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Réviser ses statuts tous les ans ? Fausse bonne idée…

Un personnage féminin aux cheveux violets bouclés travaille sur les statuts d'une association. Image générée par IA

Combien d’associations culpabilisent de ne pas avoir révisé leurs statuts depuis 5 ou 10 ans ? Beaucoup trop. Réviser ses statuts n’est pas une obligation légale annuelle. Si vos statuts permettent à votre association de fonctionner, inutile d’y toucher. Mais il existe des situations concrètes où ne pas les réviser vous bloque au quotidien ou vous fait passer à côté d’opportunités importantes. Voici comment savoir si vous êtes concernés. Sommaire Non, vous n’êtes pas obligés de tout réviser chaque année La révision des statuts n’est pas une obligation légale annuelle (contrairement à l’AG ordinaire ou à la tenue des comptes) Modifier les statuts = démarche lourde : AG extraordinaire + déclaration en préfecture Si vos statuts permettent à l’association de fonctionner, laissez-les tranquilles Beaucoup d’associations fonctionnent très bien avec des statuts qui datent de leur création Bon à savoir Statuts ou règlement intérieur : quelle différence ? Avant de réviser vos statuts, posez-vous la question : est-ce que le règlement intérieur ne suffirait pas ? Les statuts définissent le cadre juridique (objet social, gouvernance, AG). Le règlement intérieur précise les modalités pratiques (qui signe quoi, organisation interne) et peut être modifié plus facilement. → Pour bien comprendre la différence et savoir lequel modifier : https://isavouszed.fr/le-reglement-interieur-pour-les-associations-tout-ce-quil-faut-savoir Sauf si vos statuts vous bloquent dans votre quotidien Voici les 5 signaux d’alerte qui montrent que vos statuts vous empêchent vraiment d’avancer : 1. Votre AG ne peut plus se tenir dans les conditions statutaires Le quorum est devenu irréaliste (ex : 50% des 80 membres alors qu’il y a rarement plus de 15 personnes présentes) La limitation du nombre de pouvoirs par personne présente est inadaptée à votre fonctionnement actuel Vous voulez tenir votre AG à distance mais vos statuts ne le prévoient pas (et depuis octobre 2021, c’est obligatoire que ce soit écrit dans les statuts) 2. Vous voulez créer un nouveau rôle de gouvernance Co-présidence, collégialité, vice-président·e, coordinatrice ou coordinateur… Ces rôles n’existent pas dans vos statuts actuels Vous fonctionnez déjà comme ça mais « dans le flou juridique » 3. Votre objet social ne couvre plus ce que vous faites Vos activités ont évolué et ne rentrent plus dans l’objet social initial Vous avez développé de nouvelles actions qui ne sont pas couvertes Votre projet associatif a pivoté mais les statuts sont restés figés 4. Vous passez à côté de financements parce que les termes exacts ne sont pas dans votre objet social C’est le cas le plus concret et le plus frustrant. Un financeur exige qu’un terme précis apparaisse dans votre objet social pour être éligible. Exemple réel : Votre objet social mentionne « lutte contre les discriminations ». Un gros financement s’ouvre mais il exige que « lutte contre les violences » soit explicitement écrit. Résultat : vous êtes inéligible même si vous faites ce travail au quotidien. Solution : réviser vos statuts pour ajouter « lutte contre les violences et les discriminations ». 