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Adopter une communication accessible dans votre asso : une question de bon sens

Adopter une communication accessible dans votre asso : une question de bon sens. Un personnage féminin aux cheveux violets se tient devant un écran sur lequel s'inscrivent des signes illisibles. Image générée par IA.

Vous avez préparé une affiche, une newsletter ou un post. Vous y avez mis du temps et du soin. Et pourtant, une partie des personnes que vous vouliez toucher ne le verra jamais vraiment. Ce qui pêche dans la communication de votre association, ce sont souvent des petits réglages oubliés, faciles à corriger une fois qu’on les a en tête. Rendre votre communication accessible ne demande pas un chantier de plus : il s’agit surtout de vous assurer que le message pour lequel vous avez travaillé arrive bien à destination. Sommaire Accessible, ça veut dire quoi au juste ? Une communication accessible, c’est une communication qu’une personne peut recevoir et comprendre, quels que soient sa vue, son audition, son aisance avec le numérique ou sa disponibilité du moment. Concrètement, vos publics, ce sont aussi : des personnes malvoyantes qui agrandissent les textes ou utilisent un lecteur d’écran, des personnes sourdes ou malentendantes qui ont besoin de sous-titres, des personnes peu à l’aise avec la lecture ou avec le français, et, très souvent, des bénévoles ou des partenaires qui lisent vite, sur leur téléphone, entre deux réunions. Penser à elles et à eux, ce n’est pas viser un public à part : c’est rendre votre message plus clair pour tout le monde. Avant d’être une affaire de technique, l’accessibilité est d’abord une question de bon sens : se mettre un instant à la place de l’autre. Dire à une personne aveugle « c’est là » ne veut rien dire ; lui préciser « devant vous », « à votre droite » ou « derrière le comptoir », oui. Beaucoup de bons réflexes d’accessibilité tiennent à cette attention simple, bien avant tout outil ou toute norme. Et ce public est plus large et plus divers qu’on ne l’imagine. Les chiffres dépendent beaucoup de ce que l’on mesure : selon la DREES (Le handicap en chiffres, édition 2024), 14,5 millions de personnes de 15 ans ou plus déclarent au moins une limitation fonctionnelle sévère (vue, audition, mémoire). Toutes n’ont pas besoin d’aménagements pour s’informer, loin de là : l’idée n’est pas de ranger les gens dans des cases mais d’éviter de dresser des obstacles inutiles. Autrement dit : il y a beaucoup à gagner, juste en y pensant un peu. L’accessibilité, ce n’est pas réservé à quelques-unes et quelques-uns Vous est-il déjà arrivé de regarder une vidéo dans le métro, sans vos écouteurs, en lisant les sous-titres ? De couper le son en pleine réunion ou de plisser les yeux en plein soleil quand l’écran devient illisible ? C’est exactement ça : ce qui aide les personnes en situation de handicap rend aussi la vie plus simple à tout le monde, dans une foule de situations du quotidien. Et les chiffres le confirment. D’après une étude Verizon Media et Publicis Media menée en 2019, 80 % des personnes qui activent les sous-titres ne sont ni sourdes ni malentendantes : la plupart regardent simplement une vidéo dans les transports, en réunion ou le son coupé. Ce n’est pas qu’une question de confort : Discovery Digital Networks a mesuré une hausse de 7,3 % des vues sur ses vidéos sous-titrées et jusqu’à 13,5 % dans les deux premières semaines. Rendre votre contenu accessible, c’est donc aussi le rendre plus vu. Par où commencer, sans tout réinventer Quelques gestes simples qui ne demandent pas un investissement lourd  choisir une police lisible, dans une taille confortable, avec un vrai contraste entre le texte et le fond, écrire en langage clair : des phrases courtes, des mots du quotidien, une idée à la fois, ajouter des sous-titres à vos vidéos, ce que les outils de votre téléphone font déjà très bien, décrire vos images importantes en quelques mots, pour celles et ceux qui ne les voient pas, garder une mise en page aérée, avec des titres qui guident la lecture. L’idée n’est pas de tout faire d’un coup mais d’en glisser un ou deux dans votre prochaine publication. En prime, ce qui est accessible est aussi mieux référencé Bonne nouvelle : les moteurs de recherche fonctionnent un peu comme un lecteur d’écran. Ils ne voient pas vos images et ne perçoivent pas votre mise en forme, ils lisent la structure de votre page. Un article pensé pour les personnes déficientes visuelles est donc aussi un article que Google comprend mieux. Deux gestes comptent particulièrement : hiérarchiser vos titres, avec un seul grand titre puis des sous-titres logiques, ce qui guide la navigation au lecteur d’écran comme la lecture par les moteurs, décrire vos images avec un texte alternatif clair : cette description est lue à voix haute aux personnes aveugles et elle aide vos images à apparaître dans les recherches. La Fédération des Aveugles et Amblyopes de France en fait d’ailleurs un axe majeur de l’inclusion numérique. L’accessibilité n’est pas un critère de classement officiel de Google mais elle pousse dans le même sens : un contenu clair, structuré et lisible autant par les machines que par les humains. Et la loi, dans tout ça ? Bonne nouvelle : vous n’avez sans doute aucune obligation légale et vous pouvez avancer sereinement. La plupart des petites associations ne sont concernées ni par le RGAA, qui vise surtout les organismes publics et les grandes structures, ni par la directive européenne sur l’accessibilité (l’European Accessibility Act, entré en vigueur le 28 juin 2025), qui s’applique au secteur privé mais exempte les très petites structures. Le cadre se renforce néanmoins partout en Europe : s’y mettre dès maintenant, à votre rythme, c’est prendre une longueur d’avance plutôt que de subir une contrainte. Aller plus loin avec le FALC, à votre rythme Le FALC, pour Facile à lire et à comprendre, est une manière d’écrire pensée pour les personnes qui ont des difficultés de compréhension : phrases simples, pictogrammes, mise en page très claire. Le FALC repose sur un référentiel européen, « L’information pour tous », élaboré dès 2009 par Inclusion Europe avec huit pays. En France, l’Unapei en est le relais … Lire la suite

