Début décembre, beaucoup d’associations se posent la même question : « Qu’est‑ce qu’on fait pour Noël cette année ? »
Autour de vous, vous voyez des collectes de jouets, des marchés de Noël solidaires, des spectacles de fin d’année, des campagnes de dons tous azimuts.
Sur le papier, cela donne envie. Dans la réalité, vos équipes sont parfois déjà fatiguées, vos bénévoles moins disponibles et votre fin d’année est possiblement déjà chargée en bilans, assemblées générales ou clôtures de projets.
Alors, est‑ce qu’il est vraiment nécessaire d’organiser quelque chose à Noël ?
Ce qui suit vous propose plutôt de prendre le temps de décider, puis, seulement si c’est pertinent pour vous cette année, de choisir un format réaliste.
Sommaire
Trois questions pour savoir si c’est pertinent pour vous cette année
Avant de chercher une idée d’événement, il peut être utile de vous poser quelques questions simples, en équipe.
Avons‑nous le temps et l’énergie pour préparer une action supplémentaire ?
Un événement, même modeste, demande toujours :
- un minimum de préparation en amont,
- une coordination le jour J,
- et un suivi après (bilan, communication, éventuellement gestion de la trésorerie).
Si vos équipes sont déjà très sollicitées en fin d’année, ajouter une action « parce que c’est Noël » peut créer plus de tension que de bénéfices.
Vous pouvez vous demander, en toute honnêteté :
- qui serait disponible pour porter cette action,
- et ce que cela demanderait comme charge supplémentaire.
Si vous sentez que vous êtes déjà au maximum, il est légitime de décider de ne pas ajouter une couche de plus.
À quoi cette action servirait‑elle concrètement ?
La deuxième question porte sur le sens de ce que vous mettriez en place.
Souhaitez‑vous surtout :
- collecter des dons pour un projet précis,
- créer du lien avec les habitantes et habitants d’un quartier,
- remercier vos soutiens,
- ou faire connaître davantage votre association ?
En formulant cet objectif de manière claire, vous pouvez vérifier si un événement de Noël est le bon moyen d’y répondre.
Parfois, une autre action, à un autre moment de l’année, sera plus adaptée à vos priorités actuelles.
Que se passe‑t‑il si nous décidons de ne rien organiser cette fois‑ci ?
Se poser aussi la question inverse peut être très utile.
- Qu’est‑ce que vous craignez si vous ne faites rien cette année ?
- Est‑ce que ce sont des attentes réelles de vos membres, de vos partenaires ou surtout une pression implicite (« tout le monde fait quelque chose à Noël ») ?
- Est‑ce que ce choix vous permettrait au contraire de préserver vos forces pour un autre temps fort de l’année prochaine ?
Décider de ne pas organiser d’événement à Noël peut être un choix réfléchi, au service du bien-être de votre équipe et de la qualité de vos actions.
Si vous décidez d’organiser quelque chose : des formats simples à votre mesure
Si, après ces questions, vous estimez que vous avez l’envie et la capacité de mettre en place une action de Noël, l’enjeu devient alors de choisir un format réaliste, adapté à vos moyens.
L’idée n’est pas de copier de grandes campagnes nationales mais de partir de ce que vous avez déjà : un local, quelques bénévoles, un réseau de voisinage ou de partenaires de proximité.
Dans vos locaux : des moments conviviaux qui créent du lien
Si votre association dispose d’un local, même modeste, vous pouvez imaginer des formats simples, centrés sur la convivialité.
Quelques pistes possibles :
Un atelier « fabrique de cadeaux solidaires »
Par exemple : confection de cartes de vœux, réalisation de petits objets à partir de matériaux de récupération, préparation de décorations de Noël.
Les participantes et participants peuvent faire un don libre, ou acheter certains objets au profit de l’association.
Un goûter solidaire ou un café de quartier
L’association ouvre ses portes pendant un temps défini, autour d’une boisson chaude et de gâteaux.
C’est l’occasion de faire connaître vos actions, de rencontrer les habitantes et habitants, et de proposer une participation libre pour soutenir un projet précis.
Dans tous ces cas, il est possible de garder une échelle raisonnable, en limitant le temps de préparation, le nombre de personnes accueillies et en s’appuyant sur les ressources déjà disponibles.
