En janvier 2025, je faisais comme beaucoup. Je testais l’IA par curiosité. Je posais des questions à ChatGPT. J’essayais des prompts vus sur LinkedIn. Je générais des visuels approximatifs, sans vraie méthode, sans cadre clair.
En décembre 2025, j’animais des ateliers sur la création de visuels avec Gemini et la conception de présentations avec Gamma. J’accompagnais des équipes associatives dans l’adoption cadrée de l’IA. J’avais une méthode documentée, un cadre explicite, une pratique assumée et transmissible.
Ce qui a changé entre janvier et décembre n’a rien à voir avec la découverte d’un eldorado numérique. Ce qui a changé, c’est une méthode. Et surtout, le bon timing.
En 2025, les outils ont mûri. Les usages se sont démocratisés. L’IA est sortie du stade de l’outil brillant ou de la solution miracle pour devenir un levier opérationnel concret, à condition de l’utiliser avec discernement.
Ce parcours est aussi celui que je propose aujourd’hui aux associations que j’accompagne. Une adoption progressive, cadrée et utile de l’IA, sans jargon ni paillettes.
Voici comment je suis passée de la curiosité à la transmission en quelques mois. Et comment une association peut s’engager dans la même démarche en 2026, sans s’épuiser ni se perdre.
Sommaire
1. Le point de départ : un besoin douloureux, urgent et reconnu
Je n’ai pas commencé par me dire que je devais « me former à l’IA ». Je ne me suis pas réveillée un beau matin avec l’objectif en tête de devenir une crack de l’IA.
J’ai commencé par un problème très concret qui me faisait perdre un temps considérable chaque semaine. Et que j’enrageais de ne pas pouvoir résoudre.
Le déclic : les notes de réunion
Mon problème était simple et récurrent. Prendre des notes pendant les réunions, relire des verbatims incomplets, reformuler pour que ce soit compréhensible, extraire les décisions et les actions. Tout retaper pour que ce soit propre. Des heures de travail à faible valeur ajoutée.
À l’été 2025, Notion a lancé une fonctionnalité de notes de réunion automatiques. L’outil enregistre, transcrit et synthétise les échanges.
J’ai testé. La qualité était au rendez-vous. Le gain de temps était immédiat.
C’est à ce moment-là que j’ai compris que l’IA n’était plus une promesse abstraite. Elle répondait à un besoin opérationnel précis, ici et maintenant. Et que j’étais prête à l’adopter.
Le message clé pour les associations
Ne vous formez pas à l’IA « parce qu’il faudrait s’y mettre ».
Commencez par identifier vos besoins douloureux. Ceux qui épuisent vos équipes, ralentissent vos projets ou mobilisent inutilement de l’énergie bénévole.
Ensuite seulement, posez la question : est-ce que l’IA peut y répondre aujourd’hui, de façon fiable et sécurisée ?
La formation vient après. Pas avant.
2. Se former pour voir clair, pas pour devenir experte technique
Une fois ce premier déclic passé, j’ai compris que je ne pouvais pas avancer à l’aveugle. Il me fallait une base solide pour comprendre ce que je faisais, ses limites et ses risques.
Je ne cherchais pas à devenir développeuse ou spécialiste technique. Je voulais comprendre suffisamment pour faire des choix éclairés.
Se former aux fondamentaux
J’ai commencé par me former aux bases de l’IA : comprendre comment fonctionnent les modèles de langage, identifier leurs biais et leurs limites, poser les questions d’éthique et de confidentialité des données, apprendre à rédiger des prompts efficaces.
De nombreuses formations gratuites existent, notamment via des MOOC, des webinaires ou des acteurs du monde associatif. L’essentiel est d’acquérir un regard critique, ni naïf ni fasciné.
Ces formations m’ont permis de comprendre plusieurs points essentiels.
L’IA peut inventer des sources. Elle reproduit les biais de ses données d’entraînement. Elle ne comprend pas le sens, elle prédit des mots. Et la confidentialité des données n’est jamais garantie par défaut.
Temps investi : Entre 1 et 2 heures par semaine pendant quelques semaines (webinaires, vidéos YouTube, modules en ligne à mon rythme).
Coût : Des ressources gratuites sont largement disponibles.
Ces formations m’ont donné la confiance nécessaire pour expérimenter sans me raconter d’histoires.
3. Expérimenter, se tromper et apprendre à poser un cadre
La théorie ne suffit pas. C’est en pratiquant que j’ai réellement appris.
Pourquoi j’utilise plusieurs outils
Plutôt que de me limiter à un seul modèle, j’ai choisi d’en utiliser plusieurs, chacun pour des usages différents :
- Gemini pour la création de visuels et l’identité graphique (version gratuite)
- ChatGPT pour le brainstorming, la structuration d’idées et l’exploration de scénarios (version gratuite)
- Notion AI pour l’écriture, directement dans mon espace de travail (fonctionnalité payante)
Un seul outil, c’est un seul angle de vue. Comparer plusieurs réponses permet de garder du recul.
Coût réel : Seul Notion AI est payant dans mon usage quotidien. Les versions gratuites de ChatGPT et Gemini suffisent pour la plupart de mes besoins.
Les ratés du début
Les premières semaines ont été chaotiques.
Des visuels incohérents. Des textes trop génériques, qui « sonnaient IA ». Des sources parfois inventées. Et des essais d’outils peu convaincants.
C’est souvent à ce stade que les associations se découragent. Trop d’outils. Trop de discours contradictoires. Pas de cadre clair.
