Is@ vous Zed

Quand le jeu devient un véritable outil de travail associatif

Jeu pédagogique en association. Une femme aux cheveux violets bouclés anime un atelier dans une salle associative lumineuse. Elle se tient entre un tableau couvert de post-it colorés et un ordinateur affichant un quiz composé de cartes et d’icônes. Image générée par IA.

Exemple de jeu pédagogique en association : Chaque personne recevait un post-it avec une consigne très simple : « Dessine-moi un handicap. » Quelques minutes plus tard, les dessins étaient positionnés sur un tableau. Le même symbole revenait souvent : un fauteuil roulant. Ce résultat rendait visible quelque chose que nous pouvions examiner ensemble : lorsque nous pensons au handicap, nos représentations vont spontanément vers ce qui se voit. Le jeu s’appelait « Dessine-moi un handicap » en référence au Petit Prince qui demandait le dessin d’un mouton. Sans matériel sophistiqué, il ouvrait un véritable espace de travail sur les représentations, les stéréotypes et les discriminations. J’ai utilisé ce dispositif dans le cadre d’actions de sensibilisation au handicap. J’ai également conçu un quiz numérique consacré à des personnalités en situation de handicap. Les deux supports étaient très différents. Ils reposaient pourtant sur la même intention : dédramatiser le handicap pour mieux l’appréhender. Sommaire Quelques post-it pour faire apparaître les représentations « Dessine-moi un handicap » se jouait en présence. Chaque participante et participant devait représenter le handicap sur un post-it. Ceux-ci une fois ramassés étaient disposés sur un tableau. Le dispositif créait une matière collective immédiatement observable. Nous pouvions regarder les dessins, repérer ce qui revenait souvent puis nous demander ce qui était absent. Le fauteuil roulant occupait généralement une place importante. Ce constat permettait d’introduire la diversité des situations de handicap et la question des 80% de handicaps invisibles. Le tableau de post-it avait déjà préparé le terrain : les personnes avaient vu leurs propres représentations avant de recevoir l’information. C’est ce qui donnait son utilité au jeu. Il ne décorait pas l’intervention. Il faisait apparaître le point de départ du groupe. La suite dépendait de l’animation. Déconstruire nos perceptions, travailler sur la méconnaissance des situations de handicap, expliciter la différence entre handicap psychique et handicap mental… Le jeu permettait d’aborder des questions sensibles en offrant un point d’entrée moins frontal. Un quiz numérique pour changer d’échelle Toutes les actions ne réunissent pas un petit groupe dans une même salle. Pour sensibiliser davantage de personnes ou proposer un parcours à distance, il fallait imaginer un autre format. J’ai alors conçu un quiz numérique sur Genially. La plateforme m’a permis de créer un parcours composé de six questions autour de personnalités issues de la télévision, du divertissement, de l’histoire, des sciences, du sport et des arts. Chaque question présentait plusieurs indices puis trois réponses possibles. Une mauvaise réponse permettait de recommencer. La bonne réponse ouvrait une courte explication sur la personnalité et son parcours. Le quiz ne cherchait pas seulement à vérifier si les personnes connaissaient la réponse. Il utilisait la surprise pour déplacer le regard. Une personnalité pouvait être connue pour son œuvre, ses engagements ou ses performances sans que son handicap soit la première information associée à son identité. Ce support date de plus de cinq ans. Certaines formulations ne correspondent plus à celles que j’emploierais aujourd’hui. Je ne le présente donc pas comme un modèle à reproduire tel quel. Il reste néanmoins un exemple utile de ce qu’une association peut concevoir avec un outil accessible lorsqu’elle veut proposer une sensibilisation à distance ou toucher un public plus large. Deux formats très différents pour une même intention D’un côté, quelques post-it, des feutres et un tableau. De l’autre, un parcours numérique préparé à l’avance avec des questions, des réponses et des explications. Le premier dispositif dépendait fortement de la présence du groupe et de l’animation. Le second pouvait être parcouru en autonomie et diffusé plus largement. Leur point commun ne se trouvait pas dans le matériel. Il se trouvait dans la construction pédagogique : partir des représentations ou des connaissances du public ; proposer une action simple ; faire apparaître un décalage ; apporter une information ou une explication ; ouvrir une réflexion qui dépasse le résultat du jeu. Cette logique évite de choisir un format uniquement parce qu’il semble ludique ou attractif. La première question n’est pas « quel outil pouvons-nous utiliser ? ». Elle est « qu’avons-nous besoin de faire apparaître pour pouvoir en parler ? ». Adapter le jeu à l’objectif et au contexte Une association peut vouloir sensibiliser à une discrimination, faire découvrir une réalité peu connue, déconstruire une idée reçue ou donner des repères sur sa cause. Le format dépend alors de plusieurs éléments : Le public sera-t-il réuni dans une même salle ? Combien de personnes participeront ? Le jeu sera-t-il animé ou utilisé en autonomie ? Quelle discussion doit-il rendre possible ? Quelle information devra être apportée après la réponse ? Quels moyens l’association peut-elle consacrer à la conception et à la mise à jour du support ? Un dispositif très simple peut être pertinent lorsque l’échange humain porte l’essentiel de la sensibilisation. Un support numérique devient utile lorsque l’association veut diffuser plus largement, proposer une expérience à distance ou permettre à chaque personne d’avancer à son rythme. Le numérique ne rend pas automatiquement le jeu plus riche. Il déplace le travail. Il faut préparer les contenus, vérifier les informations, écrire les retours, tester le parcours et prévoir son actualisation. À l’inverse, un jeu réalisé avec des post-it ne s’improvise pas totalement. La consigne, la manière d’accueillir les réponses et le débrief doivent être pensés avec autant d’attention que l’activité elle-même. Le jeu crée un passage Un quiz ne mesure pas à lui seul une prise de conscience. Un post-it ne transforme pas durablement une représentation. Le jeu crée un passage vers autre chose : une explication, une discussion, une ressource ou une action. Il permet parfois d’entrer dans un sujet sensible avec moins de distance entre la personne qui anime et celles qui participent. Cette entrée doit rester respectueuse. Le jeu ne doit pas piéger, humilier ou réduire les personnes concernées à un diagnostic. Sur un sujet comme le handicap, la mécanique ludique reste au service du message et non l’inverse. Lorsque je repense à ces deux supports, je ne retiens donc pas d’abord les post-it ou Genially. Je … Lire la suite

Organiser une rentrée associative chargée : ce que l’IA peut faire pour aider à prioriser

Un personnage féminin aux cheveux violets bouclés devant un forum associatif, avec les ressources humaines, logistiques, documentaires, financières et de communication reliées autour de l’événement. Image générée par IA.

