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Quand le jeu devient un véritable outil de travail associatif

Jeu pédagogique en association. Une femme aux cheveux violets bouclés anime un atelier dans une salle associative lumineuse. Elle se tient entre un tableau couvert de post-it colorés et un ordinateur affichant un quiz composé de cartes et d’icônes. Image générée par IA.

Exemple de jeu pédagogique en association : Chaque personne recevait un post-it avec une consigne très simple : « Dessine-moi un handicap. » Quelques minutes plus tard, les dessins étaient positionnés sur un tableau. Le même symbole revenait souvent : un fauteuil roulant. Ce résultat rendait visible quelque chose que nous pouvions examiner ensemble : lorsque nous pensons au handicap, nos représentations vont spontanément vers ce qui se voit. Le jeu s’appelait « Dessine-moi un handicap » en référence au Petit Prince qui demandait le dessin d’un mouton. Sans matériel sophistiqué, il ouvrait un véritable espace de travail sur les représentations, les stéréotypes et les discriminations. J’ai utilisé ce dispositif dans le cadre d’actions de sensibilisation au handicap. J’ai également conçu un quiz numérique consacré à des personnalités en situation de handicap. Les deux supports étaient très différents. Ils reposaient pourtant sur la même intention : dédramatiser le handicap pour mieux l’appréhender. Sommaire Quelques post-it pour faire apparaître les représentations « Dessine-moi un handicap » se jouait en présence. Chaque participante et participant devait représenter le handicap sur un post-it. Ceux-ci une fois ramassés étaient disposés sur un tableau. Le dispositif créait une matière collective immédiatement observable. Nous pouvions regarder les dessins, repérer ce qui revenait souvent puis nous demander ce qui était absent. Le fauteuil roulant occupait généralement une place importante. Ce constat permettait d’introduire la diversité des situations de handicap et la question des 80% de handicaps invisibles. Le tableau de post-it avait déjà préparé le terrain : les personnes avaient vu leurs propres représentations avant de recevoir l’information. C’est ce qui donnait son utilité au jeu. Il ne décorait pas l’intervention. Il faisait apparaître le point de départ du groupe. La suite dépendait de l’animation. Déconstruire nos perceptions, travailler sur la méconnaissance des situations de handicap, expliciter la différence entre handicap psychique et handicap mental… Le jeu permettait d’aborder des questions sensibles en offrant un point d’entrée moins frontal. Un quiz numérique pour changer d’échelle Toutes les actions ne réunissent pas un petit groupe dans une même salle. Pour sensibiliser davantage de personnes ou proposer un parcours à distance, il fallait imaginer un autre format. J’ai alors conçu un quiz numérique sur Genially. La plateforme m’a permis de créer un parcours composé de six questions autour de personnalités issues de la télévision, du divertissement, de l’histoire, des sciences, du sport et des arts. Chaque question présentait plusieurs indices puis trois réponses possibles. Une mauvaise réponse permettait de recommencer. La bonne réponse ouvrait une courte explication sur la personnalité et son parcours. Le quiz ne cherchait pas seulement à vérifier si les personnes connaissaient la réponse. Il utilisait la surprise pour déplacer le regard. Une personnalité pouvait être connue pour son œuvre, ses engagements ou ses performances sans que son handicap soit la première information associée à son identité. Ce support date de plus de cinq ans. Certaines formulations ne correspondent plus à celles que j’emploierais aujourd’hui. Je ne le présente donc pas comme un modèle à reproduire tel quel. Il reste néanmoins un exemple utile de ce qu’une association peut concevoir avec un outil accessible lorsqu’elle veut proposer une sensibilisation à distance ou toucher un public plus large. Deux formats très différents pour une même intention D’un côté, quelques post-it, des feutres et un tableau. De l’autre, un parcours numérique préparé à l’avance avec des questions, des réponses et des explications. Le premier dispositif dépendait fortement de la présence du groupe et de l’animation. Le second pouvait être parcouru en autonomie et diffusé plus largement. Leur point commun ne se trouvait pas dans le matériel. Il se trouvait dans la construction pédagogique : partir des représentations ou des connaissances du public ; proposer une action simple ; faire apparaître un décalage ; apporter une information ou une explication ; ouvrir une réflexion qui dépasse le résultat du jeu. Cette logique évite de choisir un format uniquement parce qu’il semble ludique ou attractif. La première question n’est pas « quel outil pouvons-nous utiliser ? ». Elle est « qu’avons-nous besoin de faire apparaître pour pouvoir en parler ? ». Adapter le jeu à l’objectif et au contexte Une association peut vouloir sensibiliser à une discrimination, faire découvrir une réalité peu connue, déconstruire une idée reçue ou donner des repères sur sa cause. Le format dépend alors de plusieurs éléments : Le public sera-t-il réuni dans une même salle ? Combien de personnes participeront ? Le jeu sera-t-il animé ou utilisé en autonomie ? Quelle discussion doit-il rendre possible ? Quelle information devra être apportée après la réponse ? Quels moyens l’association peut-elle consacrer à la conception et à la mise à jour du support ? Un dispositif très simple peut être pertinent lorsque l’échange humain porte l’essentiel de la sensibilisation. Un support numérique devient utile lorsque l’association veut diffuser plus largement, proposer une expérience à distance ou permettre à chaque personne d’avancer à son rythme. Le numérique ne rend pas automatiquement le jeu plus riche. Il déplace le travail. Il faut préparer les contenus, vérifier les informations, écrire les retours, tester le parcours et prévoir son actualisation. À l’inverse, un jeu réalisé avec des post-it ne s’improvise pas totalement. La consigne, la manière d’accueillir les réponses et le débrief doivent être pensés avec autant d’attention que l’activité elle-même. Le jeu crée un passage Un quiz ne mesure pas à lui seul une prise de conscience. Un post-it ne transforme pas durablement une représentation. Le jeu crée un passage vers autre chose : une explication, une discussion, une ressource ou une action. Il permet parfois d’entrer dans un sujet sensible avec moins de distance entre la personne qui anime et celles qui participent. Cette entrée doit rester respectueuse. Le jeu ne doit pas piéger, humilier ou réduire les personnes concernées à un diagnostic. Sur un sujet comme le handicap, la mécanique ludique reste au service du message et non l’inverse. Lorsque je repense à ces deux supports, je ne retiens donc pas d’abord les post-it ou Genially. Je … Lire la suite