Avec des partenaires de proximité : s’appuyer sur l’existant
Si vous n’avez pas de local adapté, ou si vous souhaitez toucher un autre public, vous pouvez vous tourner vers les commerces ou événements déjà en place.
Quelques exemples :
Emballer des cadeaux dans un commerce contre don libre
Une librairie, un magasin de jouets, un concept‑store ou un autre commerce peut accepter que vous proposiez l’emballage des cadeaux en échange d’un don au profit de l’association.
Cela permet de vous rendre visible et de rencontrer des personnes qui ne vous connaissaient pas encore.
Organiser un vide‑grenier ou un mini‑marché solidaire « spécial cadeaux de Noël »
L’idée peut être de collecter des objets en bon état, des livres, des jeux, puis de les proposer à prix modeste au bénéfice de l’association.
C’est une manière de participer à un Noël plus sobre, tout en générant des ressources.
Tenir un corner solidaire dans un événement déjà existant
Plutôt que de monter un événement de toutes pièces, vous pouvez demander à disposer d’un espace dans un marché de Noël municipal, une fête d’école ou un autre rendez‑vous local.
Vous y présentez vos actions, proposez une petite animation, une mini‑vente solidaire ou une collecte.
Dans ces formats, l’enjeu est de clarifier le cadre avec vos partenaires (horaires, modalités de présence, gestion des dons) et de rester sur quelque chose de compatible avec les forces de votre association.
Si vous choisissez de ne rien organiser, ce n’est pas « ne rien faire »
Décider de ne pas lancer un événement de Noël ne signifie pas que vous laissez la période passer sans un mot.
Vous pouvez choisir de concentrer votre énergie sur un message de remerciement soigné, plutôt que sur la logistique d’une action supplémentaire.
Une piste possible est de préparer un message qui :
- dit merci à vos bénévoles, partenaires et donatrices et donateurs,
- met en avant un « top 5 » de ce que leur concours a permis au cours de l’année écoulée.
Cela peut prendre plusieurs formes :
- un courriel envoyé à vos soutiens,
- une lettre d’information,
- une publication sur votre site ou vos réseaux,
- ou une partie de votre rapport d’activité si le calendrier s’y prête.
Pour éviter la confusion avec l’envoi des vœux, vous pouvez :
- soit envoyer ce message de remerciement avant les vœux, en le centrant sur l’année qui vient de s’écouler,
- soit décider de transformer vos vœux en remerciements, en y intégrant ce top 5 plutôt qu’une simple formule générale.
Par exemple :
- cinq actions réalisées grâce à leur soutien,
- cinq moments marquants vécus par l’association,
- ou cinq changements concrets pour les personnes accompagnées.
L’essentiel est de rester au plus près du réel : montrer ce que leur engagement a changé plutôt que multiplier les formules toutes faites.
Et à distance ? Une campagne de dons simple et bien cadrée
Si votre association ne peut pas organiser d’événement en présentiel mais souhaite tout de même profiter de la période pour solliciter des dons, vous pouvez envisager une campagne courte à distance, avec quelques paliers très concrets.
Par exemple :
- 20 € permettent de financer…
- 50 € permettent de soutenir…
- 100 € permettent de couvrir…
L’idée n’est pas de lancer une campagne massive, mais de formuler un message clair, sur un canal choisi (site, lettre d’information, un réseau social principal), pendant une période limitée.
Là encore, la clarté de l’objectif et des montants peut compter autant que l’ampleur de la campagne.
En résumé
Rien ne vous oblige à organiser quelque chose à Noël pour montrer que votre association est dynamique et engagée.
Vous pouvez :
- décider qu’un événement de fin d’année a du sens pour vous et choisir un format simple, adapté à vos moyens,
- ou décider de ne pas ajouter de charge supplémentaire et concentrer votre attention sur un message de remerciement clair et incarné.
Dans les deux cas, l’enjeu est le même : rester aligné·e avec vos ressources réelles, vos priorités et la manière dont vous souhaitez prendre soin des personnes qui font vivre votre association.
Et si vous ne vous retrouvez pas autour d’une bûche, vous vous retrouverez autour d’une galette…
Si vous avez besoin d’aide pour penser vos événements associatifs, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre une heure d’échanges pour parler de vos attentes.