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Cyberviolences : l’autre visage des violences faites aux femmes

Une femme devant son écran tente d'échapper à une main masculine. Image générée par IA

Le 17 septembre 2025, j’étais au tribunal pour suivre l’audience du procès intenté par l’autrice et artiste féministe Typhaine D. Dans la salle, les violences numériques qu’on qualifie trop vite de « virtuelles » ont pris une forme très concrète. Les cyberviolences ne restent jamais derrière un écran. Elles traversent les vies, les corps, les foyers. Elles prennent des formes variées : harcèlement coordonné, menaces, sextorsion, deepnudes, doxing. Et leurs conséquences ne sont pas « numériques » : hypervigilance, anxiété, isolement, perte d’emploi, déménagement en urgence, stress post-traumatique, atteinte à la sécurité physique. Pour les associations, l’enjeu est d’identifier la bascule entre la violence en ligne et le danger réel. Elle existe, elle est documentée et elle se répète. Sommaire Ce que dit la justice Les cyberviolences sont des infractions pénales. Le verdict de ce procès auquel j’ai assisté l’a rappelé avec force : les neuf accusés ont tous été reconnus coupables. Un élément les a particulièrement marqués, bien davantage que les peines prononcées : leur interpellation. Être tirés du lit à six heures du matin par les forces de l’ordre. Passer une journée entière en garde à vue. Pour beaucoup, la prise de conscience a eu lieu à cet instant précis et non au moment des messages envoyés. Ce décalage illustre la banalisation du cyberharcèlement. Pour les associations, cela confirme l’importance de nommer les faits, de conserver les preuves, d’accompagner les victimes dans un dépôt de plainte clair et circonstancié. Voire, le cas échéant, se porter partie civile.  Typhaine D : quand l’audience rend audible À l’audience, les violences cessent d’être abstraites. Les menaces sont lues à voix haute. Les dates sont alignées. Les captures deviennent des pièces. Les parties civiles prennent la parole. Les réquisitions replacent les faits dans la loi. Ce moment rend perceptible ce que les associations savent depuis longtemps : les mots laissent des traces et leur accumulation constitue une violence à part entière. Pour les associations, c’est un rappel utile : documenter n’est jamais “de trop”. Une capture, un horodatage, un message recopié peuvent changer le traitement judiciaire d’un dossier. Le bras armé numérique Les cyberviolences se propagent par des vecteurs multiples : réseaux sociaux, messageries chiffrées, groupes fermés. La mécanique est récurrente : effet de meute, amplification rapide, anonymisation apparente, passages à l’acte hors ligne. Quand le cyberharcèlement atteint les associations, ces vagues emportent tout sur leur passage : campagnes arrêtées, bénévoles épuisé·es, salarié·es mis·es en retrait, risques accrus pour les personnes exposées. Beaucoup d’associations n’ont ni cellule de crise ni moyens dédiés. Elles doivent pourtant absorber ces charges sous pression et dans l’urgence. Ce que font les associations Sur le terrain, les associations ne “réagissent” pas : elles protègent. Elles mettent à l’abri les femmes victimes et les enfants co-victimes. Hébergement sécurisé, trajets protégés, récupération d’effets personnels essentiels, déménagement en urgence. Elles écoutent, accueillent et orientent. Elles repèrent les signaux faibles. Elles conservent les preuves et accompagnent vers les dispositifs spécialisés. Elles transmettent l’hygiène numérique de base : mots de passe robustes, double facteur, nettoyage des accès, verrouillage des comptes, coffre-fort numérique avec les documents les plus importants. Ces missions sont vitales. Elles sont aussi chronophages, émotionnellement lourdes et sous-financées. Les associations absorbent une charge qui dépasse largement leurs moyens. À soutenir La Fondation des Femmes mène des actions pour renforcer l’aide aux victimes et aux associations de terrain. Elle recherche des financements pour pérenniser et étendre ces dispositifs. Ressources utiles 3919 • 114 par SMSTchat commentonsaime.frPlateforme de signalement police/gendarmerieViols Femmes Info : 0 800 05 95 95 Le 10 novembre, neuf personnes ont découvert que quelques clics pouvaient devenir des infractions pénales.  Que de vouloir envoyer une femme « au bûcher », même virtuel, avait un coût réel. Les associations, elles, n’ont pas besoin d’une salle d’audience pour le savoir. Elles voient chaque jour les conséquences concrètes de ces violences : des vies brisées, des peurs omniprésentes, des urgences qui se répètent. Et une liste de féminicides qui ne cesse de s’allonger, année après année. Les cyberviolences ne sont ni secondaires ni immatérielles. Elles blessent, isolent et mettent en danger. Elles s’inscrivent dans le continuum des violences faites aux femmes. Soutenir les associations, c’est renforcer la seule ligne de protection qui existe aujourd’hui entre une menace en ligne et un danger bien réel.

