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Votre plan de com’ 2026 en une page

Une page de plan de communication posée sur une table. En arrière plan, une tasse de café et un ordinateur portable ouvert sur des photos. Image générée par IA

La fin d’année associative concentre tout : bilans, demandes de subventions, campagnes de dons, événements et… fatigue générale. C’est souvent à ce moment que l’idée d’un “plan de communication” refait surface. Dans beaucoup d’associations, ce plan ressemble alors davantage à une liste au Père Noël qu’à une feuille de route réaliste : on y trouve toutes les envies, tous les canaux possibles, toutes les bonnes idées… mais pas forcément le calendrier ni l’équipe pour les mettre en œuvre. Bref, vous avez beaucoup de choses à raconter et de vraies ambitions pour votre association. L’enjeu de cet article n’est pas de brider vos envies mais de vous aider à transformer cette liste au Père Noël en feuille de route utilisable au quotidien. Un plan de communication utile peut tenir sur une seule page, à condition d’être clair sur trois points : à qui vous parlez, par quels canaux, quand et comment vous vérifiez les résultats Sommaire 1. Cadrer vos publics et vos messages clés Avant de parler d’outils, la vraie question est à qui voulez‑vous vous adresser et pour dire quoi ? La tentation est grande de viser “tout le monde” mais plus votre message est large, moins il est concret. Commencez plutôt par trois publics prioritaires. Par exemple : vos adhérent·es et membres, vos partenaires et financeurs, les personnes accompagnées ou bénéficiaires. Pour chacun, notez trois éléments simples : Un objectif de communication Informer, mobiliser, rassurer, demander un soutien, inviter à un événement… Un message principal Une phrase courte que vous aimeriez que la personne retienne pour de bon. Une preuve concrète Un exemple, un chiffre, un témoignage, une histoire qui montre que votre message est puissant. Exemple pour des partenaires : Objectif : montrer que leur soutien produit des effets concrets sur le terrain. Message : “Grâce à votre appui, nous avons pu accompagner plus de X personnes cette année.” Preuve : un chiffre d’activité + une courte histoire ou une citation anonyme. Ce premier cadrage évite les contenus “tous publics” où personne ne se reconnaît vraiment. Les pièges fréquents à éviter dès le départ Vouloir parler à tout le monde → Trois publics prioritaires suffisent souvent pour commencer. Multiplier les canaux sans équipe dédiée → Mieux vaut un canal principal assumé que quatre comptes à moitié vides ou en sommeil. Confondre fréquence et qualité → Un post utile et clair par semaine vaut mieux que cinq posts sans vraie valeur. Produire des contenus sans preuve d’impact → Une preuve solide (chiffre, retour d’expérience, histoire vraie) vaut mieux qu’un long texte abstrait. Ne rien mesurer du tout → Même quatre indicateurs sobres (ouvertures, clics, contacts, adhésions/dons) changent la donne. 2. Choisir vos canaux sans vous disperser La tentation est forte d’être partout : réseau social, blog, vidéos, podcast… Sauf qu’on ne peut pas courir plusieurs lièvres à la fois ! Pour une association avec peu de moyens, il est souvent plus efficace de se concentrer sur quelques canaux stables : une newsletter courte (mensuelle ou bimestrielle), un réseau social principal (LinkedIn si vous parlez beaucoup à des dirigeant·es, partenaires et financeurs ; Facebook ou Instagram si vous ciblez surtout le grand public), une page “Soutenir l’association” à jour sur votre site. Pour chaque canal, précisez : son rôle : informer, mobiliser, remercier, rendre des comptes…, une fréquence réaliste, qui fait quoi : rédaction, relecture, mise en ligne. L’objectif pour 2026 n’est pas d’ouvrir de nouveaux comptes mais de : consolider ce qui fonctionne déjà, installer un rendez‑vous régulier (un format réutilisable chaque mois, par exemple), accepter de ne pas être partout et c’est très bien ainsi. Souvent, une communication efficace ressemble plus à un “moins mais mieux” qu’à un empilement de canaux et une dispersion tous azimuts. 3. Construire un calendrier minimal réaliste Une fois vos publics et vos canaux clarifiés, vous pouvez esquisser un calendrier minimal, sous forme de semaine type. L’idée n’est pas de remplir chaque jour à l’heure près mais d’avoir un cadre simple pour décider. Version “standard” Quand l’équipe a un peu de marge : 1 contenu de fond par semaine (article de blog ou newsletter), 2 posts sur votre réseau social principal, 1 preuve d’impact mise en avant (histoire, chiffre, retour d’expérience). Version “minimum vital” Pour les équipes très limitées en temps : 1 contenu de fond par mois, 1 post par semaine, 1 preuve d’impact par mois. Exemple de mois type Semaine 1 : mise en valeur d’un projet phare. Semaine 2 : éclairage “coulisses” ou organisation interne. Semaine 3 : focus sur les personnes accompagnées, bénévoles ou salarié·es. Semaine 4 : rappel de vos besoins (adhésions, dons, renforts bénévoles…). Ce qui compte n’est pas de tout cocher mais d’avoir un canevas qui colle à votre réalité… et que vous pourrez ajuster. 4. Quelques détails pratiques pour que le plan reste applicable Newsletter : un modèle simple et réutilisable 300 à 500 mots maximum. Deux rubriques principales, pas plus. Une preuve d’impact par numéro. Un modèle réutilisable pour ne pas repartir de zéro à chaque fois. Un circuit de validation clair : rédaction → relecture → envoi. Page “Soutenir l’association” : checklist rapide Un message clair sur ce que permet un don ou une adhésion Un formulaire intégré, un bouton ou un lien d’action visible et testé Des coordonnées simples pour poser une question. Posts sur le réseau social principal : une structure rapide une accroche claire en première ligne, une idée principale par post, un fait concret : chiffre, mini‑histoire, citation courte, un appel à l’action simple : lire l’article, s’inscrire, partager, répondre à une question… 5. Quand la liste au Père Noël devient un boulet (et comment la transformer) Vouloir communiquer sans rien oublier n’est pas un défaut en soi. Cela manque seulement de réalisme ! Quand votre plan de communication ressemble à une to-do list interminable, il y a de fortes chances qu’il termine au fond d’un tiroir (même numérique). Quelques pistes pour transformer cette liste : Commencer par la version “une page” Revenir à : objectifs, publics, canaux, semaine … Lire la suite