5. Votre gouvernance actuelle ne correspond plus à ce qui est écrit La composition du bureau ou du CA a changé (nombre de membres, rôles) La durée des mandats ne correspond plus à votre réalité Les conditions de renouvellement sont obsolètes Quand il vaut mieux NE PAS réviser (même si vous avez identifié un problème) Attendez avant de lancer une révision si : 1. Vous êtes en pleine crise interne ou conflit de gouvernance Réviser les statuts = rouvrir des négociations et potentiellement cristalliser des tensions. Mieux vaut stabiliser d’abord. 2. Vous n’avez pas l’énergie collective pour mener le chantier Une révision bien faite demande du temps et de l’adhésion. Si vous êtes en période de creux d’énergie, reportez. 3. Une solution temporaire via le règlement intérieur peut suffire Si le problème peut être contourné ou géré par le règlement intérieur commencez par là. Vous réviserez les statuts plus tard si vraiment nécessaire. Comment réviser sans tout casser La méthode minimaliste : Étape 1 : Lister uniquement ce qui bloque aujourd’hui Pas de refonte totale « par principe ». Identifiez les 2-3 points qui vous empêchent concrètement d’avancer. Étape 2 : Créer l’adhésion au conseil d’administration Avant de lancer un groupe de travail, assurez-vous que le CA est aligné sur le besoin de révision. Sinon, vous allez perdre du temps et créer des frustrations. Étape 3 : Groupe de travail ciblé 2-3 réunions maximum. Focus sur les articles à modifier uniquement. Pas de réécriture complète. Étape 4 : Assemblée générale extraordinaire Vérifiez dans vos statuts actuels les modalités de quorum et de vote pour une modification statutaire. Anticipez le nombre de pouvoirs à collecter. Étape 5 : Déclaration en préfecture C’est obligatoire, simple et gratuit. Les nouveaux statuts ne sont opposables juridiquement qu’après cette déclaration. « Combien ça coûte vraiment ? » : En temps : 1 réunion CA pour valider le besoin : 1h30 2-3 réunions groupe de travail : 3h à 4h30 au total 1 AG extraordinaire : 2h Rédaction et déclaration : 2h Total : entre 8h30 et 10h de travail collectif sur 2-3 mois En accompagnement : Vous pouvez vous faire aider par votre réseau territorial (Maisons de la Vie Associative et Citoyenne), d’autres associations qui ont déjà fait la démarche ou par un·e consultant·e spécialisé·e. La check-list pour savoir si vous devez réviser (ou pas) 3 questions simples pour trancher : 1. Est-ce que mes statuts actuels m’empêchent de faire quelque chose d’important ? → Si non : pas besoin de réviser 2. Est-ce que le règlement intérieur peut régler le problème ? → Si oui : pas besoin de toucher aux statuts 3. Est-ce que j’ai l’énergie collective pour mener cette démarche maintenant ? → Si non : reporter la révision Réviser vos statuts n’est ni une obligation annuelle, ni une corvée à faire « parce qu’il faut ». C’est un outil de gouvernance à activer uniquement quand vos statuts vous bloquent concrètement. Avant de vous lancer, posez-vous les bonnes questions. Et si vous devez réviser, faites-le de façon ciblée et pragmatique. Si vous avez besoin d’aide pour améliorer votre organisation, un seul réflexe : prenez rendez-vous ! Je vous offre … Lire la suite