La rentrée associative n’est pas un long fleuve tranquille. La reprise des activités arrive en même temps qu’un forum associatif, un conseil d’administration, une demande de financement, la mobilisation des bénévoles, la préparation de documents et la communication auprès des adhérentes, adhérents ou partenaires. Quand tout arrive en même temps, le premier réflexe consiste souvent à dresser une longue liste de tâches. Mais une liste ne montre pas toujours les liens entre les actions. Elle ne dit pas forcément ce qui bloque, ce qui doit être décidé avant de commencer ou ce qui mobilise les mêmes personnes et les mêmes ressources. Pour préparer une période chargée, il est plus utile de partir d’un grand moment et de regarder l’écosystème qu’il mobilise. Sommaire 1. Commencez par un événement concret Prenons un exemple : votre association participe au forum associatif de septembre. L’événement est facile à identifier. Mais sa réussite ne dépend pas seulement de la présence d’une personne derrière un stand. Il faut peut-être aussi prévoir : des personnes pour installer, accueillir et prendre le relais ; un stand, des affiches, des badges et un moyen de transport ; une plaquette, un formulaire de contact et une présentation claire de l’association ; un budget pour les impressions ou le matériel ; un message à préparer et à diffuser avant le forum ; des décisions sur les horaires, les supports et les priorités du stand. L’événement est le point de départ. Ce qui compte ensuite, c’est de rendre visible tout ce qu’il mobilise. 2. Regardez l’écosystème opérationnel Ne cherchez pas à ranger chaque sujet dans une seule case. La recherche de financements, par exemple, peut concerner à la fois la communication, la comptabilité, la gouvernance et le suivi opérationnel. Une campagne de communication peut dépendre d’une décision budgétaire. Un document peut être nécessaire pour convaincre un financeur et pour informer les bénévoles. Pour chaque événement ou grand moment, passez en revue les ressources nécessaires. Les ressources humaines Qui fait quoi ? Qui prépare ? Qui installe ? Qui accueille ? Qui prend le relais ? Qui suit le sujet quand la personne principale n’est pas disponible ? La logistique et le matériel De quel lieu, équipement, transport ou matériel avez-vous besoin ? Qu’est-ce qui doit être réservé, acheté, emprunté ou transporté ? Les documents et les contenus Quels supports doivent être prêts ? Une plaquette, un formulaire, une présentation, une feuille d’inscription ou un message commun ? Le budget et les coûts Quelles dépenses faut-il prévoir ? Que faut-il faire valider ? Une ressource financière ou une réponse de financeur conditionne-t-elle la suite ? La communication Que faut-il dire, à qui, quand et sur quel support ? Comment gère-t-on la communication avant l’événement, pendant et après ? La coordination et les décisions Qui arbitre ? Où sont les informations ? Quel rythme de suivi faut-il prévoir ? Quel point doit être tranché avant de poursuivre ? Les outils numériques ne constituent pas un silo supplémentaire. Ils servent de supports : espace de documents, agenda partagé, formulaire, tableau de suivi ou canal de coordination. La question n’est pas « quel outil utiliser ? », mais d’abord « de quoi avons-nous besoin pour que l’information circule et que l’action avance ? » 3. Faites le recensement ensemble Une personne peut préparer le tableau mais elle ne devrait pas être la seule à connaître son contenu. La gouvernance connaît les décisions à prendre. Les salariées et salariés connaissent les contraintes opérationnelles. Les bénévoles savent ce qui est réellement faisable avec les disponibilités existantes. Les personnes référentes connaissent l’état des projets. Réunissez ces regards autour d’une question simple : Que devons-nous mobiliser pour réussir ce grand moment ? Pour chaque événement ou projet, renseignez : le résultat attendu ; les ressources humaines ; la logistique et le matériel ; les documents et contenus ; les coûts ; la communication ; les décisions à prendre ; les informations manquantes ; la première action concrète. Chaque projet doit aussi avoir une personne référente. Son rôle est de suivre le sujet, d’alerter en cas de blocage, de préparer les décisions et de faire circuler l’information. Cela ne signifie pas qu’elle réalise toutes les tâches. 4. Utilisez le modèle Excel Le modèle Excel joint  propose une ligne par événement ou chantier et des colonnes pour décrire son écosystème opérationnel. Vous pouvez choisir un horizon adapté à votre activité : trimestre, semestre, année ou saison. Si votre association n’a que deux grandes échéances en dehors des obligations administratives, il n’est pas nécessaire de construire un tableau trimestriel. Travaillez sur le semestre ou sur l’année. Le tableau comprend également une date de début, une échéance et une durée estimée. Ces informations permettront éventuellement de demander une représentation plus précise lors d’une seconde étape. Elles ne doivent pas être inventées pour remplir le tableau. Fichier Excel à télécharger Télécharger le modèle Excel de recensement Le fichier contient les champs déjà désignés, un exemple fictif, un mode d’emploi et une feuille avec le prompt. Il permet de préparer la matière collectivement puis de joindre le fichier à une IA sans tout retaper à la main ni risquer d’oublier une ligne. 5. Demandez à l’IA de révéler la toile d’araignée Une fois le recensement réalisé, vous pouvez joindre le fichier à une IA généraliste gratuite. Son rôle n’est pas de décider à votre place. Il est de rendre visibles les relations entre les ressources, les décisions et les actions : quelles actions sont liées ; quelles informations manquent ; quelles décisions bloquent plusieurs actions ; quelle progression semble logique ; quels sujets ont été oubliés dans la préparation de l’événement. Voici un prompt de première analyse : Tu es un assistant de préparation et de priorisation pour une équipe associative. Nous préparons une période d’activité à partir du fichier Excel joint. Commence par lire l’onglet « Recensement ». Il décrit des événements ou grands moments, les résultats attendus, les ressources à mobiliser, les décisions, les dépendances et les premières actions. Ne nous demande pas … Lire la suite

Cahier d’été pour petites associations : 6 piliers à relire au frais avant la rentrée

Faire le point sur son association. Plusieurs personnages réunis autour d'un plateau de jeu à six cases dans un jardin ombragé, chaque case représentant un pilier du cahier d'été associatif. Image générée par IA

