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Tester les outils IA avant de les adopter : indispensable ou perte de temps ?

“Je crois qu’on aurait mieux fait de le tester avant.”

Cette phrase revient souvent une fois l’abonnement payé ou le logiciel installé.

Dans beaucoup d’associations, un·e bénévole ou salarié·e découvre un outil, l’essaie sur une version gratuite ou freemium puis l’adopte sans qu’un vrai cadrage collectif n’ait eu lieu.

Ce n’est pas une erreur : simplement le signe qu’il n’existe pas encore de référent numérique ni de charte informatique pour guider les choix.

Résultat : les outils s’accumulent, parfois pour le même usage, sans vision d’ensemble. On applique le réflexe bien connu : “Un besoin = un outil.”

Mais sans stratégie, on se retrouve vite avec quatre logiciels pour la même tâche et des heures perdues à synchroniser des données.

Sommaire

    1. Avant de tester : savoir ce qu’on teste

    Sous l’étiquette “IA”, on trouve aujourd’hui un peu de tout. Avant de se lancer, il est utile de savoir à quoi on a affaire :

    Type d’outilExempleFinalité principale
    Outil “boosté à l’IA”Suite bureautique avec assistant intelligentL’IA améliore certaines fonctions mais l’outil reste classique.
    Outil de génération IAChatGPT, Gemini, Claude, Mistral…L’IA crée du contenu (texte, image, données).
    AutomationMake, Zapier, n8nAutomatise des tâches répétitives, sans “intelligence” propre.

    💡 Tout ce qui brille n’est pas de l’IA. Avant d’ajouter un nouvel outil, demandez-vous si une simple automatisation ne suffirait pas.

    2. Quand la bonne volonté ne suffit plus

    Prenons un cas réel :

    La gestion des adhésions d’une association était répartie entre HelloAsso, un CRM, un fichier Excel (parce que la présidente ne voulait pas toucher au CRM) et le logiciel de comptabilité.

    Trois personnes différentes géraient ces données.

    Résultat : des doublons, des oublis et beaucoup de temps perdu à simplement vérifier que tous les outils avaient bien les mêmes données.

    Parce que les outils avaient été mis en place selon les besoins de ces différentes personnes à des moments différents.

    Le fichier Excel était l’outil historique auquel était habituée la présidente. HelloAsso avait été installé pour faciliter le règlement par carte des adhésions, le CRM pour fusionner les différents fichiers Excel (adhérents, sympathisants, bénévoles, mécènes) et le logiciel de compta pour digitaliser la trésorerie quand l’association avait commencé à recevoir des subventions.

    Et à aucun moment ne s’était posée la question du dialogue entre ces outils. Aucune coordination entre les équipes et entre les outils. 

    Tester avant d’adopter permet justement d’éviter ce genre de dérive.

    3. Pourquoi tester : choisir en toute connaissance de cause

    Le test n’est pas une formalité ou une étape que l’on peut allègrement zapper. C’est un moyen de dépasser l’effet “waouh” d’une vidéo de démonstration.
    Il permet de voir si l’outil correspond à votre réalité associative : vos usages, vos moyens humains, vos valeurs et vos contraintes.

    Un test bien mené permet de vérifier :

    • si l’outil répond réellement au besoin identifié ;

    • s’il s’intègre à vos pratiques existantes ;

    • si son coût, ses conditions d’accès et sa gestion des données respectent votre façon de fonctionner.

    Tester, c’est agir avec méthode plutôt que par réflexe.
    Et c’est aussi un signe de bonne gouvernance : décider collectivement, plutôt que de se retrouver avec une collection d’outils inutilisés et des dépenses mal maîtrisées.

    Tester, c’est un peu comme recruter un nouvel outil : on vérifie qu’il s’intégrera bien à l’équipe.

    4. La grille de test en cinq volets

    Avant tout, vérifiez que les outils déjà installés n’offrent pas déjà la fonctionnalité recherchée.

    Ensuite, évaluez l’outil selon ces cinq critères :

    VoletQuestions à se poser
    UsageL’outil répond-il clairement au besoin ? Est-il simple à prendre en main ? Faut-il former les utilisateurs et utilisatrices ?
    Interopérabilité*L’outil peut-il dialoguer avec d’autres logiciels que vous utilisez déjà (par intégration directe, via Zapier ou une clé API) ? Peut-il remplacer ou compléter un outil existant sans créer de doublons ?
    DonnéesOù vont les informations ? Est-ce conforme au RGPD ? Peut-on récupérer ou supprimer facilement les données ?
    Accessibilité et inclusionL’outil fonctionne-t-il avec la lecture vocale ? Est-il utilisable sur mobile ? L’interface est-elle claire ?
    PérennitéQuel est le coût total (abonnement, temps, formation) ? Que se passe-t-il si l’on arrête ? Existe-t-il un support fiable ?
     

    Concrètement, partagez une grille avec ces questions ou d’autres qui seront plus pertinentes pour votre association. Et comparez les retours avec une notation : on évalue sur des faits, pas sur des impressions. 

    * L’interopérabilité désigne la capacité d’un outil à communiquer ou échanger automatiquement des données avec d’autres logiciels. C’est ce qui évite les copier-coller manuels.

    5. Constituer un mini comité de test

    Tester à plusieurs, c’est tester plus juste et sans avoir un unique son de cloche.

    Un petit groupe de 4 à 5 personnes suffit :

    • la personne qui propose l’outil, avec un argumentaire clair : ce qui est fait aujourd’hui et ce que l’outil améliorerait ;

    • la personne référente numérique ou IT ;

    • la personne autorisée à engager les dépenses ;

    • et bien sûr, celles et ceux qui utiliseront réellement l’outil.

    Cette composition garantit un regard équilibré entre vision, usage et faisabilité.

    6. Et après le test ?

    Tester ne sert à rien si les observations ne sont pas partagées.

    Il faut documenter et débattre : ce qui a bien fonctionné, ce qui a posé problème et les conditions d’un éventuel “feu vert”. Et gardez une trace pour éviter que de nouvelles équipes dans quelques mois se lancent dans le même test !

    Un compte-rendu concis et une analyse détaillée des attentes et des fonctionnalités est un plus. Les grilles de test seront à joindre à ce compte-rendu (traçabilité).

    Souvenez-vous. Les outils boostés à l’IA évoluent vite. Et ce qui n’était pas possible avec la V1 peut l’être devenu avec la V2.

    Parfois, le meilleur résultat d’un test, c’est de conclure qu’il ne faut pas y aller.

    Comme un essayage : si on se sent à l’étroit, on n’achète pas.

    En résumé

    • La digitalisation d’une association doit se penser globalement, pas outil par outil.

    • “Un besoin = un outil” n’est pas une vérité numérique.

    • Tester avant d’adopter, c’est faire preuve d’anticipation et de cohérence.

    • Et un bon test n’évalue pas seulement la technique : il vérifie comment l’outil sera accueilli et utilisé.

    Parce qu’un outil bien choisi simplifie la vie de l’équipe. Un outil choisi dans l’urgence la complique durablement…

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