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De « il faut faire quelque chose » à une campagne concrète : retour sur une consultation

Un personnage féminin aux cheveux violets bouclés écoute les demandes et besoins de deux autres femmes dans une ambiance de bureau. Image générée par IA

« Notre trésorerie va être au plus bas. Il faut qu’on fasse quelque chose. » C’est souvent par cette phrase que commence la réflexion sur un appel aux dons. Mais entre constater un besoin de financement et savoir comment lancer une campagne concrète – quel canal, quel moment, quels outils déjà disponibles – il y a souvent un angle mort. En octobre 2024, j’ai accompagné Les Chiennes de Garde, une association historique qui lutte contre les violences symboliques sexistes dans l’espace public. Leur situation était claire : après avoir soutenu les frais d’avocat dans un procès lié à leur mission, leur trésorerie allait se retrouver presque vide une fois toutes les factures réglées. Pourtant, elles cherchaient une autre façon de s’y prendre. Parce que savoir qu’on a besoin d’argent ne dit pas encore par quel canal demander, à quel moment, ni avec quels outils. Cet article raconte cette consultation d’une heure et ce qu’elle a permis de débloquer. Sommaire 1. Quand « il faut renflouer la trésorerie » ne suffit pas à lancer une campagne Les Chiennes de Garde avaient un besoin réel et mesurable. Elles savaient combien il restait à payer, elles voyaient l’état de leur trésorerie et elles connaissaient les prochaines échéances. Mais entre constater le besoin et savoir comment l’adresser concrètement, la question restait entière. Quel canal choisir ? Quel moment était le plus favorable ? Quels outils mobiliser, parmi ceux qu’elles avaient déjà ? Ce type de question est souvent là où les associations perdent du temps : non pas faute de volonté mais faute d’un point de départ clair. C’est sur ces arbitrages que la consultation a permis d’avancer en une heure. 2. Trois questions pour passer du besoin brut à la campagne Pour quoi avez-vous besoin de fonds, maintenant ? La première question n’est pas « comment va-t-on le dire ? » mais « qu’est-ce qu’on finance exactement ? ». Les Chiennes de Garde ne lançaient pas un nouveau projet. Elles avaient besoin de couvrir des frais liés à leur activité courante : accompagner des femmes victimes dans leurs démarches judiciaires, se porter partie civile, défendre la dignité des femmes dans l’espace public. Cette distinction est importante : une campagne pour la continuité opérationnelle ne se construit pas comme une levée de fonds pour un projet exceptionnel. Un dossier de financement attend un budget prévisionnel, des objectifs chiffrés, des livrables. Ici, rien de tout cela n’était pertinent. Ce qu’il fallait, c’est mobiliser une communauté déjà existante, rapidement, avec les outils déjà en place. À qui parler en priorité ? Les Chiennes de Garde avaient une base d’adhérentes et de sympathisantes, mais aussi une visibilité médiatique et un réseau féministe plus large. La question était : qui solliciter en premier ? L’association ne voulait pas s’éparpiller dans des démarches lourdes de recherche de financements institutionnels. Par éthique et par cohérence avec leur fonctionnement, elles privilégiaient les dons de personnes individuelles. La consultation a donc permis de confirmer ce choix et de cibler en priorité les personnes déjà proches de l’association : adhérentes actuelles, anciennes adhérentes, militantes féministes engagées sur les mêmes combats. Choisir le bon moment et le bon cadre Les Chiennes de Garde ont consulté en octobre. L’échéance de fin d’année fiscale approchait, et avec elle, la période où les dons sont les plus fréquents. Plutôt que de lancer une campagne isolée, nous avons décidé d’inscrire leur appel aux dons dans le cadre du Giving Tuesday (un événement international de générosité qui se tient début décembre et qui mobilise des milliers d’associations et de donateurs), un événement déjà connu qui donne de la légitimité et de la visibilité aux campagnes associatives. Ce choix a permis de ne pas avoir à tout construire de zéro : le Giving Tuesday met à disposition des ressources de communication, une audience déjà sensibilisée à la générosité, et une fenêtre temporelle connue. Et côté technique, l’infrastructure était déjà en place via HelloAsso. L’action la plus concrète ? Modifier le bouton du menu de leur site – remplacer « adhérer » par « faire un don ». Pas de refonte, pas de développement. Juste un ajustement qui rendait l’appel visible. Parfois, un regard extérieur aide simplement à voir les ressources qu’on a déjà et qu’on ne mobilise pas. 3. Quand et pourquoi se faire accompagner ponctuellement La consultation des Chiennes de Garde portait sur un appel aux dons. Mais ce type d’échange court peut être utile sur bien d’autres sujets : choisir un outil, structurer un projet, préparer une assemblée générale, arbitrer entre plusieurs options. Ce qui est en jeu dans ces situations, c’est souvent la même chose : les éléments sont là mais le point de départ manque. On tourne autour sans avancer, faute d’un cadre ou d’un regard extérieur pour poser les bons repères. Une heure peut suffire pour débloquer ce qui stagne depuis des semaines. Dans le cas des Chiennes de Garde, cela a suffi pour passer de « il faut qu’on fasse quelque chose » à un plan d’action clair et assumé. À retenir Lancer un appel aux dons ne commence pas par rédiger un mail. Cela commence par trois arbitrages concrets : quel canal pour toucher vos donatrices et donateurs, quel moment pour maximiser l’impact, quels outils vous avez déjà sous la main. Une fois ces trois points posés, la mise en œuvre devient beaucoup plus simple. Marie-Noëlle Bas, présidente des Chiennes de Garde : Rapide, efficace et avec une écoute et une réponse adéquate.  4. Un mode d’emploi plus complet Si vous envisagez de lancer une campagne plus structurée, avec plusieurs phases de communication et un rétroplanning détaillé, je vous recommande cet article : Structurer une campagne de dons efficace : les 5 chantiers à lancer en octobre. Pour aller plus loin Besoin d’un regard extérieur ponctuel ? La page Isa, aide-moi ! permet de réserver une consultation courte et ciblée. Une heure pour débloquer un point précis.

