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Construire une culture numérique partagée : le rôle clé de la charte informatique et IA

Un groupe de 4 personnes se réunit autour d'un écran d'ordinateur pour travailler sur la charte informatique et IA. Image générée par IA

Depuis quelques mois, l’intelligence artificielle et les nouveaux outils numériques se glissent partout dans la vie associative. Un·e bénévole teste un assistant de rédaction, un·e salarié·e ouvre un compte sur une plateforme de gestion, la présidence partage un document sensible via son drive personnel… Ces initiatives partent d’une bonne intention : gagner du temps, améliorer la communication, simplifier le quotidien. Mais à force d’ajouter des outils sans cadre, le numérique devient un maquis : on ne sait plus qui a accès à quoi, ni où sont stockées les données. Et c’est précisément pour éviter cela que la charte informatique et IA devient un document clé. Un véritable outil de pilotage associatif construit sur mesure de façon collaborative. Sommaire 1. Pourquoi une charte, maintenant ? Le risque principal aujourd’hui, ce n’est pas l’intelligence artificielle en elle-même mais son usage anarchique. En l’absence de cadre partagé, chacun choisit “ses” outils – ce qu’on appelle le shadow IT : des logiciels, comptes ou espaces utilisés sans validation, souvent à l’insu des responsables. Les conséquences sont bien réelles : données dispersées sur plusieurs clouds, impossibilité de retrouver un historique fiable, dépendance à une seule personne “qui sait”, failles de sécurité ou non-conformité RGPD. Une charte n’est pas un enième document contraignant sur lequel perdre du temps.  La charte aide à choisir, sécuriser et maintenir les outils au service du projet associatif. Bien rédigée, elle devient même un levier de pilotage : elle aide à planifier les investissements, éviter les doublons et responsabiliser chacun•e dans son usage du numérique. Ce n’est pas la technologie qui désorganise une association, c’est l’absence de cadre pour l’utiliser. 2. Ce que la charte doit couvrir Une charte utile se lit facilement. Elle peut aborder, de manière simple et claire : les outils et les accès : qui crée, qui administre, qui partage ; la protection des données : où elles sont stockées, qui y a accès ; la sécurité et la continuité : comment l’association reste opérationnelle si un PC tombe en panne ou si un•e clé bénévole part ; l’accessibilité et l’inclusion : s’assurer que chacun•e peut utiliser les outils choisis ; les licences et droits d’auteur : l’association doit rester propriétaire de ses contenus ; et les usages de l’IA : ne pas y verser de données confidentielles, clarifier les cas d’usage autorisés. Ces points servent à clarifier les pratiques et à protéger à la fois l’association et les personnes – dirigeant•es, bénévoles, salarié•es – en cas d’incident. En cas de perte de données ou d’usage inapproprié, disposer d’une charte partagée permet de démontrer que des règles étaient en place et connues. Une charte ou deux ? Inutile de multiplier les documents : une seule charte “Informatique & IA” suffit pour la plupart des associations. Les mêmes principes de sécurité, d’éthique et de responsabilité s’appliquent, que l’outil contienne ou non de l’intelligence artificielle. Si l’usage de l’IA se développe, on enrichit la charte plutôt que de créer un nouveau document. Pour des associations intervenant sur des sujets sensibles (vulnérabilités, discriminations, données personnelles), il est préférable d’avoir deux chartes distinctes. Cela permet : de différencier les enjeux techniques (cybersécurité, usages de l’outil informatique), et les enjeux éthiques et stratégiques liés à l’intelligence artificielle. 