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Et si on arrêtait de nouer des partenariats pour construire de vrais écosystèmes ?

Depuis longtemps, les associations fonctionnent avec un réflexe simple : identifier un besoin, chercher un partenaire, déposer un dossier, puis recommencer l’année suivante.

Ce modèle a été efficace mais il atteint aujourd’hui ses limites. Les coûts augmentent, les financements se tendent, les équipes n’ont plus le temps de gérer tout l’administratif.

Et beaucoup d’associations repartent de zéro chaque année sans vraiment comprendre pourquoi.

Ce n’est pas un manque d’organisation. Ce n’est pas un défaut de compétences. C’est une conséquence directe d’un système centré sur le court terme.

Et si la question n’était pas « quel nouveau partenaire ajouter” mais plutôt “comment stabiliser nos relations pour construire un écosystème vivant” ?

Sommaire

    Clarifier ce qu’on appelle vraiment un partenaire

    Le mot “partenaire” est utilisé partout mais il recouvre des réalités très différentes. Pour avancer, on peut distinguer trois grandes catégories.

    1. Les partenaires financiers

    Collectivités, services de l’État, fondations, entreprises via le mécénat. Ce sont des soutiens essentiels mais souvent dépendants d’appels à projets ou d’orientations politiques changeantes.

    2. Les partenaires opérationnels

    Les acteurs terrain qui permettent la mise en œuvre : un collège qui ouvre ses portes, un centre social qui met une salle à disposition, une association pair qui co-organise une action, une bibliothèque qui accueille une permanence. Ces relations sont très précieuses quoique rarement documentées.

    3. Les partenaires de visibilité ou d’influence

    Médias locaux, newsletters associatives, réseaux professionnels, institutions relais, élu·es référent·es… Ils contribuent à la crédibilité et à la présence de l’association sur son territoire.

    Bon à savoir : partenariat vs sponsoring

    Un partenariat associatif repose sur une collaboration non marchande.
    Le sponsoring, lui, est une opération commerciale : l’entreprise achète de la visibilité en échange de son soutien. Il ne s’agit donc pas d’un partenariat au sens utilisé dans cet article.

    Et si on élargissait un peu le cadre ?

    Beaucoup d’associations limitent la notion de “partenaire” aux financeurs ou aux institutions. Mais si l’on se demande “de qui dépend réellement notre fonctionnement quotidien ?”, les contours s’élargissent.

    L’entreprise qui fournit le matériel n’est pas un partenaire au sens juridique. Mais si elle propose des tarifs préférentiels, livre rapidement ou conseille l’association depuis des années, elle fait déjà partie de l’écosystème réel.

    Ces acteurs influent directement sur la qualité, la fluidité et la continuité de l’action.

    Pourquoi le modèle “partenariat = projet + subvention” atteint ses limites

    Ce modèle a longtemps permis de développer des actions mais il repose sur une logique fragile.

    • les relations dépendent souvent d’une seule personne en interne ;
    • les engagements se renégocient chaque année ;
    • la coordination pèse sur des équipes déjà surchargées ;
    • l’historique est perdu si rien n’est documenté ;
    • les actions se multiplient sans renforcer les capacités durables.

    Résultat : l’association subit au lieu d’anticiper.

    Ce qu’est un écosystème (et ce que ce n’est pas)

    Un écosystème n’est pas un réseau parfait ni un montage rigide. C’est un ensemble vivant d’acteurs reliés par des besoins, des pratiques ou des ressources partagées, dans la durée.

    C’est en perpétuelle construction, évoluant avec la mission de l’association, son territoire et les personnes qui l’animent et en sont les bénéficiaires.

    Quelques repères simples :

    • des liens entretenus volontairement, même brièvement ;
    • une vision d’ensemble : qui fait quoi, où et quand ;
    • une documentation légère pour ne pas perdre la mémoire ;
    • des relations équilibrées : chacun apporte quelque chose ;
    • des rôles simples à expliciter

    Ce n’est pas une usine à gaz. C’est une façon de ne pas se laisser balloter par les flots !

    Ne pas confondre écosystème et mutualisation

    La mutualisation consiste à mettre en commun des moyens : locaux, logiciels, achats groupés, postes partagés. C’est utile, parfois économique mais cela peut exister sans véritable coopération.

    L’écosystème va plus loin.
    Il regroupe l’ensemble des relations qui soutiennent la mission, qu’il y ait ou non des ressources mutualisées. On peut avoir un écosystème riche sans rien mutualiser et mutualiser sans créer un écosystème.

    Une image simple :

    • la mutualisation, c’est partager une voiture ;
    • l’écosystème, c’est comprendre pourquoi on se déplace, avec qui, vers où, et comment on coordonne les trajets dans le temps.

    Une question clé

    On me demande souvent : “faut-il décider de construire un écosystème ?”.

    La réponse est non. On ne met pas en place un écosystème, on en dessine les contours.

    Il existe déjà, même de manière informelle. La démarche consiste à documenter l’existant.

    Tu ne crées pas un écosystème, tu le rends visible et tu le rends lisible.

    Ce que change un écosystème pour une association

    Passer d’une logique de partenariats ponctuels à une dynamique d’écosystème modifie des aspects essentiels.

    Plus de continuité dans les relations

    On sait qui solliciter, pour quoi et à quel moment, même si les personnes changent.

    Moins de pertes d’informations

    Les relations ne disparaissent plus lorsque les équipes tournent.

    Plus d’opportunités naturelles

    Les acteurs se renvoient la balle : relais, invitations, idées, mutualisations.

    Plus de crédibilité

    Une association intégrée dans son environnement inspire confiance.

    Des économies invisibles mais réelles

    Moins de sollicitations “à froid”, moins de doublons, moins d’énergie perdue en coordination.

    Par où commencer sans alourdir la charge ?

    Trois actions simples suffisent.

    1. Identifier les dix acteurs les plus récurrents de l’année : fournisseurs, financeurs, relais, lieux ressources, personnes indispensables sur le terrain.

    2. Prévoir un point annuel court avec chacun pour ajuster la relation.

    3. Centraliser les contacts et les échanges dans un outil simple, même un tableur partagé.

    L’objectif n’est pas d’ajouter du travail mais d’éviter de perdre son temps.

    Questions fréquentes

    Comment cartographier un écosystème informel ?
    On ne cherche pas un schéma parfait. Une simple liste, un tableau partagé ou trois cercles concentriques suffisent. L’enjeu est de voir ce qui existe déjà.

    Les partenaires doivent-ils se connaître entre eux ?
    Non. Un écosystème n’est pas un club. L’important est la contribution à la mission, pas la connaissance mutuelle.

    Quel schéma utiliser pour représenter un écosystème ?
    Les cercles concentriques, la toile d’araignée et les schémas par rôles sont les formats les plus accessibles. L’objectif est la compréhension collective.

    Pour résumer

    Chercher des partenaires est une réponse ponctuelle.

    Construire un écosystème est une stratégie de long terme.

    C’est une manière de sécuriser les actions, d’éviter les recommencements incessants et de renforcer la mission sans alourdir les équipes.

    Un écosystème est un ensemble vivant, utile et intentionnel, qui soutient l’association dans la durée.

    Si vous avez besoin d’aide pour penser votre organisation, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre une heure d’échanges pour parler de vos attentes.