Il y a des étés où l’on se pose vraiment. Où on se déconnecte du quotidien. Où on prend le temps pour soi. Mais quand on est engagé·e dans le pilotage d’une association – membre du bureau, membre du conseil d’administration – il y a des étés où on profite de ce temps pour faire le point. D’où l’idée d’un cahier d’été. Ce cahier n’est pas une liste de tâches de plus à boucler avant septembre – vous en avez déjà bien assez. C’est une invitation à passer en revue le fonctionnement de votre association au frais, à tête reposée, un pilier après l’autre. L’idée est simple : six domaines à revisiter sans pression, avec pour chacun trois questions à vous poser, quelques lectures à piocher selon vos envies et un mini-exercice court, un carnet et un crayon à la main. Ces six domaines ne sortent pas d’un chapeau : ce sont ceux qui reviennent dans presque toutes les associations que j’accompagne, quelle que soit leur taille. L’un d’eux conditionne tous les autres : ce qui pèse sur les épaules de celles et ceux qui portent l’association. Si personne ne regarde jamais cette charge, le reste redevient une liste de choses à faire. C’est pour cette raison que le cahier s’achève par là et non parce que ce serait le sujet le moins important. Parcourez-le dans l’ordre ou picorez le pilier qui vous parle le plus aujourd’hui. Rien n’est obligatoire. Tout est là pour vous aider à aborder la rentrée plus sereinement… Une précision avant d’ouvrir le cahier : si l’été est votre haute saison – accueil de loisirs, sport, festival, maraudes, séjours – ce n’est évidemment pas le moment. Mettez ce cahier de côté et ressortez-le lorsque votre agenda le permettra. Le principe fonctionne à n’importe quelle saison. Sommaire Gouvernance et décisions, sans prise de tête La gouvernance, ce n’est pas qu’une affaire de statuts et de réunions. C’est surtout la façon dont votre association décide, répartit les rôles et avance ensemble. L’été est un bon moment pour regarder tout cela avec recul, sans l’urgence des ordres du jour et des échéances statutaires. Un cadrage utile avant de commencer : ce cahier travaille sur les blocages d’organisation, pas sur les personnes. Quand ce qui coince est humain – une présidence qui ne lâche pas la main, un conflit installé depuis deux ans – aucun exercice de carnet n’y suffira. C’est une réflexion stratégique, à mener à plusieurs et souvent accompagnée. Ce n’est pas un chantier d’été en solitaire. Trois questions à vous poser Qui décide quoi, aujourd’hui, dans votre association – et est-ce clair pour tout le monde ? Quelles décisions traînent depuis des mois faute d’un cadre pour les traiter et prendre la décision ? Votre gouvernance est-elle chronophage et exigeante ou plutôt bienveillante et adaptative ? À relire au frais Le rôle de président·e d’une association : responsabilités et défis Faites le point sur votre gouvernance associative en 10 questions La formation des dirigeant·es d’association, une étape trop souvent négligée Le mini-exercice Repérez une décision qui a mis du temps à être prise – ou qui a été encore une fois repoussée – et notez à quel moment le blocage est apparu. Finances et trésorerie, sans paniquer Regarder ses finances ne veut pas dire ressortir tous les tableurs. L’été, il s’agit plutôt de prendre de la hauteur sur trois choses : ce qui entre, ce qui sort et ce qui pourrait fragiliser votre modèle d’ici la fin de l’année. Ce qui sort mérite un mot de plus. Appelons cela l’hygiène des dépenses : vérifier qu’on sait encore à quoi sert chaque somme qui quitte le compte. Un abonnement souscrit pour un projet terminé, une assurance qui fait doublon, une cotisation à un réseau que plus personne ne fréquente. À l’inverse, l’hygiène des dépenses consiste aussi à regarder ce que l’association ne prend pas en charge et qui lui revient pourtant : les frais avancés par les bénévoles, le billet de train payé par un membre du bureau, le matériel acheté sans note de frais. Ce qui n’apparaît pas dans vos comptes ne coûte rien à l’association. Cela coûte à quelqu’un. Trois repères simples Un seul financeur ou un seul type de ressource pèse-t-il plus des trois quarts de votre budget ? Si oui, ce n’est pas une force, c’est une dépendance. Savez-vous combien de mois votre trésorerie actuelle vous permet de tenir ? Le calcul tient en une ligne : votre trésorerie disponible divisée par le montant moyen de vos dépenses mensuelles. Est-il déjà arrivé que quelqu’un paie quelque chose de sa poche pour l’association, sans jamais demander de remboursement ? À relire au frais Trésorerie fragile : que faire quand on ne peut plus faire comme avant Construire un budget par projet et ventiler les frais de fonctionnement Tableau de bord et financements : piloter son budget associatif La rentrée budgétaire des associations Le mini-exercice Une seule question, une seule réponse à noter : à quand remonte la dernière fois que vos dépenses récurrentes – abonnements, assurances, cotisations, prélèvements – ont été passées en revue ligne à ligne ? Notez une date. Ou notez « jamais ». Si c’est « jamais », vous n’avez rien de plus à faire cet été : vous savez simplement ce qui figurera à l’ordre du jour de votre première réunion de rentrée. Bénévoles et engagement, au rythme de l’été Vos bénévoles sont le cœur battant de l’association. L’été est l’occasion de penser non pas à en recruter davantage mais à mieux accueillir et garder celles et ceux qui sont déjà là. Trois questions à vous poser Qu’est-ce qui donne envie de rester, dans votre association ? Un·e nouveau·elle bénévole sait-il·elle où trouver l’information et à qui s’adresser dès son arrivée ? Savez-vous ce que vos bénévoles savent faire, au-delà de ce qu’ils et elles font déjà chez vous ? À relire au frais Comment (bien) recruter de nouvelles et de nouveaux bénévoles Réussir l’intégration de vos bénévoles Charte du … Lire la suite

Chiffres clés de votre association : profitez de l’été pour les rassembler

Chiffres clés de votre association : profitez de l'été pour les rassembler - un personnage féminin aux cheveux violets travaille à une table de jardin. Image générée par IA

Quinze jours avant votre assemblée générale, vous fouillez vos mails, vos captures d’écran et votre mémoire pour retrouver combien de personnes ont participé à votre temps fort de mars. Ça vous parle ? Cette course de dernière minute, des milliers d’associations la rejouent chaque printemps. Bonne nouvelle : en suivant les chiffres clés de votre association tout au long de l’année, vous pouvez oublier ce stress du sprint final. Sommaire Pourquoi suivre les chiffres clés de votre association dès l’été L’été, le rythme ralentit. Les projets sont en pause, les sollicitations se font rares et vous retrouvez un peu de sérénité. C’est le moment parfait pour un checkpoint de mi-année : faire le point sur le premier semestre pendant qu’il est encore frais dans les esprits. L’idée est de ne pas attendre le printemps pour tout reconstituer dans l’urgence d’avant l’assemblée générale. C’est l’inverse : collecter au fil de l’eau, par petites touches, pour que vos chiffres soient toujours prêts quand vous en avez besoin. Les 4 familles de chiffres clés de votre association Inutile de suivre cinquante indicateurs. Quatre familles suffisent, avec trois ou quatre chiffres chacune. Le bon réflexe : peu de chiffres, mais les bons, suivis régulièrement. Activité, audience, engagement, ressources Activité : actions menées, personnes accueillies, événements organisés. Audience : visites de votre site, abonnés et interactions sur vos réseaux. Engagement : bénévoles actifs, heures données, adhésions et renouvellements. Ressources : dons reçus, subventions obtenues, part d’autofinancement. Centraliser les chiffres clés de votre association dans un tableau simple Pas besoin d’un outil compliqué. Un simple tableau, avec une ligne par mois et une colonne par famille, fait parfaitement l’affaire. Tableur, page de notes ou base de données : prenez ce que vous maîtrisez déjà. Quels chiffres clés de votre association relever chaque mois Plutôt qu’un marathon une fois par an, inscrivez la compilation des chiffres clés à l’ordre du jour d’une réunion régulière du bureau ou du conseil d’administration. Quinze minutes suffisent, et le suivi ne repose plus sur une seule personne. Voici un point de départ : Famille Exemples d’indicateurs Où le trouver Activité Actions menées, participants, événements Vos comptes-rendus Audience Visites du site, abonnés et interactions réseaux Vos statistiques en ligne Engagement Bénévoles actifs, heures, adhésions Votre base de membres Ressources Dons, subventions, autofinancement Votre suivi de trésorerie Le même réflexe vaut pour vos écrits. Dès qu’un compte-rendu est prêt, pour le site comme pour un financeur, mettez-le de côté plutôt que de le laisser filer dans vos mails. Astuce nomenclature : nommez chaque document de façon claire et datée, par exemple « CR Colloque 25 mars 2026 », et nommez vos dossiers de photos de la même manière. Le jour où vous préparez votre rapport d’activité ou un dossier de subvention, tout se retrouve en quelques secondes. À quoi serviront les chiffres clés de votre association après l’été Compiler ces chiffres en été, c’est se simplifier la vie pour toute la fin d’année : un rapport d’activité qui s’écrit presque tout seul ; des dossiers de subvention d’automne déjà documentés ; une communication de fin d’année qui s’appuie sur des résultats concrets. Comparer les chiffres clés de votre association aux repères du secteur Vos chiffres prennent encore plus de sens quand vous les situez. Des références nationales, comme les chiffres clés de la vie associative ou les baromètres du bénévolat et des réseaux sociaux, vous aident à savoir si vous êtes dans la moyenne, au-dessus, ou s’il reste une marge de progression. Le piège : vouloir tout chiffrer Attention quand même : tout ne se mesure pas. Le sourire d’une personne accompagnée, la fierté d’une équipe, un lien tissé dans la durée ne tiennent pas dans une colonne. Gardez de la place pour le qualitatif, à côté des chiffres. À retenir : Profitez de l’été pour poser les chiffres clés de votre association dans un tableau simple, alimenté au fil de l’eau. Quatre familles, quelques indicateurs, quinze minutes par mois : de quoi aborder vos rapports, vos demandes de subvention et votre communication sans le stress de dernière minute. Pour aller plus loin Fixer des objectifs associatifs : SMART ou CLEAR Mesurer l’impact de vos actions associatives Le bilan de rentrée : repartir sur de bonnes bases Tableau de bord et financements Rédiger un rapport d’activité que tout le monde lira Comment peaufiner vos dossiers de subvention Mettre à profit la trêve des confiseurs : archivage, projets ou vacances – pour approfondir l’archivage de vos documents La valorisation comptable du bénévolat Transparence : cet article a été rédigé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle et relu, corrigé et validé par mes soins. L’illustration a été générée par IA. L’expertise est la mienne. Vous ne savez pas par où commencer pour structurer votre association ? Faites le point en 2 minutes avec ce quiz gratuit : il vous aidera à identifier votre chantier prioritaire. Identifier ma priorité

Adopter une communication accessible dans votre asso : une question de bon sens

Adopter une communication accessible dans votre asso : une question de bon sens. Un personnage féminin aux cheveux violets se tient devant un écran sur lequel s'inscrivent des signes illisibles. Image générée par IA.