Et si on arrêtait de nouer des partenariats pour construire de vrais écosystèmes ?

Une réunion de bénévoles autour de l'écosystème associatif. Image générée par IA

Depuis longtemps, les associations fonctionnent avec un réflexe simple : identifier un besoin, chercher un partenaire, déposer un dossier, puis recommencer l’année suivante. Ce modèle a été efficace mais il atteint aujourd’hui ses limites. Les coûts augmentent, les financements se tendent, les équipes n’ont plus le temps de gérer tout l’administratif. Et beaucoup d’associations repartent de zéro chaque année sans vraiment comprendre pourquoi. Ce n’est pas un manque d’organisation. Ce n’est pas un défaut de compétences. C’est une conséquence directe d’un système centré sur le court terme. Et si la question n’était pas « quel nouveau partenaire ajouter” mais plutôt “comment stabiliser nos relations pour construire un écosystème vivant” ? Sommaire Clarifier ce qu’on appelle vraiment un partenaire Le mot “partenaire” est utilisé partout mais il recouvre des réalités très différentes. Pour avancer, on peut distinguer trois grandes catégories. 1. Les partenaires financiers Collectivités, services de l’État, fondations, entreprises via le mécénat. Ce sont des soutiens essentiels mais souvent dépendants d’appels à projets ou d’orientations politiques changeantes. 2. Les partenaires opérationnels Les acteurs terrain qui permettent la mise en œuvre : un collège qui ouvre ses portes, un centre social qui met une salle à disposition, une association pair qui co-organise une action, une bibliothèque qui accueille une permanence. Ces relations sont très précieuses quoique rarement documentées. 3. Les partenaires de visibilité ou d’influence Médias locaux, newsletters associatives, réseaux professionnels, institutions relais, élu·es référent·es… Ils contribuent à la crédibilité et à la présence de l’association sur son territoire. Bon à savoir : partenariat vs sponsoring Un partenariat associatif repose sur une collaboration non marchande.Le sponsoring, lui, est une opération commerciale : l’entreprise achète de la visibilité en échange de son soutien. Il ne s’agit donc pas d’un partenariat au sens utilisé dans cet article. Et si on élargissait un peu le cadre ? Beaucoup d’associations limitent la notion de “partenaire” aux financeurs ou aux institutions. Mais si l’on se demande “de qui dépend réellement notre fonctionnement quotidien ?”, les contours s’élargissent. L’entreprise qui fournit le matériel n’est pas un partenaire au sens juridique. Mais si elle propose des tarifs préférentiels, livre rapidement ou conseille l’association depuis des années, elle fait déjà partie de l’écosystème réel. Ces acteurs influent directement sur la qualité, la fluidité et la continuité de l’action. Pourquoi le modèle “partenariat = projet + subvention” atteint ses limites Ce modèle a longtemps permis de développer des actions mais il repose sur une logique fragile. les relations dépendent souvent d’une seule personne en interne ; les engagements se renégocient chaque année ; la coordination pèse sur des équipes déjà surchargées ; l’historique est perdu si rien n’est documenté ; les actions se multiplient sans renforcer les capacités durables. Résultat : l’association subit au lieu d’anticiper. Ce qu’est un écosystème (et ce que ce n’est pas) Un écosystème n’est pas un réseau parfait ni un montage rigide. C’est un ensemble vivant d’acteurs