Quiz gouvernance : du test à l’action

Un personnage féminin aux cheveux violets anime une réunion du bureau dans une association. Image générée par IA

Avant de commencer la lecture de cet article, faites le quiz « Quel type de gouvernance associative est la vôtre ? » En 8 questions, vous obtiendrez un premier miroir de votre façon de fonctionner : gouvernance centralisée, participative cadrée, diffuse ou en transition. Vous venez de terminer le quiz ? Huit questions, quelques minutes et un profil qui ressort. Peut-être que ce profil vous ressemble beaucoup. Peut-être qu’il vous surprend. Peut-être qu’il confirme ce que vous saviez déjà sans oser le nommer. Mais une fois le résultat affiché, la vraie question arrive : qu’est-ce qu’on en fait maintenant ? Ce quiz n’est pas une sentence. C’est un point de départ pour ouvrir la discussion avec votre bureau, votre conseil d’administration ou votre équipe salariée. Pour nommer ce qui fonctionne bien, ce qui coince et choisir ensemble un premier pas réaliste. Dans cet article, je vous propose un mode d’emploi pour transformer ce diagnostic rapide en levier d’action concrète. Sommaire Un quiz, et après ? Décrypter ce que révèlent vos réponses Le quiz vous a attribué un profil dominant parmi quatre possibles : gouvernance centralisée, participative cadrée, diffuse ou floue ou en transition. Ce profil ne décrit pas qui vous êtes, mais comment vous fonctionnez aujourd’hui, le plus souvent, dans votre manière de décider, d’informer et d’organiser la gouvernance. Il ne s’agit pas d’un verdict. Aucun profil n’est « bon » ou « mauvais » dans l’absolu. Chaque type de gouvernance a ses forces et ses limites, selon le contexte, l’histoire de l’association et l’équipe en place. Vous pouvez aussi avoir des pratiques différentes selon les sujets : finances bien cadrées, communication plus floue, décisions stratégiques centralisées mais vie associative participative. C’est normal. Le quiz donne une tendance dominante, pas une case figée. Le quiz met des mots sur des habitudes que vous avez peut-être déjà ressenties sans savoir comment les nommer. Il ouvre la porte à une conversation nécessaire : celle qui permet de décider ensemble comment vous voulez fonctionner demain. À retenir Un quiz ne remplace pas un audit de gouvernance approfondi. Mais c’est un excellent outil pour ouvrir la discussion et choisir un premier pas réaliste, sans attendre d’avoir tout cassé pour reconstruire. Les quatre profils de gouvernance : où vous reconnaissez-vous ? Profil A : Gouvernance centralisée Une grande partie des décisions et des informations passe par un petit nombre de personnes clés. C’est souvent ce qui a permis à l’association de tenir jusqu’ici, surtout quand il fallait aller vite, trancher sans attendre ou faire face à une urgence. Mais cette organisation peut devenir fragile à mesure que les projets se multiplient, que les obligations administratives s’alourdissent ou que les interlocuteurs extérieurs augmentent. Les personnes qui portent tout risquent l’épuisement. Les autres membres du bureau ou du CA peuvent se sentir tenus à l’écart, par manque d’information ou par manque de place pour contribuer. Ce profil est fréquent dans les associations jeunes ou dans celles qui traversent une phase de croissance rapide avec peu de ressources humaines. Profil B : Gouvernance participative