Construire un budget par projet et ventiler les frais de fonctionnement

Construction de budgets ventilés. Image générée par IA

Dans un précédent article, nous avons posé les bases du budget associatif global : un document qui rassemble l’ensemble des charges et des produits de l’association, sur une année donnée. Pour beaucoup de petites et moyennes structures, ce budget général suffit pendant un temps. Mais dès que les projets se multiplient, que les financeurs se diversifient ou que plusieurs partenaires demandent des comptes séparés, il montre vite ses limites. C’est là qu’entre en jeu le budget par projet. L’objectif n’est pas de rendre vos tableaux plus compliqués. Il s’agit au contraire de voir plus clair, projet par projet, tout en gardant une vision d’ensemble. Sommaire 1. Pourquoi passer au budget par projet quand le budget général ne suffit plus Le budget général reste le socle de toute association : il regroupe vos charges fixes : loyer, outils, assurances, salaires, frais bancaires, et vos produits récurrents : cotisations, subventions de fonctionnement, financements réguliers. Tant que vous avez une seule grande action – ou quelques activités très similaires – ce niveau de lecture peut suffire. Mais la situation change dès que : vous portez plusieurs projets distincts, financés par des partenaires différents, certaines subventions sont affectées à une action précise, on vous demande des bilans séparés par projet (rapport narratif + budget exécuté), ou que vos équipes ne travaillent pas toutes sur les mêmes missions. Dans ces cas‑là, un budget par projet devient un véritable outil de pilotage. Il permet de : suivre plus finement les dépenses engagées pour chaque action, rendre compte plus facilement à chaque financeur, éviter de mélanger les lignes budgétaires, mieux visualiser l’équilibre de chaque activité (projet déficitaire, équilibré ou excédentaire). L’idée n’est pas d’abandonner le budget général, mais de lui ajouter un niveau de détail pour les projets qui le nécessitent. 2. Relier chaque projet au budget général sans se perdre Multiplier les budgets par projet n’a d’intérêt que si tout reste relié à une vision d’ensemble unique. Concrètement, vous pouvez imaginer votre modèle de tableur de cette manière : un budget général de l’association, un onglet par projet (ou un fichier par action, selon votre organisation). Dans chaque budget de projet, vous faites apparaître : les dépenses directes du projet : achats spécifiques, prestations, intervenant·es, déplacements, communication dédiée, etc., les recettes liées au projet : subvention dédiée, mécénat fléché, participation du public, etc.. Reste ensuite la question des frais communs : salaires, loyer, outils numériques, assurance, communication générale, etc. Ce sont ces charges de fonctionnement qui ont besoin d’être ventilées entre plusieurs projets. Le but est de parvenir à une organisation où : chaque projet a son propre budget, lisible et compréhensible pour les financeurs, le budget général regroupe l’ensemble, pour vérifier que l’équilibre global de l’association est respecté. Vous ne créez pas dix budgets qui vivent chacun leur vie. Vous installez un dialogue clair entre les projets et le budget général. 3. Ventiler les frais de fonctionnement : choisir une clé simple et assumée C’est souvent la partie qui fait peur : comment répartir les charges de structure entre plusieurs projets sans y passer des heures ni entrer dans des calculs au centime près ? La solution consiste à définir une clé de répartition : une règle simple, compréhensible par toutes et tous, appliquée de la même manière à l’ensemble des projets. Un exemple concret issu du terrain Dans l’association où je travaillais, nous avions : un budget de fonctionnement global avec toutes les charges fixes (salaires, loyer, outils, communication) et toutes les dépenses liées aux activités et actions de l’association et trois budgets spécifiques : les animations (ateliers de mieux‑être), les actions de lutte contre les violences faites aux femmes ayant des besoins spécifiques, l’événementiel (journée de rencontre thématique). Pour répartir les frais communs, nous avons choisi une règle très simple : le pourcentage de temps estimé que chaque salariée consacrait à chaque projet. Par exemple, pour une personne salariée : 50 % du temps sur les animations, 30 % sur les actions de lutte contre les violences, 20 % sur l’événementiel. Ces pourcentages servaient ensuite à répartir les autres charges communes : loyer, abonnements numériques, communication globale, etc. Le résultat n’était pas “parfait” au sens mathématique, mais il était : cohérent avec la réalité du travail, stable d’une année sur l’autre, et défendable auprès des financeurs. D’autres clés possibles selon votre réalité Toutes les associations n’ont pas des salarié·es et un suivi du temps aussi précis. Vous pouvez donc choisir d’autres repères, par exemple : Le temps passé Quand vous avez des personnes référentes par projet (salarié·es ou bénévoles), même avec des estimations. Le nombre de bénéficiaires Pertinent si chaque projet touche des publics très différents et si vos actions sont assez homogènes en intensité. La durée ou l’intensité d’activité Utile pour répartir une partie des frais entre des événements ponctuels et des actions de long cours. Le montant des dépenses directes Pratique pour des structures entièrement bénévoles : plus un projet consomme de dépenses directes, plus il supporte une part des charges communes. L’essentiel est de : documenter votre choix (dans un encadré, une notice ou un onglet “méthode”), appliquer la même règle à tous les projets concernés, réviser la clé une fois par an si la réalité de l’association évolue. Le but n’est pas de viser la précision absolue, mais de montrer que la répartition des moyens n’est ni arbitraire, ni opaque. Et surtout qu’elle a été pensée ! 4. Ne pas oublier les apports en nature… sans en faire un casse‑tête Certains projets bénéficient de ressources qui ne passent pas par la trésorerie, mais qui sont bien réelles : temps bénévole, mise à disposition de salles, prêt de matériel, prestations offertes, etc. Ce sont des apports en nature. Ils représentent un effort important, souvent invisible, de la part des bénévoles, des partenaires ou des collectivités. Au stade du budget, il peut être utile de les recenser, sans forcément tout valoriser en euros tout de suite : pour montrer le poids global du projet, pour sensibiliser vos partenaires au fait que le … Lire la suite

Faut‑il vraiment organiser quelque chose à Noël pour votre association ?

Un goûter de Noël réunit autour de la table plusieurs générations. Image générée par IA

