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Réviser ses statuts tous les ans ? Fausse bonne idée…

Un personnage féminin aux cheveux violets bouclés travaille sur les statuts d'une association. Image générée par IA

Combien d’associations culpabilisent de ne pas avoir révisé leurs statuts depuis 5 ou 10 ans ? Beaucoup trop. Réviser ses statuts n’est pas une obligation légale annuelle. Si vos statuts permettent à votre association de fonctionner, inutile d’y toucher. Mais il existe des situations concrètes où ne pas les réviser vous bloque au quotidien ou vous fait passer à côté d’opportunités importantes. Voici comment savoir si vous êtes concernés. Sommaire Non, vous n’êtes pas obligés de tout réviser chaque année La révision des statuts n’est pas une obligation légale annuelle (contrairement à l’AG ordinaire ou à la tenue des comptes) Modifier les statuts = démarche lourde : AG extraordinaire + déclaration en préfecture Si vos statuts permettent à l’association de fonctionner, laissez-les tranquilles Beaucoup d’associations fonctionnent très bien avec des statuts qui datent de leur création Bon à savoir Statuts ou règlement intérieur : quelle différence ? Avant de réviser vos statuts, posez-vous la question : est-ce que le règlement intérieur ne suffirait pas ? Les statuts définissent le cadre juridique (objet social, gouvernance, AG). Le règlement intérieur précise les modalités pratiques (qui signe quoi, organisation interne) et peut être modifié plus facilement. → Pour bien comprendre la différence et savoir lequel modifier : https://isavouszed.fr/le-reglement-interieur-pour-les-associations-tout-ce-quil-faut-savoir Sauf si vos statuts vous bloquent dans votre quotidien Voici les 5 signaux d’alerte qui montrent que vos statuts vous empêchent vraiment d’avancer : 1. Votre AG ne peut plus se tenir dans les conditions statutaires Le quorum est devenu irréaliste (ex : 50% des 80 membres alors qu’il y a rarement plus de 15 personnes présentes) La limitation du nombre de pouvoirs par personne présente est inadaptée à votre fonctionnement actuel Vous voulez tenir votre AG à distance mais vos statuts ne le prévoient pas (et depuis octobre 2021, c’est obligatoire que ce soit écrit dans les statuts) 2. Vous voulez créer un nouveau rôle de gouvernance Co-présidence, collégialité, vice-président·e, coordinatrice ou coordinateur… Ces rôles n’existent pas dans vos statuts actuels Vous fonctionnez déjà comme ça mais « dans le flou juridique » 3. Votre objet social ne couvre plus ce que vous faites Vos activités ont évolué et ne rentrent plus dans l’objet social initial Vous avez développé de nouvelles actions qui ne sont pas couvertes Votre projet associatif a pivoté mais les statuts sont restés figés 4. Vous passez à côté de financements parce que les termes exacts ne sont pas dans votre objet social C’est le cas le plus concret et le plus frustrant. Un financeur exige qu’un terme précis apparaisse dans votre objet social pour être éligible. Exemple réel : Votre objet social mentionne « lutte contre les discriminations ». Un gros financement s’ouvre mais il exige que « lutte contre les violences » soit explicitement écrit. Résultat : vous êtes inéligible même si vous faites ce travail au quotidien. Solution : réviser vos statuts pour ajouter « lutte contre les violences et les discriminations ». 5. Votre gouvernance actuelle ne correspond plus à ce qui est écrit La composition du bureau ou du CA a changé (nombre de membres, rôles) La durée des mandats ne correspond plus à votre réalité Les conditions de renouvellement sont obsolètes Quand il vaut mieux NE PAS réviser (même si vous avez identifié un problème) Attendez avant de lancer une révision si : 1. Vous êtes en pleine crise interne ou conflit de gouvernance Réviser les statuts = rouvrir des négociations et potentiellement cristalliser des tensions. Mieux vaut stabiliser d’abord. 2. Vous n’avez pas l’énergie collective pour mener le chantier Une révision bien faite demande du temps et de l’adhésion. Si vous êtes en période de creux d’énergie, reportez. 3. Une solution temporaire via le règlement intérieur peut suffire Si le problème peut être contourné ou géré par le règlement intérieur commencez par là. Vous réviserez les statuts plus tard si vraiment nécessaire. Comment réviser sans tout casser La méthode minimaliste : Étape 1 : Lister uniquement ce qui bloque aujourd’hui Pas de refonte totale « par principe ». Identifiez les 2-3 points qui vous empêchent concrètement d’avancer. Étape 2 : Créer l’adhésion au conseil d’administration Avant de lancer un groupe de travail, assurez-vous que le CA est aligné sur le besoin de révision. Sinon, vous allez perdre du temps et créer des frustrations. Étape 3 : Groupe de travail ciblé 2-3 réunions maximum. Focus sur les articles à modifier uniquement. Pas de réécriture complète. Étape 4 : Assemblée générale extraordinaire Vérifiez dans vos statuts actuels les modalités de quorum et de vote pour une modification statutaire. Anticipez le nombre de pouvoirs à collecter. Étape 5 : Déclaration en préfecture C’est obligatoire, simple et gratuit. Les nouveaux statuts ne sont opposables juridiquement qu’après cette déclaration. « Combien ça coûte vraiment ? » : En temps : 1 réunion CA pour valider le besoin : 1h30 2-3 réunions groupe de travail : 3h à 4h30 au total 1 AG extraordinaire : 2h Rédaction et déclaration : 2h Total : entre 8h30 et 10h de travail collectif sur 2-3 mois En accompagnement : Vous pouvez vous faire aider par votre réseau territorial (Maisons de la Vie Associative et Citoyenne), d’autres associations qui ont déjà fait la démarche ou par un·e consultant·e spécialisé·e. La check-list pour savoir si vous devez réviser (ou pas) 3 questions simples pour trancher : 1. Est-ce que mes statuts actuels m’empêchent de faire quelque chose d’important ? → Si non : pas besoin de réviser 2. Est-ce que le règlement intérieur peut régler le problème ? → Si oui : pas besoin de toucher aux statuts 3. Est-ce que j’ai l’énergie collective pour mener cette démarche maintenant ? → Si non : reporter la révision Réviser vos statuts n’est ni une obligation annuelle, ni une corvée à faire « parce qu’il faut ». C’est un outil de gouvernance à activer uniquement quand vos statuts vous bloquent concrètement. Avant de vous lancer, posez-vous les bonnes questions. Et si vous devez réviser, faites-le de façon ciblée et pragmatique. Si vous avez besoin d’aide pour améliorer votre organisation, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre … Lire la suite

« Il nous faut un site » : un réflexe compréhensible mais pas toujours stratégique

Un personnage féminin jongle entre le chaos de pages internet et une arborescence claire. Image générée par IA

