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Avant de construire un plan de formation bénévole, posez-vous la bonne question : pour quoi faire ?

Un personnage féminin aux cheveux violets se tient dans l'embrasure d'une porte, les bras croisés. A côté d'elle un plan d'architecte froissé. Image générée par IA

Votre association a-t-elle vraiment besoin d’un plan de formation bénévole ? Une bénévole part au bout de trois mois. Le premier réflexe : on ne l’a pas assez formée. Alors on construit un plan de formation. Deux ans, six modules, trois niveaux de compétences. Parfois parce qu’un financeur le demande dans un appel à projet. Sur le papier, c’est solide. Sauf que dans la vraie vie, vos bénévoles restent six mois. Parfois trois. Et votre beau plan tombe tout bonnement à l’eau. Parce qu’il n’est ni adapté, ni réaliste. Et il est temps d’en parler franchement. Sommaire Ce qui marche dans les autres assos… Ne marchera pas forcément dans la vôtre ! Le réflexe est compréhensible : si les bénévoles partent, c’est qu’on ne les forme pas assez. Donc il faut un plan de formation. Et quand un dossier de subvention demande explicitement un volet formation, le réflexe se renforce. Mais posez-vous la question autrement : est-ce que vos bénévoles partent parce qu’ils manquent de compétences ? Ou parce qu’ils manquent de cadre, de sens, de reconnaissance ? Dans beaucoup d’associations, le vrai problème n’est pas la formation. C’est l’accueil qui n’existe pas. C’est la fiche de mission qui n’a jamais été rédigée. C’est la personne bénévole qui, au bout de trois semaines, ne sait toujours pas ce qu’on attend d’elle. Rajouter un plan de formation là-dessus, c’est mettre un emplâtre sur une jambe de bois. Lire aussi : Fidéliser vos bénévoles grâce à une reconnaissance qui se voit et qui se vit Penser le bénévolat avant de penser la formation Toutes les associations n’ont pas les mêmes besoins. Et la réponse « il faut former » n’est pas universelle. Tout dépend d’une question simple : de quel type d’engagement avez-vous besoin ? Vous avez besoin de bénévoles au long cours C’est le cas si vos missions demandent de la continuité : accompagnement de personnes, gestion de projet, animation régulière. Alors oui, la formation a du sens. Mais pas tout de suite. D’abord, posez les fondations : Un accueil qui sécurise les premiers pas – un livret, même simple, avec l’essentiel (Lire : Charte du bénévolat) Une mission claire – une fiche d’une page qui dit ce qu’on attend (Lire : La fiche de mission bénévole) Un point à deux ou trois mois – un échange informel pour savoir ce qui fonctionne et ce qui manque Si vos bénévoles partent avant trois mois, commencez par là. La formation viendra après, naturellement, quand le cadre sera posé. Lire aussi : Formez vos bénévoles sans y passer des heures Et si votre association a les deux profils ? C’est fréquent. L’important est justement de ne pas appliquer la même réponse aux deux. Vous avez besoin de coups de main ponctuels C’est le cas si vos missions sont courtes : un événement, une collecte, un coup de main logistique. Là, la question n’est pas « comment former » mais « comment organiser ». Une fiche claire, un briefing de vingt minutes, une personne référente à qui poser des questions. C’est tout. Pas besoin d’un plan sur deux ans pour quelqu’un qui vient trois samedis. Et c’est tout à fait respectable. En 2025, 21 % des Françaises et Français de 15 ans et plus sont bénévoles dans une association – soit près de 12 millions de personnes (Baromètre France Bénévolat/IFOP, mars 2025). Mais les formes d’engagement évoluent : plus courtes, plus ciblées, moins linéaires. Votre association n’a pas à forcer un modèle qui ne correspond pas à la réalité de ses bénévoles. Lire aussi : Bénévolat hors site : accueillir et fidéliser à distance Et le budget, concrètement ? Si vous décidez que la formation est pertinente pour votre association, sachez que des dispositifs existent – même sans salariées et sans accès aux OPCO (organismes de financement de la formation professionnelle, réservés aux structures employeuses) : Le Compte d’Engagement Citoyen (CEC) ouvre des droits à la formation pour les bénévoles justifiant d’au moins 200 heures d’engagement par an dans la même association. Depuis la loi du 15 avril 2024, les associations peuvent abonder le CPF de leurs bénévoles. La plateforme EVA (associations.gouv.fr) propose des modules gratuits, coconstruits avec des acteurs de l’accompagnement associatif. Les subventions FDVA financent spécifiquement la formation des bénévoles. Mais avant de chercher le financement, clarifiez ce que vous attendez concrètement de la formation. Un plan sans objectif clair, même financé, reste un plan dans un tiroir. Formation interne ou externalisée : comment choisir ? Ce n’est pas une question de principe. C’est une question de réalité. Ce que vous gardez en interne, c’est tout ce qui est spécifique à votre association : la culture, les habitudes, le fonctionnement au quotidien. Personne d’autre que vous ne peut transmettre ça. Un·e bénévole expérimenté·e qui prend vingt minutes pour montrer les ficelles à un·e nouvel·le arrivant·e, c’est souvent la meilleure formation qui soit. Concrètement, cela recouvre : L’accueil et l’intégration (présentation de l’asso, du projet, des équipes) La transmission des gestes et des pratiques propres à vos missions Le mentorat entre bénévoles Le retour d’expérience régulier Ce que vous externalisez, c’est ce qui demande une expertise que vous n’avez pas en interne. Par exemple : La comptabilité et les obligations légales de l’association La gestion de projets complexes La communication digitale ou la gestion des réseaux sociaux Les compétences techniques liées à un métier spécifique (secourisme, médiation…) Les compétences numériques avancées Le critère est simple : si c’est générique et que quelqu’un le fait mieux que vous, externalisez. Si c’est ce qui rend votre association unique, gardez-le. Et dans les deux cas, posez-vous une question avant de dépenser du temps ou de l’argent : qu’est-ce que la personne bénévole saura faire après cette formation qu’elle ne savait pas faire avant ? Si vous n’avez pas de réponse claire, ce n’est peut-être pas encore le moment. À retenir Un plan de formation n’est pas un prérequis pour bien accompagner ses bénévoles. Ce qui compte d’abord : un cadre clair, une mission comprise, une … Lire la suite