reliés par des besoins, des pratiques ou des ressources partagées, dans la durée. C’est en perpétuelle construction, évoluant avec la mission de l’association, son territoire et les personnes qui l’animent et en sont les bénéficiaires. Quelques repères simples : des liens entretenus volontairement, même brièvement ; une vision d’ensemble : qui fait quoi, où et quand ; une documentation légère pour ne pas perdre la mémoire ; des relations équilibrées : chacun apporte quelque chose ; des rôles simples à expliciter Ce n’est pas une usine à gaz. C’est une façon de ne pas se laisser balloter par les flots ! Ne pas confondre écosystème et mutualisation La mutualisation consiste à mettre en commun des moyens : locaux, logiciels, achats groupés, postes partagés. C’est utile, parfois économique mais cela peut exister sans véritable coopération. L’écosystème va plus loin.Il regroupe l’ensemble des relations qui soutiennent la mission, qu’il y ait ou non des ressources mutualisées. On peut avoir un écosystème riche sans rien mutualiser et mutualiser sans créer un écosystème. Une image simple : la mutualisation, c’est partager une voiture ; l’écosystème, c’est comprendre pourquoi on se déplace, avec qui, vers où, et comment on coordonne les trajets dans le temps. Une question clé On me demande souvent : “faut-il décider de construire un écosystème ?”. La réponse est non. On ne met pas en place un écosystème, on en dessine les contours. Il existe déjà, même de manière informelle. La démarche consiste à documenter l’existant. Tu ne crées pas un écosystème, tu le rends visible et tu le rends lisible. Ce que change un écosystème pour une association Passer d’une logique de partenariats ponctuels à une dynamique d’écosystème modifie des aspects essentiels. Plus de continuité dans les relations On sait qui solliciter, pour quoi et à quel moment, même si les personnes changent. Moins de pertes d’informations Les relations ne disparaissent plus lorsque les équipes tournent. Plus d’opportunités naturelles Les acteurs se renvoient la balle : relais, invitations, idées, mutualisations. Plus de crédibilité Une association intégrée dans son environnement inspire confiance. Des économies invisibles mais réelles Moins de sollicitations “à froid”, moins de doublons, moins d’énergie perdue en coordination. Par où commencer sans alourdir la charge ? Trois actions simples suffisent. Identifier les dix acteurs les plus récurrents de l’année : fournisseurs, financeurs, relais, lieux ressources, personnes indispensables sur le terrain. Prévoir un point annuel court avec chacun pour ajuster la relation. Centraliser les contacts et les échanges dans un outil simple, même un tableur partagé. L’objectif n’est pas d’ajouter du travail mais d’éviter de perdre son temps. Questions fréquentes Comment cartographier un écosystème informel ?On ne cherche pas un schéma parfait. Une simple liste, un tableau partagé ou trois cercles concentriques suffisent. L’enjeu est de voir ce qui existe déjà. Les partenaires doivent-ils se connaître entre eux ?Non. Un écosystème n’est pas un club. L’important est la contribution à la mission, pas la connaissance mutuelle. Quel schéma utiliser pour représenter un écosystème ?Les cercles concentriques, la toile d’araignée et les schémas par rôles sont les formats les plus accessibles. L’objectif est la compréhension collective. Pour résumer Chercher des partenaires … Lire la suite