Cette phrase revient souvent dans les réunions associatives. Le site web semble être une évidence, une obligation incontournable. Après tout, ne pas avoir de site en 2026, c’est comme ne pas exister en ligne, non ? Et pourtant, derrière cette évidence se cache souvent un flou. Un site, oui, mais pour qui exactement ? Pour dire quoi en priorité ? Et surtout, pour déclencher quelle action ? Avant de vous lancer dans la refonte ou la création d’un site, prenez le temps de clarifier ce besoin. Parce qu’un site qui ne sert pas un objectif précis finit par devenir une charge : il vieillit mal, personne ne le met à jour et il peut même desservir votre image plutôt que la renforcer. Sommaire 1. À quoi sert vraiment un site pour une association loi 1901 ? Être une carte d’identité fiable Votre site, c’est d’abord votre vitrine officielle. Quand on tape le nom de votre association dans un moteur de recherche, il doit apparaître en premier et donner les informations essentielles : Qui vous êtes (votre mission, vos valeurs) À qui vous vous adressez (bénéficiaires, adhérentes et adhérents, partenaires) Ce que vous faites concrètement (vos actions, vos projets) Cette fonction peut sembler basique, mais elle est cruciale. Sans elle, vous laissez le champ libre aux informations approximatives, aux pages obsolètes ou aux comptes de réseaux sociaux non officiels. Rassurer partenaires et financeurs qui vous cherchent en ligne Un financeur qui découvre votre association va chercher votre site. Un partenaire potentiel aussi. Ils veulent vérifier votre crédibilité, consulter vos réalisations passées, comprendre votre gouvernance. Un site à jour, même sobre, envoie un signal de sérieux et de professionnalisme. À l’inverse, un site abandonné depuis 2018 ou une simple page Facebook peuvent semer le doute. Offrir des portes d’entrée claires Votre site doit rendre les actions possibles visibles et accessibles : Comment adhérer ? Comment faire un don ? Comment devenir bénévole ? Comment solliciter un accompagnement ou participer à un événement ? Ces portes d’entrée doivent être simples à trouver et simples à utiliser. Un bouton « Nous soutenir » bien placé vaut mieux qu’un long texte explicatif noyé dans une page « À propos ». 2. Ce que votre site n’est pas obligé d’être Pas un magazine d’actualités hebdomadaire Beaucoup d’associations se mettent la pression pour publier régulièrement des « actualités ». Résultat : la dernière actualité date de six mois, et ça donne une impression d’inactivité. Si vous ne pouvez pas alimenter une rubrique actualités de manière régulière, ne la créez pas. Mieux vaut un site stable avec des informations durables qu’un onglet « Actus » figé dans le temps. Pas un blog de 50 articles Un blog peut être un atout formidable pour partager votre expertise, documenter vos actions ou créer du lien. Mais il n’est pas obligatoire. Si vous avez les ressources pour l’alimenter régulièrement, foncez. Sinon, concentrez-vous sur l’essentiel : des pages claires qui présentent votre association et permettent aux personnes de passer à l’action. Pas un labyrinthe de pages Un site efficace pour une association, ce n’est pas 30 pages imbriquées. C’est souvent 4 à 6 pages bien pensées : Accueil Qui sommes-nous ? Nos actions Nous soutenir / S’engager Contact (Facultatif) Ressources / Blog Chaque page supplémentaire doit avoir une vraie raison d’exister. Sinon, elle alourdit la navigation et dilue votre message. 3. Articuler site, blog et réseaux sociaux sans se disperser Le site comme socle stable Le site, c’est votre base. Il contient les informations durables, celles qui ne changent pas toutes les semaines : Votre raison d’être Vos modalités d’engagement Vos coordonnées Votre cadre de fonctionnement C’est l’endroit où vous avez le contrôle total, contrairement aux réseaux sociaux qui peuvent changer leurs règles du jour au lendemain. Le blog comme base de ressources et de pédagogie Si vous choisissez d’avoir un blog (intégré au site ou sur une plateforme dédiée), utilisez-le pour : Documenter vos apprentissages Partager des guides pratiques Raconter vos projets en profondeur Le blog peut devenir une ressource pour votre communauté et un outil de référencement naturel pour attirer de nouvelles personnes vers votre site. Les réseaux sociaux comme canaux de diffusion LinkedIn, Facebook, Instagram : ces plateformes sont faites pour diffuser vos messages, créer de l’interaction et toucher de nouveaux publics. Mais elles ne remplacent pas votre site. Elles doivent renvoyer vers lui dès qu’une personne veut en savoir plus, adhérer, donner ou vous contacter. Le schéma idéal : réseaux sociaux → site (informations durables + actions possibles). 4. Trois scenarii d’associations, trois sites « minimum viable » Petite association locale centrée sur une activité de terrain Votre priorité : être trouvable et donner envie de vous rencontrer. Pages essentielles : Accueil (qui vous êtes, où vous agissez) Nos actions (avec photos si possible) Nous rejoindre (devenir bénévole, adhérer) Contact (avec horaires d’accueil si vous en avez) Conseil : privilégiez un site sobre, type « carte de visite enrichie ». Pas besoin de blog ni d’actualités. Mettez à jour une fois par an ou quand vos coordonnées changent. Association de plaidoyer ou réseau national Votre priorité : asseoir votre légitimité et partager vos analyses. Pages essentielles : Accueil (votre combat, votre vision) Qui sommes-nous ? (gouvernance, équipe, partenaires) Nos positions / Nos publications Nous soutenir (dons, adhésion, pétitions) Presse / Ressources Conseil : un blog ou une rubrique « Actualités » peut avoir du sens ici, surtout si vous publiez régulièrement des prises de position, des analyses ou des rapports. Prévoyez une personne dédiée pour la mise à jour. Association qui gère beaucoup d’événements Votre priorité : faire connaître vos événements et faciliter les inscriptions. Pages essentielles : Accueil (avec mise en avant de l’événement à venir) Nos événements (calendrier ou liste) Qui sommes-nous ? Participer (inscription, billetterie) Conseil : intégrez un système simple de gestion d’événements (module d’agenda, formulaire d’inscription). Si vous organisez plusieurs événements par mois, un site « statique » ne suffira pas : prévoyez des mises à jour régulières ou automatisez via un … Lire la suite

Adopter l’IA en association en 2026 : ma méthode pour ne pas se perdre en route

Un personnage féminin aux cheveux violets bouclés travaille sur un ordinateur portable. Image générée par IA