Début décembre, beaucoup d’associations se posent la même question : « Qu’est‑ce qu’on fait pour Noël cette année ? » Autour de vous, vous voyez des collectes de jouets, des marchés de Noël solidaires, des spectacles de fin d’année, des campagnes de dons tous azimuts. Sur le papier, cela donne envie. Dans la réalité, vos équipes sont parfois déjà fatiguées, vos bénévoles moins disponibles et votre fin d’année est possiblement déjà chargée en bilans, assemblées générales ou clôtures de projets. Alors, est‑ce qu’il est vraiment nécessaire d’organiser quelque chose à Noël ? Ce qui suit vous propose plutôt de prendre le temps de décider, puis, seulement si c’est pertinent pour vous cette année, de choisir un format réaliste. Sommaire Trois questions pour savoir si c’est pertinent pour vous cette année Avant de chercher une idée d’événement, il peut être utile de vous poser quelques questions simples, en équipe. Avons‑nous le temps et l’énergie pour préparer une action supplémentaire ? Un événement, même modeste, demande toujours : un minimum de préparation en amont, une coordination le jour J, et un suivi après (bilan, communication, éventuellement gestion de la trésorerie). Si vos équipes sont déjà très sollicitées en fin d’année, ajouter une action « parce que c’est Noël » peut créer plus de tension que de bénéfices. Vous pouvez vous demander, en toute honnêteté : qui serait disponible pour porter cette action, et ce que cela demanderait comme charge supplémentaire. Si vous sentez que vous êtes déjà au maximum, il est légitime de décider de ne pas ajouter une couche de plus. À quoi cette action servirait‑elle concrètement ? La deuxième question porte sur le sens de ce que vous mettriez en place. Souhaitez‑vous surtout : collecter des dons pour un projet précis, créer du lien avec les habitantes et habitants d’un quartier, remercier vos soutiens, ou faire connaître davantage votre association ? En formulant cet objectif de manière claire, vous pouvez vérifier si un événement de Noël est le bon moyen d’y répondre. Parfois, une autre action, à un autre moment de l’année, sera plus adaptée à vos priorités actuelles. Que se passe‑t‑il si nous décidons de ne rien organiser cette fois‑ci ? Se poser aussi la question inverse peut être très utile. Qu’est‑ce que vous craignez si vous ne faites rien cette année ? Est‑ce que ce sont des attentes réelles de vos membres, de vos partenaires ou surtout une pression implicite (« tout le monde fait quelque chose à Noël ») ? Est‑ce que ce choix vous permettrait au contraire de préserver vos forces pour un autre temps fort de l’année prochaine ? Décider de ne pas organiser d’événement à Noël peut être un choix réfléchi, au service du bien-être de votre équipe et de la qualité de vos actions. Si vous décidez d’organiser quelque chose : des formats simples à votre mesure Si, après ces questions, vous estimez que vous avez l’envie et la capacité de mettre en place une action de Noël, l’enjeu devient alors de choisir un format réaliste, adapté à vos moyens. L’idée n’est pas de copier de grandes campagnes nationales mais de partir de ce que vous avez déjà : un local, quelques bénévoles, un réseau de voisinage ou de partenaires de proximité. Dans vos locaux : des moments conviviaux qui créent du lien Si votre association dispose d’un local, même modeste, vous pouvez imaginer des formats simples, centrés sur la convivialité. Quelques pistes possibles : Un atelier « fabrique de cadeaux solidaires » Par exemple : confection de cartes de vœux, réalisation de petits objets à partir de matériaux de récupération, préparation de décorations de Noël. Les participantes et participants peuvent faire un don libre, ou acheter certains objets au profit de l’association. Un goûter solidaire ou un café de quartier L’association ouvre ses portes pendant un temps défini, autour d’une boisson chaude et de gâteaux. C’est l’occasion de faire connaître vos actions, de rencontrer les habitantes et habitants, et de proposer une participation libre pour soutenir un projet précis. Dans tous ces cas, il est possible de garder une échelle raisonnable, en limitant le temps de préparation, le nombre de personnes accueillies et en s’appuyant sur les ressources déjà disponibles. Avec des partenaires de proximité : s’appuyer sur l’existant Si vous n’avez pas de local adapté, ou si vous souhaitez toucher un autre public, vous pouvez vous tourner vers les commerces ou événements déjà en place. Quelques exemples : Emballer des cadeaux dans un commerce contre don libre Une librairie, un magasin de jouets, un concept‑store ou un autre commerce peut accepter que vous proposiez l’emballage des cadeaux en échange d’un don au profit de l’association. Cela permet de vous rendre visible et de rencontrer des personnes qui ne vous connaissaient pas encore. Organiser un vide‑grenier ou un mini‑marché solidaire « spécial cadeaux de Noël » L’idée peut être de collecter des objets en bon état, des livres, des jeux, puis de les proposer à prix modeste au bénéfice de l’association. C’est une manière de participer à un Noël plus sobre, tout en générant des ressources. Tenir un corner solidaire dans un événement déjà existant Plutôt que de monter un événement de toutes pièces, vous pouvez demander à disposer d’un espace dans un marché de Noël municipal, une fête d’école ou un autre rendez‑vous local. Vous y présentez vos actions, proposez une petite animation, une mini‑vente solidaire ou une collecte. Dans ces formats, l’enjeu est de clarifier le cadre avec vos partenaires (horaires, modalités de présence, gestion des dons) et de rester sur quelque chose de compatible avec les forces de votre association. Si vous choisissez de ne rien organiser, ce n’est pas « ne rien faire » Décider de ne pas lancer un événement de Noël ne signifie pas que vous laissez la période passer sans un mot. Vous pouvez choisir de concentrer votre énergie sur un message de remerciement soigné, plutôt que sur la logistique d’une action supplémentaire. Une piste possible est de préparer un message qui : dit … Lire la suite

Cyberviolences : l’autre visage des violences faites aux femmes

Une femme devant son écran tente d'échapper à une main masculine. Image générée par IA

Le 17 septembre 2025, j’étais au tribunal pour suivre l’audience du procès intenté par l’autrice et artiste féministe Typhaine D. Dans la salle, les violences numériques qu’on qualifie trop vite de « virtuelles » ont pris une forme très concrète. Les cyberviolences ne restent jamais derrière un écran. Elles traversent les vies, les corps, les foyers. Elles prennent des formes variées : harcèlement coordonné, menaces, sextorsion, deepnudes, doxing. Et leurs conséquences ne sont pas « numériques » : hypervigilance, anxiété, isolement, perte d’emploi, déménagement en urgence, stress post-traumatique, atteinte à la sécurité physique. Pour les associations, l’enjeu est d’identifier la bascule entre la violence en ligne et le danger réel. Elle existe, elle est documentée et elle se répète. Sommaire Ce que dit la justice Les cyberviolences sont des infractions pénales. Le verdict de ce procès auquel j’ai assisté l’a rappelé avec force : les neuf accusés ont tous été reconnus coupables. Un élément les a particulièrement marqués, bien davantage que les peines prononcées : leur interpellation. Être tirés du lit à six heures du matin par les forces de l’ordre. Passer une journée entière en garde à vue. Pour beaucoup, la prise de conscience a eu lieu à cet instant précis et non au moment des messages envoyés. Ce décalage illustre la banalisation du cyberharcèlement. Pour les associations, cela confirme l’importance de nommer les faits, de conserver les preuves, d’accompagner les victimes dans un dépôt de plainte clair et circonstancié. Voire, le cas échéant, se porter partie civile.  Typhaine D : quand l’audience rend audible À l’audience, les violences cessent d’être abstraites. Les menaces sont lues à voix haute. Les dates sont alignées. Les captures deviennent des pièces. Les parties civiles prennent la parole. Les réquisitions replacent les faits dans la loi. Ce moment rend perceptible ce que les associations savent depuis longtemps : les mots laissent des traces et leur accumulation constitue une violence à part entière. Pour les associations, c’est un rappel utile : documenter n’est jamais “de trop”. Une capture, un horodatage, un message recopié peuvent changer le traitement judiciaire d’un dossier. Le bras armé numérique Les cyberviolences se propagent par des vecteurs multiples : réseaux sociaux, messageries chiffrées, groupes fermés. La mécanique est récurrente : effet de meute, amplification rapide, anonymisation apparente, passages à l’acte hors ligne. Quand le cyberharcèlement atteint les associations, ces vagues emportent tout sur leur passage : campagnes arrêtées, bénévoles épuisé·es, salarié·es mis·es en retrait, risques accrus pour les personnes exposées. Beaucoup d’associations n’ont ni cellule de crise ni moyens dédiés. Elles doivent pourtant absorber ces charges sous pression et dans l’urgence. Ce que font les associations Sur le terrain, les associations ne “réagissent” pas : elles protègent. Elles mettent à l’abri les femmes victimes et les enfants co-victimes. Hébergement sécurisé, trajets protégés, récupération d’effets personnels essentiels, déménagement en urgence. Elles écoutent, accueillent et orientent. Elles repèrent les signaux faibles. Elles conservent les preuves et accompagnent vers les dispositifs spécialisés. Elles transmettent l’hygiène numérique de base : mots de passe robustes, double facteur, nettoyage des accès, verrouillage des comptes, coffre-fort numérique avec les documents les plus importants. Ces missions sont vitales. Elles sont aussi chronophages, émotionnellement lourdes et sous-financées. Les associations absorbent une charge qui dépasse largement leurs moyens. À soutenir La Fondation des Femmes mène des actions pour renforcer l’aide aux victimes et aux associations de terrain. Elle recherche des financements pour pérenniser et étendre ces dispositifs. Ressources utiles 3919 • 114 par SMSTchat commentonsaime.frPlateforme de signalement police/gendarmerieViols Femmes Info : 0 800 05 95 95 Le 10 novembre, neuf personnes ont découvert que quelques clics pouvaient devenir des infractions pénales.  Que de vouloir envoyer une femme « au bûcher », même virtuel, avait un coût réel. Les associations, elles, n’ont pas besoin d’une salle d’audience pour le savoir. Elles voient chaque jour les conséquences concrètes de ces violences : des vies brisées, des peurs omniprésentes, des urgences qui se répètent. Et une liste de féminicides qui ne cesse de s’allonger, année après année. Les cyberviolences ne sont ni secondaires ni immatérielles. Elles blessent, isolent et mettent en danger. Elles s’inscrivent dans le continuum des violences faites aux femmes. Soutenir les associations, c’est renforcer la seule ligne de protection qui existe aujourd’hui entre une menace en ligne et un danger bien réel.