3. Responsabilités et sécurité : un travail collectif La charte n’est pas un document technique rédigé par “la personne qui s’y connaît”. C’est un texte de gouvernance. Elle doit être co-construite avec les personnes concernées : direction, salarié•es, bénévoles, membres du conseil d’administration. C’est cette élaboration partagée qui en fait un outil vivant. Côté sécurité, tout repose sur l’organisation. Travailler en binôme sur les tâches sensibles (comptabilité, fichiers d’adhérents, gestion des dons) assure la continuité en cas d’absence. Évitez les situations de dépendance, comme un logiciel critique installé sur un ordinateur personnel. Et privilégiez des solutions partagées et sauvegardées avec des accès encadrés. La charte comme garantie de confiance La charte n’a pas vocation à sanctionner mais à responsabiliser. En cas d’incident, elle protège autant l’association que les personnes qui la représentent : chacun•e sait ce qui doit être fait et ce qui doit être évité. Elle devient un véritable outil de bonne gouvernance entre les membres de l’équipe. 4. Comment construire sa charte Mieux vaut une charte courte, comprise et appliquée qu’un texte exhaustif jamais relu. Trois étapes suffisent pour la construire : Faire le point sur les usages : dressez la liste des outils utilisés, officiels ou non, et identifiez les risques. C’est l’occasion de discuter avec les utilisatrices et utilisateurs pour comprendre leurs pratiques et documenter les processus existants. Rédiger ensemble un premier brouillon : appuyez-vous sur vos réalités. Les modèles en ligne sont souvent inadaptés. C’est la réflexion collective qui donne du sens à la charte. Valider, diffuser, faire vivre : présentez-la, intégrez-la à l’accueil des nouveaux membres et relisez-la chaque année. Chaque adoption d’un nouvel outil peut être l’occasion de la mettre à jour. Pensez à y faire référence dans vos autres documents internes – règlement intérieur, charte des bénévoles, livret d’accueil – pour éviter la dispersion des règles. Et la documentation, dans tout ça ? La charte peut renvoyer à une fiche de documentation technique : outils utilisés, personnes référentes, accès critiques. Pas besoin d’un système complexe : une page partagée suffit. L’essentiel est de savoir où sont vos données et qui peut y accéder. C’est la base d’une gestion numérique sereine et conforme. 5. Ne pas oublier la RGPD La charte peut rappeler les obligations de protection des données sans les répéter. Prévoyez, par exemple, une révision annuelle du registre des traitements (qui collecte quoi, pourquoi, combien de temps). C’est aussi un bon moment pour vérifier que les outils choisis respectent la RGPD et que vos procédures de suppression des données fonctionnent. Ces vérifications participent de la même logique : une gouvernance claire, documentée et adaptée à la taille de l’association. 6. Une culture numérique partagée La transformation numérique des associations ne passe pas par le choix d’un outil, mais par la construction d’un cadre partagé. La … Lire la suite