En janvier 2025, je faisais comme beaucoup. Je testais l’IA par curiosité. Je posais des questions à ChatGPT. J’essayais des prompts vus sur LinkedIn. Je générais des visuels approximatifs, sans vraie méthode, sans cadre clair. En décembre 2025, j’animais des ateliers sur la création de visuels avec Gemini et la conception de présentations avec Gamma. J’accompagnais des équipes associatives dans l’adoption cadrée de l’IA. J’avais une méthode documentée, un cadre explicite, une pratique assumée et transmissible. Ce qui a changé entre janvier et décembre n’a rien à voir avec la découverte d’un eldorado numérique. Ce qui a changé, c’est une méthode. Et surtout, le bon timing. En 2025, les outils ont mûri. Les usages se sont démocratisés. L’IA est sortie du stade de l’outil brillant ou de la solution miracle pour devenir un levier opérationnel concret, à condition de l’utiliser avec discernement. Ce parcours est aussi celui que je propose aujourd’hui aux associations que j’accompagne. Une adoption progressive, cadrée et utile de l’IA, sans jargon ni paillettes. Voici comment je suis passée de la curiosité à la transmission en quelques mois. Et comment une association peut s’engager dans la même démarche en 2026, sans s’épuiser ni se perdre. Sommaire 1. Le point de départ : un besoin douloureux, urgent et reconnu Je n’ai pas commencé par me dire que je devais « me former à l’IA ». Je ne me suis pas réveillée un beau matin avec l’objectif en tête de devenir une crack de l’IA. J’ai commencé par un problème très concret qui me faisait perdre un temps considérable chaque semaine. Et que j’enrageais de ne pas pouvoir résoudre. Le déclic : les notes de réunion Mon problème était simple et récurrent. Prendre des notes pendant les réunions, relire des verbatims incomplets, reformuler pour que ce soit compréhensible, extraire les décisions et les actions. Tout retaper pour que ce soit propre. Des heures de travail à faible valeur ajoutée. À l’été 2025, Notion a lancé une fonctionnalité de notes de réunion automatiques. L’outil enregistre, transcrit et synthétise les échanges. J’ai testé. La qualité était au rendez-vous. Le gain de temps était immédiat. C’est à ce moment-là que j’ai compris que l’IA n’était plus une promesse abstraite. Elle répondait à un besoin opérationnel précis, ici et maintenant. Et que j’étais prête à l’adopter. Le message clé pour les associations Ne vous formez pas à l’IA « parce qu’il faudrait s’y mettre ». Commencez par identifier vos besoins douloureux. Ceux qui épuisent vos équipes, ralentissent vos projets ou mobilisent inutilement de l’énergie bénévole. Ensuite seulement, posez la question : est-ce que l’IA peut y répondre aujourd’hui, de façon fiable et sécurisée ? La formation vient après. Pas avant. 2. Se former pour voir clair, pas pour devenir experte technique Une fois ce premier déclic passé, j’ai compris que je ne pouvais pas avancer à l’aveugle. Il me fallait une base solide pour comprendre ce que je faisais, ses limites et ses risques. Je ne cherchais pas à devenir développeuse ou spécialiste technique. Je voulais comprendre suffisamment pour faire des choix éclairés. Se former aux fondamentaux J’ai commencé par me former aux bases de l’IA : comprendre comment fonctionnent les modèles de langage, identifier leurs biais et leurs limites, poser les questions d’éthique et de confidentialité des données, apprendre à rédiger des prompts efficaces. De nombreuses formations gratuites existent, notamment via des MOOC, des webinaires ou des acteurs du monde associatif. L’essentiel est d’acquérir un regard critique, ni naïf ni fasciné. Ces formations m’ont permis de comprendre plusieurs points essentiels. L’IA peut inventer des sources. Elle reproduit les biais de ses données d’entraînement. Elle ne comprend pas le sens, elle prédit des mots. Et la confidentialité des données n’est jamais garantie par défaut. Temps investi : Entre 1 et 2 heures par semaine pendant quelques semaines (webinaires, vidéos YouTube, modules en ligne à mon rythme). Coût : Des ressources gratuites sont largement disponibles. Ces formations m’ont donné la confiance nécessaire pour expérimenter sans me raconter d’histoires. 3. Expérimenter, se tromper et apprendre à poser un cadre La théorie ne suffit pas. C’est en pratiquant que j’ai réellement appris. Pourquoi j’utilise plusieurs outils Plutôt que de me limiter à un seul modèle, j’ai choisi d’en utiliser plusieurs, chacun pour des usages différents : Gemini pour la création de visuels et l’identité graphique (version gratuite) ChatGPT pour le brainstorming, la structuration d’idées et l’exploration de scénarios (version gratuite) Notion AI pour l’écriture, directement dans mon espace de travail (fonctionnalité payante) Un seul outil, c’est un seul angle de vue. Comparer plusieurs réponses permet de garder du recul. Coût réel : Seul Notion AI est payant dans mon usage quotidien. Les versions gratuites de ChatGPT et Gemini suffisent pour la plupart de mes besoins. Les ratés du début Les premières semaines ont été chaotiques. Des visuels incohérents. Des textes trop génériques, qui « sonnaient IA ». Des sources parfois inventées. Et des essais d’outils peu convaincants. C’est souvent à ce stade que les associations se découragent. Trop d’outils. Trop de discours contradictoires. Pas de cadre clair. La règle qui a tout changé : la mise en concurrence Aujourd’hui, quand j’ai un doute : je pose la même question à plusieurs outils, je compare les réponses, je vérifie systématiquement les sources, et je garde la main sur le fond. L’IA me fait gagner du temps. Elle ne décide jamais à ma place. J’aime bien dire que l’IA est mon stagiaire : un peu fou fou, plein de bonne volonté mais pas toujours opérationnel. Il faut le cadrer, vérifier son travail et ne jamais lui confier le volant seul. 4. Documenter sa méthode pour ne pas se perdre À force d’expérimenter, une évidence s’est imposée. Poser des règles est impératif. Mes règles éditoriales J’ai documenté ma méthode dans mon outil de travail, avec des règles claires : mon ton et mes valeurs, mon style d’écriture, les formulations à éviter, les règles de relecture et de vérification. À chaque utilisation, l’IA travaille dans ce cadre. Résultat : les contenus sont alignés, cohérents et … Lire la suite

