une colonne. Gardez de la place pour le qualitatif, à côté des chiffres. À retenir : Profitez de l’été pour poser les chiffres clés de votre association dans un tableau simple, alimenté au fil de l’eau. Quatre familles, quelques indicateurs, quinze minutes par mois : de quoi aborder vos rapports, vos demandes de subvention et votre communication sans le stress de dernière minute. Pour aller plus loin Fixer des objectifs associatifs : SMART ou CLEAR Mesurer l’impact de vos actions associatives Le bilan de rentrée : repartir sur de bonnes bases Tableau de bord et financements Rédiger un rapport d’activité que tout le monde lira Comment peaufiner vos dossiers de subvention Mettre à profit la trêve des confiseurs : archivage, projets ou vacances – pour approfondir l’archivage de vos documents La valorisation comptable du bénévolat Transparence : cet article a été rédigé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle et relu, corrigé et validé par mes soins. L’illustration a été générée par IA. L’expertise est la mienne. Vous ne savez pas par où commencer pour structurer votre association ? Faites le point en 2 minutes avec ce quiz gratuit : il vous aidera à identifier votre chantier prioritaire. Identifier ma priorité

Valider les compétences de vos bénévoles : à quoi ça sert et est-ce pour vous ?

Valider les compétences de vos bénévoles : à quoi ça sert et est-ce pour vous ? - Un personnage féminin aux cheveux violets serre la main d'un homme. Au-dessus, de leurs mains, une coche dorée dans un badge. Image générée par IA.

