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Les décisions que vous n’avez pas besoin de prendre avant le 31 décembre

Une liste de tâches à faire et le calendrier de décembre avec la date du 31 entourée en rouge. Image générée par IA

À l’approche de la fin de l’année, beaucoup d’associations ont l’impression qu’il faudrait impérativement : clore tous les dossiers, lancer les nouveaux projets, régler les tensions de gouvernance, poser la stratégie 2026… … le tout avant le 31 décembre. Entre les bilans, les dates limites de subventions, les événements de fin d’année et la fatigue accumulée, cette pression peut donner le sentiment qu’il faut tout décider tout de suite. Résultat : des choix pris à chaud, dans un contexte où les équipes sont déjà très sollicitées. Cet article propose de regarder trois types de décisions que vous pouvez tout à fait ne pas prendre avant le 31 décembre, sans mettre votre association en danger. Sommaire 1. Lancer un projet en urgence « pour utiliser les fonds » Scénario que beaucoup d’associations connaissent : une subvention est arrivée (très) tard dans l’année ou bien une partie du budget alloué à un projet n’a pas encore été consommée. La tentation est alors de : lancer une nouvelle phase de l’action en toute urgence, organiser un événement supplémentaire « avant la fin de l’année », acheter du matériel ou des prestations « pour ne pas perdre les fonds ». Sur le moment, cela peut rassurer : on a utilisé l’argent, on respecte la ligne budgétaire, on « honore » l’engagement. Mais les risques sont réels : un projet construit à la hâte, sans avoir identifié les besoins réels, des bénévoles et salarié·es encore plus épuisé·es, des bénéficiaires qui ne comprennent pas cette nouvelle action, des financeurs qui ne sont pas dupes de l’usage précipité des fonds. Ce que je recommande : Prenez les devants ! Annoncez au financeur que pour telles et telles raisons, l’action n’a pu être mise en oeuvre selon le planning convenu.  Quelques pistes : expliquer la situation : retard, contraintes, réalités du terrain, proposer un calendrier réaliste pour l’année suivante, ajuster le contenu du projet si besoin, en restant fidèle à l’esprit de la convention. C’est parfois inconfortable d’oser dire « nous préférons faire moins maintenant mais mieux, un peu plus tard ». Mais à long terme, cela construit une relation de confiance dans la transparence. 2. « Tout remettre à plat » dans la gouvernance avant les fêtes Deuxième type de décision qu’on se met souvent sur les épaules : Avant la fin de l’année, il faudrait qu’on clarifie les rôles, qu’on revoie le fonctionnement du bureau, qu’on tranche enfin telle question de gouvernance. L’intention est légitime : mettre de l’ordre, clarifier, repartir sur de bonnes bases. Mais décembre est rarement le moment le plus serein pour : ouvrir des sujets sensibles, organiser des échanges profonds sur la manière de décider, redéfinir les rôles de chacune et chacun. Les agendas sont chargés, les esprits fatigués, les émotions parfois à fleur de peau. Exit la sérénité ! Plutôt que de vouloir tout remettre à plat dans l’urgence, vous pouvez : lister les sujets de gouvernance à traiter (par exemple : rôles, réunions, décisions, information), noter en quelques mots ce qui coince aujourd’hui, fixer dès maintenant un temps dédié en janvier ou février pour en parler au calme. Préparer le terrain n’est pas du temps perdu : c’est ce qui permet de travailler la gouvernance dans de bonnes conditions, et pas uniquement « parce qu’il faut bien ». 3. Redéfinir toute la stratégie 2026 avant le 31 décembre Dernière catégorie de décisions qu’on se met parfois comme pression de fin d’année : On va profiter de la fin d’année pour repenser la totalité de la stratégie de l’association. Là encore, l’intention est positive : ne pas repartir automatiquement sur « copier‑coller 2025 », prendre du recul, ajuster le cap. Mais une bonne stratégie : se nourrit de retours d’expérience, demande du temps de réflexion, suppose des allers‑retours entre la direction, les salarié·es, le terrain, les bénévoles, les partenaires. Ce travail ne tient pas dans un seul document écrit en urgence entre deux réveillons. Vous pouvez choisir un format plus réaliste, par exemple : un premier cadrage simple début janvier (3 priorités, 3 risques, 3 ressources clés), enrichi au fil de l’année avec des retours de terrain, revisité à chaque trimestre plutôt que figé une fois pour toutes. Là aussi, décider de ne pas « tout boucler » avant le 31 décembre, c’est une forme de rigueur : vous acceptez que la stratégie soit vivante plutôt que de vous forcer à tout verrouiller trop tôt. Ce que vous pouvez faire à la place Ne pas prendre ces décisions dans l’urgence ne veut pas dire « ne rien faire ». En fin d’année, vous pouvez choisir de concentrer votre énergie sur : Clôturer quelques chantiers Nommer clairement ce que vous arrêtez, ce que vous reportez, ce que vous gardez tel quel pour l’instant. Remercier Prendre un temps pour reconnaître le travail rendu possible par les bénévoles, les salarié·es, les partenaires. Prévoir un rendez‑vous avec l’équipe Bloquer dans l’agenda de janvier : une réunion sur les projets à venir, une séance de travail sur la gouvernance, un temps de réflexion sur la stratégie. En résumé, vous n’êtes pas obligé·es de tout décider avant le 31 décembre pour être une association sérieuse et bien gérée. Vous pouvez choisir de terminer l’année en douceur et de reporter les discussions de fond après les fêtes… Si vous avez besoin d’aide pour penser votre organisation, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre une heure d’échanges pour parler de vos attentes. Je réserve mon rendez-vous découverte