2025 en 7 articles

Sur un écran, le top 7 des articles du blog 2025. Image générée par IA

Plutôt qu’un simple “top 5” des articles les plus lus, j’ai eu envie de regarder 2025 sous un autre angle : quelles sont les questions récurrentes que les associations m’ont posées cette année et comment j’y ai répondu à travers mes contenus ? En relisant les articles publiés en 2025, trois grands fils rouges se dessinent : poser un cadre clair pour faire tenir l’association dans la durée, piloter et sécuriser l’avenir sans se perdre dans les chiffres, apprivoiser les outils et supports qui aident vraiment le quotidien. Voici 7 articles qui illustrent ces fils rouges et montrent, chacun à leur manière, comment je peux accompagner votre association. Sommaire 1. Poser le cadre : règles du jeu, valeurs et bénévoles En 2025, beaucoup d’associations m’ont parlé de cadre : statuts, règlement intérieur, chartes… mais aussi qualité de la relation avec les bénévoles. Derrière ces mots, il y a toujours la même préoccupation : Comment rester fidèle à notre projet tout en évitant les tensions qui épuisent tout le monde ? Le règlement intérieur pour les associations : tout ce qu’il faut savoir Cet article part d’une question très fréquente : Est‑ce qu’on a vraiment besoin d’un règlement intérieur ou est‑ce que les statuts suffisent ? Je montre comment le règlement intérieur peut : traduire les grandes lignes des statuts en règles de fonctionnement concrètes, préciser le rôle des instances, des membres, des bénévoles, servir de référence quand une situation se complique. C’est typiquement un chantier sur lequel je peux vous accompagner : relire vos pratiques, voir ce qui manque et vous aider à écrire un règlement utile, pas un texte qui dormira dans un tiroir. La charte éthique : pourquoi et comment en créer une dans votre association La charte éthique sert à : rendre visibles les valeurs qui guident vos décisions, cadrer des sujets sensibles : relations avec les publics, partenariats, communication, protéger l’association en cas de crise ou de tension. Je rappelle aussi qu’une charte copiée‑collée ne fonctionne pas : elle doit être co‑construite, discutée, appropriée. C’est un travail que j’aime particulièrement faire avec les équipes : animer les échanges, clarifier les points de vigilance, aider à trouver les bons mots. Fidéliser vos bénévoles grâce à une meilleure reconnaissance Le bénévolat a été un autre fil rouge de l’année. Beaucoup d’associations m’ont dit : “On a du mal à garder nos bénévoles dans la durée”. Dans cet article, je montre que la fidélisation ne repose pas que sur “trouver plus de monde” mais aussi sur : reconnaître le travail déjà fait, clarifier les attentes, proposer des formes de gratitude adaptées à la réalité de chacun·e. C’est souvent à ce niveau‑là que nous travaillons ensemble : regarder comment vos bénévoles vivent l’association et construire des pratiques de reconnaissance qui leur donnent envie de rester. 2. Piloter et sécuriser : audit, budget et campagnes de dons Autre grande série de questions en 2025 : Comment garder la maîtrise de notre association quand les obligations augmentent et que les financements se tendent ? Entre les inquiétudes budgétaires, la multiplication des projets et la pression des dossiers, beaucoup de structures ont exprimé le besoin de voir clair. Pourquoi faire auditer votre association est une excellente idée Cet article explique en quoi un audit ne se limite pas à “regarder la compta”. Il s’agit d’un regard global sur : votre gouvernance, votre organisation interne, vos outils, vos finances, vos priorités stratégiques. L’objectif n’est pas de donner des bons ou des mauvais points mais de : identifier vos points forts, repérer les fragilités, et prioriser les chantiers. C’est l’un des formats d’accompagnement que je propose : un diagnostic partagé, suivi d’un plan d’action réaliste, adapté à votre taille et à vos ressources. Tableau de bord et financements : comment piloter son budget associatif La question du budget revient chaque année, mais en 2025, elle a souvent été formulée ainsi : On a un budget prévisionnel, mais on n’a pas vraiment d’outil pour suivre et ajuster. Dans cet article, je relie : le tableau de bord, le suivi des financements, et les décisions prises en bureau ou en CA. Il montre comment un outil simple peut aider à : suivre l’état des recettes et des dépenses, vérifier l’évolution des dossiers de subventions, anticiper les tensions de trésorerie. Là aussi, je peux intervenir pour vous aider à définir vos indicateurs, choisir un outil adapté (tableur ou Notion), et l’ancrer dans vos rituels de décision. Structurer une campagne de dons efficace : les 5 chantiers à lancer en octobre La campagne de dons de fin d’année est un moment clé pour beaucoup d’associations. Mais sans préparation, elle peut se transformer en source de stress plus qu’en levier. Dans cet article, je propose 5 chantiers pour : clarifier vos objectifs, travailler votre récit, préparer vos supports, organiser votre diffusion, et penser à l’après‑campagne. C’est un bon exemple de la manière dont j’aborde les sujets “financements” : en mêlant stratégie, communication et organisation, sans usine à gaz. 3. Outils et supports : apprivoiser le numérique sans s’y perdre Enfin, 2025 a confirmé quelque chose que je vois depuis longtemps : on vient souvent me voir “pour un outil” mais la question de fond est presque toujours ailleurs. Derrière “on a besoin d’un tableau de bord” ou “on cherche un nouvel outil”, il y a souvent : un besoin de clarifier ce qu’on veut suivre, de décider qui fait quoi, de mieux partager l’information. Pourquoi et comment mettre en place un tableau de bord / Tableau de bord associatif : éviter les erreurs Ces deux articles se complètent : le premier explique pourquoi un tableau de bord peut changer vos décisions au quotidien, le second pointe les erreurs classiques : trop d’indicateurs, pas assez de mises à jour, outil trop complexe. Ils montrent que l’enjeu n’est pas de trouver “le bon modèle magique” mais de construire : quelques indicateurs utiles pour vous, un format lisible, et surtout un rituel pour le consulter. C’est exactement là que j’interviens souvent : transformer un tableau … Lire la suite

Tester les outils IA avant de les adopter : indispensable ou perte de temps ?

Une consultante anime une réunion sur le cadre d'utilisation des outils IA. Image générée par IA.