Fidéliser vos bénévoles grâce à une reconnaissance qui se voit et qui se vit

Fidéliser vos bénévoles grâce à une reconnaissance qui se voit… et qui se vit

Pendant la crise sanitaire, les associations ont vu affluer de nouveaux bénévoles. Des personnes disponibles, motivées, souvent prêtes à donner un peu de leur temps depuis chez elles. C’était un élan incroyable – une énergie collective qu’on croyait durable. Mais dès le retour au travail en présentiel, beaucoup ont levé le pied. En apparence, la raison était simple : le temps de transport avait grignoté le temps libre. Plusieurs personnes m’ont partagé ce ressenti : avoir été utiles au plus haut de la vague et se retrouver ensuite comme oubliés et invisibles. En réalité, une autre cause se cachait derrière cette baisse d’engagement : le manque de reconnaissance. Les bénévoles à distance, parfois très investi•es, se sont senti•es effacé•es du paysage. Pas par désintérêt, mais parce qu’ils et elles ne savaient plus si leur contribution comptait vraiment. Or, fidéliser ne consiste pas à multiplier les “merci”, mais à créer une reconnaissance qui se voit et qui se vit au quotidien, dans l’organisation et jusque dans les transitions. Sommaire 1. Reconnaître, c’est d’abord donner du cadre et de la place Dans beaucoup d’associations, les bénévoles arrivent avec l’envie d’aider. Mais une mission floue, un rôle mal défini ou des consignes qui changent en cours de route peuvent rapidement transformer cette envie en frustration. Clarifier, c’est déjà reconnaître. Prendre le temps de définir une mission, d’expliquer ses objectifs, sa durée, les moyens disponibles, c’est envoyer un message fort : “ton temps compte, ton rôle aussi.” Et cette reconnaissance passe aussi par la confiance outillée : fournir les bons accès, désigner une personne-ressource, autoriser l’essai et le droit à l’erreur Autonomie oui mais jamais isolement. Cela peut passer par un canal de communication dédié, un point régulier de dix minutes ou un binôme de référence. Le simple fait de savoir à qui s’adresser change tout. Parce qu’une personne bénévole livrée à elle-même ne se sent pas libre : elle se sent seule. 2. Reconnaître, c’est rendre visible et donner du sens Un remerciement a d’autant plus de poids qu’il s’appuie sur du concret. Ce qui nourrit la fidélité, ce n’est pas la parole mais la trace. Une mention dans le rapport d’activité, un témoignage partagé dans la newsletter, un simple mail qui dit : “Grâce à ton suivi, on a pu finaliser le projet à temps.” Ces gestes ancrent la reconnaissance dans le réel. Ils montrent que l’action du bénévole a un impact, qu’elle est quantifiable et qu’elle laisse une empreinte. Reconnaître, c’est aussi valoriser les compétences et les apprentissages, pas seulement le temps donné. Certaines associations choisissent, par exemple, d’ajouter une rubrique “ce que nous avons appris grâce à nos bénévoles” dans leur rapport d’activité. Une manière simple de valoriser à la fois les personnes et la transmission collective. Le bénévolat est souvent un espace de progression : communication, gestion de projet, écoute, coordination… Le reconnaître, c’est donner à la personne bénévole la possibilité de mesurer son évolution et à l’association, une occasion de valoriser ce capital humain. Enfin, reconnaître, c’est écouter. Certain·es bénévoles cherchent de la visibilité, d’autres de la stabilité. Les besoins ne sont pas uniformes et c’est aussi un signe de reconnaissance que de les entendre. 3. Reconnaître, c’est penser la continuité Les associations ont souvent mis en place des parcours d’intégration. Mais rares sont celles qui ont formalisé un parcours de sortie. Pourtant, dire merci quand un·e bénévole part est aussi important que de dire bienvenue quand il ou elle arrive. C’est une forme de reconnaissance essentielle : celle de la contribution passée, de la loyauté, du temps partagé. Prévoir un entretien de fin de mission, reconnaître les apprentissages, valoriser la transmission et garder une porte ouverte pour un éventuel retour, ce sont des gestes simples qui entretiennent le lien dans la durée. Dire “merci pour ton passage parmi nous”, c’est reconnaître la personne au-delà de la fonction. Un bénévole qui part avec le sentiment d’avoir été reconnu parle bien de l’association – et parfois, il y revient. 4. Évaluer vos pratiques : la reconnaissance vécue La reconnaissance n’est pas qu’un mot aimable. C’est une pratique collective, observable, mesurable. Avant d’aller plus loin, demandez-vous : “Comment nos bénévoles perçoivent-ils la reconnaissance dans notre fonctionnement ? Est-ce un moment ponctuel ou une attention inscrite dans la vie de l’association ?” Vous pouvez amorcer cette réflexion avec un court questionnaire anonyme ou un temps d’échange collectif. Demandez simplement : “Qu’est-ce qui vous fait sentir reconnu·e dans votre engagement ?” et “Que pourrions-nous faire différemment ?” Ces réponses sont souvent très révélatrices. Anecdote vécue : en tant que bénévole, j’ai souvent accompagné la présidente d’une association qui ne cessait de me dire « je te fais confiance ». Or, bon nombre de ses demandes servaient à vérifier que j’avais bien suivi ses instructions. J’ai fini par lui dire que la confiance ne se dit pas, elle se vit. Cette expérience m’a marquée : elle m’a rappelé que la reconnaissance, comme la confiance, se construit dans les actes, pas dans les déclarations. En résumé : reconnaître, ce n’est pas retenir : c’est donner envie de revenir Reconnaître, ce n’est pas flatter. C’est donner une place, un cadre, une trace. C’est transformer la gratitude en relation durable. Dire merci quand quelqu’un arrive, c’est facile. Le dire quand il part, c’est un signe de bonne gouvernance. Et si, au lieu de chercher à retenir les bénévoles, on leur donnait simplement envie de rester, parce qu’ils et elles se sentent considéré•es, écouté•es et accompagné•es ? Pour aller plus loin 💡 Vous souhaitez structurer un parcours bénévole complet, de l’accueil à la transmission, avec un cadre clair et des rituels de reconnaissance durables ? Découvrez l’accompagnement Envergure : diagnostic, entretiens 1:1, co-construction et outillage des parcours bénévoles. Si vous avez besoin d’aide pour penser la vie bénévole dans votre association, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre une heure d’échanges pour parler de vos attentes. Je réserve mon rendez-vous découverte