Une présidente d’association m’a posé récemment une question, comme ça, lors d’une discussion informelle : « Quel serait le truc en plus qui m’aiderait à garder mes bénévoles plus longtemps ? » Son association avait déjà bien travaillé l’accueil. L’intégration. Les fiches de mission. Elle cherchait comment enrichir le parcours. Ma réponse l’a surprise : « Oublie les outils. Pense à la relation gagnant-gagnant. » Car en plus des conseils habituels sur la reconnaissance, il existe un levier moins exploré : valider les compétences de vos bénévoles, c’est-à-dire la validation officielle de ce qu’ils et elles ont acquis ou amélioré pendant leurs missions. Et dans la plupart des cas, l’outil n’est pas le bon point de départ. Sommaire Précision avant de commencer Le mot « valorisation » recouvre deux réalités bien distinctes dans l’écosystème associatif. D’un côté, la valorisation comptable : estimer en heures ou en équivalent temps plein le temps donné par les bénévoles, pour l’inscrire au pied du compte de résultat comme contribution volontaire en nature (règlement ANC 2018-06). De l’autre, la validation des compétences individuelles : ce que le ou la bénévole a acquis et peut faire valoir dans son parcours. Cet article parle du second sujet. Si vous cherchiez à chiffrer l’apport bénévole pour vos comptes annuels ou un dossier de subvention, c’est un autre sujet, traité dans l’article Valoriser comptablement le bénévolat : comment chiffrer l’apport en nature dans vos comptes annuels. Valider les compétences de vos bénévoles : la vraie question avant de choisir un outil Valider les compétences de vos bénévoles est un beau sujet. Mais avant de se lancer dans un dispositif, il vaut mieux regarder à qui cela s’adresse et à quoi cela va servir. Tous les outils disponibles aujourd’hui (portefeuille de compétences, Passeport Bénévole, VAE, Compte d’Engagement Citoyen, Certif’Asso) ne répondent pas aux mêmes besoins. La bonne question n’est donc pas « quel outil mettre en place ? », mais « à qui est-ce utile, et à quel moment de leur parcours ? ». C’est la même logique que pour construire un plan de formation bénévole : on part du besoin réel, pas de l’outil. Le reste découle de cette réponse. Commencer par regarder qui sont vos bénévoles Prenez cinq minutes pour dresser la pyramide des âges de votre équipe bénévole. Ce simple exercice change tout. Une équipe majoritairement retraitée La question de la valorisation professionnelle n’est plus celle qui se pose. Personne, ici, ne construit un dossier de VAE pour relancer une carrière. Ce qui compte vraiment, c’est la reconnaissance (dire merci, citer les personnes, nommer ce qu’elles apportent) et la transmission (accueillir la relève, documenter les savoir-faire). C’est moins spectaculaire qu’un portefeuille de compétences certifié, mais c’est ce qui fait rester les gens. Une équipe mixte Quand jeunes, personnes en activité et retraité·es se côtoient, la validation formelle devient pertinente pour une partie seulement de l’équipe : les bénévoles actifs et actives. Celles et ceux pour qui une trace de l’engagement peut avoir un sens dans leur parcours professionnel. C’est sur ce sous-groupe qu’il faut concentrer vos efforts. Pas sur tout le monde en même temps. Pour les actifs et actives : trois options suffisent Pas besoin d’un dispositif complet. Trois options couvrent l’essentiel des besoins. 1. La recommandation LinkedIn C’est sans doute la piste la plus efficace et la moins mentionnée. Cinq minutes de rédaction, zéro process, aucun outil à déployer. Le ou la responsable associative ouvre le profil LinkedIn du ou de la bénévole, et écrit une recommandation concrète : qui elle est, ce qu’elle a apporté, ce qu’elle sait faire. La recommandation est visible immédiatement sur son profil, et utile dès le prochain entretien. Cette option suppose que la personne soit sur LinkedIn et que la ou le responsable accepte d’y associer son nom. Cela reste l’engagement le plus léger pour la plus grande valeur immédiate. 2. Le Passeport Bénévole Outil historique proposé par France Bénévolat. C’est un livret dans lequel on consigne les missions effectuées, la durée, les compétences mobilisées. L’association peut certifier le contenu. Il est utile pour les bénévoles qui veulent une trace structurée à glisser dans un dossier de candidature, un CV ou, plus tard, un dossier de VAE. Contrepartie : il demande un suivi dans le temps, donc un minimum d’organisation côté association. Si personne ne l’alimente, il reste au fond d’un tiroir. 3. Ne rien formaliser Cette troisième option est souvent oubliée. Et pourtant. Certains bénévoles n’ont pas besoin de validation formelle. Ils et elles veulent simplement que leur engagement soit reconnu dans l’instant, nommé en équipe, remercié. Leur imposer un outil parce qu’il est disponible revient à les infantiliser. Si la personne ne demande rien, la bonne réponse peut être de ne pas produire de document. Ce n’est pas une fin de non-recevoir, c’est donner suite à ses attentes. Définir les attentes avec les bénévoles, pas pour eux et elles Aucun dispositif ne tient si on le déploie sans demander aux premières et premiers concernés ce qu’ils et elles en attendent. Une question simple, posée à l’accueil ou en milieu de mission, suffit la plupart du temps : Qu’est-ce qui vous ferait plaisir au terme de votre engagement ici ? Les réponses sont parfois déroutantes. Certaines personnes veulent une ligne sur leur CV. D’autres veulent qu’on cite leur prénom dans le rapport annuel. D’autres encore, rien de visible, juste la certitude d’avoir été utiles. Les trois réponses sont légitimes. Elles n’appellent pas toutes les mêmes outils. Astuce Intégrez cette question à votre accueil bénévole, au même titre que la fiche de mission. Elle prend une minute, elle évite des mois de dispositif mal calibré. Aller plus loin si le besoin est là Pour celles et ceux qui veulent approfondir, voici les principaux dispositifs existants et le public auquel ils s’adressent. Bon à savoir Portefeuille de compétences : PDF d’auto-bilan, ancien mais national, utile pour structurer une première réflexion. VAE Bénévole : validation des acquis de l’expérience à partir d’un an d’engagement, pour obtenir un diplôme officiel. Compte … Lire la suite

Adopter une communication accessible dans votre asso : une question de bon sens

Adopter une communication accessible dans votre asso : une question de bon sens. Un personnage féminin aux cheveux violets se tient devant un écran sur lequel s'inscrivent des signes illisibles. Image générée par IA.