“Je crois qu’on aurait mieux fait de le tester avant.” Cette phrase revient souvent une fois l’abonnement payé ou le logiciel installé. Dans beaucoup d’associations, un·e bénévole ou salarié·e découvre un outil, l’essaie sur une version gratuite ou freemium puis l’adopte sans qu’un vrai cadrage collectif n’ait eu lieu. Ce n’est pas une erreur : simplement le signe qu’il n’existe pas encore de référent numérique ni de charte informatique pour guider les choix. Résultat : les outils s’accumulent, parfois pour le même usage, sans vision d’ensemble. On applique le réflexe bien connu : “Un besoin = un outil.” Mais sans stratégie, on se retrouve vite avec quatre logiciels pour la même tâche et des heures perdues à synchroniser des données. Sommaire 1. Avant de tester : savoir ce qu’on teste Sous l’étiquette “IA”, on trouve aujourd’hui un peu de tout. Avant de se lancer, il est utile de savoir à quoi on a affaire : Type d’outil Exemple Finalité principale Outil “boosté à l’IA” Suite bureautique avec assistant intelligent L’IA améliore certaines fonctions mais l’outil reste classique. Outil de génération IA ChatGPT, Gemini, Claude, Mistral… L’IA crée du contenu (texte, image, données). Automation Make, Zapier, n8n Automatise des tâches répétitives, sans “intelligence” propre. 💡 Tout ce qui brille n’est pas de l’IA. Avant d’ajouter un nouvel outil, demandez-vous si une simple automatisation ne suffirait pas. 2. Quand la bonne volonté ne suffit plus Prenons un cas réel : La gestion des adhésions d’une association était répartie entre HelloAsso, un CRM, un fichier Excel (parce que la présidente ne voulait pas toucher au CRM) et le logiciel de comptabilité. Trois personnes différentes géraient ces données. Résultat : des doublons, des oublis et beaucoup de temps perdu à simplement vérifier que tous les outils avaient bien les mêmes données. Parce que les outils avaient été mis en place selon les besoins de ces différentes personnes à des moments différents. Le fichier Excel était l’outil historique auquel était habituée la présidente. HelloAsso avait été installé pour faciliter le règlement par carte des adhésions, le CRM pour fusionner les différents fichiers Excel (adhérents, sympathisants, bénévoles, mécènes) et le logiciel de compta pour digitaliser la trésorerie quand l’association avait commencé à recevoir des subventions. Et à aucun moment ne s’était posée la question du dialogue entre ces outils. Aucune coordination entre les équipes et entre les outils.  Tester avant d’adopter permet justement d’éviter ce genre de dérive. 3. Pourquoi tester : choisir en toute connaissance de cause Le test n’est pas une formalité ou une étape que l’on peut allègrement zapper. C’est un moyen de dépasser l’effet “waouh” d’une vidéo de démonstration.Il permet de voir si l’outil correspond à votre réalité associative : vos usages, vos moyens humains, vos valeurs et vos contraintes. Un test bien mené permet de vérifier : si l’outil répond réellement au besoin identifié ; s’il s’intègre à vos pratiques existantes ; si son coût, ses conditions d’accès et sa gestion des données respectent votre façon de fonctionner. Tester, c’est agir avec méthode plutôt que par réflexe.Et c’est aussi un signe de bonne gouvernance : décider collectivement, plutôt que de se retrouver avec une collection d’outils inutilisés et des dépenses mal maîtrisées. Tester, c’est un peu comme recruter un nouvel outil : on vérifie qu’il s’intégrera bien à l’équipe. 4. La grille de test en cinq volets Avant tout, vérifiez que les outils déjà installés n’offrent pas déjà la fonctionnalité recherchée. Ensuite, évaluez l’outil selon ces cinq critères : Volet Questions à se poser Usage L’outil répond-il clairement au besoin ? Est-il simple à prendre en main ? Faut-il former les utilisateurs et utilisatrices ? Interopérabilité* L’outil peut-il dialoguer avec d’autres logiciels que vous utilisez déjà (par intégration directe, via Zapier ou une clé API) ? Peut-il remplacer ou compléter un outil existant sans créer de doublons ? Données Où vont les informations ? Est-ce conforme au RGPD ? Peut-on récupérer ou supprimer facilement les données ? Accessibilité et inclusion L’outil fonctionne-t-il avec la lecture vocale ? Est-il utilisable sur mobile ? L’interface est-elle claire ? Pérennité Quel est le coût total (abonnement, temps, formation) ? Que se passe-t-il si l’on arrête ? Existe-t-il un support fiable ?   Concrètement, partagez une grille avec ces questions ou d’autres qui seront plus pertinentes pour votre association. Et comparez les retours avec une notation : on évalue sur des faits, pas sur des impressions.  * L’interopérabilité désigne la capacité d’un outil à communiquer ou échanger automatiquement des données avec d’autres logiciels. C’est ce qui évite les copier-coller manuels. 5. Constituer un mini comité de test Tester à plusieurs, c’est tester plus juste et sans avoir un unique son de cloche. Un petit groupe de 4 à 5 personnes suffit : la personne qui propose l’outil, avec un argumentaire clair : ce qui est fait aujourd’hui et ce que l’outil améliorerait ; la personne référente numérique ou IT ; la personne autorisée à engager les dépenses ; et bien sûr, celles et ceux qui utiliseront réellement l’outil. Cette composition garantit un regard équilibré entre vision, usage et faisabilité. 6. Et après le test ? Tester ne sert à rien si les observations ne sont pas partagées. Il faut documenter et débattre : ce qui a bien fonctionné, ce qui a posé problème et les conditions d’un éventuel “feu vert”. Et gardez une trace pour éviter que de nouvelles équipes dans quelques mois se lancent dans le même test ! Un compte-rendu concis et une analyse détaillée des attentes et des fonctionnalités est un plus. Les grilles de test seront à joindre à ce compte-rendu (traçabilité). Souvenez-vous. Les outils boostés à l’IA évoluent vite. Et ce qui n’était pas possible avec la V1 peut l’être devenu avec la V2. Parfois, le meilleur résultat d’un test, c’est de conclure qu’il ne faut pas y aller. Comme un essayage : si on se sent à l’étroit, on n’achète pas. En résumé La digitalisation d’une association doit se penser globalement, pas outil par outil. “Un besoin = un outil” … Lire la suite

Construire une culture numérique partagée : le rôle clé de la charte informatique et IA

Un groupe de 4 personnes se réunit autour d'un écran d'ordinateur pour travailler sur la charte informatique et IA. Image générée par IA