Avant de construire un plan de formation bénévole, posez-vous la bonne question : pour quoi faire ?

Plan de formation bénévole - Un personnage féminin aux cheveux violets se tient dans l'embrasure d'une porte, les bras croisés. A côté d'elle un plan d'architecte froissé. Image générée par IA

Votre association a-t-elle vraiment besoin d’un plan de formation bénévole ? Une bénévole part au bout de trois mois. Le premier réflexe : on ne l’a pas assez formée. Alors on construit un plan de formation. Deux ans, six modules, trois niveaux de compétences. Parfois parce qu’un financeur le demande dans un appel à projet. Sur le papier, c’est solide. Sauf que dans la vraie vie, vos bénévoles restent six mois. Parfois trois. Et votre beau plan tombe tout bonnement à l’eau. Parce qu’il n’est ni adapté, ni réaliste. Et il est temps d’en parler franchement. Sommaire Ce qui marche dans les autres assos… Ne marchera pas forcément dans la vôtre ! Le réflexe est compréhensible : si les bénévoles partent, c’est qu’on ne les forme pas assez. Donc il faut un plan de formation. Et quand un dossier de subvention demande explicitement un volet formation, le réflexe se renforce. Mais posez-vous la question autrement : est-ce que vos bénévoles partent parce qu’ils manquent de compétences ? Ou parce qu’ils manquent de cadre, de sens, de reconnaissance ? Dans beaucoup d’associations, le vrai problème n’est pas la formation. C’est l’accueil qui n’existe pas. C’est la fiche de mission qui n’a jamais été rédigée. C’est la personne bénévole qui, au bout de trois semaines, ne sait toujours pas ce qu’on attend d’elle. Rajouter un plan de formation là-dessus, c’est mettre un emplâtre sur une jambe de bois. Lire aussi : Fidéliser vos bénévoles grâce à une reconnaissance qui se voit et qui se vit Penser le bénévolat avant de penser la formation Toutes les associations n’ont pas les mêmes besoins. Et la réponse « il faut former » n’est pas universelle. Tout dépend d’une question simple : de quel type d’engagement avez-vous besoin ? Vous avez besoin de bénévoles au long cours C’est le cas si vos missions demandent de la continuité : accompagnement de personnes, gestion de projet, animation régulière. Alors oui, la formation a du sens. Mais pas tout de suite. D’abord, posez les fondations : Un accueil qui sécurise les premiers pas – un livret, même simple, avec l’essentiel (Lire : Charte du bénévolat) Une mission claire – une fiche d’une page qui dit ce qu’on attend (Lire : La fiche de mission bénévole) Un point à deux ou trois mois – un échange informel pour savoir ce qui fonctionne et ce qui manque Si vos bénévoles partent avant trois mois, commencez par là. La formation viendra après, naturellement, quand le cadre sera posé. Lire aussi : Formez vos bénévoles sans y passer des heures Et si votre association a les deux profils ? C’est fréquent. L’important est justement de ne pas appliquer la même réponse aux deux. Vous avez besoin de coups de main ponctuels C’est le cas si vos missions sont courtes : un événement, une collecte, un coup de main logistique. Là, la question n’est pas « comment former » mais « comment organiser ». Une fiche claire, un briefing de vingt minutes, une personne référente à qui poser des questions. C’est