Votre plan de com’ 2026 en une page

Une page de plan de communication posée sur une table. En arrière plan, une tasse de café et un ordinateur portable ouvert sur des photos. Image générée par IA

La fin d’année associative concentre tout : bilans, demandes de subventions, campagnes de dons, événements et… fatigue générale. C’est souvent à ce moment que l’idée d’un “plan de communication” refait surface. Dans beaucoup d’associations, ce plan ressemble alors davantage à une liste au Père Noël qu’à une feuille de route réaliste : on y trouve toutes les envies, tous les canaux possibles, toutes les bonnes idées… mais pas forcément le calendrier ni l’équipe pour les mettre en œuvre. Bref, vous avez beaucoup de choses à raconter et de vraies ambitions pour votre association. L’enjeu de cet article n’est pas de brider vos envies mais de vous aider à transformer cette liste au Père Noël en feuille de route utilisable au quotidien. Un plan de communication utile peut tenir sur une seule page, à condition d’être clair sur trois points : à qui vous parlez, par quels canaux, quand et comment vous vérifiez les résultats Sommaire 1. Cadrer vos publics et vos messages clés Avant de parler d’outils, la vraie question est à qui voulez‑vous vous adresser et pour dire quoi ? La tentation est grande de viser “tout le monde” mais plus votre message est large, moins il est concret. Commencez plutôt par trois publics prioritaires. Par exemple : vos adhérent·es et membres, vos partenaires et financeurs, les personnes accompagnées ou bénéficiaires. Pour chacun, notez trois éléments simples : Un objectif de communication Informer, mobiliser, rassurer, demander un soutien, inviter à un événement… Un message principal Une phrase courte que vous aimeriez que la personne retienne pour de bon. Une preuve concrète Un exemple, un chiffre, un témoignage, une histoire qui montre que votre message est puissant. Exemple pour des partenaires : Objectif : montrer que leur soutien produit des effets concrets sur le terrain. Message : “Grâce à votre appui, nous avons pu accompagner plus de X personnes cette année.” Preuve : un chiffre d’activité + une courte histoire ou une citation anonyme. Ce premier cadrage évite les contenus “tous publics” où personne ne se reconnaît vraiment. Les pièges fréquents à éviter dès le départ Vouloir parler à tout le monde → Trois publics prioritaires suffisent souvent pour commencer. Multiplier les canaux sans équipe dédiée → Mieux vaut un canal principal assumé que quatre comptes à moitié vides ou en sommeil. Confondre fréquence et qualité → Un post utile et clair par semaine vaut mieux que cinq posts sans vraie valeur. Produire des contenus sans preuve d’impact → Une preuve solide (chiffre, retour d’expérience, histoire vraie) vaut mieux qu’un long texte abstrait. Ne rien mesurer du tout → Même quatre indicateurs sobres (ouvertures, clics, contacts, adhésions/dons) changent la donne. 