Et si on arrêtait de nouer des partenariats pour construire de vrais écosystèmes ?

Une réunion de bénévoles autour de l'écosystème associatif. Image générée par IA

Depuis longtemps, les associations fonctionnent avec un réflexe simple : identifier un besoin, chercher un partenaire, déposer un dossier, puis recommencer l’année suivante. Ce modèle a été efficace mais il atteint aujourd’hui ses limites. Les coûts augmentent, les financements se tendent, les équipes n’ont plus le temps de gérer tout l’administratif. Et beaucoup d’associations repartent de zéro chaque année sans vraiment comprendre pourquoi. Ce n’est pas un manque d’organisation. Ce n’est pas un défaut de compétences. C’est une conséquence directe d’un système centré sur le court terme. Et si la question n’était pas « quel nouveau partenaire ajouter” mais plutôt “comment stabiliser nos relations pour construire un écosystème vivant” ? Sommaire Clarifier ce qu’on appelle vraiment un partenaire Le mot “partenaire” est utilisé partout mais il recouvre des réalités très différentes. Pour avancer, on peut distinguer trois grandes catégories. 1. Les partenaires financiers Collectivités, services de l’État, fondations, entreprises via le mécénat. Ce sont des soutiens essentiels mais souvent dépendants d’appels à projets ou d’orientations politiques changeantes. 2. Les partenaires opérationnels Les acteurs terrain qui permettent la mise en œuvre : un collège qui ouvre ses portes, un centre social qui met une salle à disposition, une association pair qui co-organise une action, une bibliothèque qui accueille une permanence. Ces relations sont très précieuses quoique rarement documentées. 3. Les partenaires de visibilité ou d’influence Médias locaux, newsletters associatives, réseaux professionnels, institutions relais, élu·es référent·es… Ils contribuent à la crédibilité et à la présence de l’association sur son territoire. Bon à savoir : partenariat vs sponsoring Un partenariat associatif repose sur une collaboration non marchande.Le sponsoring, lui, est une opération commerciale : l’entreprise achète de la visibilité en échange de son soutien. Il ne s’agit donc pas d’un partenariat au sens utilisé dans cet article. Et si on élargissait un peu le cadre ? Beaucoup d’associations limitent la notion de “partenaire” aux financeurs ou aux institutions. Mais si l’on se demande “de qui dépend réellement notre fonctionnement quotidien ?”, les contours s’élargissent. L’entreprise qui fournit le matériel n’est pas un partenaire au sens juridique. Mais si elle propose des tarifs préférentiels, livre rapidement ou conseille l’association depuis des années, elle fait déjà partie de l’écosystème réel. Ces acteurs influent directement sur la qualité, la fluidité et la continuité de l’action. Pourquoi le modèle “partenariat = projet + subvention” atteint ses limites Ce modèle a longtemps permis de développer des actions mais il repose sur une logique fragile. les relations dépendent souvent d’une seule personne en interne ; les engagements se renégocient chaque année ; la coordination pèse sur des équipes déjà surchargées ; l’historique est perdu si rien n’est documenté ; les actions se multiplient sans renforcer les capacités durables. Résultat : l’association subit au lieu d’anticiper. Ce qu’est un écosystème (et ce que ce n’est pas) Un écosystème n’est pas un réseau parfait ni un montage rigide. C’est un ensemble vivant d’acteurs reliés par des besoins, des pratiques ou des ressources partagées, dans la durée. C’est en perpétuelle construction, évoluant avec la mission de l’association, son territoire et les personnes qui l’animent et en sont les bénéficiaires. Quelques repères simples : des liens entretenus volontairement, même brièvement ; une vision d’ensemble : qui fait quoi, où et quand ; une documentation légère pour ne pas perdre la mémoire ; des relations équilibrées : chacun apporte quelque chose ; des rôles simples à expliciter Ce n’est pas une usine à gaz. C’est une façon de ne pas se laisser balloter par les flots ! Ne pas confondre écosystème et mutualisation La mutualisation consiste à mettre en commun des moyens : locaux, logiciels, achats groupés, postes partagés. C’est utile, parfois économique mais cela peut exister sans véritable coopération. L’écosystème va plus loin.Il regroupe l’ensemble des relations qui soutiennent la mission, qu’il y ait ou non des ressources mutualisées. On peut avoir un écosystème riche sans rien mutualiser et mutualiser sans créer un écosystème. Une image simple : la mutualisation, c’est partager une voiture ; l’écosystème, c’est comprendre pourquoi on se déplace, avec qui, vers où, et comment on coordonne les trajets dans le temps. Une question clé On me demande souvent : “faut-il décider de construire un écosystème ?”. La réponse est non. On ne met pas en place un écosystème, on en dessine les contours. Il existe déjà, même de manière informelle. La démarche consiste à documenter l’existant. Tu ne crées pas un écosystème, tu le rends visible et tu le rends lisible. Ce que change un écosystème pour une association Passer d’une logique de partenariats ponctuels à une dynamique d’écosystème modifie des aspects essentiels. Plus de continuité dans les relations On sait qui solliciter, pour quoi et à quel moment, même si les personnes changent. Moins de pertes d’informations Les relations ne disparaissent plus lorsque les équipes tournent. Plus d’opportunités naturelles Les acteurs se renvoient la balle : relais, invitations, idées, mutualisations. Plus de crédibilité Une association intégrée dans son environnement inspire confiance. Des économies invisibles mais réelles Moins de sollicitations “à froid”, moins de doublons, moins d’énergie perdue en coordination. Par où commencer sans alourdir la charge ? Trois actions simples suffisent. Identifier les dix acteurs les plus récurrents de l’année : fournisseurs, financeurs, relais, lieux ressources, personnes indispensables sur le terrain. Prévoir un point annuel court avec chacun pour ajuster la relation. Centraliser les contacts et les échanges dans un outil simple, même un tableur partagé. L’objectif n’est pas d’ajouter du travail mais d’éviter de perdre son temps. Questions fréquentes Comment cartographier un écosystème informel ?On ne cherche pas un schéma parfait. Une simple liste, un tableau partagé ou trois cercles concentriques suffisent. L’enjeu est de voir ce qui existe déjà. Les partenaires doivent-ils se connaître entre eux ?Non. Un écosystème n’est pas un club. L’important est la contribution à la mission, pas la connaissance mutuelle. Quel schéma utiliser pour représenter un écosystème ?Les cercles concentriques, la toile d’araignée et les schémas par rôles sont les formats les plus accessibles. L’objectif est la compréhension collective. Pour résumer Chercher des partenaires … Lire la suite