Tester les outils IA avant de les adopter : indispensable ou perte de temps ?

Une consultante anime une réunion sur le cadre d'utilisation des outils IA. Image générée par IA.

“Je crois qu’on aurait mieux fait de le tester avant.” Cette phrase revient souvent une fois l’abonnement payé ou le logiciel installé. Dans beaucoup d’associations, un·e bénévole ou salarié·e découvre un outil, l’essaie sur une version gratuite ou freemium puis l’adopte sans qu’un vrai cadrage collectif n’ait eu lieu. Ce n’est pas une erreur : simplement le signe qu’il n’existe pas encore de référent numérique ni de charte informatique pour guider les choix. Résultat : les outils s’accumulent, parfois pour le même usage, sans vision d’ensemble. On applique le réflexe bien connu : “Un besoin = un outil.” Mais sans stratégie, on se retrouve vite avec quatre logiciels pour la même tâche et des heures perdues à synchroniser des données. Sommaire 1. Avant de tester : savoir ce qu’on teste Sous l’étiquette “IA”, on trouve aujourd’hui un peu de tout. Avant de se lancer, il est utile de savoir à quoi on a affaire : Type d’outil Exemple Finalité principale Outil “boosté à l’IA” Suite bureautique avec assistant intelligent L’IA améliore certaines fonctions mais l’outil reste classique. Outil de génération IA ChatGPT, Gemini, Claude, Mistral… L’IA crée du contenu (texte, image, données). Automation Make, Zapier, n8n Automatise des tâches répétitives, sans “intelligence” propre. 💡 Tout ce qui brille n’est pas de l’IA. Avant d’ajouter un nouvel outil, demandez-vous si une simple automatisation ne suffirait pas. 2. Quand la bonne volonté ne suffit plus Prenons un cas réel : La gestion des adhésions d’une association était répartie entre HelloAsso, un CRM, un fichier Excel (parce que la présidente ne voulait pas toucher au CRM) et le logiciel de comptabilité. Trois personnes différentes géraient ces données. Résultat : des doublons, des oublis et beaucoup de temps perdu à simplement vérifier que tous les outils avaient bien les mêmes données. Parce que les outils avaient été mis en place selon les besoins de ces différentes personnes à des moments différents. Le fichier Excel était l’outil historique auquel était habituée la présidente. HelloAsso avait été installé pour faciliter le règlement par carte des adhésions, le CRM pour fusionner les différents fichiers Excel (adhérents, sympathisants, bénévoles, mécènes) et le logiciel de compta pour digitaliser la trésorerie quand l’association avait commencé à recevoir des subventions. Et à aucun moment ne s’était posée la question du dialogue entre ces outils. Aucune coordination entre les équipes et entre les outils.  Tester avant d’adopter permet justement d’éviter ce genre de dérive. 3. Pourquoi tester : choisir en toute connaissance de cause Le test n’est pas une formalité ou une étape que l’on peut allègrement zapper. C’est un moyen de dépasser l’effet “waouh” d’une vidéo de démonstration.Il permet de voir si l’outil correspond à votre réalité associative : vos usages, vos moyens humains, vos valeurs et vos contraintes. Un test bien mené permet de vérifier : si l’outil répond réellement au besoin identifié ; s’il s’intègre à vos pratiques existantes ; si son coût, ses conditions d’accès et sa gestion des données respectent votre façon de fonctionner. Tester, c’est agir avec méthode plutôt que par réflexe.Et c’est aussi un signe de bonne gouvernance : décider collectivement, plutôt que de se retrouver avec une collection d’outils inutilisés et des dépenses mal maîtrisées. Tester, c’est un peu comme recruter un nouvel outil : on vérifie qu’il s’intégrera bien à l’équipe. 