Charte du bénévolat : un cadre simple pour accueillir, former et reconnaître vos bénévoles

Une bénévole expérimentée forme une nouvelle bénévole. Image générée par IA

Dans un précédent article, j’avais présenté les quatre chartes utiles dans la vie associative puis avais proposé un focus sur la charte éthique. Poursuivons cette série avec la charte du bénévolat. Cette charte ne se réduit pas à un document administratif : c’est un repère qui aide l’association à accueillir ses bénévoles, à les former pour réussir leurs missions et à reconnaître leur engagement. Bref, un cadre simple qui montre à chaque nouvelle personne qu’elle est attendue, considérée et soutenue. Le bénévolat se distingue du salariat : il repose sur la libre volonté d’agir, sans rémunération ni lien de subordination. C’est précisément parce qu’il échappe au contrat de travail qu’une charte devient utile. Elle permet de donner un cadre clair, d’exprimer des droits et des devoirs réciproques et de reconnaître la valeur de l’engagement. J’en ai fait l’expérience dans l’association où j’étais salariée : lorsque j’ai proposé d’en mettre une en place, l’utilité n’a pas été contestée… mais le format a posé problème. Beaucoup l’ont perçue comme un document de plus, lourd et contraignant. Ce retour m’a appris une chose essentielle : pour qu’une charte soit acceptée et utilisée, elle doit être concise et extrêmement claire. Sommaire Ce que doit contenir une charte efficace En une page, on peut déjà poser des bases solides : rappeler les valeurs de l’association, préciser ce que l’association garantit à ses bénévoles : accueil, clarté des missions, assurance, reconnaissance, ce que les bénévoles apportent en retour : assiduité, respect du projet, esprit d’équipe et définir quelques repères pratiques : lieux, horaires, outils de communication, remboursement de frais éventuel, conditions de début et de fin d’engagement… Ce n’est pas la longueur qui fait la force de la charte mais sa lisibilité et son réalisme. Une charte intégrée au parcours bénévole La charte n’est pas isolée : elle gagne en force quand elle complète d’autres documents simples et utiles : La fiche de mission a pour but de déterminer le rôle, les tâches à accomplir, le temps d’engagement attendu, l’encadrement proposé… C’est le document le plus personnalisé côté association. La convention d’engagement réciproque complètera la charte en définissant le cadre précis de la mission avec le titre de la mission, le cadre de son déroulé (horaires, personne référente). Elle précisera par exemple les règles en matière de confidentialité. La fiche de candidature s’apparente à un CV bénévole, présentant les expertises, les compétences et savoir-faire. Elle peut aussi contenir des questions sur ce qu’attend la personne bénévole de cet engagement et pourquoi elle souhaite s’engager. Plus concrètement, il est important de penser à y demander les disponibilités, les préférences et les éventuels besoins spécifiques de la personne. Le livret d’accueil est le document de référence avec les infos pratiques, les contacts, les outils mis à disposition… Selon la taille et l’organisation de l’association, il pourra comprendre un historique, l’organigramme, les noms des différentes personnes responsables selon les missions, un répertoire de contacts utiles, les règles d’accès au local, les bonnes pratiques en matière de sécurité… Aussi, il précisera les modalités de la formation initiale des bénévoles et les possibilités de formations proposées pour monter en compétences. Ainsi, la charte devient le fil rouge qui relie tous les moments du parcours bénévole. Elle participe du processus d’engagement et en est le socle. Comment la mettre en place concrètement Avant de se lancer dans la rédaction, il est essentiel de clarifier l’intention. Pourquoi veut-on une charte ? Pour apaiser des tensions ? Pour mieux accueillir les nouvelles personnes ? Pour fidéliser les bénévoles déjà en place ? Cette réflexion préalable oriente le contenu et évite de produire un document hors sol qui ne correspond pas aux besoins réels. Ensuite, la co-construction reste la clé. En pratique, un mois suffit : une réunion courte avec bénévoles, salarié·es et membres du Conseil d’administration pour lister les valeurs et engagements, une première version testée puis une validation et une diffusion simple à l’accueil. Ce processus est aussi important que le document final : il crée du dialogue et aligne toutes les parties prenantes. Penser accessibilité et inclusion Élaborer une charte peut aussi être l’occasion de réfléchir à l’accueil des bénévoles ayant des besoins spécifiques. 80 % des handicaps étant invisibles, il est certain que vous accueillez des personnes handicapées parmi vos bénévoles. Prévoir une version en langage clair, vérifier l’accessibilité des supports numériques, proposer un binôme ou ajuster le rythme des missions sont des gestes simples qui ouvrent la porte à davantage de diversité et d’inclusion. Mon conseil : D’entrée de jeu, posez l’accessibilité comme une des valeurs phare que vous défendez. Prenez l’habitude d’indiquer dans la fiche de mission que celle-ci est ouverte à des personnes en situation de handicap ou que des aménagements sont possibles (travail à distance, par exemple). Prévoyez une question dans la fiche de candidature pour demander si la personne a des besoins spécifiques. Même si l’objet de votre association n’est pas dans le champ du handicap… En résumé : un gage de considération pour les bénévoles La charte du bénévolat n’est pas un contrat mais un engagement moral partagé. Pour une nouvelle personne bénévole, recevoir une charte claire et bienveillante, c’est un signe de considération. C’est la preuve que son engagement compte et qu’elle rejoint une organisation structurée. Ce simple geste favorise l’implication durable et limite le turn-over. Pour qu’elle soit utile, trois principes simples sont à retenir : Courte et claire : une page suffit. Co-construite : pour que chacun·e s’y retrouve. Intégrée au parcours : reliée à la fiche de mission, au livret et à l’accueil des bénévoles. Mieux vaut une charte simple et adaptée qu’un long document inutilisable et inutilisé. Si vous avez besoin d’aide pour penser votre structuration, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre une heure d’échanges pour parler de vos attentes. Je réserve mon rendez-vous découverte