Fidéliser vos bénévoles grâce à une reconnaissance qui se voit et qui se vit

Fidéliser vos bénévoles grâce à une reconnaissance qui se voit… et qui se vit

Pendant la crise sanitaire, les associations ont vu affluer de nouveaux bénévoles. Des personnes disponibles, motivées, souvent prêtes à donner un peu de leur temps depuis chez elles. C’était un élan incroyable – une énergie collective qu’on croyait durable. Mais dès le retour au travail en présentiel, beaucoup ont levé le pied. En apparence, la raison était simple : le temps de transport avait grignoté le temps libre. Plusieurs personnes m’ont partagé ce ressenti : avoir été utiles au plus haut de la vague et se retrouver ensuite comme oubliés et invisibles. En réalité, une autre cause se cachait derrière cette baisse d’engagement : le manque de reconnaissance. Les bénévoles à distance, parfois très investi•es, se sont senti•es effacé•es du paysage. Pas par désintérêt, mais parce qu’ils et elles ne savaient plus si leur contribution comptait vraiment. Or, fidéliser ne consiste pas à multiplier les “merci”, mais à créer une reconnaissance qui se voit et qui se vit au quotidien, dans l’organisation et jusque dans les transitions. Sommaire 1. Reconnaître, c’est d’abord donner du cadre et de la place Dans beaucoup d’associations, les bénévoles arrivent avec l’envie d’aider. Mais une mission floue, un rôle mal défini ou des consignes qui changent en cours de route peuvent rapidement transformer cette envie en frustration. Clarifier, c’est déjà reconnaître. Prendre le temps de définir une mission, d’expliquer ses objectifs, sa durée, les moyens disponibles, c’est envoyer un message fort : “ton temps compte, ton rôle aussi.” Et cette reconnaissance passe aussi par la confiance outillée : fournir les bons accès, désigner une personne-ressource, autoriser l’essai et le droit à l’erreur Autonomie oui mais jamais isolement. Cela peut passer par un canal de communication dédié, un point régulier de dix minutes ou un binôme de référence. Le simple fait de savoir à qui s’adresser change tout. Parce qu’une personne bénévole livrée à elle-même ne se sent pas libre : elle se sent seule. 2. Reconnaître, c’est rendre visible et donner du sens Un remerciement a d’autant plus de poids qu’il s’appuie sur du concret. Ce qui nourrit la fidélité, ce n’est pas la parole mais la trace. Une mention dans le rapport d’activité, un témoignage partagé dans la newsletter, un simple mail qui dit : “Grâce à ton suivi, on a pu finaliser le projet à temps.” Ces gestes ancrent la reconnaissance dans le réel. Ils montrent que l’action du bénévole a un impact, qu’elle est quantifiable et qu’elle laisse une empreinte. Reconnaître, c’est aussi valoriser les compétences et les apprentissages, pas seulement le temps donné. Certaines associations choisissent, par exemple, d’ajouter une rubrique “ce que nous avons appris grâce à nos bénévoles” dans leur rapport d’activité. Une manière simple de valoriser à la fois les personnes et la transmission collective. Le bénévolat est souvent un espace de progression : communication, gestion de projet, écoute, coordination… Le reconnaître, c’est donner à la personne bénévole la possibilité de mesurer son évolution et à l’association, une occasion de valoriser ce capital humain. Enfin, reconnaître, c’est écouter. Certain·es bénévoles cherchent de la visibilité, d’autres de la stabilité. Les besoins ne sont pas uniformes et c’est aussi un signe de reconnaissance que de les entendre. 3. Reconnaître, c’est penser la continuité Les associations ont souvent mis en place des parcours d’intégration. Mais rares sont celles qui ont formalisé un parcours de sortie. Pourtant, dire merci quand un·e bénévole part est aussi important que de dire bienvenue quand il ou elle arrive. C’est une forme de reconnaissance essentielle : celle de la contribution passée, de la loyauté, du temps partagé. Prévoir un entretien de fin de mission, reconnaître les apprentissages, valoriser la transmission et garder une porte ouverte pour un éventuel retour, ce sont des gestes simples qui entretiennent le lien dans la durée. Dire “merci pour ton passage parmi nous”, c’est reconnaître la personne au-delà de la fonction. Un bénévole qui part avec le sentiment d’avoir été reconnu parle bien de l’association – et parfois, il y revient. 4. Évaluer vos pratiques : la reconnaissance vécue La reconnaissance n’est pas qu’un mot aimable. C’est une pratique collective, observable, mesurable. Avant d’aller plus loin, demandez-vous : “Comment nos bénévoles perçoivent-ils la reconnaissance dans notre fonctionnement ? Est-ce un moment ponctuel ou une attention inscrite dans la vie de l’association ?” Vous pouvez amorcer cette réflexion avec un court questionnaire anonyme ou un temps d’échange collectif. Demandez simplement : “Qu’est-ce qui vous fait sentir reconnu·e dans votre engagement ?” et “Que pourrions-nous faire différemment ?” Ces réponses sont souvent très révélatrices. Anecdote vécue : en tant que bénévole, j’ai souvent accompagné la présidente d’une association qui ne cessait de me dire « je te fais confiance ». Or, bon nombre de ses demandes servaient à vérifier que j’avais bien suivi ses instructions. J’ai fini par lui dire que la confiance ne se dit pas, elle se vit. Cette expérience m’a marquée : elle m’a rappelé que la reconnaissance, comme la confiance, se construit dans les actes, pas dans les déclarations. En résumé : reconnaître, ce n’est pas retenir : c’est donner envie de revenir Reconnaître, ce n’est pas flatter. C’est donner une place, un cadre, une trace. C’est transformer la gratitude en relation durable. Dire merci quand quelqu’un arrive, c’est facile. Le dire quand il part, c’est un signe de bonne gouvernance. Et si, au lieu de chercher à retenir les bénévoles, on leur donnait simplement envie de rester, parce qu’ils et elles se sentent considéré•es, écouté•es et accompagné•es ? Pour aller plus loin 💡 Vous souhaitez structurer un parcours bénévole complet, de l’accueil à la transmission, avec un cadre clair et des rituels de reconnaissance durables ? Découvrez l’accompagnement Envergure : diagnostic, entretiens 1:1, co-construction et outillage des parcours bénévoles. Si vous avez besoin d’aide pour penser la vie bénévole dans votre association, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre une heure d’échanges pour parler de vos attentes. Je réserve mon rendez-vous découverte

Tester les outils IA avant de les adopter : indispensable ou perte de temps ?

Une consultante anime une réunion sur le cadre d'utilisation des outils IA. Image générée par IA.