Vous avez préparé une affiche, une newsletter ou un post. Vous y avez mis du temps et du soin. Et pourtant, une partie des personnes que vous vouliez toucher ne le verra jamais vraiment. Ce qui pêche dans la communication de votre association, ce sont souvent des petits réglages oubliés, faciles à corriger une fois qu’on les a en tête. Rendre votre communication accessible ne demande pas un chantier de plus : il s’agit surtout de vous assurer que le message pour lequel vous avez travaillé arrive bien à destination. Sommaire Accessible, ça veut dire quoi au juste ? Une communication accessible, c’est une communication qu’une personne peut recevoir et comprendre, quels que soient sa vue, son audition, son aisance avec le numérique ou sa disponibilité du moment. Concrètement, vos publics, ce sont aussi : des personnes malvoyantes qui agrandissent les textes ou utilisent un lecteur d’écran, des personnes sourdes ou malentendantes qui ont besoin de sous-titres, des personnes peu à l’aise avec la lecture ou avec le français, et, très souvent, des bénévoles ou des partenaires qui lisent vite, sur leur téléphone, entre deux réunions. Penser à elles et à eux, ce n’est pas viser un public à part : c’est rendre votre message plus clair pour tout le monde. Avant d’être une affaire de technique, l’accessibilité est d’abord une question de bon sens : se mettre un instant à la place de l’autre. Dire à une personne aveugle « c’est là » ne veut rien dire ; lui préciser « devant vous », « à votre droite » ou « derrière le comptoir », oui. Beaucoup de bons réflexes d’accessibilité tiennent à cette attention simple, bien avant tout outil ou toute norme. Et ce public est plus large et plus divers qu’on ne l’imagine. Les chiffres dépendent beaucoup de ce que l’on mesure : selon la DREES (Le handicap en chiffres, édition 2024), 14,5 millions de personnes de 15 ans ou plus déclarent au moins une limitation fonctionnelle sévère (vue, audition, mémoire). Toutes n’ont pas besoin d’aménagements pour s’informer, loin de là : l’idée n’est pas de ranger les gens dans des cases mais d’éviter de dresser des obstacles inutiles. Autrement dit : il y a beaucoup à gagner, juste en y pensant un peu. L’accessibilité, ce n’est pas réservé à quelques-unes et quelques-uns Vous est-il déjà arrivé de regarder une vidéo dans le métro, sans vos écouteurs, en lisant les sous-titres ? De couper le son en pleine réunion ou de plisser les yeux en plein soleil quand l’écran devient illisible ? C’est exactement ça : ce qui aide les personnes en situation de handicap rend aussi la vie plus simple à tout le monde, dans une foule de situations du quotidien. Et les chiffres le confirment. D’après une étude Verizon Media et Publicis Media menée en 2019, 80 % des personnes qui activent les sous-titres ne sont ni sourdes ni malentendantes : la plupart regardent simplement une vidéo dans les transports, en réunion ou le son coupé. Ce n’est pas qu’une question de confort : Discovery Digital Networks a mesuré une hausse de 7,3 % des vues sur ses vidéos sous-titrées et jusqu’à 13,5 % dans les deux premières semaines. Rendre votre contenu accessible, c’est donc aussi le rendre plus vu. Par où commencer, sans tout réinventer Quelques gestes simples qui ne demandent pas un investissement lourd  choisir une police lisible, dans une taille confortable, avec un vrai contraste entre le texte et le fond, écrire en langage clair : des phrases courtes, des mots du quotidien, une idée à la fois, ajouter des sous-titres à vos vidéos, ce que les outils de votre téléphone font déjà très bien, décrire vos images importantes en quelques mots, pour celles et ceux qui ne les voient pas, garder une mise en page aérée, avec des titres qui guident la lecture. L’idée n’est pas de tout faire d’un coup mais d’en glisser un ou deux dans votre prochaine publication. En prime, ce qui est accessible est aussi mieux référencé Bonne nouvelle : les moteurs de recherche fonctionnent un peu comme un lecteur d’écran. Ils ne voient pas vos images et ne perçoivent pas votre mise en forme, ils lisent la structure de votre page. Un article pensé pour les personnes déficientes visuelles est donc aussi un article que Google comprend mieux. Deux gestes comptent particulièrement : hiérarchiser vos titres, avec un seul grand titre puis des sous-titres logiques, ce qui guide la navigation au lecteur d’écran comme la lecture par les moteurs, décrire vos images avec un texte alternatif clair : cette description est lue à voix haute aux personnes aveugles et elle aide vos images à apparaître dans les recherches. La Fédération des Aveugles et Amblyopes de France en fait d’ailleurs un axe majeur de l’inclusion numérique. L’accessibilité n’est pas un critère de classement officiel de Google mais elle pousse dans le même sens : un contenu clair, structuré et lisible autant par les machines que par les humains. Et la loi, dans tout ça ? Bonne nouvelle : vous n’avez sans doute aucune obligation légale et vous pouvez avancer sereinement. La plupart des petites associations ne sont concernées ni par le RGAA, qui vise surtout les organismes publics et les grandes structures, ni par la directive européenne sur l’accessibilité (l’European Accessibility Act, entré en vigueur le 28 juin 2025), qui s’applique au secteur privé mais exempte les très petites structures. Le cadre se renforce néanmoins partout en Europe : s’y mettre dès maintenant, à votre rythme, c’est prendre une longueur d’avance plutôt que de subir une contrainte. Aller plus loin avec le FALC, à votre rythme Le FALC, pour Facile à lire et à comprendre, est une manière d’écrire pensée pour les personnes qui ont des difficultés de compréhension : phrases simples, pictogrammes, mise en page très claire. Le FALC repose sur un référentiel européen, « L’information pour tous », élaboré dès 2009 par Inclusion Europe avec huit pays. En France, l’Unapei en est le relais … Lire la suite

AI Act et association : êtes-vous prêts pour l’été 2026 ?