Depuis quelques mois, l’intelligence artificielle et les nouveaux outils numériques se glissent partout dans la vie associative. Un·e bénévole teste un assistant de rédaction, un·e salarié·e ouvre un compte sur une plateforme de gestion, la présidence partage un document sensible via son drive personnel… Ces initiatives partent d’une bonne intention : gagner du temps, améliorer la communication, simplifier le quotidien. Mais à force d’ajouter des outils sans cadre, le numérique devient un maquis : on ne sait plus qui a accès à quoi, ni où sont stockées les données. Et c’est précisément pour éviter cela que la charte informatique et IA devient un document clé. Un véritable outil de pilotage associatif construit sur mesure de façon collaborative. Sommaire 1. Pourquoi une charte, maintenant ? Le risque principal aujourd’hui, ce n’est pas l’intelligence artificielle en elle-même mais son usage anarchique. En l’absence de cadre partagé, chacun choisit “ses” outils – ce qu’on appelle le shadow IT : des logiciels, comptes ou espaces utilisés sans validation, souvent à l’insu des responsables. Les conséquences sont bien réelles : données dispersées sur plusieurs clouds, impossibilité de retrouver un historique fiable, dépendance à une seule personne “qui sait”, failles de sécurité ou non-conformité RGPD. Une charte n’est pas un enième document contraignant sur lequel perdre du temps.  La charte aide à choisir, sécuriser et maintenir les outils au service du projet associatif. Bien rédigée, elle devient même un levier de pilotage : elle aide à planifier les investissements, éviter les doublons et responsabiliser chacun•e dans son usage du numérique. Ce n’est pas la technologie qui désorganise une association, c’est l’absence de cadre pour l’utiliser. 2. Ce que la charte doit couvrir Une charte utile se lit facilement. Elle peut aborder, de manière simple et claire : les outils et les accès : qui crée, qui administre, qui partage ; la protection des données : où elles sont stockées, qui y a accès ; la sécurité et la continuité : comment l’association reste opérationnelle si un PC tombe en panne ou si un•e clé bénévole part ; l’accessibilité et l’inclusion : s’assurer que chacun•e peut utiliser les outils choisis ; les licences et droits d’auteur : l’association doit rester propriétaire de ses contenus ; et les usages de l’IA : ne pas y verser de données confidentielles, clarifier les cas d’usage autorisés. Ces points servent à clarifier les pratiques et à protéger à la fois l’association et les personnes – dirigeant•es, bénévoles, salarié•es – en cas d’incident. En cas de perte de données ou d’usage inapproprié, disposer d’une charte partagée permet de démontrer que des règles étaient en place et connues. Une charte ou deux ? Inutile de multiplier les documents : une seule charte “Informatique & IA” suffit pour la plupart des associations. Les mêmes principes de sécurité, d’éthique et de responsabilité s’appliquent, que l’outil contienne ou non de l’intelligence artificielle. Si l’usage de l’IA se développe, on enrichit la charte plutôt que de créer un nouveau document. Pour des associations intervenant sur des sujets sensibles (vulnérabilités, discriminations, données personnelles), il est préférable d’avoir deux chartes distinctes. Cela permet : de différencier les enjeux techniques (cybersécurité, usages de l’outil informatique), et les enjeux éthiques et stratégiques liés à l’intelligence artificielle. 3. Responsabilités et sécurité : un travail collectif La charte n’est pas un document technique rédigé par “la personne qui s’y connaît”. C’est un texte de gouvernance. Elle doit être co-construite avec les personnes concernées : direction, salarié•es, bénévoles, membres du conseil d’administration. C’est cette élaboration partagée qui en fait un outil vivant. Côté sécurité, tout repose sur l’organisation. Travailler en binôme sur les tâches sensibles (comptabilité, fichiers d’adhérents, gestion des dons) assure la continuité en cas d’absence. Évitez les situations de dépendance, comme un logiciel critique installé sur un ordinateur personnel. Et privilégiez des solutions partagées et sauvegardées avec des accès encadrés. La charte comme garantie de confiance La charte n’a pas vocation à sanctionner mais à responsabiliser. En cas d’incident, elle protège autant l’association que les personnes qui la représentent : chacun•e sait ce qui doit être fait et ce qui doit être évité. Elle devient un véritable outil de bonne gouvernance entre les membres de l’équipe. 4. Comment construire sa charte Mieux vaut une charte courte, comprise et appliquée qu’un texte exhaustif jamais relu. Trois étapes suffisent pour la construire : Faire le point sur les usages : dressez la liste des outils utilisés, officiels ou non, et identifiez les risques. C’est l’occasion de discuter avec les utilisatrices et utilisateurs pour comprendre leurs pratiques et documenter les processus existants. Rédiger ensemble un premier brouillon : appuyez-vous sur vos réalités. Les modèles en ligne sont souvent inadaptés. C’est la réflexion collective qui donne du sens à la charte. Valider, diffuser, faire vivre : présentez-la, intégrez-la à l’accueil des nouveaux membres et relisez-la chaque année. Chaque adoption d’un nouvel outil peut être l’occasion de la mettre à jour. Pensez à y faire référence dans vos autres documents internes – règlement intérieur, charte des bénévoles, livret d’accueil – pour éviter la dispersion des règles. Et la documentation, dans tout ça ? La charte peut renvoyer à une fiche de documentation technique : outils utilisés, personnes référentes, accès critiques. Pas besoin d’un système complexe : une page partagée suffit. L’essentiel est de savoir où sont vos données et qui peut y accéder. C’est la base d’une gestion numérique sereine et conforme. 5. Ne pas oublier la RGPD La charte peut rappeler les obligations de protection des données sans les répéter. Prévoyez, par exemple, une révision annuelle du registre des traitements (qui collecte quoi, pourquoi, combien de temps). C’est aussi un bon moment pour vérifier que les outils choisis respectent la RGPD et que vos procédures de suppression des données fonctionnent. Ces vérifications participent de la même logique : une gouvernance claire, documentée et adaptée à la taille de l’association. 6. Une culture numérique partagée La transformation numérique des associations ne passe pas par le choix d’un outil, mais par la construction d’un cadre partagé. La … Lire la suite

Créer des supports pédagogiques pour sensibiliser aux causes associatives

Une femme anime une conférence sur l'impact positif devant une assemblée nombreuse. Derrière elle, une présentation visuelle et deux kakemonos. Image générée par IA