“Je crois qu’on aurait mieux fait de le tester avant.” Cette phrase revient souvent une fois l’abonnement payé ou le logiciel installé. Dans beaucoup d’associations, un·e bénévole ou salarié·e découvre un outil, l’essaie sur une version gratuite ou freemium puis l’adopte sans qu’un vrai cadrage collectif n’ait eu lieu. Ce n’est pas une erreur : simplement le signe qu’il n’existe pas encore de référent numérique ni de charte informatique pour guider les choix. Résultat : les outils s’accumulent, parfois pour le même usage, sans vision d’ensemble. On applique le réflexe bien connu : “Un besoin = un outil.” Mais sans stratégie, on se retrouve vite avec quatre logiciels pour la même tâche et des heures perdues à synchroniser des données. Sommaire 1. Avant de tester : savoir ce qu’on teste Sous l’étiquette “IA”, on trouve aujourd’hui un peu de tout. Avant de se lancer, il est utile de savoir à quoi on a affaire : Type d’outil Exemple Finalité principale Outil “boosté à l’IA” Suite bureautique avec assistant intelligent L’IA améliore certaines fonctions mais l’outil reste classique. Outil de génération IA ChatGPT, Gemini, Claude, Mistral… L’IA crée du contenu (texte, image, données). Automation Make, Zapier, n8n Automatise des tâches répétitives, sans “intelligence” propre. 💡 Tout ce qui brille n’est pas de l’IA. Avant d’ajouter un nouvel outil, demandez-vous si une simple automatisation ne suffirait pas. 2. Quand la bonne volonté ne suffit plus Prenons un cas réel : La gestion des adhésions d’une association était répartie entre HelloAsso, un CRM, un fichier Excel (parce que la présidente ne voulait pas toucher au CRM) et le logiciel de comptabilité. Trois personnes différentes géraient ces données. Résultat : des doublons, des oublis et beaucoup de temps perdu à simplement vérifier que tous les outils avaient bien les mêmes données. Parce que les outils avaient été mis en place selon les besoins de ces différentes personnes à des moments différents. Le fichier Excel était l’outil historique auquel était habituée la présidente. HelloAsso avait été installé pour faciliter le règlement par carte des adhésions, le CRM pour fusionner les différents fichiers Excel (adhérents, sympathisants, bénévoles, mécènes) et le logiciel de compta pour digitaliser la trésorerie quand l’association avait commencé à recevoir des subventions. Et à aucun moment ne s’était posée la question du dialogue entre ces outils. Aucune coordination entre les équipes et entre les outils.  Tester avant d’adopter permet justement d’éviter ce genre de dérive. 3. Pourquoi tester : choisir en toute connaissance de cause Le test n’est pas une formalité ou une étape que l’on peut allègrement zapper. C’est un moyen de dépasser l’effet “waouh” d’une vidéo de démonstration.Il permet de voir si l’outil correspond à votre réalité associative : vos usages, vos moyens humains, vos valeurs et vos contraintes. Un test bien mené permet de vérifier : si l’outil répond réellement au besoin identifié ; s’il s’intègre à vos pratiques existantes ; si son coût, ses conditions d’accès et sa gestion des données respectent votre façon de fonctionner. Tester, c’est agir avec méthode plutôt que par réflexe.Et c’est aussi un signe de bonne gouvernance : décider collectivement, plutôt que de se retrouver avec une collection d’outils inutilisés et des dépenses mal maîtrisées. Tester, c’est un peu comme recruter un nouvel outil : on vérifie qu’il s’intégrera bien à l’équipe. 4. La grille de test en cinq volets Avant tout, vérifiez que les outils déjà installés n’offrent pas déjà la fonctionnalité recherchée. Ensuite, évaluez l’outil selon ces cinq critères : Volet Questions à se poser Usage L’outil répond-il clairement au besoin ? Est-il simple à prendre en main ? Faut-il former les utilisateurs et utilisatrices ? Interopérabilité* L’outil peut-il dialoguer avec d’autres logiciels que vous utilisez déjà (par intégration directe, via Zapier ou une clé API) ? Peut-il remplacer ou compléter un outil existant sans créer de doublons ? Données Où vont les informations ? Est-ce conforme au RGPD ? Peut-on récupérer ou supprimer facilement les données ? Accessibilité et inclusion L’outil fonctionne-t-il avec la lecture vocale ? Est-il utilisable sur mobile ? L’interface est-elle claire ? Pérennité Quel est le coût total (abonnement, temps, formation) ? Que se passe-t-il si l’on arrête ? Existe-t-il un support fiable ?   Concrètement, partagez une grille avec ces questions ou d’autres qui seront plus pertinentes pour votre association. Et comparez les retours avec une notation : on évalue sur des faits, pas sur des impressions.  * L’interopérabilité désigne la capacité d’un outil à communiquer ou échanger automatiquement des données avec d’autres logiciels. C’est ce qui évite les copier-coller manuels. 5. Constituer un mini comité de test Tester à plusieurs, c’est tester plus juste et sans avoir un unique son de cloche. Un petit groupe de 4 à 5 personnes suffit : la personne qui propose l’outil, avec un argumentaire clair : ce qui est fait aujourd’hui et ce que l’outil améliorerait ; la personne référente numérique ou IT ; la personne autorisée à engager les dépenses ; et bien sûr, celles et ceux qui utiliseront réellement l’outil. Cette composition garantit un regard équilibré entre vision, usage et faisabilité. 6. Et après le test ? Tester ne sert à rien si les observations ne sont pas partagées. Il faut documenter et débattre : ce qui a bien fonctionné, ce qui a posé problème et les conditions d’un éventuel “feu vert”. Et gardez une trace pour éviter que de nouvelles équipes dans quelques mois se lancent dans le même test ! Un compte-rendu concis et une analyse détaillée des attentes et des fonctionnalités est un plus. Les grilles de test seront à joindre à ce compte-rendu (traçabilité). Souvenez-vous. Les outils boostés à l’IA évoluent vite. Et ce qui n’était pas possible avec la V1 peut l’être devenu avec la V2. Parfois, le meilleur résultat d’un test, c’est de conclure qu’il ne faut pas y aller. Comme un essayage : si on se sent à l’étroit, on n’achète pas. En résumé La digitalisation d’une association doit se penser globalement, pas outil par outil. “Un besoin = un outil” … Lire la suite

Construire une culture numérique partagée : le rôle clé de la charte informatique et IA

Un groupe de 4 personnes se réunit autour d'un écran d'ordinateur pour travailler sur la charte informatique et IA. Image générée par IA

Depuis quelques mois, l’intelligence artificielle et les nouveaux outils numériques se glissent partout dans la vie associative. Un·e bénévole teste un assistant de rédaction, un·e salarié·e ouvre un compte sur une plateforme de gestion, la présidence partage un document sensible via son drive personnel… Ces initiatives partent d’une bonne intention : gagner du temps, améliorer la communication, simplifier le quotidien. Mais à force d’ajouter des outils sans cadre, le numérique devient un maquis : on ne sait plus qui a accès à quoi, ni où sont stockées les données. Et c’est précisément pour éviter cela que la charte informatique et IA devient un document clé. Un véritable outil de pilotage associatif construit sur mesure de façon collaborative. Sommaire 1. Pourquoi une charte, maintenant ? Le risque principal aujourd’hui, ce n’est pas l’intelligence artificielle en elle-même mais son usage anarchique. En l’absence de cadre partagé, chacun choisit “ses” outils – ce qu’on appelle le shadow IT : des logiciels, comptes ou espaces utilisés sans validation, souvent à l’insu des responsables. Les conséquences sont bien réelles : données dispersées sur plusieurs clouds, impossibilité de retrouver un historique fiable, dépendance à une seule personne “qui sait”, failles de sécurité ou non-conformité RGPD. Une charte n’est pas un enième document contraignant sur lequel perdre du temps.  La charte aide à choisir, sécuriser et maintenir les outils au service du projet associatif. Bien rédigée, elle devient même un levier de pilotage : elle aide à planifier les investissements, éviter les doublons et responsabiliser chacun•e dans son usage du numérique. Ce n’est pas la technologie qui désorganise une association, c’est l’absence de cadre pour l’utiliser. 2. Ce que la charte doit couvrir Une charte utile se lit facilement. Elle peut aborder, de manière simple et claire : les outils et les accès : qui crée, qui administre, qui partage ; la protection des données : où elles sont stockées, qui y a accès ; la sécurité et la continuité : comment l’association reste opérationnelle si un PC tombe en panne ou si un•e clé bénévole part ; l’accessibilité et l’inclusion : s’assurer que chacun•e peut utiliser les outils choisis ; les licences et droits d’auteur : l’association doit rester propriétaire de ses contenus ; et les usages de l’IA : ne pas y verser de données confidentielles, clarifier les cas d’usage autorisés. Ces points servent à clarifier les pratiques et à protéger à la fois l’association et les personnes – dirigeant•es, bénévoles, salarié•es – en cas d’incident. En cas de perte de données ou d’usage inapproprié, disposer d’une charte partagée permet de démontrer que des règles étaient en place et connues. Une charte ou deux ? Inutile de multiplier les documents : une seule charte “Informatique & IA” suffit pour la plupart des associations. Les mêmes principes de sécurité, d’éthique et de responsabilité s’appliquent, que l’outil contienne ou non de l’intelligence artificielle. Si l’usage de l’IA se développe, on enrichit la charte plutôt que de créer un nouveau document. Pour des associations intervenant sur des sujets sensibles (vulnérabilités, discriminations, données personnelles), il est préférable d’avoir deux chartes distinctes. Cela permet : de différencier les enjeux techniques (cybersécurité, usages de l’outil informatique), et les enjeux éthiques et stratégiques liés à l’intelligence artificielle. 3. Responsabilités et sécurité : un travail collectif La charte n’est pas un document technique rédigé par “la personne qui s’y connaît”. C’est un texte de gouvernance. Elle doit être co-construite avec les personnes concernées : direction, salarié•es, bénévoles, membres du conseil d’administration. C’est cette élaboration partagée qui en fait un outil vivant. Côté sécurité, tout repose sur l’organisation. Travailler en binôme sur les tâches sensibles (comptabilité, fichiers d’adhérents, gestion des dons) assure la continuité en cas d’absence. Évitez les situations de dépendance, comme un logiciel critique installé sur un ordinateur personnel. Et privilégiez des solutions partagées et sauvegardées avec des accès encadrés. La charte comme garantie de confiance La charte n’a pas vocation à sanctionner mais à responsabiliser. En cas d’incident, elle protège autant l’association que les personnes qui la représentent : chacun•e sait ce qui doit être fait et ce qui doit être évité. Elle devient un véritable outil de bonne gouvernance entre les membres de l’équipe. 4. Comment construire sa charte Mieux vaut une charte courte, comprise et appliquée qu’un texte exhaustif jamais relu. Trois étapes suffisent pour la construire : Faire le point sur les usages : dressez la liste des outils utilisés, officiels ou non, et identifiez les risques. C’est l’occasion de discuter avec les utilisatrices et utilisateurs pour comprendre leurs pratiques et documenter les processus existants. Rédiger ensemble un premier brouillon : appuyez-vous sur vos réalités. Les modèles en ligne sont souvent inadaptés. C’est la réflexion collective qui donne du sens à la charte. Valider, diffuser, faire vivre : présentez-la, intégrez-la à l’accueil des nouveaux membres et relisez-la chaque année. Chaque adoption d’un nouvel outil peut être l’occasion de la mettre à jour. Pensez à y faire référence dans vos autres documents internes – règlement intérieur, charte des bénévoles, livret d’accueil – pour éviter la dispersion des règles. Et la documentation, dans tout ça ? La charte peut renvoyer à une fiche de documentation technique : outils utilisés, personnes référentes, accès critiques. Pas besoin d’un système complexe : une page partagée suffit. L’essentiel est de savoir où sont vos données et qui peut y accéder. C’est la base d’une gestion numérique sereine et conforme. 5. Ne pas oublier la RGPD La charte peut rappeler les obligations de protection des données sans les répéter. Prévoyez, par exemple, une révision annuelle du registre des traitements (qui collecte quoi, pourquoi, combien de temps). C’est aussi un bon moment pour vérifier que les outils choisis respectent la RGPD et que vos procédures de suppression des données fonctionnent. Ces vérifications participent de la même logique : une gouvernance claire, documentée et adaptée à la taille de l’association. 6. Une culture numérique partagée La transformation numérique des associations ne passe pas par le choix d’un outil, mais par la construction d’un cadre partagé. La … Lire la suite