La règle qui a tout changé : la mise en concurrence
Aujourd’hui, quand j’ai un doute :
- je pose la même question à plusieurs outils,
- je compare les réponses,
- je vérifie systématiquement les sources,
- et je garde la main sur le fond.
L’IA me fait gagner du temps. Elle ne décide jamais à ma place.
J’aime bien dire que l’IA est mon stagiaire : un peu fou fou, plein de bonne volonté mais pas toujours opérationnel. Il faut le cadrer, vérifier son travail et ne jamais lui confier le volant seul.
4. Documenter sa méthode pour ne pas se perdre
À force d’expérimenter, une évidence s’est imposée. Poser des règles est impératif.
Mes règles éditoriales
J’ai documenté ma méthode dans mon outil de travail, avec des règles claires :
- mon ton et mes valeurs,
- mon style d’écriture,
- les formulations à éviter,
- les règles de relecture et de vérification.
À chaque utilisation, l’IA travaille dans ce cadre. Résultat : les contenus sont alignés, cohérents et exploitables.
Le bon timing d’adoption
J’ai aussi appris à accepter que tous les outils ne soient pas mûrs au même moment. Certaines fonctionnalités sont bancales au printemps et fiables à l’automne.
2025 a marqué un vrai tournant. Les usages sont devenus accessibles. Pas parfaits mais suffisamment stables pour un usage professionnel.
5. Utiliser l’IA comme outil critique
Régulièrement, je demande aux outils d’analyser ma propre pratique. Sans complaisance.
Je leur soumets mes méthodes et mes contenus et je leur demande d’identifier :
- mes angles morts,
- mes biais,
- les points à améliorer.
Je compare ensuite leurs analyses. L’IA devient un partenaire critique. J’ai fait en sorte de lui préciser que je ne cherchais pas un laquais obséquieux qui dise “amen” à chacune de mes propositions.
Ainsi, j’ai fait relire le brouillon de cet article par l’IA de Notion qui a soulevé trois points critiques dans la première version et m’a amenée à préciser ma pensée…
6. Quand transmettre devient possible
À l’automne, j’ai franchi une nouvelle étape. J’ai commencé à transmettre ce que j’avais structuré.
J’ai animé des ateliers pratiques sur :
- la création de visuels avec Gemini,
- la conception de présentations avec Gamma.
À chaque fois, les freins exprimés par les associations étaient les mêmes. Peur de mal faire. Doutes éthiques. Manque de temps. Impression que l’IA n’est « pas pour elles ».
En partant de besoins concrets, en posant des règles claires et en expérimentant ensemble, ces freins tombent.
Pourquoi cette approche est nécessaire pour les associations
Selon l’étude nationale menée en 2025 par Solidatech et Recherches & Solidarités sur la place du numérique dans le projet associatif, seules 18 % des associations utilisent aujourd’hui l’IA, et 26 % des associations employeuses.
Les principaux freins identifiés sont les craintes éthiques et de confidentialité, le manque de compétences et le manque de temps.
Le problème n’est donc pas l’intérêt pour l’IA.
Le problème, c’est l’absence de cadre rassurant et opérationnel.
C’est aussi la question du shadow IT : des outils adoptés individuellement, sans validation collective, qui finissent par créer des silos et des risques. J’en parle en détail dans mon article sur la charte informatique et IA.
Une feuille de route simple en 4 étapes
Si votre association souhaite s’engager dans un usage cadré de l’IA en 2026, voici la méthode que je recommande.
1. Identifier un besoin douloureux concret
Par exemple la rédaction de comptes rendus, la création de visuels ou la préparation de présentations.
2. Se former aux bases
Comprendre le fonctionnement, les limites, les biais et les enjeux éthiques. Quelques heures par semaine suffisent.
Ressources disponibles : De nombreuses formations gratuites existent (MOOC, webinaires, acteurs associatifs).
3. Expérimenter avec un cadre
Comparer les outils (mise en concurrence), vérifier les sources, documenter les pratiques, garder la main sur les décisions.
Et surtout : protéger vos données. Ne jamais entrer de données personnelles (noms, emails, visages, informations sensibles) dans un outil IA gratuit. Pour approfondir ces questions de gouvernance et de RGPD, consultez mon article sur la charte informatique et IA.
4. Capitaliser et transmettre
Formaliser ce qui fonctionne et le partager avec l’équipe.
La transparence fait partie intégrante de cet usage responsable. Je mentionne systématiquement l’usage de l’IA pour mes visuels et tous mes contenus sont retravaillés, vérifiés et validés par mes soins.
Temps réaliste : 6 mois de la découverte à une maîtrise avancée, à raison de 1 à 2 heures par semaine. Mais les premiers gains sont visibles dès le premier mois.
Et si votre association n’a pas ce temps
Six mois pour structurer une méthode complète, ce n’est pas réaliste pour toutes les associations. Et c’est normal.
C’est précisément pour cette raison que j’ai structuré des ateliers flash dédiés aux associations. L’objectif n’est pas de « faire de l’IA », mais de gagner du temps, sécuriser les pratiques et soulager les équipes sur des tâches concrètes.
Je n’accompagne pas les associations qui veulent suivre une tendance.
J’accompagne celles qui veulent des résultats opérationnels, sans mettre en difficulté leurs valeurs ni leurs équipes.
Si votre association souhaite adopter l’IA de manière concrète et cadrée, vous pouvez découvrir le format des ateliers Flash et réserver un premier échange.
Si vous avez besoin d’un accompagnement numérique, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre une heure d’échanges pour parler de vos attentes.