L'AI Act arrive. Votre asso est-elle prête ? Un personnage féminin aux cheveux violets montre sur un tableau blanc le sigle IA. Autour d'elle des logos de l'UE, de la sécurité, d'une checklist. Image générée par IA

Vous avez sûrement entendu parler de la facturation électronique. Votre expert-comptable vous en a parlé. Votre banque aussi. Les webinaires sur le sujet se multiplient. Tout le monde s’y prépare. Mais qui vous a parlé de l’AI Act ? Même calendrier – été 2026. Même logique – une obligation européenne qui concerne aussi les associations. Et pourtant : silence radio. Pendant ce temps, dans votre association, les choses bougent. Vos bénévoles utilisent ChatGPT pour rédiger des comptes-rendus. La secrétaire utilise les notes IA pour les réunions du bureau. Votre chargé·e de com’ crée des visuels avec Canva Magic. Vos formulaires d’inscription collectent des données personnelles. Vous êtes concerné·es. Et il est temps d’en parler. Sommaire L’AI Act pour les Nuls L’AI Act (Règlement européen sur l’intelligence artificielle) est le premier cadre juridique au monde dédié à l’IA. Adopté en 2024, il entre en application progressivement : Depuis février 2025 : les pratiques d’IA interdites (notation des citoyens à la chinoise, manipulation…) sont bannies Depuis août 2025 : les règles sur les modèles d’IA à usage général (comme ChatGPT) s’appliquent 2 août 2026 : les obligations de transparence entrent en vigueur – c’est cette échéance qui vous concerne Août 2027 : dernières dispositions pour les systèmes IA intégrés dans des produits réglementés Le règlement classe les systèmes d’IA en 4 niveaux de risque : Inacceptable : interdit (notation des citoyens à la chinoise, manipulation subliminale) Élevé : encadré strictement (tri de CV, décisions de justice) Limité : obligations de transparence (chatbots, génération de contenu) Minimal : pas d’obligation spécifique (filtres anti-spam, correcteurs) Bonne nouvelle : la plupart des usages associatifs relèvent du risque limité ou minimal. Mais « limité » ne veut pas dire « aucune action à faire ». Le sujet dont personne ne parle La facturation électronique a son calendrier, ses prestataires, ses guides pratiques, ses webinaires. Normal : tout le monde est concerné, les obligations sont claires et les outils sont prêts. L’AI Act ? Quasi aucune communication vers le secteur associatif. Et pourtant, l’échéance est la même : été 2026. La différence, c’est que la facturation électronique est un sujet identifié. On sait qu’on doit s’y préparer. L’IA, en revanche, s’est installée dans nos pratiques sans qu’on s’en rende compte. Qui a validé l’utilisation de ChatGPT (ou de Claude, ou de Mistral…) dans votre asso ? Qui a vérifié que les données saisies dans l’outil sont protégées par des lois européennes et non sous le coup des lois américaines ? Qui a informé vos adhérent·es que le compte-rendu qu’ils reçoivent a été entièrement généré par une IA ? Personne, probablement. Parce qu’on n’a pas vu que ce pouvait être un problème.  Ce que l’AI Act vous demande concrètement Pour la grande majorité des associations, les obligations se résument à un mot : transparence. Dites-le si : votre affiche a été générée par une IA vos comptes-rendus sont rédigés entièrement par une IA vous utilisez l’IA pour prendre des notes en réunion vous utilisez un chatbot sur votre site L’IA est un nouvel outil. Ne pas l’utiliser serait perdre du temps. On ne triche pas quand on utilise l’IA mais il convient de dire quand on l’utilise. En résumé : pour la plupart d’entre vous, il s’agit d’être honnête sur ce qui est produit par une machine. Ce n’est pas la mer à boire, quelques mots à ajouter : « image générée par IA ». Et pendant qu’on y est : votre RGPD, il en est où ? C’est la question qui fâche. Parce que l’AI Act dans votre association sans le RGPD, c’est la charrue avant les bœufs. Le RGPD est en vigueur depuis 2018. Huit ans. Et dans mes accompagnements, je constate que la majorité des petites associations n’ont toujours pas : de registre de traitement des données (c’est obligatoire dès que vous collectez des données personnelles – et oui, un simple formulaire d’adhésion suffit) de mentions légales conformes sur leurs formulaires d’inscription de politique de conservation des données (combien de temps gardez-vous les coordonnées d’un ancien adhérent ?) de base légale identifiée pour chaque traitement Avec l’arrivée de l’AI Act, c’est l’occasion de tout remettre à plat. AI Act en association : la check-list « pas de panique »  Voici comment préparer votre association à l’AI Act en 7 points :  a) Lister les outils IA utilisés dans l’association Même et surtout les gratuits. Ceux utilisés par les bénévoles, les alternantes, les salariées, les membres de la gouvernance. Au local comme à domicile. ChatGPT, Canva Magic, les notes IA de votre outil de visio, le correcteur intelligent de votre traitement de texte… Tout compte. b) Vérifier où partent les données Quand vous collez le PV de votre dernière AG dans ChatGPT, où vont ces données ? Sur quel serveur ? Dans quel pays ? Avec quelles garanties ? c) Vérifier et mettre à jour (ou créer) votre registre de traitement La CNIL propose des modèles simples et gratuits. C’est le socle de toute conformité. d) Ajouter une mention « contenu généré par IA » Là où c’est le cas : sur votre site, dans vos communications, dans vos documents. e) En parler au Conseil d’Administration Car cela relève de leur responsabilité. L’utilisation de l’IA dans l’association est une décision de gouvernance, pas un choix individuel. f) Désigner un·e référent·e données / IA Une personne identifiée qui suit le sujet. Pas besoin d’une expertise extérieure mais quelqu’un en interne qui connaisse le sujet et qui s’occupe de la conformité et du suivi. g) Rédiger une charte d’usage de l’IA dans l’association Même minimaliste, même sur une page. Le fait de poser des règles par écrit change tout. En quoi l’AI Act est une bonne nouvelle pour les associations Je sais, dit comme ça, on dirait une réglementation obligatoire de plus à ajouter à la liste déjà interminable. Mais en prenant du recul, on voit mieux l’ensemble. Une association qui se pose la question de ses outils IA, c’est une association qui clarifie ses process. Qui définit qui fait quoi. Qui se demande quelles données elle … Lire la suite

LinkedIn en association : la page pro ne suffit pas

LibkedIn pour les associations : la page ne suffit pas. Un personnage féminin aux cheveux violets devant un écran géant avec une page LinkedIn et à la main un portable. Image générée par IA