Créer des supports pédagogiques pour sensibiliser aux causes associatives

Une femme anime une conférence sur l'impact positif devant une assemblée nombreuse. Derrière elle, une présentation visuelle et deux kakemonos. Image générée par IA

Lorsque son association porte un message fort, il est courant qu’on lui demande d’intervenir pour des actions de sensibilisation auprès de publics très variés : salarié·es en entreprise, élèves de tous niveaux, autres associations, élu·es… Et pour que le message passe, mieux vaut avoir un catalogue de formats d’intervention pour pouvoir répondre à ces besoins et attentes. Alors, comment s’y prendre quand on n’est pas formateur ou formatrice ? Cet article vous donnera quelques pistes pour penser et construire des interventions pédagogiques claires, engageantes et accessibles, sans perdre de vue votre mission associative. Sommaire 1. Cadrer avant d’accepter une intervention Avant de foncer tête baissée, il est essentiel de poser un cadre. Quand on sollicite votre expertise, on attend plus qu’un témoignage – vous avez le droit de poser vos conditions et protéger votre temps. Les temps “invisibles” (préparation, échanges préalables, déplacements, suivi) font partie intégrante du travail. Les valoriser, c’est aussi reconnaître la valeur de votre action. Quelques repères utiles  Intervention gratuite → format court (1h maximum), sans personnalisation, basée sur une présentation existante. Adaptation ou co-conception → facturation et devis, comme pour toute prestation professionnelle. Avant de dire oui, demandez : Quel est l’objectif pédagogique, formulé en une phrase ? Qui sera présent : public, taille du groupe, matériel disponible, accessibilité ? Quel “prochain pas” l’organisateur souhaite pour le public après l’intervention ? Poser le cadre en amont évite les malentendus et fait gagner du temps à tout le monde. Bon à savoir : activités lucratives en association, en bref Une association peut tout à fait mener des activités économiques, à condition de respecter quelques règles simples : Elle reste non lucrative si : sa gestion est désintéressée (pas de rémunération excessive des dirigeant·es), elle ne profite pas à un cercle restreint, et ses activités lucratives ne sont pas prépondérantes. 👉 En savoir plus sur le “cercle restreint” – Associathèque Les activités lucratives accessoires peuvent être exonérées d’impôts si elles respectent certaines conditions et restent sous un seuil de recettes actualisé chaque année. 👉 Détail sur le seuil d’exonération – associations.gouv.fr Pour évaluer si une activité concurrence le secteur marchand, on applique la règle des “4 P” : Produit, Public, Prix, Publicité. 👉 Repères sur la règle des 4P – Ministère de l’Intérieur Si l’activité devient prépondérante ou exercée comme une entreprise, l’association peut être soumise à l’IS, TVA ou CET. La sectorisation comptable permet parfois de limiter l’imposition au seul secteur lucratif. Bon réflexe : prévoir ces activités dans les statuts, tracer les recettes accessoires, et formaliser devis et factures lorsqu’il y a personnalisation. 👉 Guide Service-Public.fr ⚖️ À noter : je ne suis pas avocate fiscaliste – les informations ci-dessus sont des repères généraux pour mieux comprendre le cadre associatif. En cas de doute sur la fiscalisation ou la sectorisation, rapprochez-vous d’un·e expert·e-comptable ou juriste spécialisé·e en droit associatif. 2. Adapter le format et le contenu au contexte Chaque demande est différente : certaines visent à éveiller, d’autres à transformer. Plutôt que de vouloir tout faire, choisissez le format qui correspond à vos objectifs et à vos moyens. Type d’intervention Durée Objectif principal Sensibilisation courte 1h Semer une idée, éveiller la curiosité Atelier participatif 60–90 min Faire réfléchir, débattre, expérimenter Parcours en 2–3 séances Étalé dans le temps Accompagner un changement de pratiques Le bon format est celui qui respecte à la fois le message, le public et vos capacités de préparation. 3. Construire un fil conducteur clair et vivant Même la meilleure cause perd de sa force si le message se disperse. Pour capter l’attention, structurez vos interventions autour de trois piliers simples : Une accroche ancrée dans le terrain : une anecdote, une situation vécue, une statistique parlante. Trois messages clés reliés à votre objectif de sensibilisation. Une action concrète en fin d’intervention (geste symbolique, lien, ressource, engagement). Ce que les participant·es font, ils et elles s’en souviennent. Ce qu’ils et elles entendent, ils et elles l’oublient. 4. Dynamiser sans surcharger Les publics apprennent mieux quand ils participent. Pas besoin d’activités spectaculaires : quelques minutes d’interaction suffisent à ancrer le message. Idées simples à tester  Quiz express : avec des outils numériques comme Mentimeter ou Kahoot pour jouer sur le téléphone ou même à main levée Jeu ou tour de table dynamique pour casser la glace Carte mentale collective ou nuage de mots en conclusion Durée idéale : 5 à 10 minutes, avec des consignes claires et un lien explicite avec le contenu. L’interactivité sert autant à embarquer l’assistance qu’elle aide à faire comprendre votre message. 5. Concevoir des supports inclusifs et accessibles Un bon support, c’est celui qui permet à toutes et tous de suivre et de comprendre. Utilisez un langage clair, sans jargon Décrivez à l’oral les visuels essentiels Choisissez des contrastes lisibles et une police d’au moins 16 pt Prévoyez des versions imprimées, audio ou simplifiées si besoin Vérifiez en amont avec l’organisateur la présence de matériel adapté (micro, écran, siège, etc.). La participation de toutes et tous n’est pas une option. Pensez l’accessibilité dès le départ pour ne pas laisser des personnes sur le bord de la route. 6. Évaluer sans alourdir L’évaluation ne doit pas être perçue comme un contrôle mais comme une façon d’ancrer l’expérience. Pendant la séance Quiz rapide ou vrai/faux collectif Question ouverte : « Qu’est-ce qui vous a le plus surpris ? » Après la séance  Mini-quiz en ligne ou message de suivi avec une ressource complémentaire Question-clé : “Qu’est-ce que cette intervention vous a donné envie de faire différemment ?” insérée dans votre questionnaire de satisfaction Sensibiliser, c’est aussi donner envie de passer à l’action après votre départ. Pour résumer Créer un support pédagogique, ce n’est pas seulement préparer un diaporama avec des slides. C’est partager votre cause et transmettre votre engagement. Avec des exercices, des jeux, des interactions. En cadrant vos interventions, en adaptant vos formats et en construisant des supports sobres mais vivants, vous gagnez à la fois en impact et en légitimité. En sensibilisant, vous faites progresser la cause que défend votre association en … Lire la suite