cadrée Vous avez posé des bases solides : les décisions importantes sont discutées, le cadre est plutôt clair et l’information circule globalement bien. La participation ne veut pas dire « parler de tout tout le temps ». Elle signifie que chacun sait à quels moments et comment il peut contribuer. Les rôles sont identifiés (qui est référent finances, communication, partenariats), les réunions sont préparées et les décisions sont notées quelque part. Ce profil est souvent le résultat d’un travail progressif de structuration. Il demande de l’entretien pour ne pas se dégrader avec le temps, surtout en cas de renouvellement des équipes ou de changement d’échelle. Profil C : Gouvernance diffuse ou floue L’envie de faire ensemble est là mais les règles du jeu ne sont pas toujours explicites. Les décisions se construisent au fil des échanges, dans les mails, les messageries, les couloirs, sans qu’on sache toujours quand elles sont prises ni où elles sont notées. Résultat : des discussions qui reviennent souvent, des malentendus et parfois une impression de tourner en rond. Certaines personnes se sentent en retard d’information. D’autres prennent des initiatives sans savoir si elles en ont la légitimité. Ce profil est fréquent dans les associations qui privilégient l’horizontalité et la convivialité mais qui n’ont pas encore formalisé leurs processus de décision. Profil D : Gouvernance en transition Vous avez déjà pris conscience que vos façons de faire ne suffisent plus et vous avez commencé à bouger : nouveaux outils, nouveaux temps d’échange, nouveaux réflexes. C’est une phase parfois inconfortable parce que tout n’est pas encore aligné. Les anciennes habitudes reviennent vite. Certaines personnes adhèrent aux changements, d’autres résistent. Vous tâtonnez, vous testez, vous ajustez. Mais c’est une phase précieuse, parce qu’elle permet de construire une gouvernance plus équilibrée, qui tiendra mieux dans la durée et qui s’adaptera mieux aux évolutions futures de l’association. Transformer le quiz en conversation de gouvernance Une fois le profil identifié, l’étape suivante consiste à en parler. Pas pour juger, ni pour chercher des responsables mais pour clarifier ensemble ce qui se passe aujourd’hui et ce que vous voulez faire évoluer. Vous pouvez commencer par faire le quiz en solo pour vous familiariser avec vos propres réponses. Puis, si vous le souhaitez, proposer à d’autres membres du bureau ou du CA de le faire également pour comparer les résultats en équipe. C’est souvent en comparant les profils obtenus qu’on mesure les écarts de perception sur la gouvernance. Concrètement : bloquez 30 à 45 minutes en début de votre prochaine réunion de bureau ou organisez un temps dédié hors urgences si vos réunions habituelles sont déjà surchargées. Voici trois questions simples à poser en équipe, après avoir fait le quiz individuellement ou collectivement. Qu’est-ce qui vous ressemble vraiment dans ce profil ? Commencez par ce qui fait consensus. Quels éléments du profil obtenu correspondent bien à ce que vous vivez au quotidien ? Quelles situations concrètes illustrent ce fonctionnement ? Cette première question permet de valider … Lire la suite

Réviser ses statuts tous les ans ? Fausse bonne idée…

Un personnage féminin aux cheveux violets bouclés travaille sur les statuts d'une association. Image générée par IA

