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Valider les compétences de vos bénévoles : à quoi ça sert et est-ce pour vous ?

Une présidente d’association m’a posé récemment une question, comme ça, lors d’une discussion informelle : « Quel serait le truc en plus qui m’aiderait à garder mes bénévoles plus longtemps ? »

Son association avait déjà bien travaillé l’accueil. L’intégration. Les fiches de mission. Elle cherchait comment enrichir le parcours.

Ma réponse l’a surprise : « Oublie les outils. Pense à la relation gagnant-gagnant. »

Car en plus des conseils habituels sur la reconnaissance, il existe un levier moins exploré : valider les compétences de vos bénévoles, c’est-à-dire la validation officielle de ce qu’ils et elles ont acquis ou amélioré pendant leurs missions. Et dans la plupart des cas, l’outil n’est pas le bon point de départ.

Sommaire

    Précision avant de commencer

    Le mot « valorisation » recouvre deux réalités bien distinctes dans l’écosystème associatif. D’un côté, la valorisation comptable : estimer en heures ou en équivalent temps plein le temps donné par les bénévoles, pour l’inscrire au pied du compte de résultat comme contribution volontaire en nature (règlement ANC 2018-06). De l’autre, la validation des compétences individuelles : ce que le ou la bénévole a acquis et peut faire valoir dans son parcours.

    Cet article parle du second sujet. Si vous cherchiez à chiffrer l’apport bénévole pour vos comptes annuels ou un dossier de subvention, c’est un autre sujet, traité dans l’article Valoriser comptablement le bénévolat : comment chiffrer l’apport en nature dans vos comptes annuels.

    Valider les compétences de vos bénévoles : la vraie question avant de choisir un outil

    Valider les compétences de vos bénévoles est un beau sujet. Mais avant de se lancer dans un dispositif, il vaut mieux regarder à qui cela s’adresse et à quoi cela va servir. Tous les outils disponibles aujourd’hui (portefeuille de compétences, Passeport Bénévole, VAE, Compte d’Engagement Citoyen, Certif’Asso) ne répondent pas aux mêmes besoins.

    La bonne question n’est donc pas « quel outil mettre en place ? », mais « à qui est-ce utile, et à quel moment de leur parcours ? ». C’est la même logique que pour construire un plan de formation bénévole : on part du besoin réel, pas de l’outil.

    Le reste découle de cette réponse.

    Commencer par regarder qui sont vos bénévoles

    Prenez cinq minutes pour dresser la pyramide des âges de votre équipe bénévole. Ce simple exercice change tout.

    Une équipe majoritairement retraitée

    La question de la valorisation professionnelle n’est plus celle qui se pose. Personne, ici, ne construit un dossier de VAE pour relancer une carrière.

    Ce qui compte vraiment, c’est la reconnaissance (dire merci, citer les personnes, nommer ce qu’elles apportent) et la transmission (accueillir la relève, documenter les savoir-faire). C’est moins spectaculaire qu’un portefeuille de compétences certifié, mais c’est ce qui fait rester les gens.

    Une équipe mixte

    Quand jeunes, personnes en activité et retraité·es se côtoient, la validation formelle devient pertinente pour une partie seulement de l’équipe : les bénévoles actifs et actives. Celles et ceux pour qui une trace de l’engagement peut avoir un sens dans leur parcours professionnel.

    C’est sur ce sous-groupe qu’il faut concentrer vos efforts. Pas sur tout le monde en même temps.

    Pour les actifs et actives : trois options suffisent

    Pas besoin d’un dispositif complet. Trois options couvrent l’essentiel des besoins.

    1. La recommandation LinkedIn

    C’est sans doute la piste la plus efficace et la moins mentionnée. Cinq minutes de rédaction, zéro process, aucun outil à déployer.

    Le ou la responsable associative ouvre le profil LinkedIn du ou de la bénévole, et écrit une recommandation concrète : qui elle est, ce qu’elle a apporté, ce qu’elle sait faire. La recommandation est visible immédiatement sur son profil, et utile dès le prochain entretien.

    Cette option suppose que la personne soit sur LinkedIn et que la ou le responsable accepte d’y associer son nom. Cela reste l’engagement le plus léger pour la plus grande valeur immédiate.

    2. Le Passeport Bénévole

    Outil historique proposé par France Bénévolat. C’est un livret dans lequel on consigne les missions effectuées, la durée, les compétences mobilisées. L’association peut certifier le contenu.