Vous avez préparé une affiche, une newsletter ou un post. Vous y avez mis du temps et du soin. Et pourtant, une partie des personnes que vous vouliez toucher ne le verra jamais vraiment. Ce qui pêche dans la communication de votre association, ce sont souvent des petits réglages oubliés, faciles à corriger une fois qu’on les a en tête. Rendre votre communication accessible ne demande pas un chantier de plus : il s’agit surtout de vous assurer que le message pour lequel vous avez travaillé arrive bien à destination. Sommaire Accessible, ça veut dire quoi au juste ? Une communication accessible, c’est une communication qu’une personne peut recevoir et comprendre, quels que soient sa vue, son audition, son aisance avec le numérique ou sa disponibilité du moment. Concrètement, vos publics, ce sont aussi : des personnes malvoyantes qui agrandissent les textes ou utilisent un lecteur d’écran, des personnes sourdes ou malentendantes qui ont besoin de sous-titres, des personnes peu à l’aise avec la lecture ou avec le français, et, très souvent, des bénévoles ou des partenaires qui lisent vite, sur leur téléphone, entre deux réunions. Penser à elles et à eux, ce n’est pas viser un public à part : c’est rendre votre message plus clair pour tout le monde. Avant d’être une affaire de technique, l’accessibilité est d’abord une question de bon sens : se mettre un instant à la place de l’autre. Dire à une personne aveugle « c’est là » ne veut rien dire ; lui préciser « devant vous », « à votre droite » ou « derrière le comptoir », oui. Beaucoup de bons réflexes d’accessibilité tiennent à cette attention simple, bien avant tout outil ou toute norme. Et ce public est plus large et plus divers qu’on ne l’imagine. Les chiffres dépendent beaucoup de ce que l’on mesure : selon la DREES (Le handicap en chiffres, édition 2024), 14,5 millions de personnes de 15 ans ou plus déclarent au moins une limitation fonctionnelle sévère (vue, audition, mémoire). Toutes n’ont pas besoin d’aménagements pour s’informer, loin de là : l’idée n’est pas de ranger les gens dans des cases mais d’éviter de dresser des obstacles inutiles. Autrement dit : il y a beaucoup à gagner, juste en y pensant un peu. L’accessibilité, ce n’est pas réservé à quelques-unes et quelques-uns Vous est-il déjà arrivé de regarder une vidéo dans le métro, sans vos écouteurs, en lisant les sous-titres ? De couper le son en pleine réunion ou de plisser les yeux en plein soleil quand l’écran devient illisible ? C’est exactement ça : ce qui aide les personnes en situation de handicap rend aussi la vie plus simple à tout le monde, dans une foule de situations du quotidien. Et les chiffres le confirment. D’après une étude Verizon Media et Publicis Media menée en 2019, 80 % des personnes qui activent les sous-titres ne sont ni sourdes ni malentendantes : la plupart regardent simplement une vidéo dans les transports, en réunion ou le son coupé. Ce n’est pas qu’une question de confort : Discovery Digital Networks a mesuré une hausse de 7,3 % des vues sur ses vidéos sous-titrées et jusqu’à 13,5 % dans les deux premières semaines. Rendre votre contenu accessible, c’est donc aussi le rendre plus vu. Par où commencer, sans tout réinventer Quelques gestes simples qui ne demandent pas un investissement lourd  choisir une police lisible, dans une taille confortable, avec un vrai contraste entre le texte et le fond, écrire en langage clair : des phrases courtes, des mots du quotidien, une idée à la fois, ajouter des sous-titres à vos vidéos, ce que les outils de votre téléphone font déjà très bien, décrire vos images importantes en quelques mots, pour celles et ceux qui ne les voient pas, garder une mise en page aérée, avec des titres qui guident la lecture. L’idée n’est pas de tout faire d’un coup mais d’en glisser un ou deux dans votre prochaine publication. En prime, ce qui est accessible est aussi mieux référencé Bonne nouvelle : les moteurs de recherche fonctionnent un peu comme un lecteur d’écran. Ils ne voient pas vos images et ne perçoivent pas votre mise en forme, ils lisent la structure de votre page. Un article pensé pour les personnes déficientes visuelles est donc aussi un article que Google comprend mieux. Deux gestes comptent particulièrement : hiérarchiser vos titres, avec un seul grand titre puis des sous-titres logiques, ce qui guide la navigation au lecteur d’écran comme la lecture par les moteurs, décrire vos images avec un texte alternatif clair : cette description est lue à voix haute aux personnes aveugles et elle aide vos images à apparaître dans les recherches. La Fédération des Aveugles et Amblyopes de France en fait d’ailleurs un axe majeur de l’inclusion numérique. L’accessibilité n’est pas un critère de classement officiel de Google mais elle pousse dans le même sens : un contenu clair, structuré et lisible autant par les machines que par les humains. Et la loi, dans tout ça ? Bonne nouvelle : vous n’avez sans doute aucune obligation légale et vous pouvez avancer sereinement. La plupart des petites associations ne sont concernées ni par le RGAA, qui vise surtout les organismes publics et les grandes structures, ni par la directive européenne sur l’accessibilité (l’European Accessibility Act, entré en vigueur le 28 juin 2025), qui s’applique au secteur privé mais exempte les très petites structures. Le cadre se renforce néanmoins partout en Europe : s’y mettre dès maintenant, à votre rythme, c’est prendre une longueur d’avance plutôt que de subir une contrainte. Aller plus loin avec le FALC, à votre rythme Le FALC, pour Facile à lire et à comprendre, est une manière d’écrire pensée pour les personnes qui ont des difficultés de compréhension : phrases simples, pictogrammes, mise en page très claire. Le FALC repose sur un référentiel européen, « L’information pour tous », élaboré dès 2009 par Inclusion Europe avec huit pays. En France, l’Unapei en est le relais … Lire la suite