Combien d’associations culpabilisent de ne pas avoir révisé leurs statuts depuis 5 ou 10 ans ? Beaucoup trop. Réviser ses statuts n’est pas une obligation légale annuelle. Si vos statuts permettent à votre association de fonctionner, inutile d’y toucher. Mais il existe des situations concrètes où ne pas les réviser vous bloque au quotidien ou vous fait passer à côté d’opportunités importantes. Voici comment savoir si vous êtes concernés. Sommaire Non, vous n’êtes pas obligés de tout réviser chaque année La révision des statuts n’est pas une obligation légale annuelle (contrairement à l’AG ordinaire ou à la tenue des comptes) Modifier les statuts = démarche lourde : AG extraordinaire + déclaration en préfecture Si vos statuts permettent à l’association de fonctionner, laissez-les tranquilles Beaucoup d’associations fonctionnent très bien avec des statuts qui datent de leur création Bon à savoir Statuts ou règlement intérieur : quelle différence ? Avant de réviser vos statuts, posez-vous la question : est-ce que le règlement intérieur ne suffirait pas ? Les statuts définissent le cadre juridique (objet social, gouvernance, AG). Le règlement intérieur précise les modalités pratiques (qui signe quoi, organisation interne) et peut être modifié plus facilement. → Pour bien comprendre la différence et savoir lequel modifier : https://isavouszed.fr/le-reglement-interieur-pour-les-associations-tout-ce-quil-faut-savoir Sauf si vos statuts vous bloquent dans votre quotidien Voici les 5 signaux d’alerte qui montrent que vos statuts vous empêchent vraiment d’avancer : 1. Votre AG ne peut plus se tenir dans les conditions statutaires Le quorum est devenu irréaliste (ex : 50% des 80 membres alors qu’il y a rarement plus de 15 personnes présentes) La limitation du nombre de pouvoirs par personne présente est inadaptée à votre fonctionnement actuel Vous voulez tenir votre AG à distance mais vos statuts ne le prévoient pas (et depuis octobre 2021, c’est obligatoire que ce soit écrit dans les statuts) 2. Vous voulez créer un nouveau rôle de gouvernance Co-présidence, collégialité, vice-président·e, coordinatrice ou coordinateur… Ces rôles n’existent pas dans vos statuts actuels Vous fonctionnez déjà comme ça mais « dans le flou juridique » 3. Votre objet social ne couvre plus ce que vous faites Vos activités ont évolué et ne rentrent plus dans l’objet social initial Vous avez développé de nouvelles actions qui ne sont pas couvertes Votre projet associatif a pivoté mais les statuts sont restés figés 4. Vous passez à côté de financements parce que les termes exacts ne sont pas dans votre objet social C’est le cas le plus concret et le plus frustrant. Un financeur exige qu’un terme précis apparaisse dans votre objet social pour être éligible. Exemple réel : Votre objet social mentionne « lutte contre les discriminations ». Un gros financement s’ouvre mais il exige que « lutte contre les violences » soit explicitement écrit. Résultat : vous êtes inéligible même si vous faites ce travail au quotidien. Solution : réviser vos statuts pour ajouter « lutte contre les violences et les discriminations ». 