Lorsque son association porte un message fort, il est courant qu’on lui demande d’intervenir pour des actions de sensibilisation auprès de publics très variés : salarié·es en entreprise, élèves de tous niveaux, autres associations, élu·es… Et pour que le message passe, mieux vaut avoir un catalogue de formats d’intervention pour pouvoir répondre à ces besoins et attentes. Alors, comment s’y prendre quand on n’est pas formateur ou formatrice ? Cet article vous donnera quelques pistes pour penser et construire des interventions pédagogiques claires, engageantes et accessibles, sans perdre de vue votre mission associative. Sommaire 1. Cadrer avant d’accepter une intervention Avant de foncer tête baissée, il est essentiel de poser un cadre. Quand on sollicite votre expertise, on attend plus qu’un témoignage – vous avez le droit de poser vos conditions et protéger votre temps. Les temps “invisibles” (préparation, échanges préalables, déplacements, suivi) font partie intégrante du travail. Les valoriser, c’est aussi reconnaître la valeur de votre action. Quelques repères utiles  Intervention gratuite → format court (1h maximum), sans personnalisation, basée sur une présentation existante. Adaptation ou co-conception → facturation et devis, comme pour toute prestation professionnelle. Avant de dire oui, demandez : Quel est l’objectif pédagogique, formulé en une phrase ? Qui sera présent : public, taille du groupe, matériel disponible, accessibilité ? Quel “prochain pas” l’organisateur souhaite pour le public après l’intervention ? Poser le cadre en amont évite les malentendus et fait gagner du temps à tout le monde. Bon à savoir : activités lucratives en association, en bref Une association peut tout à fait mener des activités économiques, à condition de respecter quelques règles simples : Elle reste non lucrative si : sa gestion est désintéressée (pas de rémunération excessive des dirigeant·es), elle ne profite pas à un cercle restreint, et ses activités lucratives ne sont pas prépondérantes. 👉 En savoir plus sur le “cercle restreint” – Associathèque Les activités lucratives accessoires peuvent être exonérées d’impôts si elles respectent certaines conditions et restent sous un seuil de recettes actualisé chaque année. 👉 Détail sur le seuil d’exonération – associations.gouv.fr Pour évaluer si une activité concurrence le secteur marchand, on applique la règle des “4 P” : Produit, Public, Prix, Publicité. 👉 Repères sur la règle des 4P – Ministère de l’Intérieur Si l’activité devient prépondérante ou exercée comme une entreprise, l’association peut être soumise à l’IS, TVA ou CET. La sectorisation comptable permet parfois de limiter l’imposition au seul secteur lucratif. Bon réflexe : prévoir ces activités dans les statuts, tracer les recettes accessoires, et formaliser devis et factures lorsqu’il y a personnalisation. 👉 Guide Service-Public.fr ⚖️ À noter : je ne suis pas avocate fiscaliste – les informations ci-dessus sont des repères généraux pour mieux comprendre le cadre associatif. En cas de doute sur la fiscalisation ou la sectorisation, rapprochez-vous d’un·e expert·e-comptable ou juriste spécialisé·e en droit associatif. 2. Adapter le format et le contenu au contexte Chaque demande est différente : certaines visent à éveiller, d’autres à transformer. Plutôt que de vouloir tout faire, choisissez le format qui correspond à vos objectifs et à vos moyens. Type d’intervention Durée Objectif principal Sensibilisation courte 1h Semer une idée, éveiller la curiosité Atelier participatif 60–90 min Faire réfléchir, débattre, expérimenter Parcours en 2–3 séances Étalé dans le temps Accompagner un changement de pratiques Le bon format est celui qui respecte à la fois le message, le public et vos capacités de préparation. 3. Construire un fil conducteur clair et vivant Même la meilleure cause perd de sa force si le message se disperse. Pour capter l’attention, structurez vos interventions autour de trois piliers simples : Une accroche ancrée dans le terrain : une anecdote, une situation vécue, une statistique parlante. Trois messages clés reliés à votre objectif de sensibilisation. Une action concrète en fin d’intervention (geste symbolique, lien, ressource, engagement). Ce que les participant·es font, ils et elles s’en souviennent. Ce qu’ils et elles entendent, ils et elles l’oublient. 4. Dynamiser sans surcharger Les publics apprennent mieux quand ils participent. Pas besoin d’activités spectaculaires : quelques minutes d’interaction suffisent à ancrer le message. Idées simples à tester  Quiz express : avec des outils numériques comme Mentimeter ou Kahoot pour jouer sur le téléphone ou même à main levée Jeu ou tour de table dynamique pour casser la glace Carte mentale collective ou nuage de mots en conclusion Durée idéale : 5 à 10 minutes, avec des consignes claires et un lien explicite avec le contenu. L’interactivité sert autant à embarquer l’assistance qu’elle aide à faire comprendre votre message. 5. Concevoir des supports inclusifs et accessibles Un bon support, c’est celui qui permet à toutes et tous de suivre et de comprendre. Utilisez un langage clair, sans jargon Décrivez à l’oral les visuels essentiels Choisissez des contrastes lisibles et une police d’au moins 16 pt Prévoyez des versions imprimées, audio ou simplifiées si besoin Vérifiez en amont avec l’organisateur la présence de matériel adapté (micro, écran, siège, etc.). La participation de toutes et tous n’est pas une option. Pensez l’accessibilité dès le départ pour ne pas laisser des personnes sur le bord de la route. 6. Évaluer sans alourdir L’évaluation ne doit pas être perçue comme un contrôle mais comme une façon d’ancrer l’expérience. Pendant la séance Quiz rapide ou vrai/faux collectif Question ouverte : « Qu’est-ce qui vous a le plus surpris ? » Après la séance  Mini-quiz en ligne ou message de suivi avec une ressource complémentaire Question-clé : “Qu’est-ce que cette intervention vous a donné envie de faire différemment ?” insérée dans votre questionnaire de satisfaction Sensibiliser, c’est aussi donner envie de passer à l’action après votre départ. Pour résumer Créer un support pédagogique, ce n’est pas seulement préparer un diaporama avec des slides. C’est partager votre cause et transmettre votre engagement. Avec des exercices, des jeux, des interactions. En cadrant vos interventions, en adaptant vos formats et en construisant des supports sobres mais vivants, vous gagnez à la fois en impact et en légitimité. En sensibilisant, vous faites progresser la cause que défend votre association en … Lire la suite

Charte du bénévolat : un cadre simple pour accueillir, former et reconnaître vos bénévoles