2. Choisir vos canaux sans vous disperser La tentation est forte d’être partout : réseau social, blog, vidéos, podcast… Sauf qu’on ne peut pas courir plusieurs lièvres à la fois ! Pour une association avec peu de moyens, il est souvent plus efficace de se concentrer sur quelques canaux stables : une newsletter courte (mensuelle ou bimestrielle), un réseau social principal (LinkedIn si vous parlez beaucoup à des dirigeant·es, partenaires et financeurs ; Facebook ou Instagram si vous ciblez surtout le grand public), une page “Soutenir l’association” à jour sur votre site. Pour chaque canal, précisez : son rôle : informer, mobiliser, remercier, rendre des comptes…, une fréquence réaliste, qui fait quoi : rédaction, relecture, mise en ligne. L’objectif pour 2026 n’est pas d’ouvrir de nouveaux comptes mais de : consolider ce qui fonctionne déjà, installer un rendez‑vous régulier (un format réutilisable chaque mois, par exemple), accepter de ne pas être partout et c’est très bien ainsi. Souvent, une communication efficace ressemble plus à un “moins mais mieux” qu’à un empilement de canaux et une dispersion tous azimuts. 3. Construire un calendrier minimal réaliste Une fois vos publics et vos canaux clarifiés, vous pouvez esquisser un calendrier minimal, sous forme de semaine type. L’idée n’est pas de remplir chaque jour à l’heure près mais d’avoir un cadre simple pour décider. Version “standard” Quand l’équipe a un peu de marge : 1 contenu de fond par semaine (article de blog ou newsletter), 2 posts sur votre réseau social principal, 1 preuve d’impact mise en avant (histoire, chiffre, retour d’expérience). Version “minimum vital” Pour les équipes très limitées en temps : 1 contenu de fond par mois, 1 post par semaine, 1 preuve d’impact par mois. Exemple de mois type Semaine 1 : mise en valeur d’un projet phare. Semaine 2 : éclairage “coulisses” ou organisation interne. Semaine 3 : focus sur les personnes accompagnées, bénévoles ou salarié·es. Semaine 4 : rappel de vos besoins (adhésions, dons, renforts bénévoles…). Ce qui compte n’est pas de tout cocher mais d’avoir un canevas qui colle à votre réalité… et que vous pourrez ajuster. 4. Quelques détails pratiques pour que le plan reste applicable Newsletter : un modèle simple et réutilisable 300 à 500 mots maximum. Deux rubriques principales, pas plus. Une preuve d’impact par numéro. Un modèle réutilisable pour ne pas repartir de zéro à chaque fois. Un circuit de validation clair : rédaction → relecture → envoi. Page “Soutenir l’association” : checklist rapide Un message clair sur ce que permet un don ou une adhésion Un formulaire intégré, un bouton ou un lien d’action visible et testé Des coordonnées simples pour poser une question. Posts sur le réseau social principal : une structure rapide une accroche claire en première ligne, une idée principale par post, un fait concret : chiffre, mini‑histoire, citation courte, un appel à l’action simple : lire l’article, s’inscrire, partager, répondre à une question… 5. Quand la liste au Père Noël devient un boulet (et comment la transformer) Vouloir communiquer sans rien oublier n’est pas un défaut en soi. Cela manque seulement de réalisme ! Quand votre plan de communication ressemble à une to-do list interminable, il y a de fortes chances qu’il termine au fond d’un tiroir (même numérique). Quelques pistes pour transformer cette liste : Commencer par la version “une page” Revenir à : objectifs, publics, canaux, semaine … Lire la suite