Préparer un budget prévisionnel pour 2026 : les bases pour démarrer simplement

Trois personnes travaillent à la construction d'un budget associatif. Image générée par IA

En association, la construction du budget prévisionnel peut être perçue comme une épreuve hélas incontournable.  Sauf que ce n’est pas qu’une corvée comptable. C’est l’occasion de poser un cap, d’aligner l’équipe et de convaincre les financeurs que vos actions sont maîtrisées. L’objectif n’est pas de remplir un tableau pour la forme mais d’anticiper vos besoins, de hiérarchiser vos priorités et de montrer, chiffres à l’appui, que vos projets sont solides. Sommaire 1. Cadrer ce que vous voulez vraiment financer La construction du budget n’est pas un exercice solitaire dévolu uniquement à la personne en charge de la trésorerie. C’est un travail de réflexion et d’arbitrage qui doit être fait en interne avec les personnes les plus directement concernées, à commencer par les membres du bureau. Donc, bloquez un créneau dans votre calendrier pour travailler le budget. Avant d’ouvrir un tableur, commencez par définir collectivement ce que vous voulez vraiment financer en 2026. Quels sont les objectifs concrets de l’année à venir ? Quels projets sont prioritaires ? Qu’allez-vous mettre en pause pour ne pas vous disperser ? 💡 Règle d’or : pas plus de dix grandes catégories budgétaires. Il sera toujours temps ensuite, si besoin, de ventiler poste par poste pour plus de lisibilité. Bon à savoir Distinguez bien les charges fixes de fonctionnement et les dépenses directement liées aux projets. Cela vous permettra le cas échéant de construire des budgets par projet. 2. Construire un budget à l’équilibre Les financeurs exigent un budget présenté à l’équilibre, c’est-à-dire que le total des recettes doit être égal au total des dépenses. Ce n’est pas qu’une contrainte : cela vous oblige à vérifier la cohérence de vos projets avec vos moyens réels. Les recettes : subventions, cotisations, dons, ventes, partenariats. Les dépenses : fonctionnement, activités, communication, outils, frais RH. 💡 Bonne pratique : travaillez avec trois hypothèses plutôt qu’un seul chiffre. Un scénario “bas” (pessimiste), un “médian” (le plus probable) et un “haut” (optimiste). Le scénario bas permet tout juste de réaliser l’action. Il ne prévoit pas de marge de manoeuvre. C’est le budget le plus brut. Le scénario médian ajoute un peu de souplesse pour faire face à des aléas raisonnables ou pour améliorer légèrement la qualité. Le scénario haut est celui que l’on présente aux financeurs. Il porte l’ambition complète et inclut des sécurités réalistes, sans gonfler artificiellement les postes. Côté contenus, restez simple et honnête dans vos hypothèses de recettes et de dépenses. Si vous n’avez pas d’historique, soyez prudente ou prudent sur les recettes. Mieux vaut une bonne surprise qu’une mauvaise ! Les scénarii bas et médian vous aideront à vous positionner au cours de l’année et à ajuster si besoin vos dépenses. 3. Chercher des pistes pour équilibrer Si vos dépenses dépassent vos recettes, plusieurs solutions existent avant de réduire vos actions : Envisager un mécénat supplémentaire : entreprises locales, fondations, partenaires habituels. Prévoir une campagne de dons ou de crowdfunding  Développer une activité accessoire liée à vos missions comme d’animer une session de sensibilisation, d’organiser un atelier ou d’éditer les actes de vos journées de réflexion Et si vous disposez de réserves, en affecter une partie au financement de votre fonctionnement. 💡 Le temps où les associations ne s’appuyaient que sur les financeurs publics est dépassé. Diversifiez vos sources de financement et mettez en avant leur complémentarité. 4. Créer votre trame de budget (modèle tableur) Plutôt que de remplir chaque fois un modèle différent selon les financeurs, gagnez du temps en créant votre propre trame sur tableur (Google Sheets, Excel ou LibreOffice) dès maintenant, conforme au plan comptable associatif. Ce modèle vous servira d’année en année et simplifiera ensuite toutes vos demandes de subvention. 💡 Commencez par reprendre la structure officielle : charges d’un côté et produits de l’autre, avec les numéros de comptes correspondants. Exemples de rubriques principales à intégrer : Charges (classe 6) : 60 – Achats 61 – Services extérieurs (loyer, communication, etc.) 62 – Autres services extérieurs (assurances, honoraires) 64 – Charges de personnel 65 – Autres charges de gestion courante Produits (classe 7) : 70 – Ventes et prestations de services 74 – Subventions d’exploitation 75 – Dons, cotisations, mécénat Avant de tout saisir, tracez les grandes lignes de dépenses sur un brouillon pour être sûr·e de ne rien oublier : activités, communication, outils, fonctionnement, etc. Puis remplissez votre tableau prévisionnel à partir de ces postes. Et n’oubliez pas : en pied de compte de résultats, il est possible d’intégrer les apports en nature (mise à disposition, bénévolat valorisé, prestations offertes…). Je reviendrai sur ce point en détail dans un prochain article consacré à la valorisation des contributions non financières. Résultat : un modèle propre à votre association, conforme et évolutif, que vous pourrez actualiser chaque année sans tout recommencer. La bonne pratique ? Inspirez-vous du modèle CERFA pour créer le vôtre. Toutes les rubriques y seront. Deux modèles existent : le budget général de fonctionnement et le budget par projet. En résumé Préparer un budget prévisionnel, c’est surtout : savoir où vous allez, équilibrer vos moyens et vos ambitions, impliquer vos membres dans les décisions, et utiliser un modèle conforme dès le départ pour ne pas perdre de temps au moment des demandes de financement. Si vous avez besoin d’aide pour construire votre recherche de fonds, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre une heure d’échanges pour parler de vos attentes. Je réserve mon rendez-vous découverte