    Il est utile pour les bénévoles qui veulent une trace structurée à glisser dans un dossier de candidature, un CV ou, plus tard, un dossier de VAE.

    Contrepartie : il demande un suivi dans le temps, donc un minimum d’organisation côté association. Si personne ne l’alimente, il reste au fond d’un tiroir.

    3. Ne rien formaliser

    Cette troisième option est souvent oubliée. Et pourtant.

    Certains bénévoles n’ont pas besoin de validation formelle. Ils et elles veulent simplement que leur engagement soit reconnu dans l’instant, nommé en équipe, remercié. Leur imposer un outil parce qu’il est disponible revient à les infantiliser.

    Si la personne ne demande rien, la bonne réponse peut être de ne pas produire de document. Ce n’est pas une fin de non-recevoir, c’est donner suite à ses attentes.

    Définir les attentes avec les bénévoles, pas pour eux et elles

    Aucun dispositif ne tient si on le déploie sans demander aux premières et premiers concernés ce qu’ils et elles en attendent.

    Une question simple, posée à l’accueil ou en milieu de mission, suffit la plupart du temps :

    Qu’est-ce qui vous ferait plaisir au terme de votre engagement ici ?

    Les réponses sont parfois déroutantes. Certaines personnes veulent une ligne sur leur CV. D’autres veulent qu’on cite leur prénom dans le rapport annuel. D’autres encore, rien de visible, juste la certitude d’avoir été utiles.

    Les trois réponses sont légitimes. Elles n’appellent pas toutes les mêmes outils.

    Astuce

    Intégrez cette question à votre accueil bénévole, au même titre que la fiche de mission. Elle prend une minute, elle évite des mois de dispositif mal calibré.

    Aller plus loin si le besoin est là

    Pour celles et ceux qui veulent approfondir, voici les principaux dispositifs existants et le public auquel ils s’adressent.

    Bon à savoir

    • Portefeuille de compétences : PDF d’auto-bilan, ancien mais national, utile pour structurer une première réflexion.
    • VAE Bénévole : validation des acquis de l’expérience à partir d’un an d’engagement, pour obtenir un diplôme officiel.
    • Compte d’Engagement Citoyen (CEC) : à partir de 200 heures de bénévolat annuel dans une association éligible, ouvre des droits à la formation sur le CPF.
    • Certif’Asso : certificat de formation à la gestion associative, créé par la loi du 15 avril 2024.
    • CPF abondé par l’association : nouvelle possibilité offerte par la même loi, pour que l’association complète le Compte Personnel de Formation de ses bénévoles.

    Ces dispositifs existent, mais ne s’adressent pas à toutes les associations, ni à tou·tes les bénévoles. Avant de mobiliser l’un d’entre eux, vérifiez qu’il correspond à un besoin réel, pas à une case à cocher.

    Mise en garde

    Les dispositifs mentionnés ici évoluent régulièrement (décrets d’application, conditions d’éligibilité, plafonds). Pour une démarche formelle (VAE, CEC, abondement CPF), rapprochez-vous d’un organisme habilité ou d’un·e expert·e du secteur. Cet article donne des repères, pas un conseil juridique.

    À retenir

    • La validation la plus efficace est rarement la plus formelle.
    • Commencez par regarder qui sont vos bénévoles, pas par choisir un outil.
    • Pour les actifs et actives : trois options suffisent (recommandation LinkedIn, Passeport Bénévole, rien).
    • Une question posée vaut mieux qu’un dispositif imposé.
    • Les outils formels existent, ils rendent service quand le besoin est là. Pas avant.

    Avant de vous lancer

    La validation la plus efficace commence par une attention portée à chaque bénévole, par une écoute de ce qu’il ou elle attend de son engagement. Tout le reste – outil, dispositif, plateforme – n’est qu’une manière de traduire cette attention.

    Avant de choisir un outil, posez-vous la question simple : qu’est-ce que mes bénévoles attendent vraiment de leur engagement ici ?

    Si la réponse n’est pas claire, c’est peut-être que la structuration de votre équipe bénévole mérite d’être regardée avant celle de la valorisation. Pour y voir plus clair en deux minutes, le quiz Par où commencer pour structurer votre association ? peut vous donner un point de départ.

    Si vous avez besoin d’aide pour penser la vie bénévole dans votre association, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre une heure d’échanges pour parler de vos attentes.

    Transparence

    Cet article a été rédigé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle et relu, corrigé et validé par mes soins. L’illustration a été générée par IA. L’expertise est la mienne.