Une bénévole expérimentée forme une nouvelle bénévole. Image générée par IA

Dans un précédent article, j’avais présenté les quatre chartes utiles dans la vie associative puis avais proposé un focus sur la charte éthique. Poursuivons cette série avec la charte du bénévolat. Cette charte ne se réduit pas à un document administratif : c’est un repère qui aide l’association à accueillir ses bénévoles, à les former pour réussir leurs missions et à reconnaître leur engagement. Bref, un cadre simple qui montre à chaque nouvelle personne qu’elle est attendue, considérée et soutenue. Le bénévolat se distingue du salariat : il repose sur la libre volonté d’agir, sans rémunération ni lien de subordination. C’est précisément parce qu’il échappe au contrat de travail qu’une charte devient utile. Elle permet de donner un cadre clair, d’exprimer des droits et des devoirs réciproques et de reconnaître la valeur de l’engagement. J’en ai fait l’expérience dans l’association où j’étais salariée : lorsque j’ai proposé d’en mettre une en place, l’utilité n’a pas été contestée… mais le format a posé problème. Beaucoup l’ont perçue comme un document de plus, lourd et contraignant. Ce retour m’a appris une chose essentielle : pour qu’une charte soit acceptée et utilisée, elle doit être concise et extrêmement claire. Sommaire Ce que doit contenir une charte efficace En une page, on peut déjà poser des bases solides : rappeler les valeurs de l’association, préciser ce que l’association garantit à ses bénévoles : accueil, clarté des missions, assurance, reconnaissance, ce que les bénévoles apportent en retour : assiduité, respect du projet, esprit d’équipe et définir quelques repères pratiques : lieux, horaires, outils de communication, remboursement de frais éventuel, conditions de début et de fin d’engagement… Ce n’est pas la longueur qui fait la force de la charte mais sa lisibilité et son réalisme. Une charte intégrée au parcours bénévole La charte n’est pas isolée : elle gagne en force quand elle complète d’autres documents simples et utiles : La fiche de mission a pour but de déterminer le rôle, les tâches à accomplir, le temps d’engagement attendu, l’encadrement proposé… C’est le document le plus personnalisé côté association. La convention d’engagement réciproque complètera la charte en définissant le cadre précis de la mission avec le titre de la mission, le cadre de son déroulé (horaires, personne référente). Elle précisera par exemple les règles en matière de confidentialité. La fiche de candidature s’apparente à un CV bénévole, présentant les expertises, les compétences et savoir-faire. Elle peut aussi contenir des questions sur ce qu’attend la personne bénévole de cet engagement et pourquoi elle souhaite s’engager. Plus concrètement, il est important de penser à y demander les disponibilités, les préférences et les éventuels besoins spécifiques de la personne. Le livret d’accueil est le document de référence avec les infos pratiques, les contacts, les outils mis à disposition… Selon la taille et l’organisation de l’association, il pourra comprendre un historique, l’organigramme, les noms des différentes personnes responsables selon les missions, un répertoire de contacts utiles, les règles d’accès au local, les bonnes pratiques en matière de sécurité… Aussi, il précisera les modalités de la formation initiale des bénévoles et les possibilités de formations proposées pour monter en compétences. Ainsi, la charte devient le fil rouge qui relie tous les moments du parcours bénévole. Elle participe du processus d’engagement et en est le socle. Comment la mettre en place concrètement Avant de se lancer dans la rédaction, il est essentiel de clarifier l’intention. Pourquoi veut-on une charte ? Pour apaiser des tensions ? Pour mieux accueillir les nouvelles personnes ? Pour fidéliser les bénévoles déjà en place ? Cette réflexion préalable oriente le contenu et évite de produire un document hors sol qui ne correspond pas aux besoins réels. Ensuite, la co-construction reste la clé. En pratique, un mois suffit : une réunion courte avec bénévoles, salarié·es et membres du Conseil d’administration pour lister les valeurs et engagements, une première version testée puis une validation et une diffusion simple à l’accueil. Ce processus est aussi important que le document final : il crée du dialogue et aligne toutes les parties prenantes. Penser accessibilité et inclusion Élaborer une charte peut aussi être l’occasion de réfléchir à l’accueil des bénévoles ayant des besoins spécifiques. 80 % des handicaps étant invisibles, il est certain que vous accueillez des personnes handicapées parmi vos bénévoles. Prévoir une version en langage clair, vérifier l’accessibilité des supports numériques, proposer un binôme ou ajuster le rythme des missions sont des gestes simples qui ouvrent la porte à davantage de diversité et d’inclusion. Mon conseil : D’entrée de jeu, posez l’accessibilité comme une des valeurs phare que vous défendez. Prenez l’habitude d’indiquer dans la fiche de mission que celle-ci est ouverte à des personnes en situation de handicap ou que des aménagements sont possibles (travail à distance, par exemple). Prévoyez une question dans la fiche de candidature pour demander si la personne a des besoins spécifiques. Même si l’objet de votre association n’est pas dans le champ du handicap… En résumé : un gage de considération pour les bénévoles La charte du bénévolat n’est pas un contrat mais un engagement moral partagé. Pour une nouvelle personne bénévole, recevoir une charte claire et bienveillante, c’est un signe de considération. C’est la preuve que son engagement compte et qu’elle rejoint une organisation structurée. Ce simple geste favorise l’implication durable et limite le turn-over. Pour qu’elle soit utile, trois principes simples sont à retenir : Courte et claire : une page suffit. Co-construite : pour que chacun·e s’y retrouve. Intégrée au parcours : reliée à la fiche de mission, au livret et à l’accueil des bénévoles. Mieux vaut une charte simple et adaptée qu’un long document inutilisable et inutilisé. Si vous avez besoin d’aide pour penser votre structuration, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre une heure d’échanges pour parler de vos attentes. Je réserve mon rendez-vous découverte

Anticiper la rentrée : la checklist essentielle pour une reprise associative réussie

Un groupe de bénévoles se réunit pour préparer la rentrée associative

La rentrée associative n’est pas un nouveau départ à zéro mais la suite directe de ce qui a été amorcé avant l’été. En anticipant durant les mois de juillet et août, vous pouvez transformer septembre en tremplin plutôt qu’en sprint épuisant. Voici une checklist à adapter selon les spécificités de votre association, structurée autour des 5 piliers fondamentaux d’une organisation associative solide : les ressources humaines, les financements, la communication, la gouvernance et les outils. NB : ces conseils sont aussi valables pour la période de fin d’année (trêve des confiseurs) afin de préparer janvier… Sommaire Faire le point avant de repartir Engagement : remettre l’équipe en mouvement Financements : consolider votre base Communication : préparer le retour en douceur 1. Faire le point avant de repartir Recenser les actions non finalisées en juin : subventions en attente, projets suspendus, partenariats à relancer, réponses non envoyées. Prioriser les actions de la rentrée selon : leur impact, leur urgence et les énergies disponibles. Identifier ce qui peut être automatisé ou confié en interne pour gagner du temps. 2. Engagement : remettre l’équipe en mouvement Faire un point clair sur les personnes engagées : qui reste, qui part, qui arrive (ou devrait arriver…) Réactiver les ancien•nes bénévoles en les recontactant avec un message personnalisé et engageant. Prévoir un temps collectif en septembre pour relancer la dynamique et redonner du sens. Répartir les missions et les responsabilités en valorisant les compétences de chacun·e. Clarifier les besoins en recrutement bénévole : rôles, durée de l’engagement, niveau d’engagement attendu. 3. Financements : consolider votre base Vérifier les appels à projets à venir et anticiper les candidatures. Relancer les adhésions ou les dons avec une campagne claire, simple et datée. Dresser un état des lieux financier : budget réel vs prévisionnel, marges de manœuvre. Identifier les actions à cofinancer en lien avec des partenaires associatifs ou institutionnels. 4. Communication : préparer le retour en douceur Programmer les newsletters de l’été (si ce n’est pas encore fait) pour maintenir le lien avec vos publics sans les surcharger. Planifier les publications sur les réseaux sociaux notamment autour des rendez-vous de rentrée comme les forums associatifs ou la journée portes ouvertes. Mettre à jour les informations clés sur votre site et vos pages des réseaux sociaux : nouveaux horaires, membres de l’équipe, formulaire de contact… Créer un événement de rentrée en ligne ou en présentiel, pour relancer l’engagement. La journée portes ouvertes ou le pot de rentrée des bénévoles sont de bonnes idées pour redonner du dynamisme à la vie associative. 5. Gouvernance : vérifier votre structure Questionner les responsabilités au sein du CA : rôles effectifs disponibilités envies d’évolution Mettre à jour les documents de fonctionnement : règlement intérieur charte bénévole fiches de poste… Tester votre gouvernance via un quiz, un outil d’évaluation ou une discussion ouverte Planifier un temps de réflexion stratégique à l’aide d’outils ludiques et collaboratifs 6. Outils et process : renforcer les bases Nettoyer vos bases de données : contacts obsolètes, doublons, contacts en erreur listes inactives Passer en revue vos outils internes pour voir ce qui fonctionne et ce qui doit être amélioré ou remplacé. Réfléchir aux automatisations à mettre en place : inscriptions, relances, newsletter. Organiser un audit interne sur les pratiques, les points de friction, les gains potentiels. GUIDE Nouveau ! Téléchargez le guide Préparez la rentrée associative sans tout recommencer de zéro Je télécharge le guide