En avril 2024, j’ai publié un article intitulé Comment être visible sur Internet — Ep. 1 : la page Pro LinkedIn. J’y défendais une idée simple : LinkedIn est un moteur de recherche, l’ESS y a toute sa place et créer une page professionnelle pour votre association est un socle de crédibilité incontournable. Deux ans plus tard, ma vision a évolué. Pas sur le fond. Sur ce qui fait vraiment la différence. Sommaire Ce qui tient toujours Tout ce que j’écrivais en 2024 reste vrai. LinkedIn fonctionne comme un moteur de recherche : quand quelqu’un tape le nom de votre association, votre page pro apparaît. Elle pose un cadre, une identité, un premier contact professionnel. L’ESS y est légitime – vos bénévoles, vos partenaires, vos anciens adhérents sont déjà sur la plateforme. Et la page pro reste un socle utile. Mais un socle, par définition, ne bouge pas. Ce que mes stats m’ont appris (et qui ne m’a pas vraiment fait exulter de joie) Depuis dix-huit mois, je publie chaque semaine cinq fois par semaine sur LinkedIn. C’est un rythme soutenu et j’ai accumulé assez de données pour que les chiffres racontent quelque chose. Voici ce qu’ils racontent. Mes posts d’expertise associative – ceux où je partage une méthode, un outil, un conseil concret de structuration – plafonnent. Régulièrement. Autour de 200 à 260 impressions. Ce ne sont pas de mauvais posts. Ils sont utiles, documentés, travaillés. Mais LinkedIn ne les pousse pas. En face, mes posts incarnés racontent une autre histoire. Le retour de conférence sur les femmes et l’IA : 10 547 impressions. La Nuit des Relais pour les femmes victimes de violences : plus de 600. Les posts où je prends position, où je raconte ce que j’ai vu, entendu, ressenti – ceux-là dépassent systématiquement les 400 impressions et parfois beaucoup plus. Le contraste le plus cruel ? Un post d’expertise sur la cooptation en conseil d’administration : 263 impressions. Un sujet pourtant central dans la vie associative. Quarante fois moins que le post sur la conférence d’Isabelle Collet. Quarante fois. Ce n’est pas un problème de qualité. C’est un problème de terrain. LinkedIn n’est pas un canal d’expertise associative. C’est un canal d’incarnation de causes. Et ça, je ne l’avais pas écrit en 2024. Ce que ça change pour la page LinkedIn de votre association Si votre page associative publie quatre fois par an un bilan d’activité, un appel à bénévoles et un visuel pour la journée mondiale de quelque chose, elle reste invisible. Pas parce que vous faites mal. Parce que ce type de contenu ne déclenche rien dans l’algorithme de LinkedIn. Pas d’émotion, pas de partage, pas de commentaire, pas de diffusion. La page est une vitrine. Elle existe, elle est propre, elle dit qui vous êtes. Mais personne ne s’arrête devant une vitrine éteinte. Ce qui attire, c’est la voix. Une personne qui parle depuis son expérience, qui défend une conviction, qui raconte un moment vécu. C’est cette voix humaine incarnée qui porte la visibilité d’une cause associative sur LinkedIn. La page est un socle. La voix est un moteur. La vraie question : qui porte la voix de votre asso ? Et c’est là que ça se complique. Parce que la question n’est plus technique. Elle est politique, au sens de la gouvernance. Qui, dans votre association, est autorisé à prendre la parole publiquement ? La directrice ? Le président ? Une bénévole particulièrement investie ? Et quand cette personne publie sur LinkedIn à titre personnel, parle-t-elle au nom de l’association ou en son nom propre ? Que fait-on quand une administratrice porte publiquement une conviction qui n’engage qu’elle, mais que tout le monde associe à votre structure ? Ces questions sont rarement posées dans les associations. Elles sont encore plus rarement tranchées. Et pourtant, c’est exactement le point de bascule entre une association invisible sur LinkedIn et une association qui existe dans le débat. La réponse n’est pas une charte de communication de quinze pages. C’est un cadre léger – trois phrases suffisent parfois – qui dit : voilà les sujets qui engagent l’association, voilà ceux qui relèvent de la parole personnelle. Et ce cadre libère au lieu de contrôler. Quelques pistes, si votre association se décide pour LinkedIn Je ne vais pas vous donner une checklist. Vous en trouverez cinquante sur Google et elles se ressemblent toutes. Ce que je peux partager, c’est ce que j’observe sur le terrain. Identifiez une ou deux personnes ressources Pas toute l’équipe. Pas un planning de publication collectif. Une ou deux personnes dans votre écosystème – salariées, bénévoles, administratrices – qui ont envie de s’exprimer et qui sont à l’aise avec l’exercice. Autorisez-les explicitement Le plus grand frein à la prise de parole dans les associations, ce n’est pas le manque d’idées. C’est la peur de mal faire, de ne pas être légitime, de dire quelque chose qui dépasse le mandat. Une autorisation claire lève cette inhibition. Laissez-leur les coudées franches et ne demandez pas à relire avant publication ! Posez le périmètre, pas le ton Vous ne contrôlerez jamais la façon dont quelqu’un s’exprime. Et c’est tant mieux – c’est justement l’authenticité qui porte. En revanche, vous pouvez distinguer ce qui relève de l’engagement collectif et ce qui reste personnel. Acceptez que ce ne soit pas parfait Un post authentique avec une coquille et une photo floue aura toujours plus d’impact qu’un visuel propre sur lui et un texte relu six fois par trois personnes différentes… et publié trois mois trop tard. Et si personne ne veut prendre la parole ? Alors LinkedIn n’est peut-être pas votre canal. Et ce n’est pas grave. Toutes les associations n’ont pas besoin d’être visibles sur LinkedIn. Si votre communauté est ailleurs – sur le terrain, dans les quartiers, sur WhatsApp, dans d’autres réseaux sociaux ou locaux – c’est là que votre énergie doit aller. Pas dans un canal qui ne correspond ni à vos publics ni à vos ressources. Et ni à votre envie. Le … Lire la suite

Ce n’est pas l’outil qui bloque, c’est l’organisation : commencer par une feuille de papier avant de changer de logiciel

L'organisation avant l'outil, le bon réflexe associatif. Une petite équipe collabore autour d'un schéma dessiné à la main. Image générée par IA

« On devrait changer de logiciel. » C’est souvent la première phrase qui sort quand quelque chose coince dans le fonctionnement d’une association. Le tableur partagé ne suit plus. Le dossier en ligne déborde de fichiers mal nommés. Les mails se croisent et se perdent. La tentation est grande de chercher la solution dans un nouvel outil. C’est compréhensible : installer un logiciel donne une impression d’action immédiate. Mais dans la majorité des cas, ce n’est pas l’outil qui pose problème. C’est ce qu’il y a derrière – ou plutôt ce qu’il n’y a pas : un processus clair, partagé et compris par toutes les personnes concernées. Cet article propose une démarche simple et accessible : prendre une feuille de papier, un crayon et se poser ensemble autour d’une table. Avant de cliquer sur « s’abonner » à quoi que ce soit. Sommaire 1. Quand changer d’outil semble plus simple que se mettre autour de la table La scène est classique. Le bureau se réunit un soir de semaine. Quelqu’un fait remonter un problème : les informations se perdent, les bénévoles ne savent pas où trouver les documents, les suivis reposent sur la mémoire de quelques personnes. La discussion s’engage, et très vite, une solution émerge : adopter un nouvel outil. Un logiciel, ça se télécharge. Ça donne l’impression d’avancer. Ça rassure parce que ça semble concret. Sauf qu’un outil ne résout pas un problème d’organisation. Il l’outille. Et quand il n’y a rien de clair à outiller, il ajoute une couche de complexité à un fonctionnement déjà confus. Résultat : l’association se retrouve avec un logiciel que personne n’utilise vraiment, des habitudes qui n’ont pas changé, et parfois une frustration plus grande qu’avant. La bonne question, avant de chercher la bonne application, c’est : qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans notre manière de travailler ensemble ? Cette question ne se pose pas devant un écran. Elle se pose autour d’une table, avec les bonnes personnes. A retenir Un outil accélère ce qui existe déjà. Si ce qui existe est mal défini, il accélère surtout la confusion. 2. Ce que le papier et le crayon voient mieux que n’importe quel outil Un outil numérique structure ce qu’on lui donne. Si on lui donne du fouillis, il organise du fouillis – avec des notifications en prime. Le papier et le crayon, eux, ne masquent rien. Ils rendent visible ce qui est confus, ce qui manque, ce qui ne tient pas debout. Choisir un seul processus à dessiner, pas toute l’association La tentation de vouloir tout cartographier d’un coup est forte. C’est le meilleur moyen de ne rien finir. Mieux vaut commencer par un seul processus. Celui qui coince le plus. Celui dont tout le monde se plaint sans que personne ne sache exactement où ça déraille. Quelques exemples concrets : le parcours d’accueil d’un nouveau ou d’une nouvelle bénévole. Le circuit d’une demande de subvention. La préparation de l’assemblée générale annuelle. Un processus, une feuille. C’est suffisant pour commencer. Dessiner le chemin réel, pas celui qu’on aimerait avoir L’erreur classique : dessiner le processus idéal. Celui qui devrait exister. Celui qui figure peut-être dans un document que personne n’a ouvert depuis trois ans. Ce qui compte, c’est le chemin réel. Celui que les personnes suivent au quotidien, avec ses détours, ses raccourcis et ses zones grises. C’est souvent à ce moment-là que les surprises arrivent. On découvre que deux personnes font la même tâche sans le savoir. Ou que personne ne couvre une étape pourtant indispensable. Ou encore qu’une information passe par cinq intermédiaires avant d’arriver à la bonne personne. Prenons un exemple concret : qui reçoit le mail de la mairie confirmant l’attribution d’une subvention ? Qui le transfère au trésorier ou à la trésorière ? Qui classe l’accusé de réception ? Qui met à jour le suivi ? Quand on dessine ce parcours réel sur une feuille, les trous apparaissent d’eux-mêmes. Mettre à plat ce qui n’est écrit nulle part Dans beaucoup d’associations, le fonctionnement repose sur des habitudes orales. « C’est Marie qui s’en occupe. » « On fait comme ça depuis toujours. » « Appelle Pierre, il saura. » Tant que Marie est là, que Pierre répond au téléphone et que tout le monde se souvient du « comme ça », les choses avancent. Le jour où Marie s’absente, où Pierre change de rôle ou qu’une nouvelle personne rejoint l’équipe, tout se complique. L’exercice du papier-crayon oblige à nommer ces implicites. Pas par excès de formalisme. Par souci de continuité et de transmission. 3. Bureau, CA, terrain administratif : trois regards qui gagnent à se croiser Quand vient le moment de repenser un fonctionnement, ce ne sont pas toujours les mêmes personnes qui sont consultées. Et c’est souvent là que le bât blesse. La vision du bureau et du CA : globale mais partielle Le bureau et le conseil d’administration ont une vue d’ensemble sur les orientations stratégiques, les priorités et les ressources disponibles. C’est leur rôle. Mais cette vision stratégique ne dit pas toujours comment les choses se passent concrètement au quotidien. Combien de temps prend réellement une procédure. Quels contournements les équipes ont mis en place pour compenser ce qui ne fonctionne pas. Quelles étapes sont devenues inutiles au fil du temps. Décider d’un outil ou d’un nouveau processus depuis cette seule perspective, c’est construire sur des hypothèses. L’expertise souvent silencieuse du terrain administratif Les personnes qui gèrent l’administratif au quotidien – qu’il s’agisse de salarié·es ou de bénévoles investis dans la gestion – connaissent les processus mieux que quiconque. Ce sont elles qui vivent les blocages, qui inventent les solutions de contournement, qui savent précisément où l’information se perd et pourquoi. Pourtant, elles sont rarement invitées à contribuer à la réflexion sur les outils ou l’organisation. On leur demande d’utiliser ce qu’on a choisi pour elles. Inclure ces personnes dès la phase de réflexion, c’est se donner les meilleures chances de construire quelque chose que tout le monde s’appropriera. La cartographie comme exercice de coconstruction L’atelier papier-crayon n’est pas seulement un exercice de diagnostic. C’est … Lire la suite