tout. Pas besoin d’un plan sur deux ans pour quelqu’un qui vient trois samedis. Et c’est tout à fait respectable. En 2025, 21 % des Françaises et Français de 15 ans et plus sont bénévoles dans une association – soit près de 12 millions de personnes (Baromètre France Bénévolat/IFOP, mars 2025). Mais les formes d’engagement évoluent : plus courtes, plus ciblées, moins linéaires. Votre association n’a pas à forcer un modèle qui ne correspond pas à la réalité de ses bénévoles. Lire aussi : Bénévolat hors site : accueillir et fidéliser à distance Et le budget, concrètement ? Si vous décidez que la formation est pertinente pour votre association, sachez que des dispositifs existent – même sans salariées et sans accès aux OPCO (organismes de financement de la formation professionnelle, réservés aux structures employeuses) : Le Compte d’Engagement Citoyen (CEC) ouvre des droits à la formation pour les bénévoles justifiant d’au moins 200 heures d’engagement par an dans la même association. Depuis la loi du 15 avril 2024, les associations peuvent abonder le CPF de leurs bénévoles. La plateforme EVA (associations.gouv.fr) propose des modules gratuits, coconstruits avec des acteurs de l’accompagnement associatif. Les subventions FDVA financent spécifiquement la formation des bénévoles. Mais avant de chercher le financement, clarifiez ce que vous attendez concrètement de la formation. Un plan sans objectif clair, même financé, reste un plan dans un tiroir. Formation interne ou externalisée : comment choisir ? Ce n’est pas une question de principe. C’est une question de réalité. Ce que vous gardez en interne, c’est tout ce qui est spécifique à votre association : la culture, les habitudes, le fonctionnement au quotidien. Personne d’autre que vous ne peut transmettre ça. Un·e bénévole expérimenté·e qui prend vingt minutes pour montrer les ficelles à un·e nouvel·le arrivant·e, c’est souvent la meilleure formation qui soit. Concrètement, cela recouvre : L’accueil et l’intégration (présentation de l’asso, du projet, des équipes) La transmission des gestes et des pratiques propres à vos missions Le mentorat entre bénévoles Le retour d’expérience régulier Ce que vous externalisez, c’est ce qui demande une expertise que vous n’avez pas en interne. Par exemple : La comptabilité et les obligations légales de l’association La gestion de projets complexes La communication digitale ou la gestion des réseaux sociaux Les compétences techniques liées à un métier spécifique (secourisme, médiation…) Les compétences numériques avancées Le critère est simple : si c’est générique et que quelqu’un le fait mieux que vous, externalisez. Si c’est ce qui rend votre association unique, gardez-le. Et dans les deux cas, posez-vous une question avant de dépenser du temps ou de l’argent : qu’est-ce que la personne bénévole saura faire après cette formation qu’elle ne savait pas faire avant ? Si vous n’avez pas de réponse claire, ce n’est peut-être pas encore le moment. À retenir Un plan de formation n’est pas un prérequis pour bien accompagner ses bénévoles. Ce qui compte d’abord : un cadre clair, une mission comprise, une … Lire la suite

La formation des dirigeant•es d’association, une étape (trop souvent) négligée ?