Accessibilité numérique #1 : LinkedIn

Accessibilité numérique LinkedIn - Une femme avec des prothèses de bras devant son ordinateur portable

Le 11 février 2005, la France s’est dotée d’une loi « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ». Cette loi met en avant une obligation d’accessibilité de tous les espaces afin de favoriser la participation à la vie sociale et citoyenne des quelques 12 millions de personnes porteuses de handicap en France. Ainsi, l’espace numérique doit être accessible aux personnes en situation de handicap et plus particulièrement aux personnes avec des besoins spécifiques. Inutile de dire que nous en sommes bien loin. Aujourd’hui, j’inaugure une série d’articles qui seront consacrés à l’accessibilité numérique et plus particulièrement aux bonnes pratiques qui rendent les contenus en ligne accessibles aux personnes en situation de handicap. Sommaire Focus du jour : accessibilité numérique sur LinkedIn Comme tout réseau social, LinkedIn est en perpétuelle évolution. Les publications évoluent avec de nouveaux formats et de nouvelles mises en forme. Il se trouve que ces évolutions ne sont pas toujours pensées en termes d’accessibilité. J’en veux pour preuve deux habitudes qui à mon sens viennent grever l’accessibilité du contenu pour les personnes déficientes visuelles. La mise en forme La tentation est grande de mettre en forme un texte en y ajoutant du gras ou une écriture en italique. Or, ces deux mises en forme ne sont pas natives sur LinkedIn.  Mais, comme avec tout outil numérique, un contournement est toujours possible. C’est-à-dire qu’un outil tiers est utilisé pour formater le texte.  Visuellement, italique et gras s’affichent dans la publication. En revanche, ces mises en forme sont absolument illisibles par une synthèse vocale ou un outil de lecteur d’écran. Le mieux est donc ici l’ennemi du bien. Ou plutôt le joli l’emporte sur le message. En cas de doute, certains navigateurs proposent de tester le rendu avec la fonctionnalité « Lire à haute voix cette page ».  Les carrousels Comme tout format image, le carrousel nécessite la mise en place d’une description alternative. Cette pratique de description alternative permet de rendre accessibles les images soit en les décrivant, soit en indiquant simplement que l’image est utilisée à titre d’illustration. Or, le principe même du carrousel est de fusionner le texte et l’image. Autant dire que si on conserve le format du carrousel pour appuyer son propos, celui-ci risque d’être noyé par défaut d’accessibilité. J’ai vu passer certains posts qui utilisent les carrousels et qui, dans le corps du texte, donnent la description de ce carrousel image par image. La démarche est clairement inclusive et accessible. L’accessibilité numérique sur LinkedIn – comme sur tous les supports digitaux – est avant tout une question de sensibilisation et de bon sens… Des gestes simples qui permettent de rendre l’espace numérique plus inclusif. Pour aller plus loin Plateformes d’engagement solidaire Ep. 1 – LinkedIn Ep. 4 – Réseaux sociaux Besoin d’aide pour votre association ? Parlons-en ensemble ! Je vous offre une heure d’échanges pour parler de vos attentes. Je réserve un rendez-vous découverte