Assurer son association

Un personnage féminin aux cheveux violets bouclés tient un document sur lequel elle coche "assurance". Image générée par IA

Créer une association, ce n’est pas seulement écrire des statuts et faire une déclaration en préfecture. C’est aussi accepter une réalité moins visible : dès que vous agissez, vous prenez des risques. Dans mes audits, je demande la copie de l’attestation d’assurance RC dès le questionnaire de départ. Et très régulièrement, c’est le premier point qui bloque : document introuvable, contrat trop ancien, activités réelles pas couvertes… Une réunion. Un atelier. Un événement. Un déplacement. Et quand un incident arrive, l’association peut être tenue responsable. Alors même si vous n’avez pas de local, la question de l’assurance se pose très tôt. Pas pour “faire comme les grandes”. Pour éviter qu’un imprévu mette votre projet à l’arrêt. Sommaire À lire d’abord : l’assurance de votre association n’est pas toujours obligatoire, mais c’est rarement optionnel Selon les activités, certaines associations ont une obligation légale de souscrire une assurance responsabilité civile (RC). Mais même quand ce n’est pas une obligation, ne pas être assuré peut vous mettre dans une situation très fragile. Pour un repère clair sur les assurances des associations, vous pouvez vous appuyer sur la page Service-Public : Assurance des associations A – Vous avez une activité et des bénévoles (même sans local) Quand on pense “assurance”, on pense souvent “local” ou “matériel”. Or, le risque premier vient d’ailleurs : des personnes et des activités. Bien anticiper avant de parler contrat Avant de parler “assurance”, faites un inventaire rapide. C’est ainsi que vous pourrez déterminer les risques à assurer. Vos activités, y compris celles qui arrivent “une fois de temps en temps” Les personnes sous l’égide de l’association : CA, bureau, bénévoles, salarié·es, adhérent·es, public accueilli Les lieux occupés, même de façon épisodique : salle prêtée, gymnase, tiers-lieu, espace public… Les biens utilisés : matériel à vous, matériel prêté, “biens confiés” et leur valeur. Les véhicules utilisés (à vous, prêtés ou ceux des bénévoles selon les cas). Avec ces 5 listes, vous pourrez engager la discussion avec votre assureur pour savoir ce qu’il faut couvrir et éviter les angles morts. 1) Le socle : la responsabilité civile (RC) La RC sert à couvrir les dommages causés à des tiers dans le cadre des activités de l’association. En clair, on parle de : dommages corporels : une personne se blesse pendant une action, un atelier, une réunion, dommages matériels : un objet est cassé, une salle prêtée est dégradée, dommages immatériels : un préjudice “indirect” lié aux dommages précédents. 2) Le trio à sécuriser tout de suite : bénévoles, événements, litiges Même sans local, la plupart des associations ont rapidement : des bénévoles (CA et bureau compris) et des événements. Et c’est souvent là que ça coince. Voici les 3 points à vérifier dans votre attestation / votre contrat, sans jargon : Bénévoles : sont-ils et elles couvert·es pendant les activités de l’association (et dans quels cas) ? Exemple : lors d’une action sur le terrain, un·e bénévole accroche accidentellement le sac d’un participant et casse ses lunettes. Événements : vous restez responsable de ce que vous organisez, même dans un lieu loué ou mis à disposition. Exemple : pendant une conférence, un participant trébuche sur un câble de rallonge mal sécurisé et se blesse. Litiges : avez-vous une protection juridique pour vous défendre si un incident se transforme en conflit ? Les garanties utiles de l’assurance association Le socle, c’est la responsabilité civile. Et ensuite, selon votre réalité, vous pouvez regarder : une garantie de type défense / recours ou protection juridique, une couverture dommages aux biens (y compris les biens confiés), une individuelle accident pour les bénévoles et, selon les cas, les participant·es. . L’idée n’est pas de tout prendre “au cas où”. L’idée, c’est de choisir les garanties qui correspondent à votre réalité : bénévoles + actions + événements et à vos capacités d’autofinancement. Une franchise élevée vaut mieux parfois qu’une prime élevée. B – Vous avez des biens, des lieux, ou du public accueilli (local, stockage, matériel, événements plus gros) Dès que vous avez un lieu (même prêté), du matériel, du stockage ou du public accueilli, l’exposition aux risques augmente. Quelles obligations ? Informez-vous Certaines obligations ne dépendent pas de la taille de l’association mais de ce que vous faites. Risques locatifs / local (y compris mis à disposition) : si vous louez un local ou si un local vous est prêté / mis à disposition, vérifiez ce que la convention prévoit. Il peut y avoir une obligation d’assurance IARD (incendie, dégât des eaux, etc.), même si vous ne payez pas de loyer. Véhicules : dès que l’association utilise un véhicule dans un cadre associatif, la question de l’assurance est incontournable. Cas particuliers : selon les activités (ex. sport, accueils de mineur·es, organisation de voyages/séjours), les obligations peuvent changer. Si vous avez un doute, vérifiez sur Service-Public ou demandez conseil à un courtier. On ne parle pas seulement de “murs”. On parle usage réel : qui vient, quand, pour quoi, avec quel matériel. Et surtout : qui porte la responsabilité si quelque chose se passe mal. Ce qui change, concrètement Vous n’assurez plus seulement une activité. Vous assurez aussi un cadre (un lieu, un accès, des clés, des horaires, des flux de personnes). Vous pouvez être mis·e en cause même si le lieu ne vous appartient pas parce que vous en êtes l’organisateur·ice ou l’occupant·e au moment des faits. Vous devez éviter le flou “c’est à la mairie, donc c’est elle qui se charge de l’assurance” ou “c’est le tiers-lieu qui couvre”. Le lieu doit être assuré par le propriétaire ET par l’occupant. Les garanties ne sont pas les mêmes, les responsabilités non plus. En cas de sinistre, mieux vaut avoir une double couverture qu’aucune… À vérifier / clarifier Accueil du public : le contrat couvre-t-il bien l’accueil de participant·es, d’adhérent·es, ou de public extérieur ? Activités sur place : atelier, stockage, réunion, formation, permanence. Est-ce que tout est bien inclus ? Répartition des responsabilités : association, propriétaire, mairie, tiers-lieu. Qui couvre quoi ? Où est-ce écrit ? … Lire la suite