Composition abstraite Formationd dirigeants association

Sommaire La formation des dirigeants d’association est une question cruciale mais malheureusement souvent reléguée au second plan quand elle n’est pas tout bonnement ignorée. Pourquoi ce constat ? Quels sont les enjeux d’une formation adaptée et comment y remédier ? Quels sont les bénéfices pour une association qui investit dans la formation de ses dirigeants ? Pourquoi la formation des dirigeants est-elle si souvent négligée ? La première réponse qui vient à l’esprit est le manque de réflexion globale sur la formation des bénévoles. Bon nombre de petites associations ne considèrent pas la formation comme une priorité. Ce qui peut se comprendre. Ces associations doivent jongler avec des ressources limitées, tant financières qu’humaines. Leurs priorités se trouvent sur le terrain, auprès de leurs bénéficiaires. Le financement des projets mobilise l’essentiel de leur énergie et de leurs ressources. La montée en compétences de leurs équipes, y compris dirigeantes, n’apparaît pas sur leur scope. Un autre facteur important est la méconnaissance des dispositifs existants pour accompagner les membres de la gouvernance dans leurs missions.  Enfin, on ne passera pas sous silence le fait que pour certaines et certains dirigeants, la bonne volonté et l’engagement suffisent pour piloter efficacement une association. Il m’est arrivé de rencontrer des personnes formidables à la tête d’associations mais qui n’avaient aucune culture d’entreprise. Or, de nos jours, pour qu’une association se développe, elle doit adopter certains codes de l’entreprise et mettre en place des outils et des process professionnels. D’autant si ce sont des associations employeuses. Pourquoi la formation des dirigeants d’association est essentielle 1. Garantir la pérennité de l’association Une gouvernance mal (in)formée peut conduire à des erreurs stratégiques, voire à des difficultés légales ou financières. Former les dirigeants permet de renforcer leur capacité à anticiper et à s’adapter aux évolutions du contexte associatif. 2. Renforcer la gouvernance et la crédibilité Une meilleure maîtrise des règles de fonctionnement associatif, des obligations juridiques et des outils de gestion renforce la transparence et la confiance des membres, partenaires et bénévoles. 3. Accompagner les mutations Les associations doivent aujourd’hui relever de nouveaux défis : transition numérique, diversification des financements, conformité avec le nouveau plan comptable associatif. Des dirigeant•es formé•es sont mieux équipé•es pour accompagner ces changements. Qui doit être formé•e et sur quels sujets ? Les profils concernés Présidents et présidentes : Pour clarifier leur rôle stratégique et assumer leurs responsabilités juridiques. Trésoriers et trésorières : Pour garantir une gestion financière rigoureuse et respectueuse des obligations comptables. Secrétaires : Pour optimiser l’organisation administrative et les procédures de prise de décision. Membres du conseil d’administration : Pour améliorer la vision stratégique et anticiper les besoins à long terme. Les thématiques essentielles Bases juridiques et comptables : Rôles, obligations, gestion financière et plan comptable associatif. Stratégie et développement : Gestion des équipes, diversification des financements, levée de fonds. Communication et influence : Strégies de communication digitale, engagement des parties prenantes. Gestion des ressources humaines : Fidélisation des bénévoles, animation des équipes salariées. Quelles formations pour les dirigeants d’association ? Formations certifiantes Certificat de Formation à la Gestion Associative (CFGA)Cette formation théorique et pratique de 35 heures, suivie d’un stage de 20 jours en association, est destinée aux bénévoles, dirigeants et salariés de l’économie sociale et solidaire Formation Responsable Associatif du CNAMDiplôme de niveau 6 (anciennement niveau II), cette formation d’un an au rythme de cinq jours par mois en présentiel couvre des domaines tels que la conduite de projet, le management, le droit associatif, la gestion financière, la gestion des ressources humaines, la gestion logistique et la communication. Formations payantes Formations spécifiques du Centre de Développement Associatif (CDA)Le CDA propose des formations sur des thématiques variées, telles que la gestion financière, la trésorerie et l’utilisation du plan de trésorerie, destinées aux dirigeants associatifs souhaitant approfondir leurs compétences en gestion. Formations en ligne Les MOOC (Massive Open Online Courses) et plateformes offrent des contenus adaptés et accessibles à distance. Même si les formations ne sont pas ciblées uniquement pour les membres bénévoles de la gouvernance, certains cours sont orientés spécifiquement vers des compétences juridiques et financières.  EVA – E-learning Vie AssociativeEVA est une plateforme de formations en ligne pour les bénévoles associatifs. Sans concurrencer les formations classiques, EVA permet de se former à la gestion associative gratuitement, à domicile et à son rythme, partout en France. Formations pratiques Le Mouvement AssociatifVous avez envie de vous former ? Plusieurs Mouvements associatifs régionaux vous permettent de trouver dans votre région des formations adaptées aux bénévoles associatifs. Avec ces quelques exemples, il est facile de trouver chaussure à son pied pour former son équipe dirigeante et professionnaliser la gestion de son association. D’autres ressources sont disponibles en particulier auprès des CRESS, les Chambres Régionales de l’Economie Sociale et Solidaire. Quels sont les risques à ne rien faire ? Ne pas former ses dirigeant•es équivaut à négliger la santé de l’association. Ces risques concernent plusieurs aspects cruciaux du fonctionnement associatif : la gouvernance, la gestion financière, les ressources humaines et l’adaptation stratégique. À court terme, cela peut provoquer des dysfonctionnements internes et une perte d’efficacité. À moyen et long terme, les conséquences peuvent aller jusqu’à la dissolution de l’association faute de ressources, de crédibilité ou d’adaptabilité. Investir dans la formation des dirigeants d’association est donc une démarche essentielle pour garantir une gouvernance éclairée, une gestion rigoureuse et une vision stratégique adaptée aux enjeux contemporains. Pour aller plus loin • 10 astuces pour former vos bénévoles• Avant de construire un plan de formation Si vous avez besoin d’aide pour former vos équipes, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre une heure d’échanges pour parler de vos attentes. Je réserve mo rendez-vous découverte