5. Votre gouvernance actuelle ne correspond plus à ce qui est écrit La composition du bureau ou du CA a changé (nombre de membres, rôles) La durée des mandats ne correspond plus à votre réalité Les conditions de renouvellement sont obsolètes Quand il vaut mieux NE PAS réviser (même si vous avez identifié un problème) Attendez avant de lancer une révision si : 1. Vous êtes en pleine crise interne ou conflit de gouvernance Réviser les statuts = rouvrir des négociations et potentiellement cristalliser des tensions. Mieux vaut stabiliser d’abord. 2. Vous n’avez pas l’énergie collective pour mener le chantier Une révision bien faite demande du temps et de l’adhésion. Si vous êtes en période de creux d’énergie, reportez. 3. Une solution temporaire via le règlement intérieur peut suffire Si le problème peut être contourné ou géré par le règlement intérieur commencez par là. Vous réviserez les statuts plus tard si vraiment nécessaire. Comment réviser sans tout casser La méthode minimaliste : Étape 1 : Lister uniquement ce qui bloque aujourd’hui Pas de refonte totale « par principe ». Identifiez les 2-3 points qui vous empêchent concrètement d’avancer. Étape 2 : Créer l’adhésion au conseil d’administration Avant de lancer un groupe de travail, assurez-vous que le CA est aligné sur le besoin de révision. Sinon, vous allez perdre du temps et créer des frustrations. Étape 3 : Groupe de travail ciblé 2-3 réunions maximum. Focus sur les articles à modifier uniquement. Pas de réécriture complète. Étape 4 : Assemblée générale extraordinaire Vérifiez dans vos statuts actuels les modalités de quorum et de vote pour une modification statutaire. Anticipez le nombre de pouvoirs à collecter. Étape 5 : Déclaration en préfecture C’est obligatoire, simple et gratuit. Les nouveaux statuts ne sont opposables juridiquement qu’après cette déclaration. « Combien ça coûte vraiment ? » : En temps : 1 réunion CA pour valider le besoin : 1h30 2-3 réunions groupe de travail : 3h à 4h30 au total 1 AG extraordinaire : 2h Rédaction et déclaration : 2h Total : entre 8h30 et 10h de travail collectif sur 2-3 mois En accompagnement : Vous pouvez vous faire aider par votre réseau territorial (Maisons de la Vie Associative et Citoyenne), d’autres associations qui ont déjà fait la démarche ou par un·e consultant·e spécialisé·e. La check-list pour savoir si vous devez réviser (ou pas) 3 questions simples pour trancher : 1. Est-ce que mes statuts actuels m’empêchent de faire quelque chose d’important ? → Si non : pas besoin de réviser 2. Est-ce que le règlement intérieur peut régler le problème ? → Si oui : pas besoin de toucher aux statuts 3. Est-ce que j’ai l’énergie collective pour mener cette démarche maintenant ? → Si non : reporter la révision Réviser vos statuts n’est ni une obligation annuelle, ni une corvée à faire « parce qu’il faut ». C’est un outil de gouvernance à activer uniquement quand vos statuts vous bloquent concrètement. Avant de vous lancer, posez-vous les bonnes questions. Et si vous devez réviser, faites-le de façon ciblée et pragmatique. Si vous avez besoin d’aide pour améliorer votre organisation, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre … Lire la suite