Réviser ses statuts tous les ans ? Fausse bonne idée…

Un personnage féminin aux cheveux violets bouclés travaille sur les statuts d'une association. Image générée par IA

Combien d’associations culpabilisent de ne pas avoir révisé leurs statuts depuis 5 ou 10 ans ? Beaucoup trop. Réviser ses statuts n’est pas une obligation légale annuelle. Si vos statuts permettent à votre association de fonctionner, inutile d’y toucher. Mais il existe des situations concrètes où ne pas les réviser vous bloque au quotidien ou vous fait passer à côté d’opportunités importantes. Voici comment savoir si vous êtes concernés. Sommaire Non, vous n’êtes pas obligés de tout réviser chaque année La révision des statuts n’est pas une obligation légale annuelle (contrairement à l’AG ordinaire ou à la tenue des comptes) Modifier les statuts = démarche lourde : AG extraordinaire + déclaration en préfecture Si vos statuts permettent à l’association de fonctionner, laissez-les tranquilles Beaucoup d’associations fonctionnent très bien avec des statuts qui datent de leur création Bon à savoir Statuts ou règlement intérieur : quelle différence ? Avant de réviser vos statuts, posez-vous la question : est-ce que le règlement intérieur ne suffirait pas ? Les statuts définissent le cadre juridique (objet social, gouvernance, AG). Le règlement intérieur précise les modalités pratiques (qui signe quoi, organisation interne) et peut être modifié plus facilement. → Pour bien comprendre la différence et savoir lequel modifier : https://isavouszed.fr/le-reglement-interieur-pour-les-associations-tout-ce-quil-faut-savoir Sauf si vos statuts vous bloquent dans votre quotidien Voici les 5 signaux d’alerte qui montrent que vos statuts vous empêchent vraiment d’avancer : 1. Votre AG ne peut plus se tenir dans les conditions statutaires Le quorum est devenu irréaliste (ex : 50% des 80 membres alors qu’il y a rarement plus de 15 personnes présentes) La limitation du nombre de pouvoirs par personne présente est inadaptée à votre fonctionnement actuel Vous voulez tenir votre AG à distance mais vos statuts ne le prévoient pas (et depuis octobre 2021, c’est obligatoire que ce soit écrit dans les statuts) 2. Vous voulez créer un nouveau rôle de gouvernance Co-présidence, collégialité, vice-président·e, coordinatrice ou coordinateur… Ces rôles n’existent pas dans vos statuts actuels Vous fonctionnez déjà comme ça mais « dans le flou juridique » 3. Votre objet social ne couvre plus ce que vous faites Vos activités ont évolué et ne rentrent plus dans l’objet social initial Vous avez développé de nouvelles actions qui ne sont pas couvertes Votre projet associatif a pivoté mais les statuts sont restés figés 4. Vous passez à côté de financements parce que les termes exacts ne sont pas dans votre objet social C’est le cas le plus concret et le plus frustrant. Un financeur exige qu’un terme précis apparaisse dans votre objet social pour être éligible. Exemple réel : Votre objet social mentionne « lutte contre les discriminations ». Un gros financement s’ouvre mais il exige que « lutte contre les violences » soit explicitement écrit. Résultat : vous êtes inéligible même si vous faites ce travail au quotidien. Solution : réviser vos statuts pour ajouter « lutte contre les violences et les discriminations ». 5. Votre gouvernance actuelle ne correspond plus à ce qui est écrit La composition du bureau ou du CA a changé (nombre de membres, rôles) La durée des mandats ne correspond plus à votre réalité Les conditions de renouvellement sont obsolètes Quand il vaut mieux NE PAS réviser (même si vous avez identifié un problème) Attendez avant de lancer une révision si : 1. Vous êtes en pleine crise interne ou conflit de gouvernance Réviser les statuts = rouvrir des négociations et potentiellement cristalliser des tensions. Mieux vaut stabiliser d’abord. 2. Vous n’avez pas l’énergie collective pour mener le chantier Une révision bien faite demande du temps et de l’adhésion. Si vous êtes en période de creux d’énergie, reportez. 3. Une solution temporaire via le règlement intérieur peut suffire Si le problème peut être contourné ou géré par le règlement intérieur commencez par là. Vous réviserez les statuts plus tard si vraiment nécessaire. Comment réviser sans tout casser La méthode minimaliste : Étape 1 : Lister uniquement ce qui bloque aujourd’hui Pas de refonte totale « par principe ». Identifiez les 2-3 points qui vous empêchent concrètement d’avancer. Étape 2 : Créer l’adhésion au conseil d’administration Avant de lancer un groupe de travail, assurez-vous que le CA est aligné sur le besoin de révision. Sinon, vous allez perdre du temps et créer des frustrations. Étape 3 : Groupe de travail ciblé 2-3 réunions maximum. Focus sur les articles à modifier uniquement. Pas de réécriture complète. Étape 4 : Assemblée générale extraordinaire Vérifiez dans vos statuts actuels les modalités de quorum et de vote pour une modification statutaire. Anticipez le nombre de pouvoirs à collecter. Étape 5 : Déclaration en préfecture C’est obligatoire, simple et gratuit. Les nouveaux statuts ne sont opposables juridiquement qu’après cette déclaration. « Combien ça coûte vraiment ? » : En temps : 1 réunion CA pour valider le besoin : 1h30 2-3 réunions groupe de travail : 3h à 4h30 au total 1 AG extraordinaire : 2h Rédaction et déclaration : 2h Total : entre 8h30 et 10h de travail collectif sur 2-3 mois En accompagnement : Vous pouvez vous faire aider par votre réseau territorial (Maisons de la Vie Associative et Citoyenne), d’autres associations qui ont déjà fait la démarche ou par un·e consultant·e spécialisé·e. La check-list pour savoir si vous devez réviser (ou pas) 3 questions simples pour trancher : 1. Est-ce que mes statuts actuels m’empêchent de faire quelque chose d’important ? → Si non : pas besoin de réviser 2. Est-ce que le règlement intérieur peut régler le problème ? → Si oui : pas besoin de toucher aux statuts 3. Est-ce que j’ai l’énergie collective pour mener cette démarche maintenant ? → Si non : reporter la révision Réviser vos statuts n’est ni une obligation annuelle, ni une corvée à faire « parce qu’il faut ». C’est un outil de gouvernance à activer uniquement quand vos statuts vous bloquent concrètement. Avant de vous lancer, posez-vous les bonnes questions. Et si vous devez réviser, faites-le de façon ciblée et pragmatique. Pour aller plus loin Quatre chartes utiles pour votre association Association de fait ou de droit : quelles différences … Lire la suite