Vous avez changé de réseau social. Combien de personnes avez-vous perdues sans le savoir ?

Vous avez changé de réseau social. Combien de personnes avez-vous perdues sans le savoir ? - Un personnage féminin aux cheveux violets tient d'un côté un smartphone avec un réseau social très actif et de l'autre, sur un écran, une page de réseau social qui disparaît. Image générée par IA

Changer de réseau social, c’est une décision que beaucoup d’associations prennent un jour. Nouvelle page Instagram, passage au tout numérique, abandon du courrier papier. L’intention est souvent bonne. Le résultat, parfois, beaucoup moins. Une association que je suivais depuis des années sur Facebook a migré vers Instagram. Du jour au lendemain, plus rien dans mon fil. Je ne suis pas allée la chercher sur d’autres réseaux. En fait, j’ai découvert plus tard qu’elle avait choisi Instagram. Un réseau que je trouve trop chronophage et que je ne fréquente que de loin en loin. Résultat : cette association a disparu de mes radars. Je n’ai pas cessé de la suivre. Elle a cessé de s’adresser à moi. Et à combien d’autres comme moi ? Sommaire Quand changer de réseau social fait oublier l’ancien canal Quand une association lance une nouvelle page Instagram, elle regarde les abonnés monter. 50, 100, 200. C’est encourageant, c’est visible, c’est motivant. Mais qui regarde la page Facebook qu’on a cessé d’alimenter ? Les 500 abonnés sont toujours là, en apparence. Personne ne se désabonne – c’est trop laborieux, on n’y pense pas, on garde vaguement le lien « au cas où ». Sauf que les algorithmes, eux, ont compris : une page inactive, c’est une page qu’on enterre. Les publications sporadiques ne s’affichent plus. La page devient un fantôme. L’association croit avoir conservé son audience historique. En réalité, elle l’a rendue invisible. Pire que de la perdre : une illusion de présence. Un choix stratégique déguisé en décision technique Changer de réseau social, c’est rarement une mauvaise idée en soi. Les usages évoluent, les publics se déplacent, les outils changent. Et les effets de mode font le reste : « Facebook est mort », « si on veut exister, il nous faut TikTok », « telle association a recruté des bénévoles grâce à Instagram ». La directrice veut rajeunir l’image de l’association, elle confie la création d’une page Instagram à une bénévole motivée. L’énergie se concentre sur le nouveau canal. L’ancien s’éteint en silence. Le problème apparaît quand cette migration se fait sans se poser la question de celles et ceux qu’on laisse derrière. Dans l’association que je suivais, la publication croisée Instagram vers Facebook était possible en cochant une simple case dans les paramètres. Une case. Pas de temps supplémentaire, pas de contenu à adapter, pas de charge de travail en plus. Mais personne ne l’a cochée. Probablement parce que personne ne s’est demandé : « Qui est encore sur Facebook et n’ira jamais sur Instagram ? » Parce qu’il n’y a pas eu de réflexion stratégique sur l’ensemble de la communication. On n’ouvre pas un nouveau canal au détriment de l’audience acquise sur d’autres canaux. On ajoute, on ne remplace pas. Parce que la communication n’est pas la cinquième roue du carrosse. La recherche de fonds, les partenariats, le recrutement de