4. La grille de test en cinq volets Avant tout, vérifiez que les outils déjà installés n’offrent pas déjà la fonctionnalité recherchée. Ensuite, évaluez l’outil selon ces cinq critères : Volet Questions à se poser Usage L’outil répond-il clairement au besoin ? Est-il simple à prendre en main ? Faut-il former les utilisateurs et utilisatrices ? Interopérabilité* L’outil peut-il dialoguer avec d’autres logiciels que vous utilisez déjà (par intégration directe, via Zapier ou une clé API) ? Peut-il remplacer ou compléter un outil existant sans créer de doublons ? Données Où vont les informations ? Est-ce conforme au RGPD ? Peut-on récupérer ou supprimer facilement les données ? Accessibilité et inclusion L’outil fonctionne-t-il avec la lecture vocale ? Est-il utilisable sur mobile ? L’interface est-elle claire ? Pérennité Quel est le coût total (abonnement, temps, formation) ? Que se passe-t-il si l’on arrête ? Existe-t-il un support fiable ?   Concrètement, partagez une grille avec ces questions ou d’autres qui seront plus pertinentes pour votre association. Et comparez les retours avec une notation : on évalue sur des faits, pas sur des impressions.  * L’interopérabilité désigne la capacité d’un outil à communiquer ou échanger automatiquement des données avec d’autres logiciels. C’est ce qui évite les copier-coller manuels. 5. Constituer un mini comité de test Tester à plusieurs, c’est tester plus juste et sans avoir un unique son de cloche. Un petit groupe de 4 à 5 personnes suffit : la personne qui propose l’outil, avec un argumentaire clair : ce qui est fait aujourd’hui et ce que l’outil améliorerait ; la personne référente numérique ou IT ; la personne autorisée à engager les dépenses ; et bien sûr, celles et ceux qui utiliseront réellement l’outil. Cette composition garantit un regard équilibré entre vision, usage et faisabilité. 6. Et après le test ? Tester ne sert à rien si les observations ne sont pas partagées. Il faut documenter et débattre : ce qui a bien fonctionné, ce qui a posé problème et les conditions d’un éventuel “feu vert”. Et gardez une trace pour éviter que de nouvelles équipes dans quelques mois se lancent dans le même test ! Un compte-rendu concis et une analyse détaillée des attentes et des fonctionnalités est un plus. Les grilles de test seront à joindre à ce compte-rendu (traçabilité). Souvenez-vous. Les outils boostés à l’IA évoluent vite. Et ce qui n’était pas possible avec la V1 peut l’être devenu avec la V2. Parfois, le meilleur résultat d’un test, c’est de conclure qu’il ne faut pas y aller. Comme un essayage : si on se sent à l’étroit, on n’achète pas. En résumé La digitalisation d’une association doit se penser globalement, pas outil par outil. “Un besoin = un outil” … Lire la suite