Le règlement intérieur pour les associations : tout ce qu’il faut savoir

Des plumes colorées

Le règlement intérieur est un outil souvent sous-estimé mais d’une grande utilité pour garantir une gouvernance claire et efficace dans une association. Bien qu’il soit facultatif pour la plupart des associations, il peut devenir indispensable pour structurer le fonctionnement interne et prévenir les conflits. Découvrez tout ce qu’il faut savoir pour rédiger un règlement intérieur adapté aux besoins de votre organisation. 1. Qu’est-ce qu’un règlement intérieur ? Le règlement intérieur est un document interne qui complète les statuts de l’association en précisant les modalités pratiques de fonctionnement. Contrairement aux statuts, il n’est pas soumis à des formalités administratives comme la déclaration en préfecture. Bien que non obligatoire pour toutes les associations, le règlement intérieur est requis pour certaines, comme les associations reconnues d’utilité publique, ou celles bénéficiant de subventions importantes ou employant des salarié•es. 2. À quoi sert un règlement intérieur ? Penser un règlement intérieur comme outil de gouvernance permet de structurer le fonctionnement interne et de cadrer les prises de décision. Il précise le rôle des membres du bureau, les modalités de vote, les règles de gestion financière ou encore les procédures en cas de conflit. Il clarifie le fonctionnement quotidien : adhésion, cotisations, organisation des réunions, sanctions, utilisation des ressources… Son objectif premier est d’expliciter le fonctionnement quotidien de l’association. D’indiquer noir sur blanc les règles, consignes et autres bonnes pratiques au sein de l’association. Clarification des règles : Il évite les malentendus en définissant clairement les rôles et les procédures. Prévention des conflits : En cas de désaccord, il sert de référence pour arbitrer les différends. Flexibilité : Contrairement aux statuts, il peut être modifié rapidement par décision du conseil d’administration ou de l’assemblée générale. Conformité légale : Il encadre juridiquement certaines activités comme l’emploi de salarié•es ou la gestion des subventions. Exemple pratique : Dans une association sportive, le règlement intérieur peut inclure : Les conditions pour participer à une compétition : présentation d’un certificat médical, respect des entraînements… Les sanctions en cas de non-respect du code de conduite : retard, comportement inapproprié… Astuce : Rédigez un règlement intérieur en langage clair et accessible afin que tout le monde puisse le comprendre et l’appliquer.  Question : quand un règlement intérieur est-il inutile ? Et oui, cela arrive. Inutile de vouloir à tout prix un règlement intérieur en plus des statuts, juste pour faire comme les autres associations. A contrario, un règlement intérieur n’est pas indispensable si : Votre association est de petite taille, avec une activité simple et des relations informelles entre les membres. Les statuts suffisent à encadrer toutes les règles essentielles (adhésion, cotisations, gouvernance). 3. Les principaux articles d’un règlement intérieur Il n’existe pas de modèle unique de règlement intérieur. S’agissant d’un document propre au fonctionnement de chaque association, il s’adapte aux réalités. Toutefois, on retrouve certaines rubriques clés qui concernent les : Adhésion et radiation : Critères d’admission Procédure en cas de démission ou radiation Cotisations : Montant, échéances et conséquences en cas de retard de paiement Organisation des réunions : Fréquence, modalités de convocation, quorum, format (réunions à distance) Modalités de vote : Types de vote (électronique, à main levée), conditions de majorité Sanctions disciplinaires : Code de conduite, procédure en cas de manquement (avertissement, exclusion) Ressources de l’association : Gestion du matériel et des fonds, autorisation de dépenses 4. Les rôles et missions des membres de la gouvernance Les membres du bureau Même si les rôles des membres du bureau sont décrits de manière générique dans les statuts, le fait de les expliciter dans le règlement intérieur peut être crucial pour éviter les chevauchements et garantir une bonne organisation. L’objectif est d’assurer une répartition claire des tâches entre les différentes instances, de renforcer la transparence et donc la confiance et de prévenir les conflits. La définition des rôles liste les principales responsabilité de chaque membre du bureau : Président•e : Représente l’association dans tous les actes de la vie civile Anime les réunions et valide les décisions prises en assemblée générale Secrétaire : Rédige les procès-verbaux des réunions. Gère les convocations et archives les documents administratifs. Trésorière ou trésorier : Tient la comptabilité. Prépare le budget et assure le suivi financier. Plus concrètement, les articles du règlement intérieur apporteront des précisions sur les délégations de pouvoir en définissant les délégations possibles comme la signature bancaire ou bien la signature de demandes de subvention et en indiquant les modalités de mise en oeuvre comme par une validation en conseil d’administration. Le règlement intérieur définira les règles sur les limites de pouvoir comme un plafond de dépense autorisé pour le trésorier ou la trésorière sans demande d’accord préalable ou validation par un autre membre du bureau.  Il encadrera les rôles temporaires ou spécifiques, typiquement en cas d’empêchement d’un membre clé de la gouvernance et indiquera la procédure de remplacement en cas de démission, d’absence prolongée ou d’incapacité avec les modalités de désignation ou d’élection à cette fonction. Exemple pratique : « Le trésorier peut engager une dépense jusqu’à 1 000 € sans approbation du conseil. Toute dépense supérieure nécessite un vote du bureau à la majorité simple. » Les membres du Conseil d’administration Pour sanctuariser certains rôles essentiels, ceux-ci peuvent être précisés dans les grandes lignes dans le règlement intérieur. Des fiches de mission pourront être rédigées pour affiner ces rôles et missions en cas de besoin. On peut donc déterminer que les membres du conseil d’administration, hors bureau, sont également chargé·es de missions spécifiques nécessaires au bon fonctionnement de l’association, telles que : a) Communication animation des réseaux sociaux, rédaction de newsletters, gestion des relations presse création de contenus rédactionnels et audiovisuels b) Gestion du site internet  mise à jour du contenu maintenance technique c) Gestion des outils et systèmes informatiques administration des plateformes collaboratives gestion des bases de données mises à jour techniques d) Recherche de fonds  veille documentaire pilotage du calendrier des appels à projets prospection et suivi des subventions, partenariats et mécénats campagnes de crowdfunding e) Animation de la vie bénévole  accueil des nouvelles et nouveaux bénévoles mentorat organisation de … Lire la suite