bénévoles passent aussi par la crédibilité que vous dégagez en ligne. Un site sans actualités et des réseaux sociaux sans publications envoient un signal clair à l’extérieur : association inactive, voire coquille vide. Au-delà des réseaux sociaux : chaque canal de communication compte Ce réflexe manquant se retrouve dans bien d’autres décisions de communication : Une association qui arrête sa newsletter papier pour passer au tout numérique. Les adhérentes et adhérents qui recevaient le courrier depuis dix ans perdent le fil des activités. Pas parce qu’ils et elles ne savent pas utiliser un ordinateur. Mais parce que l’email n’est pas leur canal, que le courrier faisait partie de leur routine et que personne ne leur a demandé leur avis. Ils et elles ne se plaignent qu’une fois ou deux puis arrêtent de se plaindre. Le rendez-vous est perdu. Une structure qui choisit les formulaires en ligne pour remplacer l’assistante qui est partie. Plus pratique pour l’équipe, plus simple à gérer. Mais les bénéficiaires les moins connectées n’appellent plus l’assistante qui enregistrait pour eux et elles à distance leur présence. Pas de formulaire rempli = moins de présence. Le lien s’effiloche. Un bureau qui crée un groupe WhatsApp pour le conseil d’administration pour remplacer les SMS. Les échanges sont plus fluides, les décisions plus rapides. Sauf pour les deux administratrices qui n’utilisent pas WhatsApp et découvrent les décisions après coup. À chaque fois, le même schéma : on modernise un canal sans cartographier qui utilise l’ancien. Et les personnes perdues en route sont vraiment perdues pour l’association. Les sympathisantes et sympathisants : un public fragile face aux changements de canal Il y a un public particulièrement vulnérable à ces changements silencieux : les sympathisantes et sympathisants. Ni adhérentes, ni bénévoles, ni donatrices. Juste des personnes qui suivent de loin, qui lisent de temps en temps, qui parlent de vous autour d’elles. Ce sont les personnes les plus faciles à perdre parce qu’elles n’ont aucune raison de faire l’effort de vous retrouver. Elles ne viendront pas chercher votre nouveau compte Instagram. Elles ne penseront pas à taper votre nom dans un moteur de recherche. Si vous disparaissez de leur fil, vous disparaissez tout court. Or ce vivier est précieux. C’est de là que viennent les futures adhésions, les futurs dons, le futur bouche-à-oreille. Le perdre ne se voit dans aucun tableau de bord mais ça se paie à moyen terme. Trois questions avant de changer de réseau social Avant de migrer, d’ajouter ou d’abandonner un canal de communication, prenez cinq minutes pour répondre à trois questions : 1. Qui utilise le canal actuel ? Pas combien de personnes – qui. Quel profil, quel âge, quel usage. Les bénévoles actifs et actives ? Les adhérentes de longue date ? Les sympathisantes qui vous suivent de loin ? Les partenaires institutionnels ? 2. Parmi ces personnes, lesquelles ne vous suivront pas sur le nouveau canal ? Soyez réalistes. Les adhérentes et adhérents fidèles à votre newsletter papier ne vont pas tous basculer sur l’email du jour au lendemain. Les sympathisantes sur Facebook ne vont pas toutes ouvrir Instagram. Les bénéficiaires qui appellent ne vont pas tous remplir un … Lire la suite