Le problème, ce n’est pas de créer des missions, c’est de savoir à qui les confier
Vous recevez un message : « Bonjour, je voudrais être bénévole dans votre association. » Vous êtes content·e, vous répondez rapidement, vous proposez un rendez-vous. Vous avez plusieurs missions à pourvoir, peut-être même des fiches de mission déjà prêtes. Mais voilà : laquelle confier à cette personne ? Vous avez les missions. Ce qui vous manque, ce sont les éléments de décision pour faire le bon choix. Parce que proposer un rôle qui demande beaucoup d’autonomie à quelqu’un qui a besoin d’être accompagné ou demander un engagement régulier à une personne qui voulait tester, c’est prendre le risque de la voir partir au bout de quelques semaines. Cet article vous donne les repères pour mieux connaître vos bénévoles avant de leur confier une mission et pour choisir celle qui leur convient vraiment parmi celles que vous avez à proposer. Sommaire 1. Vos bénévoles ne sont plus ceux d’hier Le bénévolat a changé. Pendant longtemps, s’engager dans une association signifiait souvent donner beaucoup de temps, sur la durée, avec une disponibilité large. Aujourd’hui, les profils se diversifient : des personnes qui s’engagent sur une mission courte, d’autres qui viennent pour un projet précis, d’autres encore qui veulent tester avant de s’investir plus. Cette évolution n’est pas un problème. Elle reflète des vies plus morcelées, des emplois du temps plus chargés, des attentes plus variées. Votre association gagne à accueillir cette diversité, à condition d’avoir les bons critères pour orienter chaque personne vers la mission qui lui correspond. Mieux connaître vos bénévoles dès le départ vous donne ces critères de décision. Vous évitez les mauvais matchings, les déceptions mutuelles et vous construisez des engagements qui tiennent dans la durée. 2. Derrière « je voudrais être bénévole », des motivations très différentes Quelques grandes motivations fréquentes Quand une personne candidate au bénévolat, elle ne vient jamais « juste pour aider ». Derrière cette formule, il y a toujours des motivations plus précises. En voici quelques-unes parmi les plus fréquentes : Contribuer à une cause qui compte pour elle. La personne veut agir concrètement sur un sujet qui la touche : l’environnement, l’éducation, la santé, la culture, la lutte contre les discriminations. Elle cherche du sens et de l’impact. Développer ou utiliser des compétences Elle a des savoir-faire professionnels ou personnels qu’elle veut mettre au service d’un projet collectif, ou au contraire elle veut apprendre quelque chose de nouveau dans un cadre bienveillant. Créer du lien social Elle arrive dans une nouvelle ville, elle traverse une période de solitude, elle cherche à rencontrer des gens qui partagent ses valeurs. Le bénévolat est un moyen de tisser des liens. Se sentir utile Elle veut savoir que ce qu’elle fait compte, qu’elle n’est pas juste un numéro dans une liste. Elle a besoin de reconnaissance et de visibilité sur l’impact de son action. Tester un engagement avant de s’investir plus Elle n’est pas sûre de pouvoir tenir dans la durée, elle veut d’abord voir comment ça se passe, si l’ambiance lui convient, si elle se sent à sa place. Ces motivations ne sont pas exclusives. Une même personne peut en avoir plusieurs. Mais les connaître vous aide à comprendre ce qu’elle attend de vous, et donc ce que vous pouvez raisonnablement lui proposer. Ce qui se passe quand on ne les connaît pas Quand vous ne prenez pas le temps d’identifier les motivations de vos bénévoles, vous risquez de créer des décalages. Vous proposez une mission de représentation publique à quelqu’un qui préfère travailler en coulisses. Vous avez besoin d’un engagement régulier et vous le demandez à une personne qui voulait tester. Vous confiez une tâche répétitive à quelqu’un qui espérait développer de nouvelles compétences. Le résultat : la personne décroche rapidement, elle ne se sent pas à sa place, elle ne comprend pas pourquoi ça ne fonctionne pas. Et vous non plus. Vous perdez du temps, de l’énergie et une ressource humaine précieuse. Et la mission reste à pourvoir. Poser quelques questions simples dès le premier contact vous donne les critères pour choisir la bonne mission parmi celles que vous proposez. 3. Penser aussi aux besoins spécifiques : créer les conditions d’un engagement possible Certaines personnes ont des besoins spécifiques pour s’engager dans de bonnes conditions : contraintes liées à un handicap, à une situation familiale, à des horaires de travail décalés, à une mobilité réduite. Plutôt que de parler de « handicap », préférez « besoins pour bien s’engager ». Cette formulation met l’accent sur les conditions à réunir plutôt que sur les limites. Concrètement, cela peut concerner l’accessibilité des locaux, la participation à distance, des formats de réunion adaptés, des supports de communication accessibles ou la flexibilité sur les horaires. Quand vous posez cette question dès le premier contact, vous envoyez un message clair : votre association ne part pas du principe que tout le monde doit s’adapter au cadre existant. Pour la personne, cela change tout. Elle peut poser ses besoins sans craindre d’être un poids, et vous pouvez ensemble vérifier ce qui est possible. Attention : créer les conditions d’un engagement accessible ne signifie pas tout accepter. Si vous ne pouvez pas répondre à un besoin, mieux vaut le dire clairement dès le départ, en expliquant pourquoi et en proposant éventuellement une autre forme d’engagement. À retenir – Créer les conditions d’un engagement accessible ne signifie pas tout accepter. Cela signifie clarifier dès le départ ce que vous pouvez ajuster et ce qui reste impossible aujourd’hui. 4. Clarifier le possible : disponibilités et formats d’engagement Temps disponible : quand et combien ? Avant de proposer une mission, il faut savoir combien de temps la personne peut donner et à quel rythme. Certaines personnes peuvent s’engager quelques heures par semaine, d’autres préfèrent concentrer leur disponibilité sur une journée par mois, d’autres encore ne sont disponibles que le week-end. Poser la question clairement dès le départ vous évite de proposer une mission qui demande plus de temps que ce que la personne peut donner. Vous évitez aussi les malentendus sur ce que … Lire la suite