Le problème, ce n’est pas de créer des missions, c’est de savoir à qui les confier

Un personnage féminin aux cheveux violets bouclés relie sur un tableau blanc des personnes et des missions. Image générée par IA

Vous recevez un message : « Bonjour, je voudrais être bénévole dans votre association. » Vous êtes content·e, vous répondez rapidement, vous proposez un rendez-vous. Vous avez plusieurs missions à pourvoir, peut-être même des fiches de mission déjà prêtes. Mais voilà : laquelle confier à cette personne ? Vous avez les missions. Ce qui vous manque, ce sont les éléments de décision pour faire le bon choix. Parce que proposer un rôle qui demande beaucoup d’autonomie à quelqu’un qui a besoin d’être accompagné ou demander un engagement régulier à une personne qui voulait tester, c’est prendre le risque de la voir partir au bout de quelques semaines. Cet article vous donne les repères pour mieux connaître vos bénévoles avant de leur confier une mission et pour choisir celle qui leur convient vraiment parmi celles que vous avez à proposer. Sommaire 1. Vos bénévoles ne sont plus ceux d’hier  Le bénévolat a changé. Pendant longtemps, s’engager dans une association signifiait souvent donner beaucoup de temps, sur la durée, avec une disponibilité large. Aujourd’hui, les profils se diversifient : des personnes qui s’engagent sur une mission courte, d’autres qui viennent pour un projet précis, d’autres encore qui veulent tester avant de s’investir plus. Cette évolution n’est pas un problème. Elle reflète des vies plus morcelées, des emplois du temps plus chargés, des attentes plus variées. Votre association gagne à accueillir cette diversité, à condition d’avoir les bons critères pour orienter chaque personne vers la mission qui lui correspond. Mieux connaître vos bénévoles dès le départ vous donne ces critères de décision. Vous évitez les mauvais matchings, les déceptions mutuelles et vous construisez des engagements qui tiennent dans la durée. 2. Derrière « je voudrais être bénévole », des motivations très différentes Quelques grandes motivations fréquentes Quand une personne candidate au bénévolat, elle ne vient jamais « juste pour aider ». Derrière cette formule, il y a toujours des motivations plus précises. En voici quelques-unes parmi les plus fréquentes : Contribuer à une cause qui compte pour elle. La personne veut agir concrètement sur un sujet qui la touche : l’environnement, l’éducation, la santé, la culture, la lutte contre les discriminations. Elle cherche du sens et de l’impact. Développer ou utiliser des compétences Elle a des savoir-faire professionnels ou personnels qu’elle veut mettre au service d’un projet collectif, ou au contraire elle veut apprendre quelque chose de nouveau dans un cadre bienveillant. Créer du lien social Elle arrive dans une nouvelle ville, elle traverse une période de solitude, elle cherche à rencontrer des gens qui partagent ses valeurs. Le bénévolat est un moyen de tisser des liens. Se sentir utile Elle veut savoir que ce qu’elle fait compte, qu’elle n’est pas juste un numéro dans une liste. Elle a besoin de reconnaissance et de visibilité sur l’impact de son action. Tester un engagement avant de s’investir plus Elle n’est pas sûre de pouvoir tenir dans la durée, elle veut d’abord voir comment ça se passe, si l’ambiance lui convient, si elle se sent à sa place. Ces motivations ne sont pas exclusives. Une même personne peut en avoir plusieurs. Mais les connaître vous aide à comprendre ce qu’elle attend de vous, et donc ce que vous pouvez raisonnablement lui proposer. Ce qui se passe quand on ne les connaît pas Quand vous ne prenez pas le temps d’identifier les motivations de vos bénévoles, vous risquez de créer des décalages. Vous proposez une mission de représentation publique à quelqu’un qui préfère travailler en coulisses. Vous avez besoin d’un engagement régulier et vous le demandez à une personne qui voulait tester. Vous confiez une tâche répétitive à quelqu’un qui espérait développer de nouvelles compétences. Le résultat : la personne décroche rapidement, elle ne se sent pas à sa place, elle ne comprend pas pourquoi ça ne fonctionne pas. Et vous non plus. Vous perdez du temps, de l’énergie et une ressource humaine précieuse. Et la mission reste à pourvoir. Poser quelques questions simples dès le premier contact vous donne les critères pour choisir la bonne mission parmi celles que vous proposez. 3. Penser aussi aux besoins spécifiques : créer les conditions d’un engagement possible Certaines personnes ont des besoins spécifiques pour s’engager dans de bonnes conditions : contraintes liées à un handicap, à une situation familiale, à des horaires de travail décalés, à une mobilité réduite. Plutôt que de parler de « handicap », préférez « besoins pour bien s’engager ». Cette formulation met l’accent sur les conditions à réunir plutôt que sur les limites. Concrètement, cela peut concerner l’accessibilité des locaux, la participation à distance, des formats de réunion adaptés, des supports de communication accessibles ou la flexibilité sur les horaires. Quand vous posez cette question dès le premier contact, vous envoyez un message clair : votre association ne part pas du principe que tout le monde doit s’adapter au cadre existant. Pour la personne, cela change tout. Elle peut poser ses besoins sans craindre d’être un poids, et vous pouvez ensemble vérifier ce qui est possible. Attention : créer les conditions d’un engagement accessible ne signifie pas tout accepter. Si vous ne pouvez pas répondre à un besoin, mieux vaut le dire clairement dès le départ, en expliquant pourquoi et en proposant éventuellement une autre forme d’engagement. À retenir – Créer les conditions d’un engagement accessible ne signifie pas tout accepter. Cela signifie clarifier dès le départ ce que vous pouvez ajuster et ce qui reste impossible aujourd’hui. 4. Clarifier le possible : disponibilités et formats d’engagement Temps disponible : quand et combien ? Avant de proposer une mission, il faut savoir combien de temps la personne peut donner et à quel rythme. Certaines personnes peuvent s’engager quelques heures par semaine, d’autres préfèrent concentrer leur disponibilité sur une journée par mois, d’autres encore ne sont disponibles que le week-end. Poser la question clairement dès le départ vous évite de proposer une mission qui demande plus de temps que ce que la personne peut donner. Vous évitez aussi les malentendus sur ce que … Lire la suite